| Une autre journ�e vient de s��couler sans que le fardeau de la n�cessit� ne nous ait �pargn�. Sans rel�che il nous faut travailler, porter chaque jour notre lot d�effort afin de survivre dans ce monde impr�visible. Sueur nutritive, croyance salutaire, insouciance sacrifi�e pour la gloire de nos ma�tres, nous ne sommes rien. Ce soir, nous traversons de nouveau la Vaste For�t. Le couvert v�g�tal ne nous laisse rien deviner des cieux nocturnes, les feuilles drapent la Nuit des saveurs de l�oubli. Nous longeons cette montagne titanesque, fig�e comme une vague morte, et le grondement des eaux se rapproche, couvrant le chuintement des grillons. La Terre et l�Oc�an c�l�brent leurs noces �ternelles, et le nectar de la vie se partage en gouttelettes pour s�offrir � chacun. �, saveurs de la Pluie� Les chutes hurlantes sont infranchissables. Une approche inconsid�r�e est un suicide assur�. Mais nous connaissons les lieux parfaitement, et de toute fa�on fl�ner n�a jamais �t� notre privil�ge. Nous travaillons� Toutefois, chaque fois que nous atteignons cette clairi�re je ne peux m�emp�cher de stopper un instant. Je l�ve la t�te. Comme nous, elles ne sont pas grand chose finalement, et pourtant leur union rayonne en feux c�lestes. La constellation du Verse-Eau a chang� ce soir ; une �toile s�y est ajout�e. Comme ses soeurs soleils lointains, son flamboiement ne nous �bloui pas. Glissant immobile sur les ailes de la Lune, elle aussi caresse nos regards depuis les Cieux inaccessibles. J�aime ma vie de fourmi, et si le r�ve nous est interdit, je prie pour comprendre un jour qui sont ces dieux dont les lumi�res percent la mort. Etoiles, soleils, divinit�s, sources, j�ai foi en vous. Qu�adviendrait-il de moi si j�apprenais que vous, astres brillants, �tes en r�alit� des Glow-worm ? Si je ne vois que vous dans mes yeux de fourmi insignifiante, comment pourrais-je concevoir qu�il existe de v�ritables �toiles dans les profondeurs d�un ciel infini ? Et au-del� ? Nos galaxies sont-elles les perles de la ceinture d�Aphrodite ? |
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| Debra, Ben, Melissa et moi traversions de nuit une for�t menant aux sources du Riwaka, au pied de la colline de Takaka. En s�avan�ant sur les roches cern�es d�eau, il nous sembla enfin voir le ciel, mais la lueur verte des �toiles d�voila leur nature. Sur ces roches dress�es, des dizaines de Glow-worms scintillaient. Ces insectes atypiques br�lent une lumi�re attirant leurs proies dans leur prison de perles. Les Glow-worm aiment les caves humides, les cascades, et face � eux il nous semble d�couvrir un nouveau ciel �toil� R�alit� des uns, r�ves des autres. |
| Glow Worm |
| Le Verse-Eau |
| L'Amour relatif |
| Soyons clairs d�s le d�but, je n�aime pas H.F Thi�faine, le hard m�tal, le mec qui m�a coll� une baffe au coll�ge ni les tableaux de Klimt. Partant sur cette base, je peux vous expliquer mon point de vue, apparu soudainement vers 5h du matin. Avant cette nuit l�, je n�accrochais pas vraiment sur un genre de musique exp�rimentale, la jugeant sans m�lodie, sans voix f�minine, bref, presque sans int�r�t. Et pourtant� plong� dans une atmosph�re propice � la r�verie, je me surprends � devenir le spectateur de la conversation de deux compagnons, un fran�ais et un kiwi. Et l�, d�veloppant chacun leur amour pour cette musique, d�taillant ce qui en faisait une musique hors norme, j�ai pu lire � travers leur passion l�intensit� musicale de ces rythmes singuliers jusqu�alors cach�e � mes oreilles. Bref, je me suis mis � aimer, � la ressentir de tout mon corps, et ces airs m�apparurent soudainement presque indispensables, alors que plusieurs �coutes au pr�alable ne m�avaient laiss� qu�une impression fade et insipide. Ce que j�ai v�cu ce soir l� fut une ouverture musicale, une compr�hension de ce que les autres percevaient comme une forme de beaut�. Et ceci est extrapolable � tous les domaines. Ainsi