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La cueillette des cerises
Dimanche passé, le ciel était clair, le soleil doux. Je
suis seul à la maison. J'ai mis ma robe d'été, décollettée
et ample.
En dessous, mon petit string violet et le soutien assorti, et c'est
tout. je me sens légère et séduisante.
J'ai sorti les sièges de jardin et joui du soleil, un verre
de campari orange à la main. Mon jardin est grand et très
fourni.
Je l'ai conçu un peu comme un labyrinthe et je peux m'y promener
pratiquement à l'ari des regards de mes voisins.
Au centre, il y a un grand cerisier. Et cette année il croule
de fruits. J'irais bien en cueillir.
Le temps de chercher la double échelle dans le garage, un panier
d'osier et me voilà prête à grimper.
J'ai mes semi hauts talons. Ce n'est pas l'idéal pour escalader
une échelle. Tant pis, j'y vais ainsi. Et me voilà en haut
de l'échelle dans les feuilles en train de cueillir. Je mange autant
de cerises que j'en mets dans le panier. Elles sont délicieuses.
Et je suis si heureuse en robe légère... Je sens le vent
qui la fait voler et la soulève parfois plus qu'il ne faut. La fraîcheur
de l'air entre mes cuisses me ravit. Finalement, les talons me permettent
de bien caler mes pieds sur les barreaux de l'échelle.
Il y a bien une demi-heure que je m'affaire, mon panier est bien rempli.
- Bonjour...
Je sursaute. Quelqu'un m'a parlé. Je regarde vers le bas. Mon
voisin! Je n'y ai pas pensé. Dans le jardin personne ne me voit.
mais perchée sur une échelle... C'est un homme jeune,
35 ans maximum. Il faut dire qu'on ne se voit pas beaucoup. Juste un "bonjour"
de loin quand parfois on se croise dans la rue. Je suis comme paralysée.
On a beau ne pas se connaître, il ne m'a jamais vue qu'en garçon...
Qu'est ce que je fais? Il est à peine à cinq mètres
de l'échelle, juste derrière la haie. Il regarde vers moi.
Il a sans doute une vue splendide sur mes cuisses et mon petit string.
Il me sourit gentiment.
- Quelle belle journée. Vous en avez cueilli beaucoup?
- Oh, oui, mon panier est presqu'à moitié rempli. Je
crois que je vais descendre maintenant.
J'amorce le mouvement. Ma jupe s'accroche à une branche et se
relève jusqu'à ma taille, le panier me gêne, je ne
sais comment me tourner. Il a maintenant une vue totale sur mes jambes
et mes dessous.
- Faites attention à ne pas tomber... voulez-vous que je vous
aide?
Avant que j'ai pu dire quoique ce soit, il a fait le tour de la haie,
ouvert la porte qui sépare nos jardins et s'est placé au
pied de l'échelle. Il monte les premiers échelons, sa tête
est maintenant à hauteur de mes genoux. Je sens son souffle sur
ma cuisse. Il tend le bras et prend le panier. Au moment où je m'apprête
à le lacher, ma jupe se décroche et lui retombe sur la tête.
Il est sous ma jupe. Le panier tombe au sol. La situation est tellement
comique que je me pars d'un grand éclat de rire. Il sort sa tête
de ma jupe et rit aussi. Il me tend les bras, me prend par la taille et
me guide pour descendre.
Je suis presque arrivée mais mon talon reste accroché
au dernier barreau et je perds l'équilibre. Il me rattrappe. Je
suis dans ses bras, collée contre lui. Je sens son corps ferme...
et son érection sous son jeans. Il s'en rend compte et rougit comme
un collégien.
- Ca va? vous avez failli tomber. Et toutes les cerises se sont éparpillées,
excusez-moi, j'ai, je... euh...
Je souris. Il n'a rien soupçonné. C'est toujours ma grande
crainte. Que quelqu'un se rende compte que je suis un travesti.
