Éric Clément
Le drame de White Water, près d'Atlanta, en 1998, qui causa la mort d'une enfant de 2 ans après une contamination par la bactérie E. Coli, était dû à une quantité insuffisante de chlore dans le parc aquatique où la petite fille s'était baignée.
Au total, 26 enfants avaient été contaminés et plusieurs ont dû être longtemps hospitalisés pour notamment subir des dialyses. La petite fille est morte suite à des complications aux reins. L'eau de la piscine avait été vraisemblablement polluée par des couches qui n'étaient pas imperméables...
À la suite de ce drame, le rapport d'enquête avait établi que la concentration de chlore dans la piscine avait été de 0,25 ppm, soit quatre fois moins que la norme minimale américaine de 1 ppm. Le chlore est primordial pour tuer les bactéries. Selon les données du ministère de la Santé américain, cela ne prend qu'une minute pour qu'une eau convenablement chlorée (1 ppm à 25° et au pH de 7,5) neutralise la bactérie E. Coli.
Par contre, il faut 16 minutes pour rendre inoffensif le virus de l'hépatite A, trois quarts d'heure pour le parasite Giarda (qui cause la diarrhée) et plus de six jours pour le parasite Cryptosporidium (qui donne des maux de tête).
Le rapport avait établi qu'il n'y a jamais de problèmes avec la bactérie E. Coli dans des piscines convenablement chlorées. Depuis l'accident de White Water, les responsables de ce parc aquatique ont installé un système électronique de chloration. Ils offrent aussi des couches imperméables aux enfants en bas âge et ont reconstruit les toilettes pour les rendre plus sûres.
Le laboratoire Biomedco a été critiqué pour avoir vérifié non seulement le taux d'E. Coli dans les piscines montréalaises et lavalloises, mais aussi le Clostridium difficile et la Legionella, alors que ces trois bactéries ne sont pas d'ordinaire testées par les laboratoires dans les piscines publiques québécoises. Mais quelles sont les normes dans l'industrie ?
« Les méthodes sont standard en Amérique, explique Sylvain Désilets, superviseur en microbiologie à Maxxam Analytique, un laboratoire canadien qui a fait les tests dans les piscines de Lachine cette semaine. Un laboratoire accrédité doit suivre ces méthodes. »
D'ordinaire, on mesure toujours le pH et la concentration de chlore. Pour les tests bactériologiques, quatre groupes de bactéries sont recherchés: les coliformes totaux, les staphylocoques dorés (qui sont des bactéries de la peau formant une flore bactérienne normale), les streptocoques fécaux et les Pseudomonas aeruginosa. Selon la norme, il doit y en avoir moins de 1 par 100 ml. Mais, selon la Direction de la santé publique de Montréal, trouver une concentration bactérienne anormale dans trois échantillons pris trois jours différents est une chose. En trouver en tout temps au même endroit serait plus grave.
Biomedco a aussi évalué le TAC, une mesure de plusieurs bactéries à la fois. « Le TAC n'est pas dans la loi et ce que Biomedco a appliqué est même inférieur à ce qu'on tolérait dans l'eau potable autrefois, dit M. Désilets. Ce paramètre a été laissé de côté car il est devenu moins pertinent. »
Quoi qu'il en soit, selon les normes en vigueur, si la température et l'acidité de l'eau de même que la concentration de chlore sont contrôlées régulièrement, la santé des baigneurs serait assurée. Les autorités américaines rappellent qu'une douche savonneuse avant la baignade réduit la contamination des piscines. Elles en appellent aussi aux parents pour qu'ils n'envoient pas leurs enfants malades à la piscine et qu'ils les conduisent aux toilettes de temps en temps, avant qu'un «accident» ne se produise...
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