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Ils avançaient dans cette rue peu fréquentée d’un élégant quartier de Uccle. 
Le soir était tombé et une semi-obscurité propice aux amours illicites voilait la scène.
Pour tout dire c’était avenue Molière, un endroit en principe très convenable, où l’on ne croise que des gens qui savent se tenir et qui, s’ils n’en pensent pas moins, ne laissent rien deviner de leurs pensées. 
Ici rien que du beau linge.
Elle avait une démarche curieuse, comme un peu hésitante. On aurait dit qu’elle était comme portée, plutôt soutenue par l’homme. Elle avait des escarpins à talons hauts, un manteau de fourrure synthétique court de belle facture, des bas noirs sur des jambes aux formes sensuelles. Ses cheveux ? Auburn bouclés et qui lui cachaient une partie du visage. On devinait des lèvres sombres sur un teint mat. 
Lui portait un manteau long et sombre de belle coupe. Ses chaussures étaient impeccables. Il était grisonnant, de belle prestance, très attentif à guider la belle. 
Ce qui frappait à y regarder de plus près c’était l’immobilité du visage de la dame. Et la petitesse des pas qu’elle faisait. Et aussi le flottement des manches de son manteau. Un observateur attentif, quelqu’un qui aurait transgressé la bonne éducation qui veut qu’on ne détaille pas du regard, ni qu’on se retourne sur les passants que l’on croise, aurait remarqué des détails troublants. Elle avait les genoux attachés par une fine cordelette noire, presque invisible sur ses bas, ce qui la contraignait à des pas minuscules et rendus encore plus difficiles par la taille de ses talons – au moins 15 cm – sans parler de l’inégalité des pavés du trottoir. Mais il y avait autre chose. Son visage. Mais ici encore qui aurait osé jeter plus qu’un regard furtif sur ce collant plaqué sur la bouche sans un pli. Il était de couleur chair, en fait, il avait été maquillé avec le visage et des lèvres avaient été redessinées par dessus avec un réalisme surprenant. La belle était muselée. Ses yeux superbes brillaient et étaient les seuls éléments de son visage qui lui auraient permis d’appeler à l’aide si tant est qu’elle en ait eu l’envie. Le bras de l’homme la soutenait dans le dos, à hauteur de la taille et également par-devant au niveau du ventre. C’était là une manière curieuse d’accompagner quelqu’un… et encore ici, si l’observateur avait été perspicace, il aurait vu que les manches de la belle étaient vides. Sous le manteau, ses bras étaient attachés dans son dos au niveau des coudes, la contraignant à se tenir très droite, et ses poignets étaient menottés. Mais cela elle et lui seuls le savaient.
Ils savaient aussi que sous son manteau, elle portait des dessous très raffinés… rien d’autre. Un corset de satin rouge  avec des bordures de dentelles noires. Le corset était très étroitement serré et  lui faisait une taille, des hanches et un port de reine. Ses seins étaient de taille moyenne et saillaient dans un soutien gorge de dentelle noire lui aussi. Elle portait un string ceinture coordonné au soutien. Trois attaches jarretelles tenaient ses bas noirs haut-perché sur ses cuisses diaphanes. 
Etrange couple, étrange tenue, étrange comportement… 
Ils avançaient lentement, par moment elle s’arrêtait comme raidie l’espace d’un instant, puis se penchait imperceptiblement avant de se redresser et de reprendre sa marche de souris. Ce que personne ne pouvait voir, ni même deviner… c’est que l’homme tenait serré dans sa paume un émetteur. Par instants, il envoyait un faisceau d’ondes électromagnétiques qui démarrait un vibreur. La belle était sodomisée par un gode court et large, relié à une poire par un flexible qui avait permis à l’homme de le gonfler pour le maintenir en place après qu’elle l’ait placé en elle. 
Le gode avait la forme d’un pénis à grosses veines et contenait le récepteur qui actionnait le vibreur. 
Lorsque l’homme tournait la molette de commande, une vague de vibrations d’intensités laissées à l’appréciation de l’homme, envahissait l’intimité de la dame qui se tordait de plaisir… sans qu’aucun son n’échappe de sa bouche baîllonnée et sans qu’elle puisse y faire quoi que ce soit. Le plaisir était si inattendu et violent qu’elle avait à chaque fois l’impression qu’elle allait s’écrouler, vaincue tant par la caresse intime que par la situation. 
La promenade constituait pour elle une curieuse combinaison de plaisir mêlé de souffrance, de défi et de crainte, d’humiliation délicieusement teintée de fierté. La présence au fond de son ventre de ce sexe synthétique la remplissait de plaisir anticipé.
Elle était femme, du moins il était femme dans l’apparence… travestie féminisé et soumis. 
Elle dépendait totalement de lui… abandonnée à son bon vouloir, traitée comme un objet, comme un jouet, comme sa chose de plaisir. Elle vivait des moments totalement inexprimables de jouissance extatique, faite d’exhibitionnisme contenu, de plaisir sensuel et de contrainte. 
Il s’arrêta un instant. L’abandonnant à son propre équilibre précaire. Il vit bien l’appel à l’aide silencieux de ses yeux mais était-ce un appel au secours, une supplique, ou une forme d’adoration silencieuse et reconnaissante pour cette nouvelle épreuve subtile ? Elle oscilla une seconde mais resta debout. Il était à un mètre d’elle et la regardait. . Il recula pour laisser un espace entre lui et la belle. Un passant arrivait vers eux. Un instant, il réalisa qu’il aurait à passer entre l’inconnu et la femme…il hésita. Il pouvait les contourner par la rue – ce qui aurait été l’aveu flagrant de sa crainte - il ralentit mais poursuivit vers eux, évitant le contact visuel  tant avec l’homme que la belle. L’homme déclencha le vibreur au moment où ils se frôlèrent… et la belle eut un gémissement qui fit se relever la tête au passant l’espace d’une fraction de seconde. Ses yeux accrochèrent ceux de la belle mais il poursuivit comme s’il avait vu les lumières de l’enfer dans ses prunelles. Il se mit à courir en s’éloignant. Elle vacilla. Le plaisir était si intense qu’elle avait l’impression d’échapper à sa propre réalité 
L’homme la reprit contre lui, et l’entraîna vers la porte cochère. Ils n’avaient pas fait 20 mètres depuis la grosse BMW dont il l’avait fait descendre. Mais ces 20 mètres avaient duré une éternité de plaisir et de souffrance sublime à la belle.
Il pressa le bouton doré.
 

 
 
 
 
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