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Question capitale sur le Capital par Sam Eklert
Devenir milliardaire plusieurs fois en vendant des choses peu coûteuses à des gens pauvres est sans doute la plus triste ironie du capitalisme. Le moindre comptable, économiste ou citoyen éclairé comprend facilement qu’il faut avoir volé -extorqué pour être exacte- de la valeur à la pelle et à toutes les étapes du processus (coup de production, distribution, prix de vente, salaires etc.) pour en arriver là[1]. De l’autre côté du spectre se trouve aussi un beau paradoxe : être à la fois l’exploité et l’exploiteur quand on est employé et actionnaire, qui plus est de sa propre entreprise. On n’arrête pas le progrès (du Capital). Les « gamiques »[2] qui président à nos organisations et modes de fonctionnement sont délétères et pernicieuses dans leur essence. Si, pour qu’une personne réussisse, 10 doivent être sacrifiées sur l’autel du rendement, du profit et de la compétitivité, alors il y certainement un problème ; à moins d’avoir tous et toutes choisis consciemment et en toutes connaissance de causes ces valeurs comme piliers organisationnels. Ce qui n’est pas le cas, ou alors par défaut, pourrait-on dire. D’ailleurs, prit dans une perspective historique, le sacrifice humain est effectivement une pratique courante. Le dernier exemple en date, remarqué et remarquable car très symbolique : la mort de l’ex Raïs. Quand on sait que les premiers motifs du bourbier irakien sont économiques, nous avons là une victime du Capital, pas du Politique, encore moins d’une justice impartiale. On pourrait aussi parler de mineurs morts en Chine ou en Russie ou en Afrique, ou encore au Brésil, bref partout et citer ad-nauseam les méfaits et victimes d’un capitalisme devenu fou. Ce capitalisme est-il alors une forme moderne de la mise en scène du principe sacrificiel? Le capitalisme anglo-saxon est-il un rite sacrificiel? On peut légitimement se poser la question. Ce type de capitalisme dans son essence est, en tous cas, un puissant miroir aux alouettes qui réussit à séduire et faussement humaniser en nous plongeant dans un système où démocratie se confond – et, est confondu avec, société de consommation. Ontologiquement parlant, ces deux notions sont indépendantes et l’une n’est pas la dérivée de l’autre. Cette confusion nous condamne irrémédiablement à l’illusion du choix. Le capitalisme anglo-saxon condamne aussi ceux qui sont à l’autre bout de la chaîne à rester dans une condition de sous citoyen, pour ne pas dire sous homme car il faut bien que quelqu’un soit réellement exploité par manipulation de la valeur pour que le capitalisme anglo-saxon fonctionne, contrairement au Rhénan[3] par exemple, qui par son syncrétisme avec l’idée socialiste, tend à rendre plus juste et moins conflictuel le système, notamment en gardant l’idée de dignité dans son équation et ce, au dépend du profit. L’humanité serait sans doute dans une situation moins dramatique si ce modèle prévalait, mais l’Allemagne, après la seconde guerre mondiale a « gagné » une économie anglicisée par le plan Marshall, ce qui a sapé la possibilité d’un plein développement au sein de l’Allemagne moderne, et aussi plus largement, d’une alternative intéressante, qui toutefois, raisonne encore aujourd’hui dans les pays nordiques ou même au Japon. La question qu’il faut alors se poser est la suivante : essayons-nous de changer la nature du système ou d’humaniser celui déjà en place? Abandonner la logique capitaliste est tout à fait viable et faisable, sans tomber dans les systèmes cauchemardesques du passé ou encore utopies grotesques, mais l’idée de ce changement à l’échelle mondiale est complètement utopique à l’heure actuelle. On peut, par contre, penser à des micro-économies associatives basées sur le troc[4] ou des monnaies à portée uniquement locales. Par exemple, des fermes se constituent maintenant une clientèle direct grâce au site web affichant leurs produits frais et sains que vous pouvez commander en ligne. C’est pour eux, la récupération d’un peu de liberté et de dignité. La Révolution tranquille, déjà bien connue de la francophonie d’Amérique du nord, semblent pouvoir nous donner quelques balises pour réaliser des transformations nécessaires en douceur contre les multiples effets secondaires du capitalisme sauvage, monopolistique en place actuellement et notamment empli d’irresponsabilité vis-à-vis de l’environnement et de la santé des individus. La notion de Révolution tranquille renvoi à un processus de transformation socio-culturel à tendance rapide et pacifique par la prise en main d’un destin collectif par tous les intervenants politiques, institutionnels et privés d’une collectivité et à la mise en œuvre de ces changements. Quand la démocratie devient la marque de commerce et la vache à lait du capitalisme qui lui-même devient un fascisme, une dictature économisciste au service d’une minorité - la finance internationale, il est alors temps et semble rationnelle que la majorité veuille appuyer sur « pause » pour un moment éponyme. « PAUSE »[5] [1] Voir l’article sur la réalité Walmart à : http://agoravox.fr/article.php3?id_article=17429 [2] Anglicisme québécois qui signifie stratégie, pris dans un sens péjoratif [3] Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme_rhénan (L’article est fiable…) [4] Il existe déjà dans plusieurs pays des systèmes d’échanges non monétaires : heures, connaissances, produits, objets peuvent être utilisés comme équivalence. [5] On pourrait maintenant se demander : A quand une journée happening à portée globale dans l’esprit des journées sans achat de Ad-buster afin de constituer un « méta-réseau» capable de jouer les contre pouvoirs ? Après tout, ne sommes nous pas, selon le Times (s’il le dit….) chacun d’entre nous et ensemble LA personnalité de l’année. Cela fait beaucoup de monde et une conscience forte …
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