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23 août 2006

Qualité de l'eau : pas de règles pour les piscines publiques

Nadia Gaudreau

DIEPPE - Les piscines publiques du Nouveau-Brunswick ne sont soumises à aucune réglementation concernant la qualité de l'eau. Dans plusieurs piscines, il est impossible donc de connaître le contenu bactériologique de l'eau.

Une enquête dirigée par le Journal de Montréal et le réseau TVA à Montréal et à Laval a révélé que plus des deux tiers des piscines contenaient un nombre inquiétant de bactéries dangereuses comme les bactéries E.coli, clostridium difficile, streptocoques et legionella (à l'origine de la maladie du légionnaire).

Le spécialiste rencontré par le Journal de Montréal dans le cadre de l'enquête, le Dr Drasko Pekovic, souligne que le chlore n'est pas efficace contre certains parasites et que seules des analyses microbiologiques peuvent les détecter.

Au N.-B., l'Agence de Santé publique ne réglemente pas la qualité de l'eau des piscines publiques.

"Il n'y a pas de règles comme telles, souligne la porte-parole du ministère de la Santé, Johanne Leblanc. C'est laissé à la discrétion des propriétaires. Dans quelques régions, les bureaux de santé publique font parfois des tests, mais ce n'est pas obligatoire."

Le professeur en biologie de l'Université de Moncton, Alyre Chiasson, souligne que les risques reliés à l'exposition de ces bactéries incluent les infections cutanées ou aux oreilles, les problèmes respiratoires et les gastroentérites. Ces problèmes peuvent s'aggraver dans le cas des personnes avec un système immunitaire plus faible, comme les jeunes enfants et les personnes âgées.

"Les analyses ne sont pas difficiles à faire, on peut avoir les résultats en 24 heures. Le problème n'est pas technique et ce n'est pas coûteux. C'est une question de fréquence des tests", mentionne le spécialiste.

À Magic Mountain
Le gérant du parc aquatique Magic Moutain, à Moncton, Mark Jelly, confirme qu'aucun test microbiologique n'est effectué.

"Nous suivons les directives de l'agence américaine National Swimming Pool Foundation. Nous testons le chlore toutes les deux heures, mais il n'y a pas de tests bactériologiques qui sont faits", explique le gérant.

Cela ne signifie pas pour autant que ces bactéries problématiques se retrouvent dans l'eau, mais l'achalandage élevé du parc dans la saison estivale préoccupe les visiteurs que nous avons rencontrés hier.

"Mon mari est médecin et je ne pensais pas que des bactéries comme C. difficile pouvaient se retrouver dans des piscines, s'inquiète Diane de Champlain originaire de Châteauguay. Je fais attention et je ne vais pas dans la piscine chauffante. Si les gens sont au courant, ils doivent faire des pressions pour que ça change et que les analyses soient faites."

"On ne va pas se priver de notre journée de vacances, mais on va aller prendre une bonne douche en sortant", remarque Solange Cyr, qui vient des Îles-de-la-Madeleine.

"Il faut qu'ils fassent ces analyses-là. Disons que ça fait réfléchir. S'il arrive quelque chose, on les poursuivra!" commente Mathieu Richard, de la région de Moncton.

Au centre sportif de l'Université de Moncton, les évaluations microbiologiques de la piscine sont faites régulièrement par des étudiants en biologie.

Au YMCA de Moncton, le responsable des installations était absent, hier, et il a été impossible de nous confirmer si ces tests étaient effectués ou non.


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