Éléonore Côté
Foule sentimentale […]
Soif d'idéal
Alain Souchon
L'air de rien
Le kitsch… Franck Wedekind affirme qu'il y a une «adéquation intellectuellement dérangeante entre kitsch et modernité [qui identifie] l'essence même de celle-ci comme spécifiquement kitsch. » Je seconde en préfixant d'un post la modernité : nous en sommes rendus là, paraît-il2. Il ne reste pas tellement d'endroits où se réfugier qui ne soient investis par le kitsch. Kundera va même jusqu'à dire que ce «mensonge esthétique » serait le dénominateur commun de notre XXe siècle; de notre XXIe siècle, préciserais-je, puisqu'on y serait vraisemblablement depuis déjà une bonne décennie…- vous savez, les siècles, ils se foutent pas mal des dates officielles. Depuis quelques années, plusieurs se sont donc penchés sur ce phénomène et ont élaboré définitions et théories pour tenter d'y voir plus clair et peut-être proposer certaines solutions pour échapper au fléau kitschisant qui nous assaille de toutes parts. Je me baserai sur ces réflexions pour analyser, pas toujours de façon impartiale j'en ai bien peur, un des plus gros virus kitsch de notre époque : les émissions débilisantes. Bien sûr, elles ne pourront pas toutes y passer. Je m'attarderai en particulier à l'une d'entre elles qui, me semble-t-il, incarne le kitsch dans toute sa puissance; et je dirais même le kitsch au cube : le kitsch dans toute son épaisseur.
Maurice « Mad Dog » Vachon (à droite) et son frère Paul.
Rêvez, nous ferons le reste
Schein
La fureur = K3
Le vendredi à vingt heures, deux millions de victimes ont un rendez-vous avec Véronique Cloutier et ses invités pour passer une heure de kitsch à l'état pur. Voyons voir :
Le kitsch fait appel à la fibre sentimentale du consommateur. La Fureur est une émission basée sur le souvenir commun de chansons : de vieux-souvenirs-nostalgiques sortis des boules à mythes qui sont supposés faire ressurgir de bons moments; de jeunes souvenirs qui deviendront bientôt de bons souvenirs ressurgissant au son des vieux-souvenirs-nostalgiques.
Il y a installation ici non seulement d'un passé commun – ou mémoire commune – mais aussi d'un futur non moins commun au troupeau; « J'ai dansé là-dessus à La Fureur en 1999, c'était l'bon temps… » Avant tout, il y a un présent commun. Pourquoi mettre les paroles à la télé ? Pour qu'on soit deux millions et des poussières à chanter Marjo tous en même temps, d'une seule voix, d'une seule âme.
Nous sommes deux millions et des poussières à écouter La Fureur le vendredi à 20 HRS!!! « La fraternité des hommes ne pourra être fondée que sur le kitsch », dit Eva Le Grand4. Eh bien, les paroles à la télé sont un véritable appel séducteur à la gang, au troupeau bêlant. Soyons deux millions et des poussières à bêler, larme à l'œil : « on appri-vois' pas les chats sau-au-vaj'… », trouvons-nous touchants. Chantons pour « masquer l'angoisse »5. Ceux en studio chantent en se tenant par les épaules et se balancent au rythme de la musique; c'est « l'émotion fondamentale ». Le kitsch se nourrit d'idéaux abstraits et de sentiments qu'il érige en valeur absolue. Tout le Québec devrait se tenir par les épaules pendant La Fureur et il n'y aurait plus de guerre dans le monde6. Le fait de chanter tous ensemble, c'est déjà une manifestation du kitsch, mais c'est surtout dans le fait de se trouver touchants de chanter tous ensemble que le kitsch est vraiment à son meilleur (si j'ose dire). Kundera appelle ce phénomène « la deuxième larme ».
D'ailleurs, le fait que l'émission soit basée sur la chanson est un détail doublement kitschisant. Selon Kundera, le rythme et la rime sont autant de conditions de possibilité du kitsch. Le rythme arrive à rendre séduisant tout ce que l'exigence humaine a d'impur; le rythme comme métaphore de l'ordre total. Il n'y a qu'à penser à toutes ces marches militaires rassemblantes pour s'en convaincre7.
Évidemment, à La Fureur, on connaît tous la chanson. Paroles-air-rythme. Et on y met du cœur au ventre pour le montrer. Sinon c'est pas si grave, il y a quand même une solution pour s'en sortir : faire semblant le mieux possible en suivant le troupeau bêlant, en y mettant plus de cœur au ventre dans les gestes et l'expression, mais en baissant le volume… Et/ou : en rire de façon surexagérée en disant haut et fort et plutôt trente fois qu'une qu'on n'est donc pas doué pour la musique, qu'on n'a pas le rythme dans le sang, et qu'on n'a absolument aucune oreille musicale. On éclate de rire pour montrer qu'on est capable de rire de soi et qu'on est quelqu'un de naturel et ça passe comme dans du beurre. Même que ça donne une image assez sympa en général. Le naturel, c'est la grosse mode, par les temps qui courent. L'exemple n'est pas loin : l'animatrice. Une blondinette à faire croire aux gags sur les blondes mais spa grave « 'est tellement naturelle! »
Le beau est toujours étrange
Baudelaire
L'Image. C'est important, l'Image. Car le kitsch c'est aussi, et je cite Eva Le Grand : « [l]'expression esthétique de se mirer dans les choses et de ne tenir pour beau que ce qui nous renvoie notre image… » Proposant un Idéal du Bonheur, le kitsch sacralise pureté (ha! L'innocente pureté, vierge naïveté), jeunesse et beauté : « le miroir embellissant du kitsch est à ce point omniprésent qu'on cesse de le voir. Nous sommes aveuglés par l'image embellie de nous même. » La Fureur est une véritable usine à images préfabriquées; images de jeunes gens heureux dans le meilleur des mondes.
Bien sûr ceci n'est qu'illusion. À La Fureur, tout l'monde est beau et fin parce que les pas-beaux et les pas-fins ne sont pas acceptés à l'émission. Tout l'monde danse bien parce que ce sont des danseurs professionnels qui sont engagés spécialement pour le show. Mais on y croit.
On arrive à croire, l'espace d'une heure, grâce à l'infâme séduction kitsch. On arrive même à croire que nous aussi, à la maison, on est beau et on danse bien, qu'on est in comme ces jeunes à la télé8. On est pareil à eux puisque on peut chanter Les chats sauvages en même temps qu'eux. Kundera est d'avis que cette croyance est un besoin. « Le besoin de se regarder dans le miroir embellissant du mensonge et de s'y reconnaître avec une satisfaction émue ». C'est Céline à la fois voisine et star. « Regardez comme Céline est restée naturelle malgré la célébrité! »
« Être moderne signifie alors cet effort effréné pour être à jour, être conforme, être encore plus conforme que les autres. Être moderne signifie cet effort effréné de ressembler à son image. » Ressembler à son image… « L'image de soi dont l'autre vous revêt », disait Lacan (ou Sartre… vous savez, l'Enfer…). L'Autre de La Fureur … ce sont les deux millions et les poussières du vendredi qui regardent, chantent et rêvent. C'est intéressant comme revêt et rêvent s'interpellent ici, et évoquent aussi revers. Le revers de la médaille. La Fureur a-t-elle un revers? Les à-côtés du studio qu'on ne voit pas à la télé? Je ne crois pas. Je crois que même les techniciens en studio font partie de ce rêve jeune, pur et beau.
Oui, La Fureur dans sa totalité est revêtue d'une image. L'image de pureté, jeunesse et beauté. Image illusoire, certes, mais enlevons cette image et il n'y a plus de Fureur. La Fureur n'a pas déformé le réel, la vraie vie… Elle s'est créé un réel pur, jeune et beau. Les jeunes de La Fureur sont purs, jeunes et beaux. L'illusion est le réel de La Fureur; ou, pour paraphraser Baudrillard : « le simulacre n'est jamais ce qui cache la vérité – c'est la vérité qui cache qu'il n'y en a pas. Le simulacre est vrai. »9 Devient donc simulacre toute image transformée en modèle kitsch; toute image kitschisée réduit la vie à un simulacre.