gr�ce � ceux qui aiment, on peut aimer � notre tour, apprenant par les autres � regarder diff�remment, sous un angle nouveau qui serait rest� myst�rieux sans les lumi�res de l��motion t�moign�e par des amoureux. Ainsi, j�en viens � me demander : et si l�amour n��tait qu�une question d�interpr�tation ? Si une oeuvre, une personne est aim�e, elle en devient par d�finition aimable ; si les fronti�res de notre amour n��taient donc que limites intellectuelles et morales ? Ainsi, quelqu�un qui d�finirait la substance essentielle que lui apporte le hard m�tal par exemple, ou l�inspiration apport�e par les tableaux de Klimt, ou tout simplement en nous les pr�sentant � un moment o� nous sommes plus r�ceptifs, ce quelqu�un ne pourrait-il pas nous faire r�aliser le plaisir ou la force qu�il y puise ? Tout ce qui nous semble ridicule ou sans valeur ne l�est pas pour d�autres. En voyant par leurs yeux, avec leur connaissances et leurs pass�, ne trouverions-nous pas cela merveilleux nous aussi ? Cela voudrait dire que nous aurions compris un nouveau concept, une nouvelle fa�on d�aborder ce qui entoure nos vies. De la sorte, chaque musique, chaque personne, chaque go�t deviendrait respectable car issu d�un amour pr�sent quelque part, m�me loin en dehors de nous. L�esprit n�est jamais trop ouvert, et la lassitude est probablement un m�canisme de d�fense naturel contre la monotonie, nous poussant toujours � aller voir plus loin. Je prends un exemple concret : je suis un passionn� des Chevaliers du Zodiaque ; je vois d�ici nombre d�entre vous sourire ou s�affliger qu�on puisse s�attacher ainsi � un tel dessin anim�. Quoiqu�il en soit, ce manga a � mes yeux une importance irrempla�able, ayant contribu� � mon caract�re, y ayant puis� des valeurs qui m�ont permis d��voluer vers quelqu�un de meilleur que je n��tais. Je pourrais en parler des heures, malgr� votre d�sint�r�t ou vos haussements d��paules. Pourtant, si vous entriez un court instant dans mon esprit, vous comprendriez combien je leur suis redevable, et peut-�tre par cet autre regard vous y verriez la beaut� que j�y entrevois. C�est pourquoi selon les circonstances, on peut en venir � aimer ce qu�on rejetait la veille. Notre esprit s�enferme facilement dans des go�ts qui constituent des points de rep�re, des principes qu�on croit (ou qu�on esp�re) bons et meilleurs que d�autres, mais qui cachent en fait notre peur de d�couvrir qu�il n�existe aucune v�rit� absolue, mais des milliards de v�rit�s personnelles. |
| O� allons-nous ? Qui sommes-nous ? |
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| Nous �voluons, pour la majorit� de ceux qui parcourent ce site, dans des soci�t�s de consommation. La sant� de nos pays est exprim�e en PIB, qui n�est jamais aussi �lev� qu�apr�s une guerre. Les m�dias nous poussent � consommer toujours plus, et combien font ainsi de leur travail leur raison de vivre, consid�rant qu�avoir un fort pouvoir d�achat est synonyme de s�r�nit�, et qu�en cela r�side la cl� du bonheur ? Mais suivant un d�veloppement qui tend � tout mieux ma�triser, � toujours am�liorer ce qui pourtant est d�j� suffisant pour un confort et une stabilit� que chacun pourrait obtenir par une juste r�partition des richesses, un d�veloppement qui nous promet toujours du mieux � venir, jusqu�o� irons-nous ainsi ? Il reste tant de choses � comprendre, � parfaire, qu�on peut passer sa vie � esp�rer des am�liorations qui jamais n�atteindront leur quintessence. En clair, plut�t que de chercher un juste �quilibre rendu possible par nos moyens actuels, nos gouvernements et beaucoup d�entre nous voient toujours dans l�avenir la solution � nos peurs et � nos doutes. Les Etats sont coupables de promouvoir un d�sir toujours plus vari� et hors de port�e, source de conflits, d��mulations malsaines et du sentiment de frustration de ceux qui ne peuvent obtenir la superbe blonde qui fait l�apologie du dernier mod�le de voiture, de ceux