Business women
- La réunion se fera dans la grande salle, Monsieur le Directeur.
Voulez-vous que je fasse apporter du café?
- Oui, merci Joyce. Qui est déjà arrivé?
- Le Président et quatre administrateurs.
Bon, j’y vais.
Si elle savait! S’ils savaient…
S’ils savaient combien je suis excitée à l’idée
de cette réunion du Conseil d’Administration. Vous avez remarqué?
J’ai dit "excitée"… Et oui, car bien que pour tout le monde je sois
"Monsieur" le Directeur, je cache sous mon costume des sous-vêtements
féminins.
En temps normal, cela me procure déjà des sensations
agréables.
Mais aujourd’hui, à l’idée que, pendant 3 heures je vais
me trouver en présence de ces "Messieurs" qui ne se doutent pas
un seul instant de ce que cache mon apparence si "normale".
Je suis délicieusement excitée.
S’ils savaient!
Ma veste est ample et boutonnée par un seul bouton…
Pas question de l’enlever…. On verrait, à travers le tissus
de ma chemise blanche, que je porte un soutien gorge noir.
La cravate masque le devant.
Un observateur perspicace pourrait même remarquer que j’ai un
peu trop de "poitrine"… car mon soutien n’est pas vide. Mes jolies prothèses
de silicone, couleur chair, avec de beaux tétons bruns collent à
ma peau. Quand je les touche, c’est comme s’ils étaient vrais, comme
une partie de moi-même. Ils sont denses et oscillent légèrement
quand je bouge, c’est une sensation extatique qu’amplifie la pression du
soutien un peu trop serré.
J’ai bien entendu des bas et des jarretelles et je porte un string
de dentelle mauve qui me rentre entre les fesses…
Qu’est-ce que je me sens bien!
Le couloir est désert, je ne peux m’empêcher de
me dresser sur la pointe des pieds, comme si je portais mes talons aiguilles,
et faire quelques pas en veillant à mon maintien de femme.
Parfois j’ai peur d’oublier qui je suis sensé être et
de tout à coup devenir femme dans mes attitudes, dans mes mouvements,
dans ma manière de parler… Quel effet cela provoquerait-il? Je me
le demande. Au fonds, je crois que personne ne réaliserait ce qui
se passe.
Bien entendu, certains trouverait qu’il y a quelque chose de bizarre
mais il y peu de chances qu’ils devinent la vérité "vraie".
Avant d’entrer dans la salle, je vais passer aux toilettes.
Un petit pipi avant d’être bloqué trois heures, c’est
utile.
Surtout qu’aujourd’hui on passe en revue les résultats du trimestre…
Enfin, dans la bande, ils ne sont pas tous désagréables.
Il y en a même de plutôt sympathiques au point qu’il m’arrive
même parfois d’avoir de drôles de pensées.
Par exemple, le secrétaire, Claude Hait.
Il est bel homme. Jolie prestance, pas de ventre, bronzé, une
allure élégante, toujours très soigné de sa
personne.
Cela ne me déplairait pas de le rencontrer dans un club et de
me faire draguer par lui.
Oh, je ne suis pas homosexuel, mais quand je suis femme, j’aime l’être
jusqu’au bout. Et réussir à attirer l’attention d’un homme,
le séduire, ça me conforterait dans l’idée que je
suis bien une femme réussie.
Bon, c’est bien joli tout cela, mais c’est un businessman, un homme
comme on dit, un macho peut-être même, bref à part les
affaires je ne crois pas qu’il ait beaucoup de chose en commun avec moi.
Bon, j’arrive au bout du couloir, je tourne à droite, j’entre.
Un petit coup d’oeil au miroir. Je suis OK.
Je me redresse, ma poitrine se soulève, je la sens bien.
J’ai envie de me faire un dernier petit plaisir avant d’entrer dans
la salle du conseil… m’enfermer dans un WC, retirer mes vêtements,
ne garder que mes sous-vêtements, juste pour le plaisir de me voir
en femme.
Je me retourne, j’abaisse la poignée, j’ouvre la porte du WC.
