Curare


Je fus pris d�un vertige d�butant, � mon �veil, ne me rappelant ni l�heure de mon assoupissement ni le lieu o� il s��tait produit. Tout autour de moi, les lignes, les surfaces et les tonalit�s se structuraient en brumes opaques, se t�lescopaient par l��change de leurs propri�t�s respectives. Le noir de l�ombre irisait je-ne-sais-quoi de rugueux, et le lin�aire d�hanchait sa r�gularit� et prenait en se lovant le long de mon corps des allures reptiliennes.

J�eus beau tenter de me lever, le poids de l�atmosph�re me retint au sol, m�asservit et je m�obligeai � v�rifier si mes yeux me leurraient ou si le r�el avec gravit� r�siliait l�antique contrat qui liait mes perceptions et ma volont�. Une vibration s��leva :

�Regarde, Pense, R�fl�chis, � nouveau retourne tes pens�es et revois si tu vis. Nul ne peut ni ne doit te contraindre au doute de toi-m�me.

Daphnee.jpg R�torquai :

�Mais tout se consume et mon corps tortur� par l�immobilit� ne revoit plus que le risque d�un �veil qui n�a plus ses d�finitions�

�Pense, R�fl�chis, Regarde�

�Mais la rigidit� monte en moi, d�j� les orteils se rendorment et ne peuvent pas m�me s�en plaindre : ne serait-ce pas que mes membres se r�voltent et me quittent, car mes doigts, tout autant, ne me servent plus maintenant. Delitescence.jpg Quels conseils captieux donnez-vous, �chos, que ceux de penser, r�fl�chir, quand cela me prive de sentir ne f�t-ce que mon immobilit� ? � vous chercher dans les zones troubles o� l�on m�a jet�, mes r�tines se sont br�l�es et ne per�oivent plus ni t�n�bres ni mouvement. �chos ! Puisque seule l�onde vibratoire me contacte, dites-moi qu�en est-il de ce songe �veill� qui d�nature mes sens, perdrai-je tympan � trop vous d�sirer entendre ?


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