qui croient que leur vie s�am�liorera par la possession de tel ou tel article. Nous sommes pouss�s � l�individualisme par le besoin d�appropriation. Je condamne la recherche d�un progr�s rempla�ant celle de l��quilibre, pourtant me voil� entour� de chercheurs, o� 2 ans de ma vie seront ax�s sur l��tude d�un buisson� Heureusement quelle que soit notre situation, nous avons toujours la libert� de r�fl�chir et de relativiser. Mais poursuivons� Notre monde se fonde maintenant sur des v�rit�s scientifiques. Au Moyen Age, les seules v�rit�s provenaient de l�Eglise, jusqu�� ce qu�on s�aper�oive qu�ils baignaient dans l�erreur et dans la corruption de l��me pour certains. Tout �tait jug� d�une fa�on manich�enne, les individus suivant les pas de Dieux ou ceux du Diable. Et aujourd�hui ? Ce qui n�est pas d�montr� scientifiquement n�est que fantaisie ou hasard inexpliqu� mais bient�t compr�hensible apr�s quelques exp�rimentations. De quel droit pouvons-nous affirmer cela ? Et si la r�alit� se trouvait en un juste milieu entre la science et le mysticisme ? N�y a-t-il pas une force inconnue, sans parler de divinit�, que nous avons d�sappris � percevoir ? Combien d�auteurs, de sc�naristes, de philosophes l�expriment dans leurs oeuvres ? Paulo Coelho parle du Principe Favorable, James Redfield exprime la notion d��nergie qui relie les �tres et la mati�re, Bernard Werber cite la notion de noosph�re, comparable � l�inconscient collectif exprim� par Jung. Et que dire des m�decines asiatiques dont l�efficacit� est prouv�e et qui puise ses principes des flux �nerg�tiques corporels ? Dans la science-fiction, ces �sot�rismes peuvent s�associer � la Force des Star Wars, aux flux d��mes des Final Fantaisy, � la cosmo-�nergie des chevaliers du zodiaque. Nous savons que nous n�exploitons qu�environ 20% de notre cerveau, alors que cache le reste ? D�o� viendraient ces inspirations comparables sinon d�une v�rit� qu�on ressent sans pouvoir la mat�rialiser par des mots ou des chiffres ? Toutes le civilisations ont leurs dieux, dont certains sont similaires bien que ces peuples n�avaient � l��poque aucun moyen d�entrer en contact, comme certains dieux d�Am�rique associ�s � ceux de la Gr�ce Antique (Tlaloc et Dionysos par exemple). D�o� na�traient ces id�es communes alors que tous les s�paraient outre leur croyance en une influence ind�terminable ? Huysmans associe le Diable (ou du moins ses attraits) � 3 choses : le pouvoir, la richesse et la science. Regardez nos soci�t�s, que d�sirent-elles sinon ceci ? Les guerres ont-elles un autre objectif qu�obtenir ou conserver ces attributs d�l�t�res ? Et la richesse pr�cieusement d�fendue n�existe-t-elle pas que par comparaison avec la pauvret�, cette derni�re devenant donc n�cessaire � ceux qui brassent l�argent ? Que serait Dieu dans tout �a ? L�altruisme, l�amour, le partage, principales armes qu�utilisent ceux qui croient en un monde meilleur. Ne dit-on pas d�ailleurs que � Dieu est amour � ? Ce qui est une version plus s�duisante que celle d�un �tre omniscient, atemporel et inaccessible� Quelque chose nous �chappe, que la science ne peut d�finir car elle se fonde sur des m�thodes qui se targuent de pouvoir tout mesurer, et pourtant� La physique elle-m�me se trouve divis�e : la physique classique n�explique ni la structure � grande �chelle de l�univers, n�cessitant la m�canique relativiste d�Einstein, ni les ph�nom�nes de l�infiniment petit, d�crits par la m�canique quantique. Les chercheurs s��vertuent � trouver une th�orie unificatrice d�crivant l�univers dans son ensemble, et la seule �bauche de r�ponse serait une th�orie de vibrations �nerg�tiques par lesquels nous serions tous li�s d�une certaine fa�on. Ne sommes-nous pas tous issus du m�me mat�riel originel apr�s tout ? Nous nous sentons si sup�rieurs, pourtant combien d�efforts devons-nous dispenser pour corriger nos m�faits, tant sur l��cosyst�me que sur notre propre esp�ce : l�humanit�. Obnubil�s par le mat�rialisme et � cause de notre incr�dulit� face aux ph�nom�nes nomm�s paranormaux, nous avons perdu une forme de communication qui a peu � peu trac� une fronti�re entre nous et les autres formes de vie animales et v�g�tales. Cependant beaucoup vont se � ressourcer �, se � r�g�n�rer � en for�t. Que va-t-on y chercher vraiment ? Sans comprendre comment, nous nous imbibons d�une ambiance ind�finissable, puisant dans l��nergie naturelle et y retrouvant un �tat d�esprit diff�rent de celui dans lequel nous �tions arriv�s. Essayons de regarder le monde avec un regard diff�rent, o� l�intuition ne se laisse pas �touffer par l�exp�rience. Croyons en nos propres sensations plus qu�en celles qu�on nous conditionne � avoir. Je n�affirme rien sinon qu�il nous faut garder l�esprit ouvert � l�inconnu, et saisir et savourer les nombreux moments de joie qui tournoient r�guli�rement autour de nous. Je ne d�tiens aucune v�rit�, je donnais juste mon opinion, synth�se peut-�tre un peu chaotique de mes lectures et de mes pens�es, donc tous les commentaires sur ces sujets (ou sur d�autres�) seront les bienvenus ! Pour conclure sur la pens�e qu��crivait une amie, et dont je confirme la v�racit�, la vie serait comme une peinture pointilliste o� chaque instant de bonheur ajouterait un point au tableau, apportant � l�ensemble le secret d�une vie heureuse� |
| (o: Le Bonheur :o) |
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| Toute ma philosophie, mes conseils et ceux de mes amis que je devinais parfois sages sans que je parvienne � les suivre, ces id�es de beaut�, d��vasion, de partage; tout tournait en moi depuis toujours, au plus profond, enterr�, enseveli de vieillesse d�esprit, de consid�rations bassement physiques, alors que mon �me ne demandait qu�� s�ouvrir, sans en trouver le chemin labyrinthique. Aujourd�hui, tout devient coh�rent. Tel un puzzle dont on devine enfin l�image, ma vie s��claire, de partout. Je vibre, je chante, j�exulte et tourne en criant sans me soucier du regard des autres. Je suis heureux oui, et bien si cela vous semble �trange, vous qui me regardez les yeux baiss�s sur vos doutes et vos insatisfactions, comme je le faisais et le ferai encore, regardez � quoi ressemble la joie, celle o� votre esprit re�oit et devient la Source, enveloppant de son �treinte chaleureuse notre corps, montagne de lourde chair o� soudainement l�air s�infiltre, portant ce fardeau p�rissable jusqu�aux cieux en balayant la fatigue, br�lant les toiles asphyxiantes dans lesquelles s�entassaient les unes sur les autres en une vase �coeurante et difforme nos peurs de l�essentiel, les frayeurs de la simplicit� vivre. Je vis, Je vis, Je vis, Je vis, Et fleuris. � je souris, et je chante encore. Autant de saveurs pavant cette route moelleuse o� mes pas lib�rent un �cho de bien-�tre. Si les gens ne s�acceptent plus, je les comprends. Comment peuvent-ils tol�rer de voir autour d�eux tant de cr�atures dissimul�es derri�re leur propre obscurit�, et comment osent-ils �tre si parfaitement le reflet de notre propre d�ch�ance ? Soleil, �claire-moi, car il s�agit bien de clart�, de transparence, d�intouchable� une sensation, une vibration de l��tre. Toi, si belle, si suave, omnipr�sente, nous t�avons oubli�e. Emus, amoureux de ton regard intense, toi qui n�a pas d�apparence, nos yeux ont d�sappris � te voir. Toi, la vie. Nous n�aimons trop souvent ni les autres ni nous-m�mes, nous gardons pr�cieusement cet amour par peur de venir � en manquer. Manquer� manquer� traumatisme� Si on manque d�j� notre vie, tout devient sujet de manque et d�attache ; des cordes salutaires tombent des cieux et on les cherche avidement des doigts devant ce vide infini, on les implore, pitoyables que nous sommes devant notre incapacit� � nous envoler, � devenir ind�pendant, quel qu�en soit le prix, gagner cette libert� de vouloir crier � je suis heureux �, puis voler, s��manciper