Texte 1: L’émergence de l’homme – I. Tattersall

Notre espèce est unique en son genre, mais le mécanisme évolutif qui nous a façonnés l’est tout autant.

Sélection naturelle

Carl Linné : point de classification selon divers critères (espèces, genres, familles, ordres, classes, embranchements et règnes) Il est le premier a classer nous classer comme Homo sapiens dans la famille des hominidés relié à l’ordre des primates, à la classe des mammifères, embranchement des vertébrés dans le règne animal.

Thomas Malthus : parle de l’accroissement démographique et calcule qu’un seul couple d’oiseaux peut produire 10 millions de descendants en 15 ans.

Wallace et Darwin : comme les prédictions de Malthus ne se confirment pas, ils infèrent un mode de sélection des individus en fonction de leur capacité d’adaptation : la sélection naturelle qui est le succès reproducteur différentiel des individus au sein des populations en fonction de l’environnement.

Comme chaque étape de l’adaptation crée une différence entre les individus, il est maintenant assez difficile de déterminer les espèces descendantes d’un même ancêtre. D’ailleurs, les plus récentes théories vont dans le sens que cette évolution ne serait pas linéaire, mais plutôt touffu comme un buisson, c’est-à-dire que les différences au niveau des lignages doivent être accompagnées de ségrégation des espèces.

La synthèse évolutionniste

Darwin : évolution = modifications du patrimoine génétique collectif des populations au cours des générations successives. Apparition de nouveaux gènes par les mutations spontanées.

Theodosius Dobzhansky : « genetics and the origin of species » selon lui, microevolution = macroevolution

Ernst Mayr : mise en évidence du rôle joué par l’isolement géographique vu la gamme des espèces dans la nature se présentant sous un aspect discontinu. Mais il admet que la sélection naturelle et les changements de fréquence de gènes expliquaient à eux seuls la totalité du processus évolutif.

George Gaylord Simpson : accepte la thèse de Darwin en lien avec ses recherches sur les mammifères et les formes fossiles. Mais trouve de nombreuses lacunes : intermédiaires postulées souvent manquantes. Grandes différence entre les mammifères.

Les thèses que ces 4 auteurs constituent la synthèse évolutionniste :

♣ la production de nouvelles espèces est le résultat automatique des adaptations mises en place au cours de vastes durées de temps.

♣ répétition des spéciations est le mécanisme par lequel apparaissent les nouveaux genres

♣ Le temps est le marqueur de ces spéciations

*Cette synthèse faisait le bonheur de pratiquement toutes les disciplines sauf la paléontologie où le temps est le moteur de la discipline, cette théorie empêche de distinguer clairement les espèces paléontologiques les unes des autres.

 

Synthèse et la paléontologie

Synthèse plus uniformisée :

♣ évolution procède par modification graduelle des fréquences de gènes dans les lignages, sous l’action directrice de la sélection naturelle

♣ macroévolution et microévolution sont le même phénomène

♣ Paléontologie devient rapidement le porte-drapeau le plus représentatif

Avec la synthèse et les archives fossiles de la paléontologie, on arrive à différencier de nombreuses nouvelles espèces.

Dobzhansky : selon lui, il n’avait jamais eu plus d’une seule espèce d’hominidé à la fois sur la présence.

Mayr : il soutient la thèse de Dobzhansky, et soutient qu’il n’y a eu que trois espèces d’hominidés depuis le début des temps : Homo transvaalensis (les australopithèques), Homo erectus, Homo sapiens

Les équilibres ponctuées

Niles Eldredge étudie des invertébrés marins, il remarque une absence de changements évolutifs sur une longue période mais ponctuée par un changement rapide à New York qui aurait ensuite remplacé les espèces à l’ouest. Mais avant le remplacement, il y avait donc deux sortes de triolbites.

♣ longue période de statu quo

♣ extinction locale rapide lors de l’immigration de la nouvelle espèce sur le territoire

♣ apparition de nouvelle espèce est rapide et n’implique pas beaucoup de changements morphologiques.

Il explique ce phénomène par une thèse de Mayr qui parle de la spéciation allopatrique : c’est-à-dire une spéciation causée par les conditions environnementales différentes.

Cette théorie est donc contraire à la synthèse qui proposait un changement lent et continu.

Stephen Jay Gould étudie les escargots terrestres et fait les mêmes constatations qu’Eldredge.

Les deux en viennent donc à la conclusion suivante : les espèces sont comme les individus, elles présentent des aptitudes variables selon lesquelles elles réussissent inégalement dans la compétition qui les oppose.

