Tommy Chouinard
Québec serre la vis aux municipalités, aux hôtels et aux propriétaires de terrain de camping, afin de faire respecter la réglementation sur la salubrité des piscines publiques.
« Il y a eu des manquements graves, des failles dans le respect des normes. Il est temps de mettre fin à la récréation », a lancé hier le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, au cours d'une conférence de presse.
À la suite d'une réunion du Conseil des ministres, il a annoncé une révision du règlement de son ministère, principalement pour en améliorer le suivi par les municipalités, les hôtels, les parcs aquatiques et les propriétaires de terrains de camping.
Selon le ministre, les normes gouvernementales définissant la quantité de chlore et le niveau de pH acceptables de l'eau de baignade sont «bonnes».
« Le problème, c'est le suivi. C'est pour ça qu'on serre la vis. »
À l'heure actuelle, les municipalités doivent procéder à des tests de pH et de chlore toutes les trois heures. Dorénavant, les résultats de ces tests devront être affichés à l'entrée des piscines, et ce, dès l'ouverture. « Quand une personne va arriver pour se baigner et voir que le dernier test remonte à six ou huit heures, elle devra avoir des soupçons sur la qualité de l'eau. Ce sera sa responsabilité de le dire et d'informer la municipalité qu'il y a un problème », a expliqué le ministre.
Si un test démontre que la qualité de l'eau ne respecte pas les normes, la municipalité sera obligée de fermer la piscine et de prévenir la direction de la santé publique. Elle devra apporter les correctifs nécessaires avant de pouvoir laisser les citoyens se baigner de nouveau. Les municipalités devront également réaliser un test bactériologique tous les 15 jours. Les résultats seront transmis au ministère de l'Environnement. Québec sera en mesure de savoir si les municipalités font leur travail correctement, a expliqué M. Béchard.
« Quand il y a un problème, on peut fermer la piscine sur-le-champ. Pour une municipalité, se faire fermer sa piscine en plein été, ce n'est pas une bonne publicité. Les gens auront avantage à prendre au sérieux nos normes et leur suivi. »
Les inspecteurs du ministère de l'Environnement feront également «davantage» de visites pour vérifier la qualité de l'eau des piscines publiques. « Ils le faisaient déjà, mais peut-être pas assez », a reconnu le ministre.
Québec a également demandé à toutes les municipalités qui ont des piscines publiques de lui remettre le registre des tests effectués dans les piscines au cours de l'été.
Le nouveau règlement sera adopté dans un mois. Les mesures seront mises en application d'ici au printemps.
L'annonce du gouvernement Charest survient à la suite d'une enquête du Journal de Montréal démontrant que 52 des 73 piscines publiques de Montréal seraient insalubres. À Laval, une quinzaine de piscines sur 22 seraient dangereuses pour la santé.
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