REPORTAGE SUR UN ELEVE PAS COMME LES AUTRES
 
 MADOU VEND DES POULETS POUR PAYER SES ETUDES
 
  
 
    Je m'appelle Sawadogo Madou. Je fréquente le Lycée Mixte d'Accart-Ville de Bobo-Dioulasso. Je suis en classe de 3ème I et j'ai 17 ans. je suis issu d'une famille de cinq enfants dont je suis leur aîné. Ma mère, mémagère et mon père chauffeur au invalide à la suite d'un accident. Conscient des difficultés que traverse ma famille, j'ai décidé daider ma mère à vendre les poulets sur le quais de la gare ferroviaire de Starail. A la suite de la crise ivoirienne, notre petit commerce, comme partout ailleur, ne marchait plus. Où aller vendre nos poulets?.    
    Je décide encore une fois de faire l'ambulant dans les différents gares routières. Un jour une de mes clientes m'a suggéré de me déplacer au poste de police sur la route du Mali, à 10 kilomètres de la ville. J'ai tenté une fois, deux fois et mon petit commerce commence à aller de mieux vue que sur cette voie, tous les jours près de dix cars prennent la destination de Bamako. Pour concilier l'école et mon commerce, je me suis organisé de la manière suvante: De 7 heures à 12 heures je suis en classe et à partir de 13 heures je suis déjà au poste de police pour attendre les cars. A 15 heures je repars en classe et à 17 heures je reprends ma grosse tasse de poulets sur la tête. Pour se moquer de moi mes camarades m'ont surnommé ''FATOUMATA'' qui est un nom de jeune fille. Ce sont les jeunes filles qui font ce travail ici. Chaque année, nos économies nous permettent de payer les frais de scolarités de mes frères dont un possède un vélo. Cette année j'ai pu acheter une nouvelle mobylette qui me permet d'assurer facilement la liaison école-maison-poste de police et inversement. je réalise pratiquement 20 kilomètres par jours. Avec la reouverture de frontières ivoiriennes, ma mère reste au qaui de Sitarail pendant que je m'occupe du poste de sortie. La vente des poulets est une activité en dent de scie. Les prix fluctuent et oscillent entre 800 et 1400 francs CFA. Nous recevons souvant des commandes de 30 à 60 poulets à des grandes occasions festives.    
    Aujourd'hui Dieu merci, nous tirons profit de cette activité, mais il n'est pas stable et j'aimerais vraiment poursuivre mes études pour avoir au moins un qualification professionnelle pourquoi pas faire des études pour la cuisine ou le restaurent.    
    Beaucoup d'élèves comme moi vivent dans des conditions difficiles et je les invite à travailler dur et honnêtement pour devenir des hommes libres. 
 Copyright 2005 Abdouramane ATJI Professeur d’Histoire et Géographie
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