des ces cordages qui ne furent que des cha�nes. L�ger Oui, certains diront que j�ai des excuses, je suis � l�autre bout du monde, la vie d��tudiant est un berceau de plaisirs, et malgr� cela, depuis quand la joie a-t-elle � se justifier ? Comment avons-nous pu ainsi perdre nos sourires, les paroles de nos coeurs au profit de nos m�canismes, �changer nos regards plongeant dans les autres contre le tourbillon �ternel d�une complicit� trop peu s�re pour n��tre pas �cart�e d�un battement de cil. Si simple, qu�oubli�e. Si pure, que forc�ment imaginaire� Peter Pan n�est pas un conte selon moi, c�est une philosophie, et la maturit� n�est en rien synonyme de vieillesse. Contre l�entropie corporelle inali�nable, nous sommes dot�s d�un esprit illimit� ; en lui nos espoirs c�toient nos anxi�t�s, la mort converse avec la vie, et la joie se repose dans les bras de la tristesse. Amants indissociables, sachez vous regardez dans les yeux, et vous embrassez en un �quilibre serein. Alors nous saurons qui est cet �tranger en nos chairs, et quelle rivi�re, aussi tumultueuse soit-elle, nous permettra de voguer en rythme avec nos aspirations, libre... |
| Peinture et Mythologie |
| Voici quelques pens�es issues des hasards de mes tribulations. Si vous voulez �tendre le d�bat ou juste les commenter, vos e-mails seront les bienvenus, donc n'h�sitez pas ! |
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| A force de trop s�enfoncer dans un art, dans une science, dans un concept ou une attitude quelconque, aussi bon soit-il � l�origine, on en devient en partie aveugle. Et le seul moyen selon moi d�embellir son art, ses relations, est de toujours avoir le courage de se porter de l�avant, de ne jamais s�avouer stagnant, vaincu ou victime d�un syst�me ou de sentiments qu�on ne contr�le pas. En Nouvelle-Cal�donie, gr�ce � Erika qui m�a initi� � la peinture, je me suis lanc� sur ses traces afin de comprendre ce qu�elle pouvait ressentir en peignant, en s�abandonnant si sereinement � une concentration b�n�fique, � une solitude inspir�e. La technique est une chose, mais ce n�est pas la seule difficult� rencontr�e� L�aquarelle soul�ve � combien la question de ses propres capacit�s d�abstraction. Pas question de formes pr�cises et d�finies, reflet parfait d�un r�el fig�. Non, c�est plus une ambiance qui est peinte, trac�e par des mains pourtant humaines, qui doivent apprendre � s��manciper de la rigueur r�clam�e autour de nous. La peinture, ou l��vasion ; comme l��criture� et ceux-ci se compl�tent si bien, car alors vient le murmure �vident que l��criture doit elle aussi savoir se lib�rer des cha�nes conventionnelles et voler d�elle-m�me, en un style toujours unique, en une pens�e toujours par�e de milles tissus refl�tant tour � tour les lueurs du soleil qu�on prend trop souvent comme des v�rit�s instantan�es et �ternelles. Ecrire peut aussi suivre sa route sur les voies de l�abstraction, et la peur de perdre son public en des sp�culations perplexes ne serait-elle pas effac�e par la joie intense de toucher d�autant plus profond�ment ceux qui y seraient r�ceptifs ? Encore une fois, il ne faut certainement pas s�abandonner � la facilit� d�un seul style, mais savoir �voluer au m�me rythme que nos pens�es, aussi �ph�m�res soient-elles, car la force qui s�en d�gage n�est autre que l�expression sinc�re � aussi trouble soit-elle � de notre esprit� Les art s�inspirent en eux� les Muses n��taient-elles pas soeurs apr�s tout ?