Dialogue entre
mon cadavre et le sien
’’L’idée du suicide est une puissante consolation,
quand la nuit nous est trop pénible.’’
Nietzsche
- Poète, quitte ta muse ! Elle est morte.
- Je me nourrirais de son cadavre pour survivre, pour écrire. Mon inspiration peut s’alimenter avec ses propres restes.
- Tu te détruiras peu à peu de cette manière.
- La mort a toujours été bavarde en moi, et ses paroles m’ont toujours tenu éveillé. Seuls ses cris pourront m’assommer, me meurtrir. Je suis un parasite dans l’immatériel.
- Se nourrir de vide, ce n’est pas se nourrir.
- Ailleurs… ailleurs, le vide est plein de sens. Je m’attache le vide comme système de pensées, et nous nous complétons. Mes yeux touchent, et mes doigts voient. La pensée est affaire de sensation, et cette sensation chez moi, c’est le vertige. Je me laisse tomber dans la vérité comme dans un puits, car je sais qu’au fond il y a de l’eau. Se laisser mourir, c’est se laisser grandir. Il ne peut plus rien arriver.
- Soit, mais tu fais le mauvais choix.
- Je t’emmerde.