Il en est ainsi des personnages médiatiques : Céline, Monica, Véro… ne sont que leur image. C'est-à-dire qu'elles ont accepté de se faire forger10 une apparence et une personnalité (des poupées modelables) qui, peu à peu, ont pris toute la place. Cette image est devenue l'originale. Il n'y a plus d'autre Céline que celle qu'on voit à la télé. Derrière le masque, il n'y a rien. De l'autre côté du miroir, – au revers – c'est la même chose : « l'hallucinante ressemblance du réel à lui-même », toujours Baudrillard. Kundera dirait que c'est le règne de l'imagologie : l'image offerte en pâture au public. Pour une raison simple : sans public, elles n'existent pas. Au royaume de l'imagologie, l'œil de Dieu cède sa place à l'œil omniprésent de la caméra. C'est ce que réclame la masse.11
Ce que réclame la masse : du réel, du réel, de l'encore plus réel que le réel! De l'hyperréel, dirait Baudrillard. D'où la série d'émissions de voyeurisme : Scène de crime, Catastrophe, Coroner, Black-out… Mort en direct, vrai sang, bagarres authentiques, scènes de ménage criantes de vérité… on a compris l'idée. L'homme est traqué dans ses derniers refuges : l'amour, la mort. Expression baudrillardesque : « Frisson d'exactitude vertigineuse et truquée », le paradoxe est là : ces reality shows nous montrent ce que le réel n'a jamais été. Paradoxe encore : le kitsch désir de Bonheur, de Beauté, accord catégorique avec l'être… a ici, je dirais, son penchant négatif : du kitsch noir, peut-être, comme le romantisme noir. Kitsch noir mais kitsch indubitable : même réalité trafiquée, préfabriquée, morcellée, grossie et montrée à la loupe, dissociée du contexte. Même genre d'arrangement esthétique, même stratégie de séduction passant par l'émotionnel : le miroir reflète seulement dans une autre couleur. Kitsch noir, et kitsch rose… ça pourrait être ça. Le kitsch a assurément quelque chose de pornographique. Yvon Deschamps n'a jamais eu aussi raison avec son célèbre : « on veut pas l'sawoir, on veut le woir! », cri de toute notre époque infectée et plus que jamais malade de cette peste.
S'en sortira-t-on, m'entendais-je me demander. Peut-être. Il s'agit de feindre l'ignorance et/ou jouer l'ironie; déjouer la fonction séductrice du kitsch pour installer une distanciation salvatrice, un deuxième degré. Prendre du recul aide souvent à avoir une meilleure vision des chose, il faut se soulever de cette loupe kitsch. Je suis désolée de penser que seule une minorité est (maintenant) capable (ou désireuse) d'installer cette distance (c'est l'inconvénient de la conscience : c'est fatigant d'être conscient12 … parfois – seulement parfois – on aimerait être con content, c'est sûrement plus simple). Je vous fais grâce de l'Allégorie de la Caverne et de tout le tralala… Platon contre le Kitsch, c'est du joli. C'est l'histoire de l'Humanité. Je ne rajouterai qu'une seule question, primordiale : Ouskon s'en va ??
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De la poudre aux yeux (bonus gratuit)
Dites-le avec des leurres
Georges Genre
La beauté de ce qui a déjà été dit mille fois
Milan Kundera
Jettons maintenant un coup d'œil éclairé à la photographie gracieusement jointe au travail.

« Véronique Cloutier revient sur ce prestigieux événement en nous permettant de jeter un regard privilégié dans les coulisses de cette manifestation annuelle. » Téléguide. Progrès-Dimanche, 18 avril 1999.
D'abord, le texte en gros rouge13 : « Dans les coulisses de l'ADISQ ».
L'ADISQ : le spectacle des gagnants de l'industrie du spectacle. L'Industrie du show qui se remercie, qui se félicite… qui se fait un show où il n'y a rien à voir. C'est de l'auto-représentation, bien sûr. Mais c'est plus encore. L'ADISQ, en bon gala qui se respecte, c'est l'apothéose de la façade, c'est le nec plus ultra de l'Image, des apparences. L'ADISQ commence bien avant l'ADISQ par qui est en nomination, qui a des chances de gagner, qui sera accompagné par qui, qui portera quoi, qui ne sera pas présent, quels sont les grands oubliés… Des semaines avant la soirée, la course à l'image est déjà commencée.
L'ADISQ après : qui a gagné ou perdu; mais surtout qui a dit quoi et fait un fou de lui, qui était le mieux habillé, qui était très mal habillé, qui est toujours bien ou mal habillé, qui fait toujours un fou de lui, qui n'a jamais rien d'intelligent (sic) à dire : qui présente la plus belle image de lui-même en public; qui à l'art – l'air – de bien paraître. L'ADISQ c'est le lendemain : photos dans tous les Écho-vedettes de la terre, capsules dans tous les Flash de l'univers. C'est le lendemain qu'on sait qui a réussi le test de l'apparence, qui l'a échoué. Mais le public parlera autant de quelqu'un qui a dit des saloperies ou qui était affreusement coiffé que du plus plongeant décolleté remerciant sont gérant de la façon la plus touchante. D'un extrême à l'autre, l'important est de ne pas passer inaperçu. Sinon, quel est l'intérêt d'être une vedette à l'ADISQ? Ce sont les inaperçus qui échouent au test, pas les mal habillés.
