| La boutique de lingerie
C'est une boutique de lingerie de luxe, située
sur la chaussée de Bruxelles, à deux pas du centre de Waterloo.
Chaque fois que je passe devant la vitrine en voiture, je suis fasciné
par les modèles de lingerie exposés. Marie-Jo, Aubade et
les autres rivalisent de charme et d'audace. Hier je me suis décidée
à pousser la porte. Je n'étais pas en femme, dommage.
Il y a deux vendeuses, pas très jeunes.
La première doit avoir une quarantaine d'années. L'autre
à peine 30 ans. C'est la plus âgée qui m'acceuille.
A mon avis, un homme qui entre seul est souvent mal à l'aise et
une femme trop jeune pourrait l'effrayer. Elle, par contre, a juste ce
qu'il faut de présence souriante et de doigté pour mettre
à l'aise. En ce qui me concerne, pas vraiment de problème,
je suis totalement enchantée d'être dans ce genre de boutiques…
et je suis même un peu grisée par toutes ces belles choses
qui m'entourent. La plus jeune s'affaire dans le fond à ranger…
nous laissant seules, sa collègue et moi.
Evidemment je viens pour moi, mais faut-il le
dire? Cela m'arrive de plus en plus fréquemment, et les réactions
des vendeuses sont toujours positives, parfois étonnées,
curieuses même, jamais agressives.
- Je peux vous aider Monsieur?
- Oui, merci…
Inutile de chercher longtemps, j'ai tout de suite
repéré ce que je cherche. Une superbe guêpière
noire bordée de dentelle rouge sang, parfaitement galbée,
resserrée à la taille, haute avec des balconnets couvrants,
aussi bordés de dentelle, des laçages croisés dans
le dos et 6 jarretelles… En fait c'est un corset plus qu'un guêpière,
il y a visiblement des baleines. Une merveille fétichiste d'un goût
juste à la limite de ce qu'une honnête (dans sa vie officielle)
bourgeoise peut se permettre (dans sa vie très privée).
- Vous connaissez les mensurations de madame?
Question sur laquelle, je le sais d'expérience
(et elle aussi probablement) la plupart des hommes butent avec honte… Mais
elle sait comment sauver la situation. Elle a interprété
mon silence un peu prolongé pour une héésitation traduisant
mon ignorance…
- Elle est de ma taille?
Je souris… elle est charmante. Et elle est ravissante
avec ça. Une robe longue noire étroite, fendue jusqu'au genoux
et qui remonte en corset jusque sous ses seins qu'elle a moyens mais bien
rehaussés et visiblement fermes… un chemisier blanc ample serré
au cou et aux poignets, une vraie maîtresse d'école, une belle
victorienne, dont elle a d'ailleurs les bottines lacées à
haut talons. Elle a un chignon très haut sur l'arrière du
crâne et une mèche libre qui lui balaie le côté
du visage. Des lèvres pulpeuses et rouge rubis. Des pommettes hautes
et blushées un tout petit peu trop fort, et des yeux noirs qu'une
ombre à paupières vert foncé rend magnifiques. Je
la regarde un instant. Nos yeux s'accrochent, elle sourit. Je lui rend
son sourire.
- En fait non, elle a plutôt ma corpulence…
- Ah…
Elle est un peu surprise, non pas que je sois
gros ou mal formé, mais peut-être s'imaginait-elle une fine
et élégante sur talons hauts, taille guêpe et 95DD?
- En réalité c'est pour moi.
On entendrait une mouche voler, seuls les bruits
de la circulation dans la rue troublent ce silence. Je lui souris. Elle
me rend ce sourire un tout petit peu crispé.
- J'ai envie de me faire plaisir.. et je suis
travesti. Si cela vous choque, je vous prie de me pardonner.
- Oh, non, pas du tout Monsieur. Pas du tout.
