UN PEU DE LOGIQUE

Par François Lanecki, Mai 2009

 

 

Après le siège avorté de Gergovie, César franchit l’Allier pour se protéger d’éventuels poursuivants Arvernes (BG 7,53).

 

Le soulèvement de La Gaule et le sac de Nevers contrarient les plans de Jules César (BG 7,55). Coincé, il ne peut disposer de ses chevaux de réserve mais il doit tout de même franchir la Loire afin d’approvisionner ses légions (BG 7,56).

 

L’armée romaine de césar n’était pas en position de force pour faire face à une éventuelle attaque de la cavalerie gauloise. César ne peut pas risquer de mettre ses légions en colonne de marche ; il part donc en direction des Sénons pour se rendre chez ses amis Lingons restés fidèles, pour négocier des cavaliers germains. Durant ce temps, on peut aisément supposer que les légions de César sont campées dans le Bazois, attendant les légions de Labiénus qui retraitaient depuis Sens par la vallée de l’Yonne (BG 7,62). À la tête de six légions, Labiénus, lui au moins, n’avait pas perdu ses chevaux !

 

Toute La Gaule celtique était déjà au courrant du siège avorté de Gergovie et de la défection des Éduens (BG  7,53). Des bruits courraient que César n’avait pu franchir la Loire et par faute d’approvisionnement en vivres, il était contraint de retraiter vers la Province.

 

Vercingétorix, élu chef suprême de la rébellion, concentre ses troupes et celles venues de toute La Gaule sur son territoire (Bourbonnais, au nord-est de l’Auvergne). Sa stratégie consiste à attaquer les légions romaines dans l’embarra  de leur marche. En attendant le moment venu, il demande aux Éduens et aux Ségusiaves de porter la guerre chez les Allobroges en Province ( BG 7,64 ).

 

César piégé, sa stratégie consiste alors à regagner, de la manière la plus facile possible, la Province pour lui porter secours (BG 7,66).

 

Où se trouve donc Jules César ? Ces légions immobilisées par manque de chevaux attendent Labiénus qui retraite depuis Sens (BG 7,62). César lui-même est chez les Lingons pour ramener des cavaliers germains. Lorsque Labiénus, César et les Cavaliers germains ont tous rejoint les légions en attente dans le Bazois, l’armée romaine est prête à faire mouvement en direction de la Province.

 

Les légions de Jules César, sans la cavalerie germaine n’auraient jamais pu se rendre jusque chez les Lingons. Vercingétorix aurait fait mouvement pour les attaquer dans l’embarras de leur marche. De plus, si Labiénus, César et les légions étaient chez ses amis Lingons, comme certains pourraient le penser, alors pourquoi marcher sur les bords extérieurs des Lingons plutôt que de se diriger vers la Saône en toute sécurité par l’intérieur du pays ami. Encore plus stupide, pourquoi vouloir aller chez les Séquanes pour porter secours à la Province ? Jules César ne mentionne nulle part qu’il veut traverser la Saône, opération complètement suicidaire. Dans son livre premier sur la guerre des Gaules, César nous fait part de l’insensée traversée du Jura par les Helvètes, pourquoi irait-il se jeter dans la gueule du loup alors que toute la Gaule est en rébellion ?

 

Cantonné dans le Bazois, Jules César ne cherche pas à aller chez les Séquanes en longeant le bord des Lingons malgré le texte : Quum Cœsar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret, quo facilius subsidium Provinciæ ferri posset… (BG 7,66 version dénaturée). Soyons logique ; ses intentions sont de faire mouvement vers les Ségusiaves par les bords rapprochés de Loire pour atteindre facilement et de façon sécuritaire la Province (Vienne) Quum Cœsar in Segusiavos per extremos Ligerum fines iter faceret, quo facilius subsidium Provinciæ ferri posset( ma version dans la Guerre des Gaules certainement plus conforme à l’originale). En longeant la Loire aussi près que possible, les colonnes romaines n’exposent qu’un seul flanc à la cavalerie gauloise. N’oublions pas que la Ségusie (Secusianii ou Segusiavii) est le pays de La Gaule Chevelue le plus proche de la Province. in Segusiavos exercitum ducit. Hi sunt extra provinciam trans Rhodanum primi (BG 1,10) et aussi His constitutis rebus Aeduis Segusiauisque, qui sunt finitimi prouinciae (BG 7,64).

 

Enfin, dès que les légions romaines, campées dans le Bazois, se mettent en marche, les troupes de Vercingétorix, en attente dans le Bourbonnais, viennent en trois campements se positionner devant l’armée romaine (BG 7,66). L’affrontement a lieu probablement à Cercy-la-Tour. La colline sur le flanc droit où est déboutée la cavalerie gauloise serait celle de Martigny, la rivière en avant des troupes gauloises serait l’Alêne. Les gaulois poursuivis se réfugient à Alésia ( Alisincum, Lausia, Luzy) tandis que César laissait ses équipages sur le coteau voisin de Vendonne. Le lendemain matin Jules César arrive devant Alésia.

 

Alea jacta est !

 

 

 

 

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