Récits
Sorties

L’Atomium

Je prends de l’assurance, chaque jour un peu plus. Laissez-moi vous raconter ma dernière sortie à Bruxelles. Peut-être en avez-vous déjà vu les photos? Cela a été une très agréable journée, pleine de sensations et d’émotions si délicieuses.
J’avais choisi de mettre ma petite robe d’été, claire, avec de fines bretelles. Mais comme il ne faisait pas très chaud ce jour là, j’ai enfilé ma veste de tailleur par dessus. Bas crème autofixants, soutien blanc et petite culotte Playtex gainante pour avoir un beau ventre bien plat. Me voilà partie, direction l’Atomium. Là, j’ai rangé ma voiture dans la grande avenue qui monte vers les Palais et me suis promenée avec mon grand sac noir en bandoulière.  Il y avait quelques touristes. Ils venaient évidemment pour l’Atomium, mais je crois que j’ai tout de même attiré le regard de plus d’un. Un Japonais m’a même prise en photo. Cela m’a fait très plaisir. J’imagine que de retour chez lui, il montrera la “jolie fille belge”, qui lui a souri si gentiment. Il y avait un léger vent, mes cheveux se sont montrés un peu indociles, mais cela ne m’allait pas trop mal je crois. Le seul petit inconvénient est que marcher dans des allées de terre n’est pas idéal quand on est en haut-talons… Donc j’ai déambulé environ une demi-heure, heureuse de ma liberté, savourant  le timide soleil et l’air un peu vif qui me caressait les cuisses sous ma jupe, excitée de me savoir probablement zieutée par les conducteurs qui passent. Il y a des bancs le long de l’allée qui borde l’avenue, je m’y suis installée, jambes soigneusement croisées bien entendu. Mais ma robe est courte et assise, remonte en découvrant généreusement mes cuisses… pour mon plus grand plaisir et celui des passants. Et il y avait aussi cette si délicieuse sensation du contact du bois rugueux et froid avec mes fesses nues. Je suis restée ainsi quelques minutes, puis j’ai remis un peu d’ordre dans mes cheveux ébouriffés, ai fait une retouche de maquillage puis j’ai rejoint ma voiture.
Il faisait plus chaud dans l’habitacle. Assise, mes genoux remontent et la vue que j’offre sur mes cuisses, lisière des bas comprise, est très agréable. Plusieurs passants ne s’y sont pas trompés, je les ai vu dans le rétrovisieur hésiter, s’arrêter et reveneir lentement à le hauteur de la voiture. Je ne voyais pas leur tête quand ils étaient à ma hauteur, mais je devinais leurs regards sur ma lingerie… et cela m’excitait énormément. Finalement j’ai démarré. Un petit tour autour de pied de l’Atomium et j’ai pris la direction du centre de Bruxelles.

