LES TELEPHONES PORTABLES

 

 

Des certitudes scientifiques limitées
Aucune étude ne démontre de nocivité directe pour l'homme.

Par DENIS DELBECQ - Libération, jeudi 18 mai 2000

Prudence et précaution. Dans un rapport publié à Londres fin avril, douze experts scientifiques ont demandé aux autorités britanniques de limiter au maximum l'usage des téléphones mobiles par les enfants. Le volumineux «rapport Stewart» tente de dresser une synthèse des nombreuses expériences sur d'éventuels effets nocifs des mobiles sur la santé. Il en ressort une seule certitude, fondée sur des études épidémiologiques: il est dangereux de téléphoner quand on est au volant de sa voiture, même quand on utilise un système «mains libres». Quant aux effets sur l'organisme des ondes émises par les portables et les antennes relais, les experts renvoient les chercheurs à leurs chères études. «Il y a très peu de littérature scientifique qui a été publiée sur le sujet après passage devant un comité de lecture.» Les experts reconnaissent que beaucoup d'études ont été publiées en dehors de ces mécanismes d'autocontrôle appliqués par les chercheurs, mais la plupart n'ont jamais pu être reproduits par des équipes indépendantes, seul critère admis pour valider un résultat scientifique.

Les faits Les téléphones mobiles émettent et reçoivent des ondes électromagnétiques dans deux gammes de fréquence, autour de 900 et 1 800 MHz. Ces micro-ondes, analogues à celles employées dans les fours, provoquent une agitation des molécules d'eau et entraînent une augmentation de la température. Mais quand la puissance d'un appareil de cuisson est de l'ordre de 1 000 watts, celle des téléphones mobiles est 500 fois plus faible. Reste que pendant une communication, une bonne moitié des ondes est absorbée au niveau de la tête. C'est un fait, les tissus humains absorbent les micro-ondes, et une petite expérience permet de s'en apercevoir: il suffit d'appeler en plaçant son mobile devant un écran de télévision. L'image est perturbée, sauf quand on intercale sa main. Si augmentation de température il y a au voisinage du cerveau, elle reste très faible, probablement inférieure à 1° C, sans qu'on puisse encore déceler de conséquence biologique avec certitude.

Effets sur l'ADN Il existe une seule certitude: les micro-ondes utilisées en téléphonie mobile ne sont pas des rayonnements ionisants. Leur énergie est très inférieure (d'un facteur d'au moins 100 000) à ce qui est nécessaire pour casser directement les liaisons moléculaires des molécules d'ADN. Autrement dit, si action cancérigène il y a, elle est forcément indirecte et donc très difficile à déceler, d'autant plus que le développement de tumeurs peut prendre de nombreuses années. Il existe néanmoins des études, controversées, qui montrent des effets indirects sur l'ADN de la souris.

Effets sur les neurones Des expériences ont porté sur des neurones isolés, des cultures de tissus nerveux et le cerveau d'animaux de laboratoire. Elles constatent des effets mesurables, notamment sur le comportement. Mais la plupart portent sur des ondes radar de fréquences différentes et d'intensité élevée, et ne sont donc pas directement transposables aux mobiles. Un fait semble se dégager: soumis à une forte intensité, les tissus voient leur température augmenter et l'excitabilité de leurs neurones diminuer. Chez l'homme, une légère modification de l'activité cérébrale a pu être observée dans deux études récentes.

Effets sur les cellules Plusieurs études ont observé une modification du fonctionnement des membranes cellulaires sous l'effet des micro-ondes. Par exemple, sur les flux ioniques qui traversent leurs membranes. Mais cet effet est surtout observé en deçà de 25° C, température très inférieure à celle du corps. D'autres effets sont observés quelle que soit la température, mais n'ont pas toujours pu être reproduits. Une action sur la membrane cellulaire n'est pas exclue, mais les mécanismes physico-chimiques restent mystérieux.

