Comme un arbre

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Sans abri sans domicile
Comme un arbre dans la ville

Comme un arbre dans la ville
J'ai grandi loin des futaies
Où mes frères des forêts
Ont fondé une famille
Comme un arbre dans la ville

Entre béton et bitume
Pour pousser je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
J'ai la fumée des usines
Pour prison, et mes racines
On les recouvre de grilles
Comme un arbre dans la ville

Comme un arbre dans la ville
J'ai des chansons sur mes feuilles
Qui s'envoleront sous l'œil
De vos fenêtres serviles
Comme un arbre dans la ville

Entre béton et bitume
On m'arrachera des rues
Pour bâtir où j'ai vécu
Des parkings d'honneur posthume
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
Ami, fais après ma mort
Barricades de mon corps
Et du feu de mes brindilles
Comme un arbre dans la ville


Éducation sentimentale

Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

Demain à l'aurore
Nous irons encore
Glaner dans les champs
Cueillir des promesses
Des fleurs de tendresse
Et de sentiment
Et sur la colline
Dans les sauvagines
Tu te coucheras
Dans mes bras, ma brune
Eclairée de lune
Tu te donneras

C'est au crépuscule
Quand la libellule
S'endort au marais
Qu'il faudra, voisine
Quitter la colline
Et vite rentrer
Ne dis rien, ma brune
Pas même à la lune
Et moi, dans mon coin
J'irai solitaire
Je saurai me taire
Je ne dirai rien

Ce soir à la brume
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les cœurs d'enfants
Pour toi, ma princesse
J'en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux


Fontenay-aux-Roses


Vous êtes si jolies
Quand vous passez le soir
À l'angle de ma rue,
Parfumées et fleuries
Avec un ruban noir,
Toutes de bleu vêtues.
Quand je vous vois passer,
J'imagine parfois
Des choses insensées,
Les rendez-vous secrets
Au fond d'un jardin froid,
Des serments murmurés.

Le soir, dans votre lit,
Je vous devine nues.
Un roman à la main,
Monsieur Audiberti
Vous parle d'inconnu.
Vout êtes déjà loin.
Vos rêves, cette nuit,
De quoi parleront-ils ?
Le soleil fut si lourd.
Demain, c'est samedi.
Je guetterai fébrile
Votre sortie du cours.

Dimanche sera gris.
Je ne vous verrai pas,
Pas avant lundi soir.
Où serez-vous parties ?
Qui vous tiendra la bras ?
Que vous fera-t-on croire ?
Je crois que je vous dois
De vous faire un aveu :
Petites, écoutez-moi.
C'est la première fois
Que je suis amoureux
De tout un pensionnat.


Je ne sais rien faire


Si je savais raconter des histoires,
Je changerais le monde tous les soirs.
Si je savais aussi parler d'amour,
Je changerais de fille tous les jours

Mais je ne sais rien faire,
Je fais tout de travers.
Je serai toujours de trop sur terre.

J'ai pris l'amour, je m'en suis fait un monde.
J'aimais les filles de plus en plus rondes.
J'ai pris le monde, je lui ai fait l'amour
Mais ce salaud a fait lever le jour.

Je ne sais rien faire,
Je fais tout de travers.
Je serai toujours de trop sur terre

Et puis le monde n'a plus voulu de moi.
Ça recommence comme chaque fois

Et puis l'amour a fait tourner le monde.
On voit de moins en moins de filles rondes.

Je ne sais rien faire,
Je fais tout de travers.
Je serai toujours de trop sur terre.

Si j'avais su raconter des histoires,
J'aurais changé le monde pour un soir.
Si j'avais su aussi parler d'amour,
J'aurais eu toutes les filles en un jour

Mais je ne sais rien faire,
Je fais tout de travers.
Je serai toujours de trop sur terre.


Marie, Pierre et Charlemagne

Marie s'éveille
S'ensommeille
Pourtant
Marie se lève
Bonne élève
Enfant

Prend son cartable
Sur la table
Et sort
Ses yeux picotent
Papillotent
Encore

Marie, c'est bien Charlemagne
Qui t'a fait lever si tôt
Marie, maudis Charlemagne
Souffle une voix dans son dos

Et Marie cueille
Quelques feuilles
Jaunies
Rencontre Pierrre
Sur le lierre
Assis

Marie paresse
Puis carresse
Sa joue
S'assied par terre
Près de Pierre
Et joue

Marie, bénis Charlemagne
Qui t'a fait lever si tôt
Marie, oublie Charlemagne
Souffle une voix dans son dos

