Ariane Lacoursière
Les Montréalais qui ont voulu se rafraîchir hier ont eu une bien mauvaise surprise. Près des deux tiers des piscines de la métropole ont été fermées au public sur ordre du maire. Gérald Tremblay a demandé aux arrondissements d'interdire l'accès à leurs piscines après qu'une étude eut soulevé le doute sur la qualité des eaux de baignade de la ville.
Québec a prévenu, de son côté, que le règlement sur les normes de qualité de l'eau des piscines publiques sera revu l'an prochain et sera plus sévère. Selon Horacio Arruda, directeur de la protection de la santé publique, au ministère de la Santé, l'imposition de pénalités est envisagée pour les gestionnaires qui ne respecteront pas le nouveau règlement.
Une enquête du Journal de Montréal publiée hier matin a révélé que 52 des 73 piscines publiques de Montréal seraient insalubres. Certaines contiendraient des bactéries pouvant entre autres causer des otites, des diarrhées et des réactions cutanées.
Même si l'étude réalisée par le laboratoire BioMedco est critiquable (voir autre texte), la Ville a préféré ne pas courir de risque. Elle a demandé aux arrondissements de fermer les établissements jugés problématiques.
«Tôt ce matin, j'ai demandé à tous les arrondissements de fermer les piscines non conformes. Je leur ai aussi demandé de faire des analyses additionnelles. Nous rouvrirons quand les normes serons respectées», a dit Gérald Tremblay. Les arrondissements ont jusqu'à jeudi pour analyser l'eau de leurs piscines et pour fournir les résultats à la Ville.
Au fil de la journée, les piscines ont tour à tour fermé leurs portes. En fin d'après-midi, 48 avaient suivi la consigne de Gérald Tremblay.
Quelques-uns n'ont toutefois pas répondu à la demande du maire. « L'arrondissement est responsable de ses piscines. Ce n'est pas vrai que le maire va nous dire quoi faire. Nous avons fait des tests récemment qui ont prouvé que notre eau est propice à la baignade. Nous ne mettons pas la santé de nos citoyens en danger. Nous savons que notre eau est bonne », a dit la mairesse de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Anie Samson. Même si elle était montrée du doigt par l'étude de BioMedco, la piscine Jarry est par exemple restée ouverte.
Ce n'est pas la première fois que la qualité de l'analyse des eaux de baignade est remise en question à Montréal. En 2002, le vérificateur général, Michel Doyon, avait sévèrement critiqué les méthodes de contrôle de qualité.
Dans son rapport annuel, il soulignait que le règlement du ministère de l'Environnement sur les pataugeoires et les piscines publiques ne contenait « aucune obligation de faire analyser l'eau d'un point de vue bactériologique ».
Depuis toujours, les différents arrondissements ne sont pas obligés d'effectuer des tests bactériologiques. Seuls les niveaux de chlore et le pH doivent être vérifiés quelques fois par jour. Même si le règlement provincial dit que le niveau de bactérie doit être bas, les piscines ne sont pas obligées de vérifier ces taux.
Depuis la publication du rapport de M. Doyon, aucune mesure n'a été prise par Montréal. « Nous étions en processus de fusion. La ville vivait une période de turbulence majeure », justifie Denis Lapointe, de la direction des sports, des parcs et des espaces verts à la Ville de Montréal.
M. Lapointe ajoute que même si aucune loi n'oblige les piscines à tester le contenu bactériologique de leur eau, plusieurs le font tout de même. Onze arrondissements font régulièrement appel aux services du laboratoire de la Ville de Montréal, alors que les huit autres se tournent vers des firmes privées.
Avec la Presse Canadienne
une page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive