Des centaines, voire des milliers de personnes, sont victimes chaque année de problèmes de santé liés à la baignade dans les piscines publiques.
Éric Yvan Lemay
« Il y a des risques de transmission de maladies infectieuses, c'est évident », dit le Dr Benoît Lévesque, de l'Institut national de santé publique du Québec.
« Mais si on respecte les normes de chloration, on diminue la présence d'organismes pathogènes. »
Par contre, si on met trop de chlore dans une piscine, il peut en résulter un cocktail dangereux. Bon an mal an, plus de 500 personnes rapportent des intoxications au chlore. Même si, la plupart du temps, il ne s'agit que d'une grosse toux, certains cas aigus nécessitent une hospitalisation.
Parmi les problèmes les plus répandus, on note des gastro-entérites, des otites, des irritations de la peau et des yeux, des difficultés respiratoires et des verrues plantaires.
« La plupart des gens ignorent qu'ils ont été contaminés à la piscine », dit le Dr Lévesque.
Les plus vulnérables sont les enfants et les personnes âgées, asthmatiques et cardiaques.
La pointe de l'iceberg
Selon lui, les rares cas d'éclosion de maladies infectieuses rapportés dans les piscines publiques ne sont que la pointe de l'iceberg.
Ainsi, pas moins de 85 personnes avaient souffert de diarrhées après avoir fréquenté une piscine dans un camping en Montérégie durant l'été 2004. On avait alors détecté la présence du parasite chryptosporidium parvum, à l'origine de plusieurs éclosions de gastro-entérites au Canada et aux États-Unis.
« Je ne me baignerais jamais dans une piscine dont j'ignore le contenu », dit Drasko Pekovic, responsable de l'étude sur la qualité de l'eau des piscines publiques.
Plus risquées que les lacs
Dans un document déposé devant le BAPE, deux médecins de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre disent même que l'eau de piscine était plus dangereuse que celle des lacs.
« La proportion de la population exposée est beaucoup plus grande que celle exposée à l'eau récréative de type naturelle... Le risque à la santé nous semble également plus grand », peut-on lire dans le rapport signé par Claudine Christin et le Dr Anne Bruneau.
Les piscines surchargées de baigneurs seraient particulièrement vulnérables.
« La surfréquentation fait augmenter la chloramine dans l'eau. Ça peut causer des incidents », dit Marion Schlebelen, qui a recensé les cas d'intoxication au chlore.
« Le chlore est un gaz irritant qui peut causer des inflammations de la surface cellulaire. L'asthme peut être exacerbé », dit-elle.
Les spécialistes estiment qu'il faut de toute urgence renforcer la formation des gestionnaires de piscine quant aux normes à respecter.
Selon le Dr Lévesque, les chlorinateurs automatiques permettent de limiter les erreurs humaines.
| Quoi faire en cas d'intoxication au chlore |
En cas d'irritation de la peau
• Retirer les vêtements de baignade.
• Sortir de l'eau au moins une demi-heure.
En cas de contact avec les yeux
• Rincer à l'eau courante.
• Garder les yeux ouverts pendant au moins trente minutes.
En cas d'inhalation
• Rester à l'air libre, de préférence assez loin de la piscine.
• Éviter tout effort musculaire.
• En cas de difficultés respiratoires, se rendre à l'urgence de l'hôpital le plus près.
En cas d'ingestion
• Boire de l'eau ou du lait.
• Ne pas se faire vomir.
• Prendre du repos.
* Dans tous les cas, il est recommandé de contacter Info-Santé ou le centre antipoison. Des infirmières qualifiées pourront vous renseigner.
Source: Marion Schlebelen, INSPQ
| Se protéger des bactéries |
• Prendre une douche savonneuse avant et après la baignade. De préférence à l'eau chaude.
• Porter des sandales ou gougounes près de la piscine.
• Quitter la piscine si on détecte un incident fécal et prévenir le responsable de la piscine.
• Faire porter des couches résistantes à l'eau aux jeunes enfants.
• Éviter un exercice physique intense avant la baignade. La sueur est porteuse de nombreuses bactéries.
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