Un jour d'école
Sans paroles
C'est long
La cloche sonne
Mais l'automne
Sent bon

Marie se terre
Près de Pierre
Dehors
Marie s'éloigne
Charlemagne
Est mort


Mon frère

Toi le frère que je n'ai jamais eu
Sais-tu si tu avais vécu
Ce que nous aurions fait ensemble
Un an après moi, tu serais né
Alors on n'se s'rait plus quittés
Comme des amis qui se ressemblent
On aurait appris l'argot par cœur
J'aurais été ton professeur
A mon école buissonnière
Sur qu'un jour on se serait battu
Pour peu qu'alors on ait connu
Ensemble la même première

Mais tu n'es pas la
A qui la faute
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela

Toi le frère que je n'ai jamais eu
Si tu savais ce que j'ai bu
De mes chagrins en solitaire
Si tu m'avais pas fait faux bond
Tu aurais fini mes chansons
Je t'aurais appris à en faire
Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques
Elle aurait surement partagé
Les mots d'amour et les pavés
Les filles et les coups de matraque

Toi le frère que je n'aurais jamais
Je suis moins seul de t'avoir fait
Pour un instant, pour une fille
Je t'ai dérangé, tu me pardonnes
Ici quand tout vous abandonne
On se fabrique une famille


Mourir pour une nuit

Mourir, mourir, mourir
Pour une nuit,
Pour un après-midi.
Mourir, mourir
Comme on s'endort,
Faire la nique à la mort.

Mourir pour un regard
Au fond d'un mausolée,
Pour discuter ce soir
Avec les feux follets.

Mourir pour un baiser,
Mourir pour cette main
Qui viendra caresser
Mon corps demain matin.

Mourir les yeux ouverts
Pour mieux te regarder
Et voir dans tes yeux verts
Une larme couler.

Mourir pour le plaisir
De renaître demain,
Mourir dans un sourire
Et te comprendre enfin.

Mourir comme on s'endort
Mourir comme on s'enivre
Pour changer de décor
Et puis renaître et vivre.


Parachutiste

Tu avais juste dix-huit ans
Quand on t'a mis un béret rouge,
Quand on t'a dit : "Rentre dedans
Tout ce qui bouge."
C'est pas exprès qu' t'étais fasciste,
Parachutiste.

Alors, de combat en combat,
S'est formée ton intelligence.
Tu sais qu'il n'y a ici-bas
Que deux engeances :
Les gens bien et les terroristes,
Parachutiste

Puis on t'a donné des galons,
Héros de toutes les défaites
Pour toutes les bonnes actions
Que tu as faites.
Tu torturais en spécialiste,
Parachutiste.

Alors sont venus les honneurs,
Les décorations, les médailles
Pour chaque balle au fond d'un cœur,
Pour chaque entaille,
Pour chaque croix noire sur ta liste,
Parachutiste

Mais, malheureusement pour toi,
Bientôt se finira ta guerre :
Plus de tueries, plus de combats.
Que vas-tu faire ?
C'est fini le travail d'artiste,
Parachutiste.

C'est plus qu'un travail de nana
D' commander à ceux qui savent lire,
Surtout qu' t'as appris avec moi
Ce que veut dire
Le mot " antimilitariste ",
Parachutiste.

T' as rien perdu de ton talent,
Tu rates pas une embuscade
Mais comme on n' tire pas vraiment,
Tu trouves ça fade.
C'est pt'êt pour ça qu' t' as les yeux tristes,
Parachutiste.

Mais si t' es vraiment trop gêné
D'être payé à ne rien faire,
Tu peux toujours te recycler
Chez tes p'tits frères.
J' crois qu'on engage dans la Police,
Parachutiste.


San Francisco

(Em) C'est une maison (G) bleue
(Bm) Adossée à la (C) colline
On y vient à pied, (G) on ne frappe pas
Ceux qui (D) vivent là, ont jeté la (C) clé (Em)


On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l'on vient s'asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du (A) soir (Em)


(Em) Quand San Francis(G)co s'embru(A)me
(A) Quand San Francis(C)co s'al- (D) lu - (em)me
San Francis(Bm)co, où êtes (Em) vous
(G)Lizzard et (A)Luc, (C) Psylvia, atten(D)dez-moi (Em)

Nageant dans le brouillard
Enlacés, roulant dans l'herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu'à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D'un qui reviendra dans un an ou deux
Puisqu'il est heureux, on s'endormira
San Francisco se lève
San Francisco se lève
San Francisco ! où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

C'est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s'effondre
Si San Francisco s'effondre
San Francisco ! Où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

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