*Cette théorie est contestée car il semble un peu exagéré que toutes les modifications morphologiques prennent place au même moment.

Sélection de groupe et gènes immortels

Concept d’optimisation, exemple, un oiseau a assez d’œufs pour se représenter génétiquement sans avoir de mal à assurer la survie des rejetons. Ce concept est valable tant que l’on considère une seule adaptation à la fois.

Mais le succès reproductif est la réussite globale d’un organisme et non de ses composantes individuelles.

George Williams (1966) Il est contre la sélection de groupe et dit que tout est lié à la survie des gènes les sous-tendant.

Richard Dawkins The selfish gene : la sélection n’agit pas tant sur les caractéristiques physiques des organismes que sur les gènes eux-mêmes, caractérisés par leur immortalité. Selon lui, toute entité autre que le gène est trop grosse et trop éphémère en tant qu’unité génétique pour constituer une unité significative au regard de la sélection naturelle.

Mais cette théorie néglige le fait que les gènes sont les représentations d’une série hiérarchique où dans la hiérarchie chaque niveau a un rôle évolutif fondamental et distinct à jouer. Et malgré la très grande quantité de gènes dans l’organisme, c’est avant tout la survie de l’individu et tant que tout qui prédomine dans la reproduction.

Malgré ces faits, l’idée du gène égoïste ou plutôt de l’altruisme redirigé est très séductrice et a fait naître la sociobiologie.

La théorie moderne de l’évolution

On sait maintenant que tous les niveaux jouent un rôle dans l’évolution, chacun à sa propre manière.

Les mutations affectent les gènes ce qui crée une variation élémentaire sur laquelle se base la Sélection naturelle. Celle-ci conduit les populations locales à s’adapter aux environnements spécifiques par le succès reproductif des organismes individuels.

On peut donc dire que les populations locales sont les points de départ de l’évolution à cause de la normalisation d’un trait au sein de cette population.

Population : C’est l’espèce en tant qu’unité reproductive

Espèce :Nombreuses populations locales occupant une série d’environnements; définit les limites au sein desquelles l’innovation peut éventuellement se développer.

Spéciation : Fait surgir les nouveaux acteurs sur la scène de l’évolution.

Les populations locales se développent selon leurs propres particularités héritables

Les mécanismes d’isolement rompent la continuité reproductive et donc crée de nouvelles entités distinctes qui s’adaptent chacune à leur nouvel en environnement en établissant un processus de compétition.

♣ Les mécanismes d’isolement ont plus de chances de se manifester dans des populations petites et quasi isolées puisque le patrimoine génétique est moins stable que dans les grandes populations.

♣ Les mécanismes d’isolement ne sont pas la même chose que l’acquisition de nouvelles adaptations.

♣ Innovations morphologiques ne sont pas nécessairement des adaptations; elles peuvent pas contre le devenir si l’environnement change ou s’il y a rencontre avec une autre population où l’on doit entrer en compétition.

♣ L’environnement change beaucoup plus rapidement que l’adaptation par la sélection naturelle et donc lorsque ce changement s’opère, une espèce a deux choix; l’extinction ou la migration ce qui favorise la colonisation rapide de nouveaux territoires dans lesquelles les adaptations passées de servent plus à rien.

♣ Nous voyons dans les archives fossiles d’hominidés le résultat du processus de tri des gènes, individus et populations.

♣ Avec les homologies sur les primates, on se rend compte qu’il y a probablement eu un plus grand nombre de spéciations que l’on le croyait pour en arriver à l’homme moderne. Bien qu’il soit possible qu’il y ait eu à certains moments des changements rapides et radicaux.

♣ Nous sommes le fruit du même processus d’adaptation que toutes les espèces.

♣ La survie matérielle de chaque individu dépend du bon fonctionnement en tant qu’être entier, ce sont donc les espèces dans toute leur complexité individuelle qui gagnent ou perdent.

♣ La Sélection naturelle est aveugle, les nouveautés ne surviennent pas pour atteindre un but, mais sont déterminées par des processus génétiques sans lien avec l’évolution.

♣ À partir du moment où une caractéristique apparaît, elle peut être exploitée selon les besoins.

Aptation : Tous les caractères utiles aux adaptations (les seuls traits retenus par la SN)

Exaptation : Traits qui sont apparus dans un contexte mais qui plus tard ont servis à un autre usage (mains pour jouer du piano)

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