Ariane Lacoursière
E. coli, C. difficile, Legionella... Les noms des bactéries que le laboratoire BioMedco dit avoir trouvé dans plusieurs piscines publiques de Montréal ont de quoi effrayer. Pourtant, elles ne font pas partie des paramètres étudiés par le gouvernement du Québec quand il fait ses analyses d'eau de baignade.
L'étude de BioMedco est donc basée sur des critères encore plus sévères que la norme gouvernementale.
«Au Québec, les piscines ne doivent contenir aucune des quatre bactéries suivantes: staphylocoques fécaux, bactéries coliformes, streptocoques fécaux et Pseudomonas aeruginosa. L'étude d'aujourd'hui a toutefois retenu neuf critères», précise une employée du laboratoire de la Ville de Montréal.
Le microbiologiste Sylvain Désilet regarde d'un oeil critique l'étude de BioMedco. «Ils ont improvisé certaines normes. Leur premier élément étudié est le TAC (Total Aerobic Count). Cet élément n'est même pas une norme gouvernementale», dit-il.
Dans son étude, BioMedco fixe la norme tolérée de TAC à 200 particules par 100ml. «Ce critère existait autrefois pour l'eau potable et n'était alors que de 500 particules par 100ml. Le laboratoire nous dit donc que l'eau de baignade doit être plus pure que celle que l'on boit. Je me demande bien pourquoi», commente M. Désilet.
Le président de BioMedco, Drasko Pekovic, se défend d'avoir été trop sévère. "Le règlement du Québec n'est pas à jour. Nous avons choisi de noter le TAC, qui est une norme de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)", affirme-t-il.
Au Québec, 72 laboratoires sont accrédités par le ministère de l'Environnement. «Ces établissements sont obligés de satisfaire plusieurs critères de qualité», explique Marc Bisson, du Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec. Depuis 1998, BioMedco ne figure plus sur cette liste.
«L'accréditation au Québec est une mesure qui sert à prendre de l'argent inutilement dans les poches des laboratoires. Nous devons payer trop cher pour cela. Nous avons préféré nous accréditer auprès de Santé Canada», justifie M. Pekovic.
La rigueur de l'étude de BioMedco n'a pas encore été analysée par l'équipe de Gérald Tremblay.
«Nous avons préféré ne pas prendre de risque et fermer nos piscines. Nous regarderons de plus près l'étude dans les prochains jours», affirme Denis Lapointe, de la Ville de Montréal.
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