Récits

 
Venue, vue, vaincue.

J'ai une amie qui a un petit studio près du bois. Elle a vingt huit ans.
Je l’y retrouve souvent et nous passons ensemble des moments agréables, à parler, écouter de la musique.
C'est une fille bien,  riche de générosité de gentillesse et de tolérance.
Elle n’a pas de préjugés mais elle ne manque cependant ni de caractère, ni d’expérience.
Elle sait que je me travesti, et elle accepte positivement cette facette de ma personnalité.
Non seulement elle ne considère pas cela comme répréhensible ou honteux mais elle m’aide dans cette démarche si difficile et me soutient quand je déprime face à l'incompréhension et à la méchanceté de "honnêtes gens"
Je passe parfois la soirée chez elle. Elle m'offre l'hospitalité de son petit studio et aime me voir me travestir.
Elle me donne des conseiles pour le maquillage, la démarche et surtout m'accompagne quand je veux me promener.
Ce soir là, il faisait beau, le ciel d’automne était dégagé, la lumière colorée.
Je lui fis part de mon envie de me travestir et de me promener avec elle dans le bois.
Trois quart d’heures après, j’étais prête, en petite jupe noire, chemisier léger, bas et jarretelles évidemment, lingerie fuchsia, talons mi-hauts (pour la marche).
Elle n'était, elle, pas encore prête… (j’allais dire: "les femmes quand même!).
- Vas-y déjà Maud, je te rejoindrai dès que j’aurai fini de me maquiller.
- Je t’adore, tu lis dans mes pensées, c’est vrai que je brûle d’impatience de sortir.
Je t’attendrai près du lac.
Un rapide et délicat baiser et me voilà partie, tout excitée…
J’ai enfilé un petit ciré noir, et j’ai pris mon petit sac vernis.
Je fais un peu provoquante, fétiche… mais ça me plaît.
De chez elle au bois, il y a une rue bordée de villas et de maisons cossues.
Peu de monde sauf près du manège juste avant le l’entrée du bois.
Je marche avec grâce, j’aime le frottement des bas l’un contre l’autre au niveau de mes cuisses et le petit déséquilibre à chaque fois que je pose le pied.
Je me sens si bien ,si belle, si fière…
Il y a un petit groupe devant le manège… qu’est-ce que je fais?
Je passe près d’eux où j’attend qu’ils s’en aillent?
J’y vais. Je me sens pleine d’audace. Il y a trois hommes et deux filles.
J’ai un peu le trac. Je continue bravement. Je me sens si femme. Mes seins (de très belles prothèses silicone couleur chair avec des tétons bruns foncé agressifs), mes seins vibrent à chaque fois que mes talons tapent sur le pavé. Ma petite culotte me rentre entre les fesses. Une mèche folle me caresse la joue. Tous ces détails me rappellent ma féminité et me rendent plus sûre de moi.
Je suis à quelques mètres d’eux.
Le plus âgé des hommes, il doit avoir 50 ans, m’a remarquée. Son regard a accroché le mien.
J’ai dû lui faire un petit effet… lequel?
Dans de tels moments, je doute toujours…
A-t-il remarqué quelque chose de bizarre dans ma silhouette ou dans ma démarche?
Ou bien me trouve-t-il simplement séduisante?
Les autres ont remarqué qu’il regardait derrière eux, ils se retournent tous.
Je passe à leur hauteur. Le plus jeune des hommes me sourit… 
Gagné!
L’autre aussi…
Super!
Par contre, les deux filles ont gardé un regard nettement moins accueillant, c’est normal, les femmes sont jalouses… je comprends si bien!
A présent,  je les ai dépassés, je sens leurs regards dans mon dos, je m’applique à marcher le plus élégamment du monde, pas facile quand on a le sentiment d’être observée… j’en trébuche presque.
J’aborde l’allée, un petit regard en arrière, les trois types me regardent toujours… on dirait que j’ai fait une touche.
La fraîcheur des sous-bois et la pénombre me semblent encore plus délicieuse maintenant que mes trois admirateurs m’ont confirmée femme. Je suis si heureuse.
Le lac est à quelques centaines de mètres, l’allée est sinueuse, le sol est ferme, mes talons s’y enfoncent à peine.
J’ai l’impression de marcher sur du velours.
Il y a des écureuils, ils sont mignons, je les suis quelques instants.
Ils courent d’un arbre à l’autre, sautent, voltigent, s’immobilisent et me regardent comme des complices. J’entends leur petits grignotements dans le silence que tapisse le bruissement des feuilles.
Cela fait bien 10 minutes que je marche, j’ai les mollets un peu endoloris.
Il y a un banc plus loin dans le coin d’une petite clairière, je vais m’y asseoir un instant en attendant que Claudia arrive.
Je croise soigneusement les jambes, me tiens bien droite, je me sens si belle.
entre ouvre mon ciré, ma jupe est vraiment courte et remonte haut sur mes bas. Leur bordure et les attaches de mes jarretelles sont visibles… ça m’excite.
Je laisse ma main glisser sur mes cuisses. J’aime leur contact lisse et doux, c’est sensuel à mourir. J’ai fermé les yeux et me laisse aller à mes propres caresses.
Un bruit…
J’ouvre les yeux. J’ai un petit choc au coeur. Là devant moi, il est là, le plus jeune, pas les autre, ni les filles.
Il m’a suivie…
Il me regarde, sourit…
Il s’avance vers moi.
Panique!
Je suis comme pétrifiée. J’ai la gorge nouée, le sang me monte à la tête, mon coeur bat à du 100 à l’heure.
