L' AMANTE |
page 1 |
| Solaire Solaire solitude posée en été bleuissant sur le parvis de ma demeure Je pose ma main sur un visage qui m'a bénie A l'origine il y a un deux Deux pour aimer Deux pour être Deux êtres Je sens Tu es Mais seule Une brûlure m'a traversée Brûlure de solitude au milieu de nos dessins à deux Douloureuse liberté La parole naissait d'avant Mais seule déjà Et nue Nue d'un tranchant bleu-lame Dévastée Ruinée d'espoirs trop volontaires, si dérisoires Une dentelle de pierres m'a révélé le jour A travers le minerai du silence J'ai vu le visage possible d'une mort Ma prière s'est muée en consentement au vide Mon âme juste mêlée de rien Effroyable distance de l'acceptation Ou cette exigence d'être en toute solitude Solaire Repérée de lumière J'ai repris le chemin consenti de l'autre Une nudité vierge d'immensité noué en pagne à hauteur de mon coeur Solaire, oui J'ai pris une voie incendiée de sereine solitude Où j'ai rejoint le temps Tellurique abondance de l'incertitude
|
~
|
~
| Ton
regard sur mes lignes a fait le tour de ma mémoire Ecriture, je coule dans les mots-sang que tu parcourres Mon silence est aride Blessure sèche dans l'exigence de ta voix Tes yeux comme une ondée En toi seule poète Ton jardin est monde pour moi Le tien J'y suis un bien Je m'exige là, surgie de mes propres folies La transe du mot en engagement sans combat Entre tes phrases mon pas rôdeur Est-ce moi, ce silence que tu lis ? Dans les détours de nos absence Il y a toi, juste sur mon épaule Main ouverte, refermée sur le songe Toi seule rêvée en espace idéal Le fluide du temps glisse ici Main refermée ouverte sur l'impensable Moi seule, corps nu dans l'espace du pauvre Le langage des souffrances délivre mon vrai visage Des silences fugitifs harcèlent la conscience Je me tais d'écrire Je veux tes yeux Je veux ta voix Long caprice où la femme épouse l'ombre Chut Un baiser de conscience étire nos traits Vivante présence de toi Je lis aussi Je lis cur et regard sur les mots à ta porte Retrouvée en moi même sur tes chemins J'aime à jamais Toi, dans l'embardée de nos visions Toi immanente encore Oui, immanente entre nous Toi seule
|