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9 octobre 2006

Les piscines intérieures aussi montrées du doigt

Les jeunes sportifs qui pratiquent la natation régulièrement en piscine intérieure souffrent quatre fois plus de problèmes respiratoires et oculaires, comparativement aux joueurs de soccer.

Stéphanie Desforges
Le Journal de Québec

Les jeunes sportifs qui pratiquent la natation régulièrement en piscine intérieure souffrent quatre fois plus de problèmes respiratoires et oculaires, comparativement aux joueurs de soccer.

Après la saga des piscines extérieures insalubres, ce sont les piscines intérieures qui sont montrées du doigt. Une étude menée par le Dr Benoit Lévesque, chercheur à l'Institut national de santé publique, a constaté l'incidence élevée de symptômes respiratoires chez les nageurs en piscines intérieures.

«On s'est rendu compte que les symptômes des voies respiratoires supérieures, comme la congestion nasale et l'irritation de la gorge, sont quatre fois plus élevés chez les nageurs que chez les joueurs de soccer», explique le Dr Lévesque après avoir comparé 305 nageurs et 499 joueurs de soccer à l'entraînement.

Ces symptômes sont sans compter la toux, les yeux rougis (12 fois plus courant chez les nageurs) et les otites externes (quatre fois plus courantes chez les nageurs).

Bonne nouvelle cependant, l'asthme, les allergies et la sibilance - sifflement respiratoire - ne sont pas reliés à la pratique de la natation.

La chloramine en cause
La chloration des piscines protège les nageurs contre les microorganismes, mais elle affecte leurs voies respiratoires puisqu'elle génère des sous-produits irritants.

Ces sous-produits, les chloramines, se forment au contact de matières organiques telles que la sueur, les cheveux et l'urine. Ils se retrouvent autant dans l'eau que dans l'air ambiant.

«La douche est indispensable pour diminuer ces matières organiques amenées par la peau», explique le professeur affilié à la faculté de médecine de l'Université Laval.

Autant qu'une ventilation adéquate des installations.

«Ce n'est pas normal que des personnes toussent et présentent des yeux brûlés dans une piscine intérieure. C'est un problème de gestion», confie-t-il.

Niveau de risque acceptable
Le Dr Lévesque refuse cependant de céder à la panique.

«Ça ne veut pas dire de vider les piscines. Au contraire, il faut seulement augmenter la qualité de l'air», propose-t-il.

Une étude finlandaise effectuée sur des nageurs de l'équipe nationale a démontré que leurs symptômes respiratoires ont rapidement disparu dès qu'ils ont cessé la compétition.


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