NOS CONTES ET NOS BLAGUES
 
 
A MALIN, MALIN ET DEMI

Connais-tu l’histoire de la fille qui ne parlait jamais ? Peut-être pas ! Lis ce que dit grand-père à Moussa.  
C’est une très vielle histoire.  
Silm-yida est une fille qui n’est pas comme les autres. Elle est jolie et bonne, travailleuse et obéissante. Elle a maintenant l’âge de se marier. Il y a beaucoup de candidats dans le village et m^me les gens riches et puissants venus de loin. Mais voilà, Silm-yida ne veut pas parler à un étranger. Elle ne parle qu’à son père et à sa mère. Son père dit aux candidats : « je donne ma fille en mariage à celui qui va pouvoir la faire parler ». Les gens viennent nombreux ; mais repartent chez eux comme ils sont venus. Et pourtant la fille est belle, belle comme une fleur qu’on vient de cueillir au petit matin.  
Un beau matin, un homme jeune et beau, se présente au domicile de Silm-yida. Il dit qu’il vient lui aussi tenter sa chance. Il a amené des caisses pleines de beaux pagnes, des pagnes qui coûtent très cher.  
Chaque nuit, notre jeune homme brûle ses pagnes pour que la fille en train de filer du coton,  puisse bien voir. Il a brûler ainsi beaucoup de caisses. Les nuit passent et la fille ne parle toujours pas. Les gens du village croient que l’étranger est bête ou fou. . Il ne reste plus qu’une seule caisse. C’est la caisse qui contient les plus beaux pagnes jamais vus dans tous le pays.. Ce soir là donc, je jeune homme ouvre sa caisse et la fille regarde avec de grands yeux. L’homme ne la regarde même pas ; il commence à déchirer les très jolis pagnes, les pagnes aux couleurs brillantes. Silm-yida la belle fille qui ne parle pas aux étranger ne pouvait plus se taie et soudain voilà qu’elle dit : « je t’en supplie, laisse comme ça ».  
L’homme est heureux, très heureux. Il a gagné !  
Quelques jours passent. L’homme veut retourner chez lui avec sa femme. Mais voilà le boucher du village qui n’est pas du tout content. Il veut que Silm-yida soit sa femme L’étranger monte sur son cheval avec sa femme. Le boucher s’approche, pose la main sur le genou de Silm-yida et dit : « étranger, ton cheval me plaît beaucoup ; je l’achète ». Il propose une très forte somme d’argent. Le jeune homme accepte. Il donne le cheval et veut partir avec sa femme. Mais le boucher dit : « ah ! non ! j’ai tout acheté, le cheval et la femme ». On alla voir le chef. Tout le monde reconnaît que le boucher a raison.  
Le jeune homme est triste. Tout en larme, il marche comme un fou dans la brousse. Il rencontre un lépreux et lui raconte son malheur. Le lépreux et le malheureux jeune homme se rendent au marché. Le boucher venait d’égorger un bœuf. Le lépreux pose la main sur le bonnet du vendeur de viande et demande : « combien vaut ta tête ? ». Il lui dit le prix et il paie. Le boucher lui tend la tête du bœuf, mais le lépreux refuse : «  ah ! non ! j’ai dit que j’achète ta tête et non celle de ton bœuf ; c’est ta tête que je veux ».  
Il sort un couteau pour lui couper le cou. Les gens disent que le lépreux a raison. Il demande au boucher de remettre la femme du jeune homme en échange de sa tête. Le boucher se hâta d’accepter.  
Le jeune repart chez lui avec sa femme   

 
 Copyright 2005 Abdouramane ATJI Professeur d’Histoire et Géographie
 
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