Je … disons que j'ai été un peu surprise, mais, je ne suis
en rien choquée, au contraire. Il nous arrive parfois de nous douter
que des messieurs achètent pour eux-mêmes. C'est votre franchise
qui est, disons, inhabituelle. Mais j'en suis heureuse, cela va faciliter
les choses. Venez, à l'étage, nous serons plus à l'aise
pour continuer. Elle fait signe à sa collègue et lui glisse
quelques mots à l'oreille. Elle revient vers moi.
- J'ai prévenu ma collègue pour
qu'on ne nous dérange pas. D'ailleurs, la boutique ferme dans dix
minutes et à cette heure il y a peu de clients. Nous ne serons pas
dérangés. Suivez-moi si vous voulez bien.
Elle me précède dans l'escalier,
son derrière arrondi tend délicieusement le tissus de la
jupe et ses hanches roulent avec sensualité… Belle femme!
L'étage est encombré de cartons,
sacs, panneaux, affiches et autres mannequins. Un vrai bazar! Apparemment
c'était autrefois un grand espace luxueux, à preuve la moquette
épaisse de bonne qualité et les éclairages halogènes
encastrés. C'est aussi sans doute l'endroit de repos des vendeuses.
Dans le fond, je vois un grand canapé, une table basse et même
une petite chaîne hi-fi. Elle s'excuse du désordre.
Sur le côté, il y a un grand miroir
en pied et d'autres cartons plus soigneusement empilés. Elle s'active
à les déplacer, en extrait trois et les pose devant moi sur
une malle. Elle ouvre la première boîte et en sort le même
modèle que le corset que j'ai vu en bas.
- Il devrait vous convenir. C'est une pièce
magnifique n'est-ce pas?
Elle me le tend, je touche ses doigts, un petit
frisson , une gêne, quelque chose d'imperceptible, j'ai le corset
en mains. Je le retourne dans tous les sens, il y a une ligne de fermeture
par rivets à l'avant.
- Et il coûte combien?
Elle prend l'étiquette, la retourne…
- 280 euros.
Oups, ce n'est pas donné! Je reste silencieux
une seconde.
- Vous voulez l'essayer?
Elle a dit cela trop vite. Je parie qu'elle se
demande si elle n'a pas gaffé. Visiblement elle est un peu embêtée.
Il n'y a pas de cabine et puis faire essayer un corset à un monsieur.
Elle se rend compte que cela pourrait gêner le monsieur de se vêtir
ainsi devant une femme. Et moi je suis aussi un peu ennuyé. J'achète
en général ce genre de choses au "jugé"… sans essayer.
Il ne m'est pas arrivé souvent de me tromper, mais vu le prix mieux
vaut ne pas se tromper. Alors qu'est-ce que je fais? Elle reprend ses esprits.
- Si vous voulez, je descend et vous me faites
signe une fois que vous l'avez mis… Ah oui, mais il faut être deux,
pour régler le laçage… euh…
Ce qu'elle ignore en plus c'est que sous mon
costume deux pièces strict, je porte des dessous féminins.
Pour le moment des bas noirs à bordures de dentelle DIMUP, un porte
jarretelles noir large élastique et une ravissante culotte transparente
noire, brodée de motifs noirs également. J'hésite.
Elle aussi.
Et puis tant pis, j'ose! Elle n'en tombera pas
morte et à la limite cela sera même excitant d'être
ainsi vu par une belle femme… dans une tenue féminine. Tiens j'en
ai un début d'érection, rien qu'à l'idée.
- D'accord, merci.
Elle me sourit de façon très engageante
et se dirige vers l'escalier.
- Vous pouvez m'appeler si vous avez besoin d'aide.
Je suis seul. J'y vais? En avant. Je tombe la
veste, dénoue ma cravate, enlève ma chemise, hésite
une seconde puis laisse tomber le pantalon. Un coup d'oeil au miroir.
