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26 août 2006

La loi québécoise sera révisée

Éric Clément

Le gouvernement du Québec va rajeunir le Règlement sur la sécurité dans les bains publics auquel les municipalités doivent se référer pour évaluer la qualité des eaux, a appris La Presse.

Si les normes de qualité de l'eau de baignade édictées dans ce règlement adopté au Québec il y a 25 ans sont comparables à ce qui existe ailleurs en Amérique du Nord, notamment aux États-Unis, les méthodes de mesures qui y sont préconisées se réfèrent à un ouvrage datant de... 1975.

À l'article 59 du Règlement, on lit que ces méthodes de mesure sont tirées de la 14e édition (1975) de l'ouvrage Standard Methods for the Examination of Water and Waste Water, publié conjointement par l'American Public Health Association, l'American Water Works Association et la Water Pollution Control Federation.

Par exemple, la façon d'analyser les échantillons pour savoir s'ils contiennent ou pas des bactéries coliformes correspondait, en 1975, à la méthode 909A, intitulée « Standard Total Coliform Membrane Procedure ». Invité à expliquer les détails de cette méthode, David Fouse, directeur des communications de l'American Public Health Association à Washington, a dit à La Presse, hier, que cette façon de faire n'existe plus dans la 21e édition publiée en 2005.

« Non seulement les numéros de référence ont changé mais le contenu aussi, a précisé Steve Posavec, directeur des informations techniques à l'American Water Works Association. Au cours des 30 dernières années, les méthodes ont été actualisées. »

« Mais on était en cours de révision de notre règlement », a déclaré à La Presse, hier, Pascal D'Ascou, porte-parole du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard. Visiblement, il ignorait la désuétude de l'article 59.

Ainsi, même si les interprétations des résultats de l'enquête sur la salubrité des piscines sont jugées excessives par la Direction de la santé publique de Montréal (DSP), il demeure que le président du laboratoire BioMedco, le Dr Drasko Pekovic, était dans le vrai quand il a souligné que la réglementation actuelle comportait des lacunes.

Rappelons qu'en réaction aux articles du Journal de Montréal, M. Béchard a annoncé que lorsque le pH de l'eau et la quantité de chlore ne seront pas conformes aux normes, les responsables des piscines publiques devront dorénavant les faire évacuer. De plus, les piscines extérieures devront obligatoirement subir un test bactériologique tous les 15 jours.

Selon M. D'Ascou, il n'est pas question pour le ministre de faire marche arrière aujourd'hui alors qu'on sait maintenant que BioMedco n'est pas un laboratoire accrédité et que l'enquête découlant de ses analyses est sujette à controverse. « Nonobstant la qualité de l'enquête, on fait juste resserrer les méthodes de suivi et ça va rester », dit M. D'Ascou.

Hier, les piscines Jarry et François-Perreault, situées dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, ont été rouvertes. Les tests effectués lundi ont été jugés concluants. Pourtant, le niveau de concentration de chlore était «non conforme» dans les deux cas au moment des prélèvements. À la piscine Jarry, il atteignait 1,8 mg/l (au lieu de 0,6 à 1,2) à 18h40, avec une eau qui n'était pas suffisamment acide (pH de 8,2 au lieu de 7,4-7,8). À la piscine François-Perrault, il était de 1,3 mg/l à 15h35 avec une eau au pH identique.

Ce surcroît de chlore peut provoquer des conjonctivites, mais la DSP pense toutefois que la santé des baigneurs, d'un point de vue général, n'était pas affectée à Montréal avec les résultats présentés par BioMedco. « Parler d'une soupe de microbes, c'était exagéré », dit le Dr John Carsley, responsable des maladies infectieuses à la DSP.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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