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| La premi�re � Boom � � laquelle je fus convi�e date d'environ cinq ans. J'�tais alors en 6�me et une fille de ma classe avait invit� une cinquantaine de personnes, dont moi, pour f�ter la rentr�e. Je me rendis donc � l'adresse indiqu�e, coiff� d'une raie � gauche, avec mes beaux mocassins cir�s noirs, un pantalon velours vert kaki et un veston un peu large pour moi. Je donnai son cadeau � mon h�te et entrai dans le salon. Je devais �tre l'un des premiers car je ne me rappelle pas avoir parl� avec beaucoup de monde au d�but. Je me dirigeai vers le disc-jockey, qui devait �tre le grand fr�re, et lui pr�sentai mes deux disques de Bach emprunt�s � mon p�re pour l'occasion, en lui demandant de les passer au cours de la soir�e. Enfin les invit�s afflu�rent, mais ne connaissant pas grand monde, j'occupais la plupart de mon temps � d�guster les petites saucisses et les chips pr�sent�s au buffet. Alors que tous dansaient au son de rythmes assez puissants dont je ne savais rien, je regrettais am�rement de n'avoir aucune exp�rience dans le domaine de la danse; je restais � c�t� de la fen�tre, les bras crois�s, en leur jetant � tous un regard m�prisant, tout en prenant un air hautement sup�rieur. Je jetais de temps en temps un oeil � ce qui se passait dehors pour faire mine de ne pas m'int�resser � eux. Je vis une chance de m'int�grer � ce groupe en la personne d'une charmante demoiselle qui s'arr�ta de danser pour souffler un peu. Je m'assis � c�t� d'elle et entama la conversation par ces quelques phrases: Salut. Moi c'est Ambroise. Apr�s un silence, je repris : Je suis dans la classe d'Olivia. C'est moi le premier de la classe, d'ailleurs. Elle me regarda enfin, avec un dr�le d'air, et me demanda subitement : C'est quoi ton parfum ? La question �tait venue si promptement que je r�pondis aussi vite en donnant le premier nom de parfum qui me passait par la t�te : Chanel N�5, dis-je dans un grand sourire. . Elle ouvrit de grands yeux et rigola bruyamment puis elle hurla tr�s fort: II a un parfum de fille ! Tout le monde s'arr�ta de danser et m�me le fr�re coupa le musique. Ils riaient tous � pr�sent. Pour me sortir de cette situation pour la moins embarrassante, j'eus une id�e et je leur dis : Je vais faire caca. Et je marchai aussi vite que possible vers les toilettes, tout en essayant de rester le plus naturel que je puisse. Je m'enfermai dans les toilettes, tout en entendant les rires provenant du salon, et j'y restais 40 minutes, en esp�rant qu'ils oublieraient l'�v�nement. La musique avait d�j� repris depuis un certain temps, et je me risquais � sortir. A peine entr� dans le salon, en me faisant tout petit, un gar�on un peu plus �g� que moi me lan�a : Alors, la colique est pass�e ? Un �clat de rire explosa tout autour de moi, bien que je me sois plac� contre la fen�tre, il me semblait m�me que l'on riait au dehors. J'entendis alors une sonnerie qui brisa l'amusement g�n�ral. Olivia se dirigea vers la porte et je vis appara�tre ma m�re, qui venait me chercher. Je ne savais pas si je devais la remercier pour m'avoir arrach� � cette foule lanc�e contre moi, ou bien la ha�r pour �tre venue une heure en avance; provoquant davantage de railleries des convives pr�sents. En tout cas, je trouve les gens curieux. Dans le mois qui suivit, je re�us une dizaine d'autres invitations de personnes que je ne connaissais pas pour la plupart, mais qui m'affirmait qu'on leur avait beaucoup parl� de moi. Je dois avouer que, sans le vouloir, j'ai acquis une certaine popularit� dans le coll�ge, due je pense � la classe qui se d�gage naturellement de moi.. J'ai demand� � mon p�re de m'acheter un veston � ma taille A.C. |
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