Effets sur le système auditif Chez l'animal, des ondes électromagnétiques de forte intensité entraînent une réponse dans le nerf auditif, qu'il perçoit sans doute comme un bruit. Mais, là encore, cet effet n'est observé que pour des niveaux d'exposition sans commune mesure avec ceux engendrés par les téléphones.

Effets sur la mémoire Les études sont contradictoires. Certains chercheurs ont observé une perturbation de la mémoire chez des animaux soumis à des niveaux d'intensité analogues à ceux des mobiles, quand d'autres ne constatent rien de significatif.

Effets sur la vision L'œil dispose d'une mauvaise aptitude à dissiper la chaleur. Il est possible de provoquer une cataracte en exposant l'œil pendant plus d'une heure à des niveaux de puissance 100 fois supérieurs à ceux qu'un mobile diffuse à proximité immédiate de l'antenne. La cataracte est provoquée par la forte température de l'œil, qui atteint 43° C. Quand la puissance est faible, même en cas d'exposition prolongée, rien ne se passe. D'autres effets ont été observés sur la rétine d'animaux, là encore pour des intensités très supérieures à celle des mobiles.

EDITORIAL
Précaution de principe

Par GERARD DUPUY- Libération, Le jeudi 18 mai 2000

Les premières alarmes suscitées par les téléphones portables sont à peu près contemporaines de l'apparition de cet objet symbolique de la modernité. Elles n'ont pas empêché la vertigineuses prolifération que l'on sait. Depuis lors, les chercheurs font leur métier, qui est de chercher. Il n'ont rien trouvé qui prouve que ces portables soient dangereux pour la santé, encore que certains indices interdisent d'affirmer leur complète innocuité. C'est là un dilemme familier de la modernité, comme le montre le débat sur les aliments issus d'une intervention génétique. Sauf que si les inquiets de nature peuvent facilement excommunier le maïs muté, il se trouvera peu d'accros à la prothèse communicationnelle pour la flanquer à la poubelle.

Il est idiot, et même dangereux, de crier vainement au loup, mais cela ne n'empêche pas ces animaux d'avoir de solides mâchoires dont ils savent se servir à l'occasion. La manière dont les grandes compagnies du tabac ont sciemment et longuement menti sur les méfaits de la tabagie doit inciter à la prudence, même à propos d'un objet omniprésent. Mais il faut bien constater que personne de normalement rationnel ne prône l'abstinence de portable (ce qui n'était pas le cas du tabac). Quoique dans l'incertitude, il est impossible de s'abstenir.

On touche là les limites intrinsèques du «principe de précaution» dont on a vite fait un slogan aussi ronflant qu'il est creux. Le philosophe François Ewald décèle dans ce «principe», «une valorisation de la peur» et même «une sorte de figure du nihilisme contemporain». De fait, on trouve trace de cette humeur dépressive dans la rumeur persistante qui entoure l'usage des portables, comme à chaque apparition d'un objet phare du progrès technologique. Pourtant, la plupart des utilisateurs de portables ont survécu à une exposition prolongée à un écran cathodique, naguère objet de diverses angoisses hypocondriaques, même si ce n'est pas ce qu'ils ont fait de mieux dans leur vie.

Salubrité pour salubrité, la meilleure protection contre les dangers éventuels des portables, ce serait encore de ne s'en servir qu'à bon escient. Hélas, la «nouvelle économie» ne s'en relèverait pas.

 

 

 

Le message rassurant des fabricants
Ils multiplient les initiatives montrant qu'ils ne négligent pas la santé.

Par NICOLE PÉNICAUT  --- Libération Le jeudi 18 mai 2000

 

Ca n'est pas encore l'industrie du tabac, avec ses médecins attitrés, ses puissants lobbyistes, son sponsoring à tout-va pour redorer son image face aux opposants à la cigarette. L'industrie du téléphone mobile est loin de subir les mêmes avanies. Mais, à force de publications mettant en doute l'innocuité du téléphone portable, elle a fini par prendre l'affaire au sérieux. Aujourd'hui, tous les fabricants participent à des programmes de recherche. En interne. Mais surtout en externe. C'est Nokia, le leader mondial, qui, sans autre précision sur les montants, dit cofinancer le Cost 244, programme européen de recherche sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé.

