Le divan, comme chacun sait, est un meuble plus ou moins confortable où l'on vient reposer son dos, ses jambes, où l'on vient dénouer les lassitudes et les tensions.... mais le Divan est aussi, à l'origine, un lieu de discussion, le diwan, antichambre où se tenaient les conciliabules secrets des tenants du pouvoir dans l'empire Ottoman.

Ici, point de pouvoir ni de sordides transactions, mais un lieu de parole tel qu'en son origine, un peu mystérieux, où j'ai choisi de dérouler une poésie improvisée, une poésie de conversation née dans les étonnantes fenêtres de discussion ouvertes par internet, les fameux "Chats". Mais je vous laisse apprécier par vous-mêmes....

 

Le divan

 

Dans la conversation du 27 mars 2000 :

 


Leila Zhour


Huguette Bertrand
Leila Zhour

Huguette Bertrand

Leila Zhour



Huguette Bertrand

Leila Zhour

Huguette Bertrand
Leila Zhour





Huguette Bertrand

Leila Zhour

Huguette Bertrand


Leila Zhour
Huguette Bertrand



Leila Zhour


Animal à sang froid recherche chaleur humaine pour dodo confortable. je me love. l'aime bien ce mot
sang froid recherche sang chaud.
oui un bien joli mot caressant
et qui décrit exactement ce que je veux dire...

se lover dans le douillet des mots
quand le froid s'habille de chaud
se lover dans le secret des corps
quand le froid heurte dehors
petite mort
qui dort
tout près des caresses enveloppantes de désir
des petites morts amoureuses
et creuses
profondes descentes au cœur de l'instant
dans ce vide du temps
des vagues sommeillantes
qui veillent encore
à la surface du désir
le corps des mots
les mots du corps
soupir
les mots du corps
tracés par la main offerte
arabesque des doigts
sur le satin pâle de la peau
la poésie du corps
dans l'instant
survole les jouissances
transe fugitive d'un frisson
retenu en rappel
vertige
chute très lente jusqu'à l'arrière des désirs
ce gouffre qui appelle tous les sens
baiser obscur dans la lumière d'un regard clos

N'est ce pas ce qu'est la poésie?

 



Dans la conversation du 28 mars 2000 :

 

Leila Zhour



Huguette Bertrand
Leila Zhour

Huguette Bertrand

Leila Zhour
Huguette Bertrand


Leila Zhour
Huguette Bertrand
Leila Zhour
Huguette Bertrand
Leila Zhour



Huguette Bertrand

Leila Zhour





Huguette Bertrand

Leila Zhour





Huguette Bertrand

Oui. "prolonger à l'infini le désir", c'est déjà un plaisir... Mais vas-y.


les mots du désir font soupirer
les gestes attendus font désirer.
mais retenu encore
un regard
un effleurement
à la frontière de cet instant
un sourire
une approche
sans que rien ne bascule
saisir ce souffle
le geste
promesse avant l'instant
sur le bout des lèvres
prolongement du temps
suspendu, infiniment.
dans l'attente des mains nues et pleines
dans l'attente de vouloir
prolonger ce temps
en un souffle éperdu
hors du temps
inspirer le corps
ses fibres
tendre les gestes
jusqu'à l'absolu du plaisir
l'embrasement du désir
s'appellent les corps
se tendent les gestes
entre les arcs du regard
déjà rendus à l'âme
soupir,
oui

rendre l'âme à l'âme, c'est drôle !

 


Dans la conversation du 13 juin 2000 :

 

Leila Zhour

Huguette Bertrand
Leila Zhour

Huguette Bertrand
Leila Zhour



Huguette Bertrand
Leila Zhour
Huguette Bertrand
Leila Zhour

Huguette Bertrand




Leila Zhour

Huguette Bertrand
Leila Zhour

Huguette Bertrand

Leila Zhour
Huguette Bertrand
Leila Zhour




Leila Zhour

Scander , c'est marquer le rythme, la pulsation, la cadence.
Scandaliser...
Scander une musique, scander une phrase, c'est parler en appuyant sur les temps forts.
Ah okay, j'appuie de tout mon cri.
Et "scandaliser", c'est la même racine effectivement, dixit docteur Zhour.



quand les temps sont forts
gros temps
temps des hautes vagues
mer déchaînée, tempête,
oui

propulsées sur la mer des intempéries
oui,
déchaînée
mer enchaînée
par un tourbillon de vagues
les moteurs peinent hors de la vague
les voiles s'affalent dans trop de vent

les mots-heurts
seule la rame demeure
les bras plongés dans une écume glacée

les mots-heurts rament
dans l'écume des tourments
et dans le rythme de la respiration qui souffre
scander par tous les vents
les mains se font pagaies
et scandent le temps des solitudes
saccades dures qui giflent de dérisoire
le dos si noir, si lourd, des océans

C'est drôle que les mêmes mots nous viennent. Ce que tu affiches est pile ce que je suis en train d'écrire. Ca fait un drôle de texte, tout en échos. La propulsion nous est commune tu crois? Un seul moteur pour quatre mains, comme dans une partition à l'italienne?

 

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