Je suis bête, combien de fois ne me suis-je pas posé la
question, je manque tellement de confiance en moi. Je sais pourtant que
je suis jolie et (presque) parfaitement femme. Il a envie de flirter...
il est sous mo charme... cela me rend une assurance folle.
Je lui souris franchement.
- Merci, vous êtes très gentil, sans vous je ne
sais pas qce que j'aurais fait.
- Oh, ce n'est rien. Vous... je... je ne vous ai jamais vue? J'habite
à côté. Je m'appelle Marc. Et vous?
- Maud.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir inventer de plausible?
- Je suis une amie de Romuald et Pam. Ils m'ont confié la maison
pendant les vacances.
- Ah, et bien je suis très heureux de faire votre connaissance.
Il rit... il me plaît, il est sympath. Je crois que je lui ai
tapé dans l'oeil. Attention, il faudra gérer la suite avec
doigté.
Oh, vous avez abîmé votre robe.
Il me montre... Le tissus est déchiré depuis le bas jusque
presque la ceinture. Ma jambe est découverte jusqu'au haut de ma
cuisse.
- Et vous vous êtes griffée en plus, ça saigne...
il faut soigner cela, j'ai ce qu'il faut, venez...
Il m'a pris la main très naturellement et m'entraîne.
je me laisse faire.
Il m'a fait asseoir dans son salon. Il y fait frais et les stores sont
fermés. Sauf les diodes vertes de sa chaîne hifi, il y règne
une pénombre tranquille. Il revient avec du coton et de mercurochrome
et s'agenouille à mes pieds.
- Attention ça pique. Prête?
Il a écarté le tissu et tamponne doucement Il pose le
flacon et le bout de coton et se retourne vers ma jambe. Il souffle sur
la plaie. Je ne dis rien.Je regarde ses cheveux et sa nuque. Il est plutôt
joli garçon. Je ne l'avais jamais remarqué avant.
- Ca va, vous n'avez pas trop mal?
Sa main s'est posée sur ma cuisse etse déplace imperceptiblement,
une caresse sans en avoir l'air. Je le laise faire et me laisse retomber
dans le moëlleux sofa. La sensation est agréable.
- Vous voulez boire quelque chose? Une coupe de champagne peut-être?
J'en ai au frigo. J'y vais.
Il file vers la cuisine. J'en profite pour vérifier si tout
est en ordre, coiffure, ok, maquillage, ok, tout est bien je suis crédible
comme me dirait un vieil ami quand il voit que je suis mal assurée...
Il revient avec la bouteille et deux flûtes, au passage, il met
une musique soft, genre country langoureuse... j'aime bien.
Il s'est assis par terre à mes pieds et essaie de déboucher.
le bouchon résiste. Il rit et tente de le faire tourner. Rien à
faire. Il marque une pause en me regardant dans les yeux.
Vous êtes très jolie, vous vous appellez comment?
Maud, comme tout à l'heure... dis-je en riant, vraiment, je
le trouble...
Il bafouille de confusion.
Excusez-moi, c'est vrai, je suis bête, je...
Pan, le bouchon s'est fait la malle, le champagne jaillit et j'en reçois
plein la robe. Il met son doigt sur le goulot, le jaillissement n'en devient
que plus fort et j'en suis alors toute éclaboussée... il
panique, vise les verres, en mets autant dedans qu'à côté,
on rit tous les deux... les verres débordent de mousse, il en coule
sur la table basse jusque sur le tapis... finalement les deux verres sont
pleins, la bouteille bien entamée.
- Excusez-moi, je suis d'une maladresse incroyable, mais vous... vous
me troublez. Il m'a tendu un verre.
- A votre santé, Maud...
On boit, lentement, puis finalement on vide notre verre. Il ressert
aussitôt, on boit à nouveau... un ange passe.
Il sert une troisième fois... histoire de se donner une contenance,
visiblement il ne sait pas quoi dire, moi non plus.
- Oh, j'ai mouillé toute votre robe, je suis désolé.
Attendez, je vais chercher des serviettes. Il s'éclipse.
