L’ engagement politique

 

La question de départ : Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à l’engagement politique et d’autres non ? entraîne la nécessité de définir aussi bien l’engagement que la politique.

Faut-il comprendre l’engagement politique comme une participation à la politique ? Si le concept d’engagement implique une responsabilité face à autrui avec qui s’établit un contrat , tacite ou non, cet engagement pourrait-il se tenir par d’autres moyens que celui de la participation à la vie politique ?

Engagement politique se précise alors comme responsabilité civile, le fait d’être citoyen impliquant droits et devoirs.

On nomme ensuite quelques motifs pouvant  faire obstacle à l’engagement politique :

-la confusion entre engagement politique et  participation à la vie politique détourne ceux que rebutent les formes de pouvoir exercé par le gouvernement ( force militaire,  pressions économiques, intrigue et intimidation) et qui refusent de s’y « salir les mains » ;

-le sentiment d’impuissance  de la personne qui, devant les  procédés politiques de distribution du  pouvoir et de répression,  choisit de  s’isoler, désabusée , dans sa tour d’ivoire ;

-l’absence de plaisir dû à un clivage de plus en plus grand entre les communautés, la société et l’Etat et à l’isolement qui s’ensuit : se battre seul contre le pouvoir, sans espoir ni plaisir, sans passion ou liens préalables est une lutte contre moulins à vent ;

-le refus de s’engager autrement que par la violence de celui qui ne doit rien, sinon haine et vengeance, à une société qui ne lui a rien donné et n’a jamais entendu sa voix.

 

Se profilent alors les motivations qui mènent à l’engagement politique :

-un engagement social continu  de par sa profession (institutrice dans un petit village par exemple) mène à la nécessité d’obtenir un certain pouvoir d’ action et d’utiliser la participation politique pour l’obtenir .

-une recherche personnelle sur les rouages du pouvoir, les pouvoirs cachés etc, peut constituer un engagement dans la mesure où l’on devient actif du fait  même de se mettre en quête d’une information qui n’est pas diffusée et pourtant existe. Ce genre d’enquête inspiré par la conscience professionnelle,  chez un journaliste par exemple, peut faire de celui-ci un homme engagé qui pourra perdre sa place ou  même la vie s’il constitue une menace pour  le pouvoir en place .

-les  plaisirs et intérêts culturels partagés dans la communauté à laquelle on appartient (on cite le football et la prière dans les villages du Nord de l’Italie ) créent des liens assez forts pour  qu’on s’engage à défendre les droits  de celle-ci ou d’un de ses membres .

De même des liens d’amitié, de joies et de peines partagées, un passé commun peuvent mener à l’héroïsme celui qui refusera de trahir l’ami devenu persona  non grata pour des raisons politiques.

-une décision réfléchie, un choix moral motive certains qui ont cultivé le souci de la parole vraie dans leur vie personnelle  à porter cette parole sur la place  publique : la parrhesia grecque (le courage de la parole ou fearless speech de Michel Foucault). Ils  passent  ainsi de la démarche intellectuelle à l’engagement du citoyen.

-un artiste qui a cultivé dans son art la parole vraie (plutôt que celle qui flatte et enrichit) peut de même se trouver engagé lorsque sa sincérité déplaît au pouvoir pour lequel son regard lucide constitue une menace. L’art engagé se distingue ici d’un art de propagande qui chante la gloire et la grandeur d’un régime politique en place.

 

Ces différents stades d’implication dans la vie de la cité peuvent mener sans doute à l’engagement politique auquel on consacre toute son énergie et sa vie et qui, dans le cadre des sociétés démocratiques,  pourrait consister à institutionnaliser tout progrès fait dans le sens d’un contrat équitable entre les citoyens.

 Il s’agit d’un travail sur la législation :

-au niveau national, par des amendements progressifs d’une constitution élaborée à l’origine pour la protection des privilégiés au détriment des droits des autres, par une vigilance soutenue pour que ne se perdent , au nom de lois du marché, de précautions nécessaires à la sécurité etc , les progrès  des lois sociales, véritable baromètre d’un souci civique ;

- au niveau international, une défense des droits imprescriptibles de l’homme contre les abus du pouvoir politique passé, présent et à venir,   légiférant sur les sanctions, imprescriptibles elles aussi, punissant les crimes contre l’humanité.

 

Plusieurs questions concernant toutes le pouvoir  ont été soulevées mais sont restées en suspens,  vu la nature et la durée du café philosophique. Elles auraient demandé un examen plus approfondi et une documentation  plus précise :

1. Quelles sont les formes de pouvoir alternatives auxquelles un militant qui répugne à utiliser la force peut avoir recours ?

2. Pour étudier les possibilités  et les limites de l’engagement politique, ne faudrait-il pas étudier chaque société « en situation », dans ses rapports avec le gouvernement qui la dirige ?

3. Comment accorder aux communautés et delà aux individus un pouvoir que des forces de plus en plus centralisatrices lui enlèvent progressivement ? Comment localiser le pouvoir ?

4. Comment débusquer les pouvoirs cachés,  les formes diffuses, subtiles et institutionnalisées de la répression ?

5.  La démocratie directe serat-elle la seule viable, la représentation une déviation du contrat social ?

5. La division des pouvoirs  dans l’Etat freine-t-elle  le dynamisme d’une société démocratique ? Fait-elle obstacle à toute véritable évolution des lois sociales appelant ainsi à la révolution comme solution  toujours provisoire ?

 

 

 

 

Hosted by www.Geocities.ws

1