Intérêt bien senti. Le groupe finlandais contribue aussi au financement du FGF (programme national allemand). Même topo pour Alcatel, qui finance l'étude lancée en 1996 par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et dont les résultats devraient être connus en 2002. On retrouve le fabricant franais dans le «tour de table» aussi de cet autre programme de recherche qu'est le Comobio (Communication mobile et biologie), diligenté par les ministères de la Recherche et de l'Industrie. Motorola n'échappe pas non plus à la règle selon laquelle tout industriel a intérêt à collaborer aux études touchant son secteur.

Message responsable. Chacun peut ainsi jurer, la main sur le cœur, qu'il fait de la santé de ses clients sa préoccupation majeure. «C'est notre souci primordial», entend-on, un peu sans surprise, chez tous les constructeurs. Avant d'ajouter: «De toute façon, ces études existent depuis quarante-cinq ans.» Sous-entendu: si problème ou risque pour la santé il y a, il ne date pas du mobile. Et si le mobile est un tant soi peu responsable, il fait aujourd'hui tout ce qu'il faut pour n'être pas nuisible. De fait, et c'est bien le moindre, les constructeurs sont tenus au respect de normes internationales permettant de fixer le SAR (specific absorption rate). Les sites Internet des fabricants fourmillent de précisions techniques pour ceux des internautes qui ne répugnent pas à percer les mystères des champs électromagnétiques. Les autres se voient renvoyer à un jeu de questions-réponses sans surprise, du type «est-il dangereux d'utiliser le portable?». La réponse est évidemment invariablement «non». «Pour le moment, rien n'a été prouvé», scandent les fabricants. Tous les services de presse tiennent d'ailleurs prêt le compte rendu d'une recherche ou deux prouvant qu'«aucun effet sanitaire n'a encore été mis en évidence de façon claire».

Il n'empêche. Des craintes se sont exprimées. Celles-ci n'encombrent pas encore les standards téléphoniques des fabricants. Mais on ne sait ce que l'avenir réserve. L'OMS constate que les inquiétudes ont déjà eu des «conséquences économiques non négligeables». Ainsi, aux Etats-Unis, les craintes liées aux possibles effets des stations relais sur la santé des populations voisines ont largement contribué au retard de leur construction.

Lobby et bonne foi. Informer. Communiquer. Répondre coup après coup. Voilà donc le credo. Quelques structures rassemblant les industriels du secteur s'y consacrent activement. La FEI (Fédération des industries électroniques) est l'une des plus en pointe en Europe. Cet organisme britannique agit dans ce domaine (comme dans d'autres) comme une sorte de lobby. Il ne manque pas une occasion de prouver sa bonne foi. La semaine dernière, répondant aux recommandations du rapport Stewart (lire page 3), la FEI s'est engagée au nom de ses membres à multiplier les efforts de transparence. Et de dialogue avec les collectivités locales lorsque l'emplacement de stations relais peut être source d'inquiétude. Des équipes dédiées à l'information du consommateur vont également être mobilisées. En Angleterre au moins, chacun paraît avoir admis la nécessité de mieux communiquer avec les consommateurs sur les normes et l'état des recherches. Et aussi dans un langage plus accessible au commun des mortels.

De là à ce que les portables comportent comme les paquets de cigarettes une notice prévenant les consommateurs des «risques pour la santé», il y a malgré tout un grand pas. Que l'état des études ne permet toujours pas de franchir. Et c'est tant mieux pour les constructeurs, qui ont parié très très gros sur le milliard d'utilisateurs en 2002 censés faire du portable le prolongement de leur bras.

 

 

Les décideurs en terrain miné
Les incertitudes et enjeux inhibent politiques comme scientifiques.