Je sursaute presqu’aussi surprise que la personne qui s’y trouve et
qui a oublié de pousser le verrou.
Je reste pétrifiée, lui aussi.
C’est Claude Hait.
Il est nu, presque nu… Le temps de réaliser ce que je vois.Il
porte une guêpière avec des jarettelles, des bas résilles…
et un string noir de dentelle.
Il est complètement paralysé, incapable de bouger ou
de dire un mot…
tout comme moi.
Je referme la porte en bredouillant des excuses.Je reste un instant
figé. Je frissonne. Je dois reprendre mes esprits.
Je sors des toilettes et me dirige vers la salle de réunion
comme un automate. Dans ma tête c’est le chaos. Je ne parviens plus
à maîtriser le flot d’images et d’impressions qui s’y bousculent.
Je suis devant la porte de la salle… j’hésite un instant, j’entre.
Les autres administrateurs sont là, ils bavardent.
Je les salue. Tout se passe comme dans un brouillard.
J’ai l’impression qu’on s’en aperçoit. Non, je me fais des idées.
Finalement chacun prend place. La séance va commencer.
Le Président demande l’attention.
- Messieurs, l’heure c’est l’heure, je vais ouvrir la séance.
Tiens, je ne vois pas Claude Hait? Quelqu’un sait-il s’il est arrivé?
- Je viens de le croiser aux toilettes, il ne va pas tarder je pense.
La porte s’ouvre a ce moment et Claude entre.
- Ah, vous voilà, entrez Monsieur Hait, asseyez-vous, nous allions
juste commencer.
Il est pâle. Le malheureux. Il me jette un regard furtif.
S’il savait…
Je lui souris imperceptiblement. Il s’est redressé et me rend
péniblement un sourire.
Sa souffrance va durer trois heures…
Mais après cela, il saura qu’elle n’est plus seule… et moi non
plus.
Je me tourne vers le Président, c’est mon tour, je me lève
pour faire mon rapport.
Sur ma peau je sens mes sous-vêtements de femme, c’est délicieux.
S’ils savaient!
La réunion se déroula plutôt bien, bien que parfois
j’avais l’impression d’être ailleurs… Je fonctionnais en "pilote
automatique" et fus étonné d’entendre le Président
me complimenter pour la manière dont j’avais fait ma présentation.
Je remarque que Claude s’est éclipsé dès la fin
de la réunion.
Je prends congé des autres etje retourne auprès de ma
secrétaire.
- Joyce, voulez-vous taper le compte rendu, y annexer une copie du
rapport interne et classer le reste des papiers?
- Oui, bien sûr Monsieur. Il parait que la réunion s’est
très bien passée.
- Merci Joyce. Tiens, d'où le tenz-vous?
- De Monsieur Hait.
- A propos, il avait l’air un peu fatigué. Il n’a pas dit pas
grand chose pendant la réunion. C’est un garçon que j’aime
beaucoup. j'espère qu’il n’a pas de problèmes.
Je sais que Joyce et Claude se connaissent. Peut-être qu’elle
sait quelque chose? Que lui a-t-il dit?
Vous le voyez souvent, n’est-ce pas Joyce? Il ne vous a rien dit?
Joyce rougit légèrement.
- Je ne sais pas Monsieur.
Je me rend compte que ma question la dérange un peu, je n’insiste
pas. Il est de toute façon l’heure, elle s’apprête à
partir.
- Bonsoir Monsieur, à demain.
- Bonsoir Joyce.
J’attends quelques instants qu’elle ait quitté le bâtiment,
puis je cherche dans son tiroir le carnet d’adresses des employés.
L’adresse de Claude Hait y figure, je la note sur un "post-it" et remet
le carnet en place.
Ce soir j’ai encore un dîner avec le Président et quelques
employés à l’occasion du départ en pension de l’ancien
responsable financier.
- Allons-y pour la corvée.
En marchant vers ma voiture, je sens le doux contact de mes bas sous
mon pantalon. Mon string me rentre entre les fesses, j’en ai des frissons
de plaisir.
