Récits

 
Police, vos papiers s'il vous plaît mademoiselle...

- Bonsoir Mademoiselle, puis-je voir vos papiers s’il vous plaît ? Permis de conduire, document d’assurance et carte grise.
Paniquée, je suis complètement paniquée… je ne sais pas quoi faire. Ou sont ces papiers ? Qu’est-ce qui m’a pris de vouloir faire un tour en voiture ce soir ? J’étais à l’hôtel, je venais de me changer, je me sentais si bien et si belle… et maintenant je suis dans le pétrin ! Et si je sors, ça va être sans doute pire, habillée comme je suis. J’ai ma mini robe noire et des bas et jarretelles noirs, mes talons hauts noirs, tout ce qu’il faut pour se faire remarquer… Il faut avouer que je suis venue sur ce parking d’autoroute parce que souvent il y a des types ou des couples à la recherche d’un contact. J’avais envie de me faire voir … et pourquoi pas  faire un petit tour dans les fourrés avec l’espoir d’y faire une petite touche agréable.
Mais, j’y étais à peine arrêtée que la police se pointe. Une voiture suivie d’un combi. Je me suis sentie mal en les voyant… comme sans doute tous les autres gens sue le parking car à cette heure, tous venaient sans doute y chercher la même chose. Et les flics, que viennent-ils faire ? Relever les numéros pour alimenter un fichier de suspects, d’exhibis, homo et autres échangistes ? La voiture s’est placée à l’extrémité du parking, pour sortir il faudra passer à sa hauteur. Deux flics en sont sortis. Le combi s’est rangé à côté. J’atted un moment. Que faire ? J’attend encore. Le temps passe. Personne ne bouge, tout le monde fait comme moi. Une nouvelle voiture entre sur le parking.
Et voilà maitenant que les deux flics de la voiture remontent vers les voitures. Panique ! Ils s’arrêtent à ma hauteur. Le premier me fait signe de descendre la fenêtre.
- Bonsoir Mademoiselle, puis-je voir vos papiers s’il vous plaît ? Permis de conduire, document d’assurance et carte grise.
Je cherche dans mon sac mon permis, voilà, je le sors. Je lui tend. Il touche son képi.
- Merci Mademoiselle.
Il s’est penché et a visiblement apprécié le spectacle de mes cuisses… il me regarde attentivement. Il est jeune, maximum 30 ans. Il n’a pas d’alliance,  je parie qu’il me trouve  … pourvu qu’il ne regarde pas avec autant d’attention mon permis. Il fait un peu sombre, j’espère que…
- Mais… ce n’st pas votre permis Mademoiselle !
- Euh… ah bon ?
- C’est le permis d’un homme, de… Monsieur Marc Debéraly… puis-je avoir le vôtre s’il vous plaît ?
- Et bien, c’est-à dire… je crois que j’ai du me tromper… et on a interverti avec mon ami…
Il regarde droit dans mon décolletté et dans le prolongement regarde mes cuisses… un long silence s’installe. Son collègue se rapproche et se place derrière lui.
- Un problème François ?
- Non, euh, enfin … non ça va, ce n’est rien, ça va… tu peux aller contrôler les autres véhicules, je m’occuppe de Mademoiselle.
L’autre se penche à son tour pour me regarder à travers le pare brise. Il est plus âgé, la quarantaine. Il me fait un clin d’œil, il a « compris » que son collègue souhaite rester seul avec la « demoiselle », il s’éloigne.
- Vous avez les papiers du véhicule Mademoiselle ?
- Je… je ne sais pas, je crois qu’ils sont dans le coffre. Je vais voir.
J’ouvre la portière, il recule, je pose les pieds à terre, jambes soigneusement jointes, mais ma robe est remontée jusque au dessus de la lisière des bas, il a le regard fixé sans vergogne sur mes cuisses… je me relève et descend ma robe en lui souriant l’air ambarassée. Il me sourit. J’ai décidément fait ue touche…. Mais pas comme je l’espérait, avec un flic, on ne sait jamais… pourvu qu’il ne me fasse pas d’ennuis.
J’ouvre le coffre, il s’est mis derrière moi. Je me penche pour prendre le carnet et lui tend.
- Je ne sais pas lesquels c’est, voulez-vous regarder ? Je lui tend le carnet en souriant. Il le prend, l’ouvre, sort les documents qui lui échappent et tombent par terre. On se penche ensemble pour les ramasser, on se cogne la tête. Son képi tombe aussi. Il se relève.
- Excusez-moi… je vous ai fait mal ? Laissez, je les ramasse.
Il rassemble son képi, les papiers, les remets dans le carnet.
- Tenez, c’est en ordre, encore mes excuses…
- Ce n’est rien Monsieur l’agent. Merci beaucoup… je peux, je peux partir maintenant ?
- Oui, bien sûr, tout est en ordre, sauf évidemment votre permis. En principe, je devrais dresser procès-verbal. Je suppose que vous l’avez oublié chez vous ? Mais il y a aussi le fait que…
Je me sens me vider de mon sang…
- Votre feu de position arrière gauche est défectueux…
Il me le montre.
Je respire à nouveau.
- Ecoutez, je … je le ferai réparer dès demain.
- J’ai les jambes qui flageollent tellement je suis sous le coup de l’émotion… j’ai peur que ma voix finise par me trahir …
- Attendez un instant…
J’ai le cœur qui s’arrête de battre, ça y est, il a deviné que je suis un travesti, je suis bonne pour les emmerdes…
- Euh, écoutez, je… ne le prenez pas mal , je vous trouve charmante… si vous permettez, je termine mon service dans une heure et… euh, est-ce que je peux me permetre de vous offrir un verre pour m’excuser…. du désagrément de ce contrôle ? Si vous n’y voyez pas d’inconvénient bien sûr…
Bon sang, qu’est-ce que je fais ? C’est un mec… et je lui plaît visiblement… mais c’est aussi un flic… si jamais il se rend compte que…
- Je m’appelle François… et vous ?
- Je… Maud.
- Alors c’est d’accord Maud ? Je vous propose qu’on se retrouve à la brasserie des trois colonnes à Uccle, vous connaissez ? C’est sur la chaussée, juste avant le le pont du chemin de fer.
- Oui, je vois où c’est, j’y vais parfois aussi. Bon d’accord… dans une heure ?
- Une heure et demie, je dois encore faire quelques paperasses au poste puis je vous retrouve là-bas.
Il m’ouvre la portière, je m’assied. Son regard scanne encore une fois mon décolletté et mes cuisses, tous les mêmes, mais au fond, cela m’excite… et puis je me sens retrouver un peu d’assurance, surtout que visiblement c’est lui qui est intimidé… ouf, les choses semblent s’arranger.
Il referme la portière et se penche vers moi.
- Vous êtes très jolie vous savez Maud…
Je lui décoche mon sourire des jours de fête… malgré moi je lui tend les lèvres comme pour faire un bisou…  Il sourit comme un collégien un peu benêt. Démarreur, j’enclenche la première, il s’est redressé, je démarre doucement. Deuxième… un coup d’œil au rétroviseur, il me regarde m’éloigner, je lui fait un petit signe de la main, je passe à la hauteur de la fourgonnette, j’accélère.
Je monte sur l’autoroute,  vivement rentrer à l’hôtel… non… dans le fond, je crois bien que cela me plairaît bien d’aller à ce rendez-vous...

***


 
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