Cliquez sur >> à droite pour faire disparaître les annonces

25 août 2006

BioMedco condamnée pour exercice illégal de la chimie

Malorie Beauchemin

L'entreprise BioMedco, auteur du rapport sur la qualité de l'eau dans les piscines, n'en est pas à sa première controverse.

En 1998, l'Ordre des chimistes du Québec a poursuivi et fait condamner l'entreprise et son directeur, Drasko Pekovic, pour exercice illégal de la profession. BioMedco signait des rapports d'analyse chimique, alors qu'aucun professionnel membre de l'Ordre, une obligation pour pratiquer la chimie, n'y travaillait. En tout, 40 constats d'infraction au Code des professions ont été faits, et les deux parties en sont finalement venues à une entente à l'amiable. Drasko Pekovic et BioMedco ont reconnu leur culpabilité à 10 chefs d'accusation, et ont versé 12 000$ à l'Ordre des chimistes (OCQ).

« C'est une amende substantielle, parce que c'est évident qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé », a expliqué l'avocat de l'Ordre, Me Jean Lanctôt.

L'OCQ ne prend pas à la légère les cas de pratique illégale, soutient Me Lanctôt. « Un chimiste qui signe un rapport, c'est comme un médecin qui pose un diagnostic », dit-il.

Dans le cas des piscines, le laboratoire pourrait aussi se retrouver dans le pétrin. Le rapport de BioMedco parle en effet à plusieurs reprises « d'analyses chimiques au laboratoire ». Vérification faite, aucun membre de l'Ordre n'est enregistré comme employé de BioMedco, même si le rapport dit qu'un chimiste fait partie de l'équipe scientifique.

« Je vais déférer le dossier au syndic pour qu'il y ait enquête, a souligné Martial Boivin, président de l'Ordre des chimistes. Ça m'apparaît inquiétant. Pekovic semble encore faire de la chimie alors qu'il avait été reconnu coupable de pratique illégale. »

Le Journal de Montréal a présenté lundi la photo d'une chimiste travaillant sur les analyses d'échantillons, mais son nom ne figure pas non plus dans la liste de l'Ordre. « Elle ne peut pas utiliser ce titre, qui est réservé à un membre de l'Ordre, et elle ne peut faire de la chimie que si la loi l'autorise, a ajouté M. Boivin. Nous avons des raisons de croire qu'il s'est fait de la chimie de façon illégale dans cette entreprise. »

Le microbiologiste Sylvain Désilets, du laboratoire Maxxam analytique, soutient pour sa part que Drasko Pekovic n'a pas très bonne réputation. « Le personnage est controversé dans le milieu scientifique », dit-il.

À l'Association des microbiologistes du Québec, on confirme que M. Pekovic en a déjà été membre, mais qu'il ne l'est plus depuis le tournant des années 2000. Contrairement aux chimistes, les microbiologistes n'ont pas d'ordre professionnel. M. Pekovic n'a pas voulu commenter la situation.


une page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

Hosted by www.Geocities.ws

1