Marrant, ma propre image m'excite aussi, ou plutôt l'idée
d'être ici, avec ces deux vendeuses en bas, prêt à enfiler
un corset et à me laisser voir ainsi par l'une d'elle. Je retend
un peu mes bas. Je prend le corset. Le laçage est tout à
fait lâche. Je le pose dans le dos et le referme devant sans peine.
Il est beaucoup trop large. Il faudra le retendre. Je me penche vers l'escalier
et appelle.
- Madame, pouvez-vous venir m'aider s'il vous
plaît?
Elle monte. J'entend claquer ses talons sur les
marches de bois de l'escalier en colimaçon. Elle débouche
au premier et me regarde. Je suis un peu gêné. Non, je suis
émoustillé par la situation. Combien de fois n'ai-je pas
rêvé d'être ainsi vu par une belle femme, féminisé
par elle. Elle n'a pas tiqué à la vue de mes bas et de mes
jarretelles, mais son regard s'est tout de même attradé une
fraction de seconde de trop sur mon sexe, aplati sous le fin tissu transparent…
et déjà un peu trop volumineux. Elle s'avance vers moi.
- Cela vous va très bien.
Sa voix est comme un peu rauque, l'émotion?
- Je vais vous aider à faire le laçage
dans le dos, tournez-vous si'il vous plaît.
Elle passe derrière moi. J'observe chacun
de ses mouvements dans le grand miroir. Elle commence tirer successivement
sur les croisillons. Les tractions sont fermes mais et me font osciller
chaque fois en arrière. Elle n'a pas de point d'appui et manifestement
elle ne parveint pas à bien les tendre.
- Excusez-moi, mais je dois m'appuyer sur vous
pour pouvoir bien tirer. C'est un peu difficile comme cela. Il faudrait
pour bien faire que je prenne appui avec mon genoux sur votre dos, enfin
sur votre .. derrière. C'est normalement comme cela qu'on procède.
Cela ne vous ennuie pas?
- Pas du tout, faites.
- L'ennui c'est que j'ai une jupe longue et étroite.
Il faudrait que je mette une jupe plus courte et je n'en ai pas. Cela ne
vous dérange pas si je l'enlève?
- Mais non, j'allais dire "entre femmes" on ne
doit pas avoir de gêne… excusez-moi, je, j'ai parfois tendance à
me considérer comme une femme quand je porte des dessous aussi féminin.
Je vous ai dit que je me travestissais… et quand je suis "femme" en apparence,
je me sens vraiment très femme. J'espère que ce que je vous
dit ne vous choque pas.
- -Mais non, au contraire, je trouve cela très
intéressant, très excitant même.
Elle a dégrafé sa jupe et l'a posée
sur la malle. Elle est en bas noirs elle aussi, et en jarretelles, comme
moi. Elle porte un string. Elle a du cran et pas d'inhibitions la dame.
Dans une boutique comme celle-ci, cela m'aurait étonné qu'elle
ne porte pas de lingerie sexy. Mais tout de même, elle ose.
Son corset lui donne une taille de rêve.
Elle a un corps très agréable à regarder. Je sens
mon sexe gonfler un petit peu plus. Ouh, la, la… faudrait pas que cela
continue, la situation deviendrait un peu gênante. Elle a posé
son genoux sur mes fesses et tire fort sur les cordons. Le corset est rapidemment
serré. Ma taille s'est retrécie, l'effet est superbe. Elle
s'est redressée et me regarde aussi dans le miroir. Je me trouve
plutôt bien… avec elle à côté de moi, et son
regard, sa tenue ne me laissent pas du tout indifférent. Elle se
penche , se tourne pour s'accroupir devant moi et tire le corset vers le
bas.
- Vous auriez du enlever votre porte jarretelles.
Sa tête juste devant moi, à hauteur
de mon ventre, pour ne pas dire de mon sexe me trouble.