Evidemment la soirée fut des plus ennuyeuses, avec son lot de
plaisanteries machistes habituelles, et tous les clichés sur les
voitures, les femmes au volant, et j’en passe. J’avais de toute façon
la tête ailleurs…
Heureusement, le dîner se termine tôt. Je file à
l’hôtel. Première chose, j’enlève mes vêtements
d’homme et me contemple en lingerie dans le miroir. Après la douche,
je m’enduis le corps d’une lotion douce et parfumée. Un rasage soigné
et j’installe devant le miroir pour me maquiller. Ce soir, je le souhaite
séduisant et distingué. Côté perruque, je choisis
ma perruque bouclée.
Et qu’est ce que je vais mettre? Je vais mettre mon tailleurs rouge.
Pendant que je fixe mes boucles d’oreilles, je me rends compte qu’il
fait déjà sombre à l’extérieur. Heureusement
je ne dois pas passer par la réception pour rejoindre ma voiture.
Un coup de rouge à lèvre fuchsia et me voilà prête.
J’enfile mes hauts talons, prend un petit sac format enveloppe, y fourre
mes clefs, mes papiers, quelques mouchoirs, le rouge à lèvre
et … l’adresse de Claude.
Un coup d’oeil au miroir.
- Maud, c’est pas mal ce soir, tu as un look plutôt réussi.
Me complimentais-je moi-même.
Une fois dans la voiture, je me demande si je ne lui passerais pas
un petit coup de fil. Est-ce que je lui dit "il" ou "elle"?
Rouler "en femme" me procure des sensations excitantes. Rien que de
m’asseoir, plier mes jambes jointes à cause de la jupe, puis
voir devant moi mes cuisses sous le satin des bas et la position de mes
pieds à cause des hauts talons, tout cela me rend folle.
- Maud, tu te calme et tu te concentre sur la route.
En face une voiture s’approche, ses phares m’éblouissent. A-t-il
au moins vu qu’il croisait une jolie femme?
J’arrive dans le quartier de Claude. C’est un coin plutôt chic.
L’immeuble où il habite est luxueux. Je m’arrête devant.
Qu’est-ce que je fais maintenant? Je sonne et je lui dit qu’il/elle
et moi sommes pareils/pareilles? J’hésite. Zut, j’y vais.
Au moment où je descend de la voiture, un homme passe à
ma hauteur. Son regard a été attiré par mes jambes,
peut-être a-t-il aperçu le haut de mes bas et les jarretelles
noires sur le blanc de mes cuisses? Il me regarde, sourit et me dit bonsoir
d’un ton aimable.
Je ferais bien de mettre quelque chose sur moi. Le rouge est un peu
trop voyant. Je me penche pour attraper mon petit ciré noir.
Je sens ma jupe qui remonte derrière. Je me redresse et tire
un peu dessus.
L’homme s’est arrêté quelques mètres plus loin
et a tout vu.
Il me sourit à nouveau. Je lui rend son sourire. S’il savait
comme cela me fait plaisir d’être ainsi regardée comme une
femme séduisante!
Je ferme la portière et me dirige vers l’immeuble.
Je m’arrête devant la porte de l’appartement, j’hésite
une seconde, j’entends du bruit. Il y a quelqu’un. Je recule jusqu’au coin
du couloir.
La porte s’ouvre. Elles sont deux.
Pas de doutes, la première c’est Joyce. Elle est drôlement
mignonne. L’autre, je ne la connais pas. Elle est grande une jolie coupe
de cheveux blonds. Elle porte un long imperméable couleur métallisée.
J’entends les claquements de leurs talons sur le dallage du couloir.
Elles rient. Je reconnais la voix de Claude… bien sûr.
Bon dieu, elle est vraiment très jolie "en femme". Une vraie
lady!
Qu’est-ce que je fais? Je me précipite par l’autre bout du couloir
vers la sortie qui donne dans la rue. Elles vont sans doute au parking.
Je me précipite dans ma voiture. Ouf, j’y suis.
Quelques minutes plus tard, des lueurs de phares annoncent qu’une voiture
sort du parking. Il y a deux filles dedans. Ce sont elles.
Je décide de les suivre.
***
A suivre...
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