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Trois amies
Mes premiers vêtements de femme, je les ai achetés en espérant,
au jugé, qu’ils m’iraient.
Quand je les ai posés sur le comptoir de caisse, j’étais
convaincu que la caissière savait que je les achetais pour moi.
J’avais chaud, je devais être toute rouge.
Rien ne s’est passé…
L’expérience aidant, acheter devient plus facile, finalement
tout ne se passe-t-il pas dans ma tête?
Un brin de culpabilité, un soupçon de peur, une once
de remords, bref un petit cocktail de stress qui a quand même son
côté plaisant.
L’autre jour, revenant du bureau, j’avais envie de flâner dans
le centre commercial.
Bien évidemment, je suis en costume strict de cadre sérieux
et austère, business oblige!
Une nouvelle boutique avait ouvert ses portes au premier niveau. Dans
la vitrine, de ravissantes petites robes me font craquer,
j’entre.
Je suis le seul homme parmi une volée de jeunes filles plus
jolies les unes que les autres… je fais un peu tache!
Tant pis, je regarde, je fouille entre les modèles, je palpe
les tissus au contact si excitant, je décroche, tourne, repose…
- Je peux vous aider monsieur?
Elle m’a fait sursauter, je me retourne, je dois être rouge comme
une tomate, je bredouille
- Je regarde…
- Vous cherchez quelque chose pour votre amie?
La question me fait paniquer, mes pensées tournent à
100 à l’heure dans ma tête, s’entrechoquent, je suis comme
dans du coton…
Elle est petite, jeune, sans doute 20 ans, même pas… très
mignonne et souriante, un vrai sourire, sincère… je parie que c’est
son premier job et qu’elle en est fière et heureuse. Elle y croit
encore et elle est naïve et honnête… je la trouve sympathique.
Elle rayonne une gentillesse qui me touche, et alors que mes pensées
s’enfilent dans ma tête comme des perles, je m’entend lui dire
- Non, … c’est pour moi.
Elle hésite une seconde, qu’est-ce que j’ai dit, je suis devenu
fou?
Non, c’est peut-être mon intuition féminine, celle que
l’homme que je suis laisse si rarement parler qui s’exprime… je me sens
tout à coup autre…
Son hésitation s’est envolée comme un souffle, elle est
restée aussi naturelle et délicate que juste avant… une imperceptible
lueur de curiosité danse dans son regard… mais je la sens pure et
sans préjugés, elle est devant une situation nouvelle pour
elle, c’est tout.
- Et qu’est-ce qui vous plaît?
La conversation se poursuit, comme entre deux femmes "normales".
- Oh, vous savez, je ne sais pas très bien, je voudrais me déguiser…
Mais qu’est-ce qui me prend, voilà que je fausse notre dialogue…
Je me reprend.
- J’ai envie d’une petite jupe noire, d’un chemisier et peut-être
d’un foulard… c’est difficile de choisir comme ça, vous pouvez me
conseiller?
Est-ce que je pourrais essayer?
- Mais bien sûr…
Elle évite de dire monsieur, c’est si gentil de sa part.
- Les cabines sont au fond de la boutique, attendez, je vais vous choisir
celle-ci…
Elle décroche une petite jupe noire finement lignée,
- Et ce tout fin pull très échancré noir, et,
venez avec moi, les foulards sont près du comptoir.
Vous avez une carrure assez forte, il ne sera pas nécessaire
de garder les épaulettes…
Elle babille toute seule en marchant devant moi, elle est mignonne,
ses petites fesses rondes balancent, sa taille est si fine, ah, si j’avais
un corps comme le sien!
Elle me choisi un foulard bleu, le pose sur le pull, l’effet est ravissant.
On va vers les cabines.
Une collègue à elle, 40 ans, mince cheveux courts, jolie
aussi attends pendant l’essayage d’une autre cliente.
Je rentre dans la cabine devant elle, elle a l’air un peu surprise.
La jeune fille lui explique en me passant les vêtements
- Monsieur souhaite essayer quelque chose pour lui…
- Au fait monsieur, vos cheveux sont de quelle couleur?
