Comment gérer le désir ?

 

 

En appliquant ici un concept économique, la question sous-entend que le désir est une ressource qu’il s’agirait de bien administrer afin de ne pas  la gaspiller mais de l’utiliser au plus grand profit de l’individu comme de la communauté.

 

1. Pourquoi faudrait-il gérer le désir ?

 

Si le désir est inné, spontané et vital, pourquoi ne pas s’abandonner à  cette vague qui tantôt nous porte tantôt nous rejette ?

-On constate d’une part que le désir des autres entre en conflit avec nos désirs et , de l’autre, que nos propres désirs peuvent créer en nous ce même état de guerre.  Désir de paix, désir de l’autre peuvent alors l’emporter et faire naître le désir de ne plus désirer. (arrêter de vivre ?)

-Par sa mobilité le désir crée en nous déséquilibre et inquiétude en se déplaçant toujours sur de nouveaux objets. Le désir se distingue du besoin qui  disparaît à sa satisfaction alors que le désir survit lorsqu’il a atteint son objectif et  s’aiguise même , différant toujours la  satisfaction. (Don Juan).

 -Enfin, le désir se distingue également du plaisir car, issu de l’inconscient, il peut être eros ou thanatos, inspiré par la pulsion de vie comme par la pulsion de mort, et donc source de plaisir comme de souffrance.La permanence du manque et de la frustration en font même plus aisément une source de souffrance. D’où la conception  bouddhiste du « gouffre du désir ».

 

 

2.Comment cette énergie psychique qui nous pousse à l’action et nous attache à la vie, serait-elle gérable? 

 

-On suggère comme première étape de se défaire d’abord des désirs qui ne viennent pas de nous mais nous sont inspirés par la société. Toutefois,  il n’est pas toujours aisé de les distinguer les uns des autres  surtout lorsque certains interdits et règles intégrés dans le psychisme dès l’enfance  (le sur-moi), créent en nous une barrière (la censure) et refoulent nos propres désirs dans l’inconscient.

-Il s’agit également d’apprendre à discerner les désirs qui nous révèlent à nous-mêmes et contribuent à notre épanouissement de certaines envies passagères qui nous détournent des désirs dont notre volonté, éclairée par la raison , approuve. Ainsi on peut désirer quelqu’un dont on ne voudrait pas . Progressivement nous établissons ainsi nos priorités parmi les désirs et nous progressons dans la connaissance de soi.

-Enfin , on peut dissocier le désir de la possession de son objet. Dans cette étape importante on reconnaît que le désir relève du sujet, non de l’objet. C’est là que l’ imaginaire se mobilise pour embrasser ce qui est plutôt que de se languir de ce qui n’est pas.

 

Le désir c’est Eros, fils de Penia (pénurie) et de Poros (ressource), dit Platon. Retour au concept économique.

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