Au pays du soleil levant, la vie est réglée à partir de concepts très approfondis de la spiritualité qui prennent racine dans la religion Shintoïste, bouddhiste et parfois même, animiste. D’ailleurs il est souvent dit qu’un japonais naît animiste, vit shintoïste et meure bouddhiste... Le centre de gravité de la vie japonaise est souvent un lieu. Les maisons en bois, les jardins et l’homme ont leurs centres bien identifiés. Pour l’être humain, le centre de gravité (le Hara) de son univers est son ventre plus exactement trois doigts sous le nombril qui s’appelle l’océan d ’énergie.
Et l’univers de l’homme, comme les astres autour du soleil, s’articule à partir de ce point. Le centre de gravité des pratiques spirituelles telles que les arts martiaux, la calligraphie, la cérémonie de thé, Ikebana est toujours un lieu nommé DOJO.
Do veut dire la voie, Jo veut dire l’endroit où l’on pratique une activité spirituelle; ce qui exprime parfaitement que le centre est un lieu de pratique de « quelque chose »! Cette pratique peut être la calligraphie, l’art de dégainer le sabre ou la cérémonie de thé. Voilà le mot magique est découvert aux yeux émerveillés des occidentaux.
Pour le japonais, le dojo est un lieu sacré où souvent il y règne une atmosphère de chapelle au couché du soleil; un lieu où le bois qui constitue le plancher est patiné par des siècles de pratiques sur lequel les pieds refroidis des pratiquants glissent, se déplacent ,cependant que le plancher bouge pour épouser complètement en harmonie recherchée, le mouvement du corps qui y déambule.
Le plancher du Dojo est parfois mal traité, dans certaines pratiques telles que le Kendo, où l’on ressent un affolement du vieux bois grâce ou à cause des mouvements rapides , saccadés en même temps qu’un amour cosmique lie le pratiquant au centre, à travers ses mouvements comme un fluide imperceptible alors que naît une harmonie totale entre la terre et le ciel. Le pratiquant étant le trait d’union de cette comm(union). Seul dans un Dojo cela peut arriver!
Le Dojo est un lieu d’échange entre les adeptes, les dieux, le maître. Ce centre les relie les uns aux autres car le temple intérieur (par extension au Dojo) de chacun est représenté dans un vrai Dojo où le maître incarne des milliers d’années d’enseignement. La mémoire de ces années est accumulée dans les murs, sur le plancher, au Kamiza comme un trésor visible mais impossible d’atteindre uniquement par une présence physique. Il faut pouvoir être en relation intime avec ce passé, avec l’histoire que les objets racontent, tel un sabre du 13 ème siècle, tel un bol à thé du 12 ème, telle une calligraphie du 15 ème d’un maître; être dans un Dojo est un privilège que seuls les initiés peuvent avoir. Atteindre ce lieu sacré, c’est déjà porter un Dojo en soi.
Le centre de soi-même c’est dépasser son ego, c’est couper avec lui, c’est une pratique particulière dans un lieu particulier, la pratique de la voie est celle de tuer un peu son ego cela suppose aussi que l’on accède au Dojo par un chemin tortueux, difficile, et rude... La recherche de sa propre vérité dans un Dojo est une démarche compliquée car rien ne scintille dans ce lieu, pas de richesses, ni même une statue en or! un lieu simple, dépouillé où il fait souvent froid..
A suivre......
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