Et mon amie qui n’arrive pas! Qu’est ce que je vais faire?
Il est à trois mètres. Il me regarde.
- Bonsoir mademoiselle… ça ne vous dérange pas si je m’assied près de vous?
- Nnnnnon, je vous en prie.
Je m’entend dans un murmure… ma voix va me trahir! Aïh!
Ils s’est assis, il me sourit. Je lui rend un sourire un peu crispé. Un ange passe.
Je regarde devant moi, tire un peu sur ma jupe.
Le temps semble figé, je sens qu’il continue à me détailler.
Mon profil ne m’avantage pas.
Qu’est-ce que je fais? Je lui tourne le dos, ou bien je lui fais face?
Je serre mes jambes et me repositionne sur le banc pour être tournée vers lui.
Il n’est pas mal. Dans les 35 à 40 ans, jeans élimé mais propre, chemise à carreaux entre ouverte. Ses mains sont impeccables, il est bien rasé, ses cheveux sont courts et drus. Il a les yeux bruns. C’est fou les détails que j’enregistre, on dirait que je le scanne… il a du s’en rendre compte, qu’est-ce qu’il va en penser?
- Il fait beau n’est-ce pas?
Grand silence… vais-je parler? Et s’il découvre? Qu’est-ce qu’il va faire?
Au secours, ou reste ma copine?
- Vous aimez les bois? …
C’est beau, et puis on y est si tranquille… vous ne trouvez pas?
Qu’est-ce que je fais? Il a l’air de me draguer…
- Vous voulez un bonbon?
Il me tend un paquet de mints. J’adore…
- Merci…
Il sourit et en prend aussi un.
Silence…
Toujours personne…
Tout à coup je sens sa main qui se pose sur la mienne… Un frisson me parcours de l’extrémité de mes doigts jusque au bout de mes cheveux…
Je suis pétrifiée.
Qu’est-ce que je fais, je retire ma main, je le gifle ou je ne bouge pas?
Il ne dit plus rien, il se rapproche.
Je parie qu’il interprète mon immobilité comme une autorisation.
Son visage s’est approché du mien, heureusement qu’il fait déjà un peu plus sombre sinon il se douterait de quelque chose.
Son haleine est fraîche.
Son autre main s’est posée imperceptiblement sur mon genou.
Un autre frisson me parcours, il le remarque.
- Vous avez froid?
- Un peu… je souris… trop tard!
Ses lèvres se sont posées sur les miennes, très délicatement.
C’est à peine si je les sens tant le contact est léger.
Plein d’images passent dans ma tête en tourbillonnant.
Je me sens toute dizzy.
Voilà que je sens sa main qui remonte très doucement le long de ma cuisse.
J’ai encore un frisson.
Aussitôt il se recule de quelques centimètres mais laisse sa main en place à plat. Elle est chaude et douce.
- Vous êtes ravissante…
- Merci… j’ai murmuré si bas que je ne suis pas sûr qu’il ait entendu.
Il se penche à nouveau plus franchement et m’embrasse vraiment.
Mes lèvres cèdent, je n’ai jamais embrassé de garçon. Je ne suis pas homosexuel… mais je me sens si femme en cet instant que je le laisse faire.
Sa langue force mes lèvres, je le laisse me pénétrer.
Sa main a repoussé ma jupe et s’est glissée sous la jarretelle, je la sens chaude sur ma peau… c’est terriblement excitant et pourtant je ne sens aucune érection, seulement un plaisir qui envahit mon ventre. p
Je gémis… je resserre mes cuisses, il glisse la main sur le côté et touche du bout des doigts ma petite culotte.
Je me raidis malgré moi.
De son autre bras il m’a entouré les épaules et me serre contre lui.
Ma main libérée se glisse dans son cou et je caresse sa nuque.
Notre baiser se fait plus intense… je vois des petites étoiles et j’ai l’impression que je vais m’évanouir tant la griserie est intense.
- Maud, Mau-aud!
J’ai sursauté, il s’est reculé, a retiré ses mains.
Il me regarde.
Mon amie arrive...
Je me redresse, descend ma jupe, rabat les pans de mon petit ciré, je dois être toute rouge… mon sac est tombé par terre, il se penche et le prend mais au lieu de me le tendre, il le cache dans son dos.
- Je vous le rend si vous me promettez qu’on se reverra… Maud.
- Donnez moi mon sac, s’il vous plaît, mon amie va arriver.
- Un petit baiser d’abord…
Je lui tend mes lèvres, il pose les siennes… je reste sans bouger, j’essaie de prendre mon sac derrière lui. Il prend mes mains, mes les repousse dans le dos et me serre contre lui. Il est plus grand que moi.
Je sens son corps chaud et dur contre moi. Il est en érection…
Notre baiser se prolonge. Je me laisse aller, c’est si bon.
Il m’a mis le sac en main et me relâche.
Il recule en souriant…
- Demain, Maud, je serai ici à la même heure, je vous attendrai.
Vous viendrez?
- Je ne sais pas, peut-être… oui, je ne sais pas…allez, partez maintenant, mon amie va arriver.
Il s’éloigne rapidement, se retourne une ou deux fois, me fait signe de la main.
- Maud!
- Je suis ici…
Elle débouche de l’allée.
- Ah, enfin, je me demandais si j’allais te retrouver, il fait déjà sombre.
Je suis rassurée… je n’aime pas trop être seule comme ça dans les bois le soir, on ne sait jamais sur qui on peut tomber.
- Oui, tu as raison, on ne sait jamais…
- Viens, on va faire un tour ensemble.
Elle me prend la main, me regarde avec tendresse.
- Tu es très belle Maud, personne ne se douterait un seul instant que tu n'es pas une vraie femme.

***


 
 
Retour
Hosted by www.Geocities.ws

1