Récits

 
 
Travesti... ambiguïté?

L’agressivité est l’expression de la peur. Si les hommes ont (souvent) la volonté de soumettre les femmes (voir Iran, etc…) c’est moins par obéissance à des préceptes religieux ou à d’autres prétextes quels qu’ils soient que par peur de la domination des femmes.
Car la femme est supérieure. Elle compense sa faiblesse physique immédiate (c’est-à-dire son manque de muscles) par sa résistance et surtout par ses facultés intuitives.
L’intuition, comme les réflexes, échappe au conscient. Pas de lente et laborieuse approche analytique rationnelle, mais un raccourci instantané qui lui permet de réagir vite et juste. La disponibilité des ressources du subconscient est un atout qui manque à l’homme.
Et dès lors, l’homme craint la femme et donc éprouve le besoin de la contrôler.
Mais pourquoi alors la femme se laisse-t-elle faire puisqu’elle a les moyens de résister?
Parce que lorsqu’on dispose de la (vraie) force, il n’est pas nécessaire de l’exprimer.
En laissant à l’homme l’illusion d’être le plus fort, elle le rassure, évite les affrontements, mais en fait, le “contrôle”.
L’organisation sociale est donc basée sur une supercherie où l’un se satisfait de l’illusion de sa force et l’autre accepte la soumission parce qu’il(elle) se sait le (la) vrai (e) maître(sse).

Et chacun de nous accepte peu ou prou ce jeu social.
Et moi, personne du troisième sexe, quelle est ma démarche ?

Par rapport à un homme d’abord : quand un homme voit en moi une femme, j’en éprouve de la satisfaction et cela renforce mon sentiment d’être femme. Femme, j’aime l’image que je donne et que j’ai de moi. Femme, j’aime plaire. Femme, je veux jouer le rôle que la société m’assigne, celle de quelqu’un qui a besoin à ses côtés d’une personne rassurante et forte. Avec une homme, je vis mon personnage social de femme, femme objet même, à qui on ne demande que d’être jolie et de donner du plaisir.
Je serai femme avec un homme aussi longtemps qu’il me considèrera comme telle, au delà de ce qu'il découvrira sous l’apparence…

Par rapport à la femme, ensuite: j’aime les qualités qui font la femme et par extension, j’aime la femme.
Je la désire pour ce qu’elle est réellement, au plus profond de son être biologique et psychique.
Pour satisfaire mon besoin de reconnaître en elle ma féminité, miroir de mon moi intime: je la cherche telle que je me veux : sage, élégante et raffinée… en apparence, mais dans l’intimité avide des plaisirs des sens, sans tabous, mélange de tendre douceur et de raffinements pervers. Elle est le miroir de mon âme, mon reflet. Avec elle je vis mon intimité de femme. Je suis son amie.
Notre relation sera lesbienne au dehors et, dans l’intimité, je serai ce qu’elle désire, femme ou homme..

Je suis travesti… j'aime les femmes, j'aime être aimée par une femme et par un homme. Ambiguïté ?

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