Et son invitation à enlever mon pj … elle
a raison, avec 6 jarretelles, il faut voir l'effet avec mes bas. Je décroche
les attaches, fais glisser le pj à mes pieds. Elle le ramasse mais
reste accroupie devant moi. Elle attache les jarretelles du corset aux
bas. Ses mains si près de mon sexe, le contact sur ma peau, ses
jambes et son visage si près que je sens son souffle chaud m'effleurer,
et ce qui devait arriver arriva, mon érection s'amplifie et mon
sexe déborde la culotte et se dresse raide juste devant son nez.
Elle reste un instant sans bouger. Elle l'a juste devant son nez, ses mains
sont à moins de dix centimètres… elle lève la tête.
Je rougis. Elle sourit et délicatement le repousse. Le contact est
comme une décharge électrique et mon gland gonfle sur une
hampe sur les flancs de laquelle saillent mes veines. Son sourire appelle
le mien. La glace est rompue. J'ai envie maintenant qu'elle le prenne en
main, me la caresse, le prenne en bouche même et me suce. Le temps
semble arrêté. Elle a du lire dans mes pensées. Elle
prend délicatement mon pénis entre ses doigts. Je ferme les
yeux, j'attend. Elle a compris.
Un fourreau chaud et doux entoure maintenant
mon sexe et descend vers mon pubis, elle l'a pris en bouche. Je sens que
je suis tellement excité qu'il ne faudra pas longtemps avant que
je explose… attention. Mais elle me relâche presque aussitôt.
Elle se redresse. Elle me tient en main, fermement. Ses lèvres se
rapprochent des miennes et elle y dépose un léger baiser.
- Ce corset vous va à ravir Madame.
Elle a appuyé sur le mot Madame accompagné
d'un éclair troublant dans les yeux.
Elle s'est écartée.
- Voulez-vous l'enlever? Ou voulez-vous le garder
sur vous?
Je sors de ma rêverie éveillée.
- Euh, je vais le garder.
- Je vous laisse vous rhabiller alors.
Elle saisit sa jupe, s'en entoure d'un geste
élégant et ferme les attache sur le côté. Elle
s'avance vers l'escalier qu'elle descend à pas lents sans plus me
regarder. Je m'empresse de me rhabiller. J'ai les mains qui tremblent.
Mon sexe est complètement retombé, je le replace dans ma
culotte. Je ramasse moin pj et mon sac et descend l'escalier à mon
tour. J'ai les jambes qui tremblent et manque de tomber de la dernière
marche. Elle est derrière le comptoir avec sa collègue. Tout
à fait comme si rien ne s'était passé. Elle a l'étiquette
en main et enregistre l'achat sur la caisse. Elle se tourne vers moi.
- Avez-vous une carte de fidélité
monsieur?
- Euh, non…
- Je vais vous en faire une… chaque achat vous
donne automatiquement droit à 10 % sur le prochain achat.
- Euh, oui, merci.
Que pense sa copine? Je vais payer et je n'ai
rien en main… puisque j'ai gardé le corset sur moi. Je tend ma carte
visa. Voilà, tout est réglé. Elle me tend ma souche,
la carte, ma carte visa et un calendrier Aubade. Elle glisse le tout dans
un beau sac papier. J'y glisse mon pj. Elle sourit.
Elle fait le tour du comptoir, se dirige vers
la porte. Il fait noir dehors. Elle l'ouvre, me tend la main je la prend…
elle me tient trop longtemps, les yeux dans les miens…
- Si quelque chose n'allait pas, n'hésitez
pas, vous pouvez échanger l'article si vous le ramenez dans les
7 jours. J'espère que vous reviendrez nous voir Monsieur. Merci
de votre visite. Bonsoir.
Sa main glisse hors de la mienne comme une caresse.
J'en suis troublé.
- Bonsoir…
Je descend les trois marches, je suis dans la
rue. Elle a refermé la porte vitrée et fait un petit geste
de la main.
Bonne vendeuse ou plus? En tous cas, je reviendrai.
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