Par MATTHIEU ÉCOIFFIER - Libération Le jeudi 18 mai 2000

 

Les effets sur la santé du téléphone mobile? On sait qu'ils ne sont pas avérés, du moins en l'état actuel des connaissances. On sait aussi qu'il n'existe aucune certitude sur les effets à long terme de l'exposition aux ondes électromagnétiques émises par les portables. Compte tenu du déficit de certitudes scientifiques, une seule précaution s'impose, que semble partager la majorité des spécialistes: «Les parents doivent faire attention à ne pas laisser leurs enfants abuser de leur portable, explique Jean-Pierre Chevillot. La profondeur de pénétration du rayonnement va occuper deux tiers du volume de la boîte crânienne chez l'enfant, au lieu d'un quart chez l'adulte. D'où une exposition plus importante. Il faut donc prêter une attention particulière aux enfants qui commencent à se servir d'un portable dès l'âge de 6 ans, pour une durée qui pourra atteindre 80 ans.»

Combat de titans. Auteur d'un rapport qui vient d'être remis à l'Office des choix scientifiques et technologiques du Parlement européen mais n'est pas encore public, Jean-Pierre Chevillot invite à «une prise de conscience éduquée et responsable» des utilisateurs. Un objectif difficile, compte tenu du manque d'information et du contexte peu propice au recul. Face à une opinion de plus en plus inquiète car de mieux en mieux équipée par les constructeurs, se joue un combat de titans, dont les enjeux économiques et politiques dépassent de beaucoup ceux de la santé publique. Ses acteurs? Les industriels, d'abord. Regroupés au sein du tout-puissant Mobile Manufacturers Forum, ils répondent en bloc et de façon stéréotypée aux questions posées. Et s'opposent frontalement aux écologistes toujours animés de bonnes intentions, mais parfois émotifs et irrationnels. Entre les deux, les scientifiques essaient de combler le retard pris dans l'étude de ces phénomènes. «Tout le monde s'emballe. Certains scientifiques publient trop vite, les industriels se crispent, les écologistes s'excitent, et les médias servent de caisse de résonance», résume Chevillot, ancien directeur de cabinet d'Hubert Curien, ministre de la Recherche sous Mitterrand.

Au ministère de l'Environnement, «on est à l'affût mais on n'a pas de billes suffisantes», reconnaît un conseiller de Dominique Voynet. Médecin de formation, la ministre Verte est prête à monter au créneau sur ce dossier, mais pas à risquer sa crédibilité. La même expectative règne chez les experts. Un des plus grands épidémiologistes de l'Inserm refuse ainsi de s'exprimer sur les dangers du portable: il n'y a que des inconnues à l'équation scientifique et aucun cadre méthodologique pour les borner. Les ondes bloquent la sécrétion de mélatonine (hormone de régulation du sommeil) chez les rongeurs, selon une étude américaine? Oui, mais du rat à l'homme il y a plus qu'un pas.

Principe de précaution. Faut-il alors, à partir de ces incertitudes, limiter les valeurs maximales d'exposition? Les Suisses, les Wallons et les Italiens viennent de le décider, au nom du principe de précaution. «Ils ne se fondent pas sur des effets confirmés mais suspectés. Résultat: on n'aura plus confiance dans les normes», déplore Chevillot. Lui n'invite pas, dans ses conclusions, à restreindre les normes européennes en cours. Patience ou imprudence? Une chose est sûre: chacun est aujourd'hui condamné à utiliser son portable dans la non-connaissance des conséquences.

 

 

L'OMS va lancer une vaste enquête épidémiologique
Les portables sous haute surveillance
Une étude de la revue «Nature» nourrit les inquiétudes sur la nocivité des téléphones mobiles.

Par SYLVESTRE HUET (AVEC AFP) - Libération Le jeudi 18 mai 2000

Deux nouveaux éléments sont à verser depuis hier au dossier de la nocivité éventuelle des téléphones portables, qui a pris la forme d'un large débat public ces derniers mois. D'une part, la parution d'une étude dans la revue scientifique britannique Nature sur les modifications biologiques provoquées par les portables sur... le ver de terre. D'autre part, la confirmation du lancement très prochain d'une vaste étude internationale pour mesurer le risque éventuel de cancers, notamment du cerveau, liés à l'utilisation des portables. Annoncée depuis plus de deux ans, cette enquête portera principalement sur les organes les plus proches de l'antenne, les plus exposés a priori (cerveau, glande salivaire, nerf acoustique).