- Je porte une perruque auburn, bouclée…
- Alors le noir vous ira très bien.
J’ai enlevé mon costume, il fait chaud… j’enfile la jupe, le
pull… je me trouve grotesque rien que comme ça… et en plus, ma masculinité
fait un peu saillie sous la jupe! Comment me voir? Il n’y a pas de miroir
dans la cabine…
- Comment est-ce? Me lance-t-elle.
- Je… c’est difficile de juger… il n’y a pas de miroir!
- Mais venez, ils sont… ah, oui, je comprend…
Elle le dit si délicatement. Sa collègue ajoute,
- Vous pouvez venir, il n’y a personne dans la boutique…
J’hésite, je n'ose pas sortir, j'enlève le tout, je me
rhabille et je sors avec les vêtements sur le bras.
Elles sont là, toutes les deux, souriantes.
Je les trouve sympathiques.
La plus âgée me propose
- C’est bientôt l’heure de fermeture, il n'y a plus d'autres
clientes, je vais fermer tout de suite, comme cela vous pourrez tout essayer
à votre aise sans que personne ne vous dérange.
Qu’en pensez-vous?
- C’est très gentil de votre part, je suis vraiment confus,
mais cela me gêne quand même un peu, mettre des vêtements
comme cela, je me sens ridicule… je n’ai même pas de chaussures à
talons, ni de bas, ni de perruque et je ne suis pas maquillée…
Elles écoutent, hésitent un instant… la plus âgée
me regarde…
- Je vais vous prêter ce qu’il faut…
- Attendez, vous êtes gentille, mais je chausse du 42, et le
maquillage dont j’ai besoin est un peu spécial…
- Ah…
Elle a l’air déçue…
- Mais attendez, j’ai tout dans ma voiture, je vais le chercher… si
cela ne vous ennuie pas…
- Non, pas du tout, au contraire…
- Cela risque de prendre un peu de temps, vous avez le temps?
- Oui, bien sûr, Lydie et moi, je m’appelle Vanessa,
Lydie et moi on avait prévu de passer la soirée chez
moi, on a tout le temps.
N’est-ce pas Lydie?
Lydie acquiesce en souriant.
- Alors, j’y vais! A tout de suite.
Je quitte la boutique.
Qu’est-ce que je vais faire?
Cinq minutes après je suis de retour.
Elles ont fermé la boutique, les stores sont baissés.
Elles en ont profité pour se remaquiller et Lydie a enfilé
une jupe écossaise. Avec ses petites chaussures vernies, ses socquettes
blanches et son chemisier tendu sur ses jeunes seins - elle ne porte visiblement
pas de soutien gorge et ses tétons pointent - elle est mignonne
à croquer. Vanessa a une robe noire très moulante, un corps
superbe, des bas noirs, des talons aiguilles, ses cheveux relevés
en chignon, elle fait très domina… je commence à me demander
si elles ne seraient pas un peu plus que de simples amies.
Elles me font passer dans l’arrière boutique, il y a une table
et un grand miroir de loge d’artiste…
Allons-y.
Elles se sont assises dans le petit sofa et me regardent, cela m’inhibe
un peu…
- Cela vous ennuie de me laisser seul? Je préfère que
vous me voyiez une fois prêt.
- D’accord. Pendant ce temps, on va chercher ensemble ce qui vous ira
le mieux… vous vous appelez comment?
- Mon nom est… quand je suis travestie, (tiens je deviens plus honnête),
je me fais appeler Maud!
- OK Maud, Lydie et moi, on te laisse, à tout à l’heure!
Je n’en reviens pas, je rêve… je ne parviens pas à croire
à ce qui m’arrive…
Je ne dois pas les décevoir, je vais me surpasser ce soir.
Et je l’ai fait!
Mon maquillage était parfait et quand elles sont revenues, je
les attendais, fière et femme.
La petite jupe noire m’allait à ravir, le bleu du foulard était
du plus bel effet sur le pull noir.
J’étais heureuse et épanouie.
J’avais même poussé le soin jusqu’à vernir mes
ongles d’un beau rouge sang.
- Vous pouvez entrer…
Elles sont entrées sans un mot, m’ont regardée, curieuses
et souriantes.