L'ADISQ pendant : le summum de l'illusion, de la magie de la scène; des sourires, des gagnants, des gens heureux, des beaux, bons gentils. Même ceux qu'on voudrait pendre par les intestins le reste de l'année parce qu'on ne peut les supporter deviennent beaux, bons, gentils le temps du gala. Même ceux qui se feront descendre par tout un chacun le lendemain sous n'importe quel prétexte, pendant la soirée on les aime, on les adore, on les encense. Et il y a les rétrospectives : oui, les vieux-souvenirs-nostalgiques… ceux qu'on n'a jamais entendus de notre vie, ou qu'on a toujours trouvé tellement nulachiés, deviennent pour une soirée le reflet de notre passé, de notre histoire, une page de notre culture… versons une larme avec Kundera.
L'ADISQ pendant c'est aussi des remerciements. Des auto-remerciements. On s'autocongratule : l'Industrie du spectacle remercie le Show-bizz qui félicite l'Industrie et/ou vice versa. C'est le festival de la claque dans l'dos. Bravo!
« On le mérite bien », dirait Claudia Shiffer. Si on y pense un peu, le public n'a rien à faire dans tout ça, alors pourquoi un gala télé-diffusé? Le gala de la Chambre de commerce de Jonquière (ou même de Montréal, de Paris, de Monte-Carlo) n'est pas télé-diffusé…C'est que le public veut voir – « on veut le Woir » – : les vedettes, les robes , les coiffures, les réactions croquées sur le vif, les larmes, les cris de joie, encore, encore… Mais attention! On veut voir un gala somptueux, prestigieux, – « ce prestigieux événement »14 , quelque chose de bien préparé, mis en scène, monté, rodé. On n'aime pas les César parce que c'est trop à la va-comme-je-te-pousse… il faut du décorum, nom de Dieu! (du décorum merde in U.S.A.)
D'un côté on veut le solennel, le pompeux, le flafla; de l'autre on réclame du réel du naturel, ce que dit X à sa maquilleuse, comment Z gère son trac, quelle caméra tourne les gros plans des vedettes dans la salle, qui calcule le nombre de pas entre les rideaux et le micro : les coulisses de… l'œil voyeur de la caméra. Ce besoin de soulever le rideau. Pourquoi rideau alors? Parce que rideau avant, pour l'Image (Céline vedette); et le regard privilégié 15après, pour l'œil voyeur (Céline voisine). Qui a le privilège de quoi, je me le demande. Les coulisses ne sont plus un privilège pour personne désormais. En fait, personne ne voit vraiment les coulisses. Les coulisses de l'ADISQ n'existent pas, voilà mon point de vue, L'ADISQ, comme La Fureur, n'a pas de revers. Montrer les coulisses de l'ADISQ, c'est encore montrer du rêve; de la poudre aux yeux, celle qui endort comme le marchant de sable.
Les coulisses de l'ADISQ en reprise - « revient sur »16 - : la répétition du making-off du making-off du show-bizz… C'est de la meta-auto-représentation. Ça n'est pas rien côté kitsch… On peut difficilement faire pire. Sauf si on ajoute Véronique Cloutier comme animatrice : pureté, jeunesse et beauté. L'ADISQ ne pouvait pas trouver meilleure image de ce qu'il est pour le représenter. Véronique Cloutier : la parfaite simili-naturelle. Bien sûr, puisque le naturel est à la mode, on s'applique à créer des images naturelles. Celle-ci est d'une authentique pseudo-simplicité. L'incarnation de la Jeunesse Concernée qui a réussi; exactement juste bien dans la Tendance. Regardons la photo.
