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18 septembre 2006

L'étude sur les piscines à nouveau mise en doute

Raymond Gervais

La Société de sauvetage, dont la raison d'être est la prévention des traumatismes associés à l'eau, met à son tour en doute l'étude réalisée par un laboratoire privé sur la qualité de l'eau de 95 piscines publiques de Montréal et de Laval.

Rappelons que, selon l'étude réalisée en août dernier par la firme BioMedco, la qualité de l'eau représentait un danger réel pour la santé publique.

Tout en laissant aux membres de la communauté scientifique le soin de juger de la rigueur et de la validité de l'étude, la Société de sauvetage note que les paramètres d'analyse retenus par BioMedco sont tirés de trois sources bien distinctes. Ils se basent sur les paramètres édictés par la réglementation québécoise, sur certaines recommandations formulées par l'Organisation mondiale de la santé et, enfin, sur des paramètres inédits et exclusifs au laboratoire BioMedco.

Selon la Société, dans l'hypothèse où l'étude respecte les fondements de toute démarche scientifique, il faut reconnaître que la qualité de l'eau des piscines de Montréal et de Laval a été mesurée en fonction des critères les plus sévères qui soient. "À notre connaissance, aucun gouvernement national ou administration locale n'est aussi exigeant face à la qualité de l'eau de ses piscines publiques."

Pour l'organisme, "la collecte des échantillons, dans la mesure où elle s'est effectuée à l'insu du personnel en place, a certainement posé un défi de taille au responsable de l'étude en question".

De plus, le choix des paramètres d'analyse donne parfois des résultats surprenants. À titre d'exemple, plusieurs piscines ont reçu une mauvaise note pour un excès de chlore en fonction de la réglementation québécoise actuelle. Pourtant, la majorité de ces piscines seraient conformes aux recommandations de l'OMS, du Center for Disease Control et du National Spa and Pool Institute.

Par ailleurs, l'organisme fait siens les propos du Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins, selon lesquels "il est erroné d'établir une corrélation automatique entre la présence d'un microbe et la présence d'un problème de santé publique".

L'évaluation du risque toxicologique pour la santé humaine a ses exigences. Elle repose sur de solides fondements scientifiques. Elle doit documenter les quatre étapes suivantes: l'identification du danger, la caractérisation toxicologique, l'estimation de l'exposition et, enfin, l'estimation du risque comme tel. "En fonction de ce qui précède, on se demande toujours comment BioMedco peut conclure à un danger réel pour la santé publique", indique la Société de sauvetage.


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