17 000 personnes suivies. Selon le Dr Elisabeth Cardis, chef de l'unité «radiation et cancers» au Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l'agence spécialisée de l'OMS pour le cancer et basée à Lyon, les premiers résultats seront connus fin 2003 ou début 2004. La Commission européenne a versé 3,850 millions d'euros, soit 50 % environ du financement pour les pays européens et Israël. Aucun financement industriel, qui remettrait en cause l'indépendance de l'étude, n'est prévu. La Grande-Bretagne, la France, l'Italie, les pays nordiques, l'Allemagne, Israël, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, le Japon, le Canada participeront à cette enquête, qui concernera entre 16 000 et 17 000 personnes. Plusieurs milliers de cas de tumeurs seront rétrospectivement étudiés (6 000 cancers du cerveau, 1 000 neurinomes ou cancers du nerf acoustique, et entre 600 et 700 cancers de la parotide) et comparés à des «témoins» non cancéreux eux aussi usagers de téléphones portables.

Quant au minuscule ver, le Caernorhabditis elegans, qui suscite toute l'attention de la revue Nature, c'est une bête de labo qui a déjà rendu bien des services à la science. Animal modèle dont le génome est passé au peigne fin, il n'avait pourtant pas encore subi la dernière torture à la mode chez les blouses blanches: le téléphone mobile. Une équipe britannico-canadienne de onze chercheurs vient de combler cette lacune... pour en tirer une conclusion qui ne fera pas plaisir aux fabricants de portables: «Les limites d'exposition actuelles pour les équipements à micro-ondes doivent être reconsidérées» (1).

18 heures d'irradiation. Pour parvenir à cette affirmation, les onze chercheurs ont donc irradié un groupe de vers, durant 18 heures d'affilée, de micro-ondes de 750 MHz - une fréquence inférieure à celle des mobiles - à 0,5 watt. Une sorte de très long coup de fil. Une fine analyse moléculaire a montré que le Caernorhabditis elegans ne restait pas sans réactions. Les vers ont produit des heat shock proteins, des macromolécules de la catégorie «chaperon». Découverts à la fin des années 70, ces chaperons existent chez l'homme et aident d'autres protéines à adopter ou à conserver leur bonne forme - celle qui permet de jouer leur rôle biologique - par le repliement de leur longue chaîne moléculaire. Ces «tuteurs» moléculaires agissent aussi en empêchant l'agrégation de protéines mal formées. Ces heat shock proteins sont habituellement produites par toutes sortes d'organismes lorsqu'ils sont soumis à des stress thermiques, pour se protéger de la chaleur. Chez Caernorhabditis elegans, il suffit que sa température s'élève au-dessus de 27° C, avec un maximum à 30° C, pour qu'il fabrique ces chaperons.

Dans ce cas, les scientifiques ont démontré que ces chaperons apparaissent dès que les 24° C sont dépassés chez les vers irradiés. Pourquoi cette production de chaperons protecteurs, contre quelle agression sont-ils mobilisés? Car les expérimentateurs ont vérifié que les micro-ondes ne chauffaient pas les vers au-delà de 25° C. D'où les trois hypothèses avancées par les chercheurs pour expliquer ce processus. Première possibilité: les micro-ondes auraient coupé des «liaisons chimiques faibles» qui maintiennent la forme des protéines. Deuxième idée: l'irradiation aurait déclenché la production de formes d'oxygène particulièrement réactives. Troisième piste: les micro-ondes auraient interféré avec les signaux cellulaires commandant la production de protéines chaperons. Reste à déterminer si l'une de ces hypothèses est la bonne. Et si les conséquences sont pathologiques pour les humains lorsqu'ils téléphonent... ce que les chercheurs n'affirment pas dans leur article.

(1) David de Pommerai et al., à paraître dans Nature du 25 mai.

 

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