Avant-plan : jeune énervée : « un vent de fraîcheur », diraient les polis. Blonde, cheveux dans le vent : dans le vent, comme ceux qu'elle représente. Sourire pas-de-carie-belles-dents, un sourire à toute épreuve. Habillement bleu-poudre-moulant : fausse imitation d'une mode qui n'a jamais été. C'est en fait le remâché de deux époques : les vieux-souvenirs-nostalgiques et la jeunesse-dans-le vent-nouvelle-tendance. C'est le vent de fraîcheur sur les vieux souvenirs; ainsi tout le monde se retrouve, se sent interpellé. C'est le même principe que la bande annonce de La Fureur où l'on peut voir des groupes de gens, toutes générations confondues, faire le même petit mouvement représentatif de l'émission… « Rassemblés en un même corps… », était le début d'une chanson que j'avais apprise pour ma première communion, elle me revient justement à l'esprit. Troupeau bêlant, disais-je; et le berger n'est plus le fils de Dieu, c'est Véro!
Sa position est celle de quelqu'un qui passe, qui est pressé. Évidemment, puisqu'elle est dans le vent. Elle ne peut pas s'arrêter. C'est d'une logique… Elle dit bonjour en passant. Brandissant son sac à main d'un geste désinvolte; le cash, le fric, le blé, l'oseille. Elle ne s'énerve pas avec ça; pourquoi s'en faire? Elle peut avoir l'air vachement décontractée. De toute façon son papa est le gérant de tout ceux qui gagneront, et même de ceux qui ne gagneront pas à ce gala, alors… Elle a la position de l'évidence même.
Maintenant, pleins feux sur le gros-plan arrière : Les dents blanches du sourire à toute épreuve resplendissent, étincellent même. C'est le sourire du succès. Les yeux de poudre bleue pétillent (d'intelligence?), ils sont concernés. Les joues sont roses (de plaisir) sur le teint de pêche justassé bronzé. C'est le naturel dans tout ce qu'il y de plus fabriqué. Ce gros plan, c'est la loupe kitsch dans son image la plus frappante. C'est le zoom sur, le regard privilégié, l'auto-représentation, le miroir embellissant. Ce gros plan c'est l'ADISQ en personne.
Et, une image vaut mille mots : ce gros plan, c'est le kitsch.
 Hitler portait du kaki [des kakis?]…
1 Ce travail a été écrit dans le cadre du cours Théorie de la communication, à la session d'hiver 1999. Vous en lirez ici une version plus ou moins modifiée pour les besoins de la cause. (Et quelle cause.)
2 Et ensuite? Préfuturisme, expostmodernité, excontemporainité, postcontemporainité…?
3 Toutes les citations d'Eva Legrand sont tirées de deux livres que voici :
LEGRAND, Eva (1995), Kundera ou la mémoire du désir, Montréal, ed. XYZ, pp. 35 à 78.
LEGRAND, Eva (sous la direction de) (1996), Séduction du kitsch: roman, art et culture, Montréal, ed. XYZ, pp 13 à 25.
4 Termes de Broch.
5 Si tout le Québec flashait ses lumières en même temps…
6 Dans le même paradigme, il m'est venu à l'esprit que le rapprochement entre Hitler et la « nullité hypnotique » de la télévision a, me semble-t-il, déjà été fait. Ici, La Fureur a quelque chose du Fürher, en effet…
7 On est in : on est dedans; dans le troupeau qui chante qu'on n'apprivoise pas les chats sauvages… À une époque où l'on revendique toutes sortes de libertés : d'expression, de penser, d'habillement, de couleur de cheveux… l'individualisme est le plus souvent une illusion : ces individus, bien au contraire, ne s'appartiennent plus… C'est de l'individualisme de groupe!
8 Encore Eva Le Grand…
9 Toutes les citations de Jean Baudrillard sont tirées du livre : Simulacre et simulation, Paris, ed. Galilé, 1981, 236 pages.
10 À noter au passage le jeu de mots formidable.
11 Et on rejoint tout à fait ici ce dont conférençait Andrea Samprini (dans le cadre du cours Théorie de la communication 31-03-1999) : le public happé à l'intérieur de l'espace médiatique, superposition de l'espace privé de l'espace public au point qu'on ne peut plus les distinguer l'un de l'autre, course aux cotes d'écoutes…
12 Voilà que je pense à la pataphysique consciente et inconsciente : personne (pas même les plus grands) ne peut prétendre être totalement toujours dans la Pataphysique consciente…personne ne peut prétendre ne pas avoir eu au moins un instant de kitsch dans sa vie, ça nous colle à la peau comme la galle.
13 Toutes les allusions à la couleur renvoient à la photo originale.
14 Voir le texte en bas de la photo : « Véronique Cloutier revient sur ce prestigieux événement… »
15 Idem
16 Idem
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