Il revient, se met à mes pieds, tamponne le tissus, avec des
hésitations qui m'amusent. L'étoffe fine et mouillée
colle à ma peau, elle en devient transparente et laisse deviner
mon string violet...sur lequel son regard reste fixé. Il s'est immobilisé.
Il a levé le visage vers moi. Il me regarde dans les yeux sans rien
dire. Il s'écoule un siècle...
Finalement il se redresse, s'approche, nos visages sont à 15
cm l'un de l'autre, j'ai peur qu'il ne se rende compte de quelque chose,
je le repousse doucement. Il s'arrête.
- Maud, je... j'ai envie... je... vous me plaisez beaucoup vous savez...
- Vous aussi Marc, je vous trouve très sympathique, mais je
ne suis pas sûre que... d'ailleurs, il faut que je vous quitte. je
vous remercie de votre gentillesse. Ne bougez pas.
Je me suis levée, il est toujours à mes pieds, le bas
de ma robe effleure son visage. Qu'est-ce que je me sens belle et femme
avec un homme devant moi comme cela... j'en ai des fourmillement partout.
J'aurais bien aimé unpetit flirt avec lui, il est mignon et je me
sens irrésistible, mais je dois faire attention, c'est mon voisin,
il est marié. D'ailleurs, je me demande où est sa femme.
Et puis s'il venait à comprendre que je suis son voisin...
et pas une amie de son voisin... bonjour les problèmes pour la suite.
Il faut arrêter immédiatement, j'ai déjà
laissé la situation aller beaucoup trop loin. Je me dirige vers
la porte.
- Au revoir Marc, merci beaucoup pour l'aide et le verre. A bientôt
peut-être.
Je me précipite vers la sortie. Il s'est relevé, il m'a
rejoint juste au moment où j'allais sortir. Il place ses bras de
part et d'autre de ma tête, mains appuyées sur la porte, pour
m'empêcher de l'ouvrir. Je me retourne dos à la porte.
- S'il vous plaît Marc, soyez gentil, laissez moi partir maintenant.
Je lui fait un sourire suppliant.
- D'accord Maud... mais alors, juste une baiser, un seul...
J'hésite. Il a l'air tellement décidé tout à
coup, je risque de le fâcher si je résiste trop.
- D'accord, mais un seul puis vous me laissez partir. promis?
- Promis!
Il se penche vers moi, ses lèvres touchent les miennes, j'ai
fermé les yeux. Leur contact est frais et doux. Il appuie doucement.
J'ai gardé les lèvres fermées Le contact se prolonge,
je n'ose pas le repousser. Il se déplace imperceptiblement et son
corps vient doucement se coller au mien. Un frisson me parcourt. Mes lèvres
s'ouvrent et sa langue m'envahit. Je me sens brûlante. Nos langues
se chevauchent avec une lenteur excitante. Je le sens dur contre moi. Il
a une érection. Je pousse un petit gémissement. Il se retire.
- Maintenant laissez-moi partir Marc, vous avez promis.
Il fait un pas en arrière, saisit la poignée de la porte
et l'ouvre. Je me glisse vers l'extérieur. Au moment où je
suis dehors, je me retourne:
- Au revoir Marc, merci encore.
Il me sourit.
- Au revoir Maud, à bientôt...
Il referme la porte.
Je réalise tout à coup que je suis du mauvais côté
de la maison... côté rue. Sous le regard des voisines derrière
leurs volets et rideaux. J'imagine les potins demain...sur "la fille qu'on
a vu sortir de chez le Monsieur d'en face pendant que sa femme était
partie... et qui avait sa robe déchirée... et transparente
si vous aviez vu! Et puis elle est entrée chez les Debéraly
à côté. Vous vous rendez compte? Et là aussi,
sa femme est en vancances avec les enfants... et il est seul à la
maison. Madame, il s'en passe des choses pas comme il faut dans ce quartier.
Les hommes sont tous les mêmes.. quand le chat est parti, les souris
dansent!"
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