Le loup pendu
retour à la page d'accueil
retour à la page de contes et légendes folkloriques
Le loup est presque toujours méchant, mais dans ce conte d’origine normande, sa proie va vite
assimiler la leçon.

Un jour, un homme traversait un bois, trouva un loup pendu par la patte au haut d’un chêne.

-Homme, dit le loup, tire-moi d’ici pour l’amour du bon Dieu.  J’étais monté, sur ce chêne, pour
y prendre une pie dans le nid.  En descendant, j’ai pris ma patte dans une branche fendu.  Je suis
perdu, si tu n’as pas pitié de moi.

-Je te tirerais delà avec plaisir, Loup, répondit l’homme, mais j’ai perur que tu me manges, quand
tu serais dépendu.

-Homme, je te jure de ne te faire aucun mal, ni à toi, ni aux tiens, ni à tes bêtes.

L’homme dépendit donc le loup.  Mais à peine celui-ci fut-il à terre, qu’il commença à le
regarder de travers.

-Homme, je suis affamé.  J’ai grande envie de te manger.

-Loup, tu sais ce que tu m’as juré.

-Je le sais.  Mais à présente, je suis dépendu.  Je ne veux pas mourir de faim.

On a bien raison de dire, Loup: “On fait le bien et le mal survient”.

-Si tu veux, nous allons consulter, cette chienne qui vient vers nous.

-Je veux bien, homme, dit le loup.

-Chienne, dit l’homme, le loup était pendu par la patte au haut d’un chêne.  Il y serait mort, si je
ne l’avais dépendu.  A présent, pour ma peine, il veut me manger.  Cela est-il juste?

-Homme, répondit la chienne, je ne suis pas en état de vous juger.  «J«,ai bien servi mon maître
jusqu«,à présent.  «Mais, quand il m’a vue vieille, il m’a jetée dehors, pour n’avoir plus à me
nourrir, et m’a chassée dans le bois.  ON a bien raison de dire: “ On fait le bien et le mal
survient.”

- Alors, Loup, dit l’homme, nous allons consulter, sur notre cas, cette vieille jument.

- Je veux bien, homme.

- Jument, dit l’homme, le loup était pendu par la patte au haut d’un chêne.  Il y serait mort, si je
ne l’avais pas dépendu.  Maintenant, pour ma peine, il veut me manger.  Cela est-il juste?

- Homme, répondit la jument, je ne suis pas en état de vous juger.  J’ai bien servi mon maître
jusqu’à présent.  Mais, quand il m’a vue vieille, il m’a jetée dehors, pour n’avoir plus à me
nourrir et m’a chassée dans le bois.  ON a bien raison de dire: “ On fait le bien et le mal
survient”.

- Alors, Loup, dit l’homme, nous allons consulter le renard, sur notre cas.

-  Je veux bien, homme.

- Renard, dit l’homme, le loup était pendu par la patte au haut d’un chêne.  Il y serait mort, si je
ne l’avais dépendu.  Maintenant, pour ma peine, il veut me manger.  Cela est-il juste?

- Homme, dit le renard, je ne suis pas en état de vous juger avant d’avoir vu l’endroit

Ils partirent tous trois, et arrivent au pied du chêne.

-Comment étais-tu pendu, Loup?  demanda le renard.

Le loup monta sur le chêne, et se remit comme il était, avant d’être dépendu par l’homme.

-J’étais ainsi pendu, Renard.

-Eh bien!  Loup demeure-le!

Le renard et l’homme s’en allèrent.  Quand il fallut se séparer, l’homme remercia le renard, et lui
promit de lui porter pour ses peines, le lendemain matin, une paire de poules bien grasses.  En
effet, le lendemain matin, l’homme arriva portant un sac.

-Voici les poules, Renard.

Aussitôt, il ouvrit le sac, d’où sortirent deux chiens, qui étranglèrent le pauvre renard.

On a bien raison de dire: “ On fait le bien et le mal survient”.
adapté par Robert Payant
Hosted by www.Geocities.ws

1