 Le cimetière de Laeken

Un peu avant le canal il y a l’église où se trouve le caveau dans lequel repose le Roi Baudouin. Derrière l’église il y a le cimetière de Laeken. Il paraît qu’il est très beau. Au passage, je hasarde un regard et quelle ne fût pas ma surprise d’y apercevoir une grande statue de bronze… qui ressemblait furieusement au “Penseur” de Rodin. Je n’aime pas tellement les œuvres de Rodin, mais le “Penseur” c’est tout de même une statue remarquable. Je décide de m’arrêter et range ma voiture devant l’entrée du cimetière.
Je descend. Opération difficile si on veut être élégante et pudique… mais spectacle souvent agréable à regarder pour les amateurs de visions fugitives sur les dessous (ou l’absence de dessous) des dames.
L’entrée est de gros pavés, difficiles pour les haut-talons, ma démarche est une peu oscillante, mais les sensations que procurent ce genre d’exercice ont le don de me faire plaisir, surtout quand je me rend compte que le gardien me suit des yeux avec “intérêt” par-dessus l’épaule de la vieille dame avec qui il parle devant la grille d’entrée. Dans ces moments là j’ai toujours ce petit doute: “se rend-il compte que je suis un travesti? Ou bien voit-il une jolie femme un peu maladroite? Cette interrogation me noue un peu l’estomac et je sens une drôle d’émotion m’envahir, faite à la fois de crainte et de plaisir. Un plaisir qui peut me donne des frissons qui me parcourent à fleur de peau et se concentrent en titillement des plus sensuels au niveau de mon entrejambe. Parfois la sensation est si forte qu’une “bosse” apparaît sur le devant de ma robe. Quelqu’un s’en est un jour rendu compte… il savait bien sûr que j’étais une fille “spéciale” , et cela lui a plu de voir l’impression qu’il faisait sur moi… et moi cela m’a plu de me savoir ainsi dévisagée et devinée sous mes vêtements de femme.
J’arrive à sa hauteur, il ne m’a toujours pas quittée des yeux. Nos regards se croisent, il reste impassible… panique? Non. Je souris modestement et poursuis mon chemin en sentant son regard et celui de la vieille dame dans mon dos.
Je remonte l’allée, mes bas frottent l’un contre l’autre, mes talons claquent sur l’asphalte de l’allée. J’oblique vers une allée latérale, entre deux rangées de splendides tombes monumentales. Le “Penseur” doit être à l’autre bout du cimetière. Il fait frais. Il fait calme. L’atmosphère est si spéciale. Les monuments sont beaux, souvent originaux, de grands arbres tordus entretiennent une pénombre que j’aime. Je suis toute seule. Je ralentis le pas, m’arrête pour regarder. Mon bas droit glisse. Faudrait que je le remonte. Je pose mon sac sur un muret. Je relève le bord de ma robe… peut-être plus qu’il ne faut, mais j’ai envie de voir mes cuisses et ma culotte… prétextes… je remonte le bas, lisse les plis… j’ai envie de m’exhiber. Est-ce manquer de respect aux morts? Non, je me dis que ces pauvres doivent s’ennuyer ferme ici, un peu de spectacle érotique ne devrait pas leur déplaire. Je m’avance vers un monument, une sorte de petite chapelle dont la grille d’entrée pend sur ses gonds. Je me glisse à l’intérieur. Il y fait froid. Il y a de petits vitraux dont plusieurs sont brisés. Je jette un coup d’œil à l’extérieur, il n’y a personne. Je me sens tout à coup prise d’une terrible envie d’être nue… de sentir le froid sur ma peau. Je pose mon sac, laisse tomber la veste, baisse mes petites bretelles…. La robe s’affaisse sans bruit à mes pieds. Je suis en soutien, culotte, bas et haut-talons, dans un monument funéraire, dans un cimetière… je trouve cela terriblement excitant. J’ai envie de sortir, de faire quelques pas au dehors…. Je suis folle, si on me voyait? J’hésite, je sens mon sexe gonfler doucement sous le mince voile de nylon de la culotte… heureusement que c’est une Playtex “soutien semi-ferme” sinon, je crois que cela se verrait fameusement. Je jette un coup d’œil, tout est calme, je sors de la chapelle, je suis au milieu de l’allée, dans l’ombre rassurante de gros arbres bas… mon excitation grimpe d’un cran supplémentaire, j’ai envie de marcher… je fais quelques pas, personne en vue, ni devant ni derrière… j’ai le cœur qui bat à tout rompre. C’est délicieux… Je dois être tout de même bien visible avec des dessous blancs même dans l’ombre. Je ris un peu nerveusement à le pensée d’une personne qui m’apercevrait ainsi… elle  n‘en croirait pas ses yeux… ou peut-être croirait-elle voir un fantôme? Je marche une dizaine de pas, reviens vers la chapelle, faut pas exagérer quand même… si je suis surprise je risque peut-être des ennuis, exhibitionnisme… dans un cimetière… par un travesti. J’imagine les problèmes que cela pourrait me valoir… je suis revenue à la hauteur de la chapelle, je m’y précipite. J’y suis à l’abri maintenant. Un regard par le vitrail cassé au fond, je vois l’allée principale… un corbillard s’y avance lentement, il y a une vingtaine de personnes derrière. Je regarde. Ils passent devant moi, s’ils savaient qu’il y a derrière ce mur une femme en lingerie sexy….
Mon sexe est raide, dur, tendu sous le tissus. Je sens monter mon plaisir de façon insoutenable. Ma main glisse sur mon ventre, repousse vers le bas la culotte et libère mon membre qui se dresse. Je m’abandonne à mes propres caresses les yeux fermés. Tout à coup, une pensée me ramène à la réalité… est-ce que ce que je fais est un manque de respect vis-à-vis de ceux qui reposent ici? Qu’est-ce qui me pousse à agir ainsi? Je me sens vaguement honteux. Du coup ma rigidité disparaît… je reste quelques instants l’esprit vide. Puis je remets ma culotte, enfile ma robe et ma veste de tailleur, ramasse mon sac et sors de la chapelle. Il fait calme et serein dehors. Je respire.
J’ai continué mon tour, sagement, contemplé le “Penseur”, caressé les formes sensuelles de filles en bronze, aux corps nus ou à peine dissimulés par des voiles vaporeux, penchées sur les tombes immobiles, émouvantes de grâce et de féminité… Dans le fond, comme elles, j’ai obéi à un besoin d’affirmer que la vie continue, que la mort ne doit pas nous rendre triste, qu’elle fait partie de ce grand tout où le plaisir, la beauté ont leur place aussi. Je n’ai croisé personne, sauf un splendide chat roux au moment de quitter le cimetière. Remontée dans ma voiture, j’ai savouré la douce chaleur des derniers rayons d’un soleil timide.
Je me sentais si bien si femme, si vivante…

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