Fersen averti du rétablissement
d’Oscar vint lui rendre visite, il désirait comprendre comment cette jeune femme
pouvait accepter une telle destinée.
« Bonjour capitaine.
Je suis ravi
de vous voir une meilleure mine.
Vous nous avez fait de grande
frayeur.
Mais vous êtes presque rétablie.
_ Oui, monsieur.
Dans
quelques jours, je serais à nouveau prêt à reprendre mon service.
_ Oscar
!
Permettez que je vous vous appelle ainsi mademoiselle.
Euh !
Enfin
capitaine » se ravisa Fersen.
« Si vous le souhaitez !
Mais de grâce,
je vous prie de ne plus m’appeler MADEMOISELLE !
Je sais que vous êtes au
courant de ma véritable nature à mon grand regret.
_Pourquoi cette gêne
Oscar.
Je souhaite seulement mieux vous connaître.
J’admire le courage
d’où qu’il vienne.
Et que vous soyez une femme ne change en rien l’admiration
que je ressens pour vous.
Mais puisque tel est votre souhait je ne vous
promets de ne plus vous appeler autrement que par votre prénom ou votre grade de
capitaine et de conserver pour moi le secret de votre nature.
_ Merci
monsieur !
N’oubliez pas la dauphine à laquelle vous semblez très
lié.
Jamais ! Vous m’entendez !
Jamais elle ne doit découvrir ma véritable
nature !
_ Mais Oscar pourquoi ?
Ne trouvez vous pas cette situation peu
cocasse !
La dauphine se pâme devant vous !
Comment pouvez-vous, vous
prêter à une telle comédie.
_ Mais monsieur !
Sachez que la vertu de
madame la dauphine n’est ainsi pas en danger ! » Répliqua Oscar d’un air charger
de sous-entendu.
Fersen sourit, et dû s’avouer vaincu. En effet, Oscar
avait vu juste l’attachement de Marie-Antoinette à ce jeune capitaine ne pouvait
avoir de conséquence. Alors que lui-même qui nourrissait de tendres sentiments
pour la dauphine, pouvait à tout moment jeter la disgrâce sur elle, si jamais
une relation plus sérieuse ne venait à être découverte.
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Oscar
reprit enfin son service auprès de la dauphine à la grande joie de cette
dernière. Marie-Antoinette semblait s’être quelques peu assagit depuis
l’accident d’équitation dont elle avait été victime. Mais ce brusque changement
était dû en fait à la crainte de perdre son cher capitaine, elle s’était promise
ce jour là de ne plus jamais risquer de mettre la vie d’Oscar en danger à cause
de futiles caprices. Plus que jamais elle redoublait d’attention pour Oscar ce
qui exaspérait Fersen, mais il avait fait serment à Oscar de taire sa nature et
se prêtait de mauvaise grâce à cette triste mascarade. Mais bientôt las de jouer
la comédie et souffrant de vivre un amour sans espoir Fersen décida de quitter
la France. A l’annonce de ce départ, la dauphine éprouva un petit pincement au
cœur, car elle aimait la compagnie si rafraîchissante de ce gentilhomme suédois.
Mais ce fut Oscar qui en fut le plus affecter, elle perdait un ami cher qui ne
voyait pas en elle uniquement le soldat, il connaissait son secret et ne l’avait
pas jugée.
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Quelques temps plus tard, le roi succomba après une
longue agonie, Marie-Antoinette et le dauphin devinrent alors les souverains du
royaume. Oscar éprouva l’envie de dévoiler enfin sa véritable nature à ses
souverain, mais devait la grande détresse du jeune roi elle finit par se taire.
Cependant, ce fut avec une certaine gêne qu’elle accepta le nouveau grade de
colonel de la garde royale que la souveraine avait exigé, car malgré ses
nouveaux devoirs la reine ne comptait pas abandonner aussi facilement la
conquête du cœur d’Oscar.
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« Alors grand-mère, comme il est
intéressant d’être dans les bonnes grâces de sa majesté la reine.
Oscar se
voit maintenant élevée au grade de colonel.
_ veux-tu bien te taire insolent
!
Oscar a obtenu ce grade uniquement grâce aux multiples services qu’elle
rend depuis plusieurs années à la couronne.
_ Tu es bien naïve !
On voit
bien que tu n’as jamais vu le regard plein de gourmandise de la reine quand elle
pose ses yeux sur Oscar !
Ah !ah !ah !
_ Comment oses-tu proférer de telle
bêtise !
_ Pourtant grand-mère c’est là bien la stricte vérité.
_grrr !
Pourquoi n’ai-je pas plus crié mon désaccord quand le général a pris cette
stupide idée d’élever ma petite comme un garçon.
Elle qui est la grâce même,
elle ne devrait pas porter une telle charge sur ces frêles épaules.
Elle, une
enfant que la nature a doté d’une beauté bien plus grande que celle de ses
sœurs.
Elle aurait dû faire un beau mariage et aujourd’hui elle serait
heureuse auprès d’un mari et entourée d’enfants. » Dit grand-mère en
larmes.
« Chut ! Grand-mère, tu te fais du mal !
Tu sais Oscar ne
semble pas si malheureuse que ça.
Et de toute façon je l’imagine assez mal en
docile épouse d’un aristocrate, avec le caractère qu’elle a!
_ Non là André
tu vas trop loin! » Répliqua Grand-mère en lui assénant une magistrale gifle
avant de quitter la pièce tout à sa rage contre le général et son petit fils qui
étaient décidément bien aveugles.