Homer
Quincy Smith
Version mystique de « La Chance et les désirs »
inspirée par deux interprétations sublimes de gospel.
Nous pourchassons le fantôme de la grande Complice à travers le brouillard épais qui forme les bâtiments de la ville. Indissociables des rues sur lesquelles nous posons les pieds, les murs ne sont que les reflets verticaux de notre quête éperdue, de notre âme perdue, de la transparence intérieure de nos désirs enfuis dans le passé.
Le chemin est fini et sans fin. Au bout du sentier, le semblable divin nous attend. Il crie Amour ! et saisit l’angoisse qui nous contraignait. Il ouvre la porte, violemment, jusqu’à déchirer la serrure mortelle qui ne laissait pas un brin de Lumière nous atteindre. Nous la touchons, sans attendre.
Les formes prennent vie. La matérialité de tout se fait brusquement sentir. Le monde nouveau impose le respect, mais ce n’est pas nécessaire. Nous l’aimons. Il le sait. La parole brûle le mystère, nous défait de notre animalité, de notre orgueil. Elle fait de nous des hommes.
Mais, une fois le souffle donné, une présence hostile l’aspire, ne nous le rend pas. Nous ne sommes plus ici, de nouveau. La Connaissance promise s’efface, mais nous ne le savons pas.
Le Bonheur. Insaisissable. Il n’est pas parti, il est encore là, dans nos veines, comme un venin. Réminiscence, remords, souvenir, souveraineté : nous payons chaque jour le prix de notre Conscience. La Constance n’est pas un don de Dieu. Et nous chantons, seul, notre espoir qu’Il nous l’accorde.
De son côté, un spectre nous suit. Nous l’oublions déjà.