Vanessa tenait Lydie par les épaules. Elles formaient un joli
tableau.
- Vous êtes très belle… me murmura Lydie.
- Oui, vraiment tu es ravissante Maud ajouta Vanessa
Un grand silence… ça me fait vraiment très plaisir d’entendre
leurs compliments, surtout qu’ils ont l’air sincères.
Je fais quelques pas, me retourne, un grand miroir en pied me renvoie
mon image, je ne suis vraiment pas mal je dois avouer.
- Viens dans la boutique Maud, viens, on va chercher d’autres choses,
il y en a des tas qui vont te plaire, j’en suis sûre…
Vanessa m’a pris la main et m’entraîne.
Au moment où je passe près d’elle, Lydie me tend ses
lèvres et sans même y penser, je lui tend les miennes.
La fraîcheur de son souffle laisse un petit nuage sur ma bouche…
On a passé deux heures à tout essayer, elles étaient
excitées, couraient chercher des vêtements, m'apportaient
à la cabine tout ce qu’elles trouvaient de plus joli.
Lydie avait mis une musique en sourdine.

Je sortais, défilait comme un mannequin.
Lydie applaudissait, Vanessa effaçait les plis, rajustait, appréciait
d’un oeil expert l’effet des combinaisons de couleurs.
Elle me montrait comment bien faire les noeuds de foulard.
Elle avait une valise de collants, j’ai bien du en essayer 10 paires.
Au fur et à mesure que le temps passait, elles s’enhardissaient,
regardaient par dessus la porte pendant que j’enfilais de nouvelles robes.
- J’adore ton soutien gorge, Maud, tu as de beaux seins.
Je porte des prothèses de silicone couleur chair, plus vrais
que nature… et sous ma culotte un string latex serrant qui efface mes attributs
de mâle… dans le fond, je suis presque tout à fait femme même
physiquement.
Et je ne vous l’ai pas dit, mais je n’ai aucun poil, sauf pubien, mon
corps, jambes et bras compris, est lisse comme celui d’un bébé…
ça aide.
Lydie est allé nous chercher à boire, elle avait du champagne
au frigo. Les bulles nous sont montées à la tête et
la retenue a bientôt fait place à une intimité de plus
en plus grande. Lydie était tout excitée, Vanessa semblait
plus calme mais son regard changeait et j’avais de plus en plus le sentiment
qu’il me pénétrait, explorait les replis intimes de ma conscience
comme pour en prendre la mesure.
Elle m’a finalement demandé de mettre une superbe guêpière
avec jarretelles, une robe de soirée très courte en lamé
noir qui laissait mes épaules nues, une vraie merveille. Lydie m’avait
choisi des bas noirs brillants. J’avais mis mes talons aiguilles vernis
noirs avec la petite lanière de cheville.
Je flottais dans l’air…
J’avais un peu chaud et de minuscule perles de sueur brillaient sur
mon fonds de teint.
- Tu as chaud Maud, viens on va prendre l’air, il fait délicieux
dehors.
On est sorties, elles ont fermé la boutique, je ne me suis même
pas posé la question que j’y laissais mes vêtements d’homme,
mon portefeuille et mes papiers… j’étais une autre.
On a marché, comme trois amies, Lydie me tenait la main, Vanessa
m’a pris par la taille et serré contre elle… c’était délicieux.
On a finalement pris un verre à une terrasse. L’air du soir
était vif, je sentais sa caresse entre mes cuisses.
On ne disait rien. On était bien. Chacune dans ses pensées…
et fantasmes?
Je sentais un désir trouble m’envahir, la chaleur de la présence
de Vanessa à ma droite me brûlait… j’ai senti comme un appel
muet et me suis tournée vers elle. Nos regards se sont accrochés,
nous ne bougions plus . Son souffle tiède et régulier m’enivrait.
Nos lèvres se sont rapprochées et effleurées. Lydie
ne disait rien. Sa main était près de la mienne, elle l’a
tirée doucement vers elle et l’a serrée en silence. La lune
était magnifique.
Dans la douceur du soir, trois amies se rêvaient.
***
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