La morale et le
conformisme.
De prime abord la
formulation du thème est vue comme tautologique : toute morale
n’implique-t-elle pas une convergence d’intérêts et de valeurs à l’intérieur
d’un groupe donné menant à l’observation
consentie de certaines règles d’action? Tendance qui
dans sa nécessité semble relever proprement de la
« nature » de l’homme chez qui elle peut prendre des proportions monstrueuses et inquiétantes cfr le nazisme ou le suicide collectif à Jonestown en Guyane. De groupe en groupe,
les morales se constituent, parallèles, conflictuelles ou mutuellement exclusives.
Nécessité donc d’exister au regard des autres, de s’associer à un groupe, de se conformer à un modèle sinon de vivre en harmonie.
Car, si la morale
semble, à première vue, favoriser la cohésion du groupe, ce n’est pas
forcémement l’harmonie qui résulte de
cette nécessité d’association. Le désir d’union, la pulsion de vie, agit au
même titre que la violence , la pulsion de mort, et l’absence d’un modèle universel, transcendant les rapports de force entre les
groupes, réduit la morale à la loi du plus fort. D’où les problèmes de toute théocratie ou
gouvernement mené par des êtres moralement « supérieurs » comme les philosophes
dans la République de Platon.
La morale imposée au nom de la nécessité, économique et
politique à la base, cache donc sous des apparences de conformté, de nombreux conflits dont la
conscience individuelle est le témoin.
Conflit des
morales entre elles ; conflit de la conscience individuelle avec la morale
en vigueur qu’elle peut transgresser ou non à ses risques et périls ;
conflit, à l’intérieur de la conscience individuelle, de la raison avec les
pulsions qui voudraient se substituer à elle pour remplacer la morale du devoir
par une morale du désir ; conflit enfin entre les différentes pulsions qui
voudraient régenter cette dernière.
D’où la recherche
de critères : a) La Morale
b) pas de morale c) des morales
Le terme manque
pour désigner cette activité de la conscience, morale pourtant, mais qu’on
hésite à nommer ainsi tant l’origne latine de la morale est associée aux « mores »(mœurs, traditions, conventions, cfr le point de
départ de la discussion).L’étymologie rend le terme grec d’éthique également suspect. Or, à l’instar de Spinoza, de nombreux
auteurs du xxe siècle l’ont appliqué à des remises en question de la morale.
Comme l’art et la science, la morale a besoin de
créateurs (destructeurs ou reconstructeurs ?) pour progresser. Pour
l’artsite comme pour le chercheur, il s’agit sans doute de servir le groupe
mais plus encore de ne pas trahir sa propre vérité.
Il n’est donc pas
question d’ignorer la morale, nécessité
de la condition humaine, mais de s’interroger
sur ses présupposés et d’ébranler
dans ses fondements une morale du pouvoir. Cette démarche , remarque-t-on,
est à la fois favorisée et contrecarrée par la mondialisation :
universalisation ou globalisation, humanité ou ressources, dialogue ou
écrasement, doute ou certitude, éthique
ou morale ?