� Il n�est pas �tonnant que la mythologie ait inspir� tant d�artistes � toute p�riode de l�histoire : les peintres, sculpteurs de la Renaissance notamment, les mangaka contemporains et leurs oeuvres (Cit�s d�Or, Chevaliers du zodiaque, Ulysse 31, plus r�cemment Troie (certainement moins profond et recherch� que les dessins anim�s pr�c�demment cit�s !!)), pour ne citer qu'eux. Approcher d�assez pr�t la mythologie pour se lancer dans des tableaux ou sculptures si complexes et impressionnants montrent, sinon le d�sir, la capacit� d�abstraction de l�esprit� Ce cher Klimt a peint Ath�na ; Dal�, surr�aliste, a reproduit grandeur nature l��closion des oeufs de L�da enfant�e par Zeus d�o� il sort avec Gala� il a reproduit avec des vrais serpents le caduc�e d�Herm�s, et ce ne sont que des exemples parmi tant d�autres d�montrant que nos mythologies sont part int�grantes de nos vies� Nos constellations sont issues de nos mythes pour beaucoup, chacune rappelant telle ou telle histoire, comme une po�sie �ternelle flamboyant dans le ciel. Le nom de nos mois en portent des racines, nos jours sont aux plan�tes� les jeux Olympiques ont toujours lieu� Il y aurait encore tant � en dire� Pas besoin d�inventer des histoires, des contes, quand d�j� notre propre pass� est si riche et si instructif sur nous-m�mes. Ces sont les l�gendes de notre monde, comme l�est Dieu, Allah, et tous les autres dieux� Nous avons une culture si riche en diff�rences, tant de contes qu�en plus de raconter � nos enfants nous devrions raconter aux autres peuples, pour leur montrer la symbolique de nos mythes et finalement, comment vivaient nos anc�tres lointains. Il est tellement normal d��tre diff�rent� blanc ou noir, musicien ou comptable, jeune ou vieux, et m�me� gar�on ou fille� que serions-nous sans la diff�rence ? Des clones� Ouvrons-nous donc de nouveau � la curiosit� d�autrui et � ces plaisirs et ces r�ves personnels qui s��panouissent en oeuvres d�autant plus remarquables qu�elles offrent � leurs cr�ateurs la libert� de donner le meilleur d�eux-m�me... |
| L'enl�vement de Psych� - Sir Adolph William Bouguereau |
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| 2005 � Julien Jay |
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| Lune |
| La Lune� Voil� un astre bien myst�rieux. Certains y voient un bloc de pierre, d�autre la respiration des mers, et certains y voient m�me une d�esse vierge inaccessible, sauvage, intouchable : Art�mis. Finalement, chacun y voit son propre univers pour peu qu�il prenne le temps de la regarder. Elle se pr�sente � tous, sans exception, sans discrimination. Elle offre sa lumi�re � chacun sans rien demander en retour. Sa pr�sence est une v�rit� scientifique, son influence une inspiration d�artiste. La Lune ne change pas, cach�e ou d�voil�e, ce sont les m�mes yeux qui nous font face, immobiles, fid�les, toujours souriants.
Et pourtant, la Lune n�est pas si immuable. Partir au bout du monde, c�est avoir la t�te � l�envers, et la Lune nous accompagne dans ce renversement. Son visage � l�envers voit sa croissance invers�e, et c�est de gauche � droite que son rayonnement appara�t puis dispara�t. Le dernier quart devient premier, et inversement. Mais l� o� la Lune m�inspire la plus la notion de subjectivit� � son �gard, c�est lorsqu�elle brille au-dessus des eaux. Quel spectacle merveilleux de la voir se lever sur l�oc�an. Les �l�ments dansent en c�ur dans le silence de la nuit, et les rayons lunaires �clatent sur les flots. Un couloir de lumi�re s�ouvre devant nous, route vers des cieux inaccessibles aux mortels. Or ce chemin qui nous fait face, illuminant les flots, est diff�rent selon tout observateur. Il est facile d�imaginer que l�eau est �clair�e uniquement l� on la regarde, mais une personne � un autre endroit verra elle aussi cette lumi�re orient�e vers elle, sur une mer qui pour nous est dans l�ombre. Finalement l��clat de la Lune est unique pour chacun, selon l�endroit d�o� nous le percevons. Et ce n�est pas qu�une route d�eau brillante qui rayonne, mais bien toute la mer, de tous c�t�s et simultan�ment. Mais le regard humain bien limit� n�en per�oit qu�un fragment, qu�il d�couvre et interpr�te selon son propre c�ur. Ah, la Lune. J�ai la chance de pouvoir l�observer chaque fois qu�elle ne se fait pas timide. Et il y a quelques mois j�ai �t� spectateur d�un ph�nom�ne dont j�ignorais jusqu�� l�existence. Il �tait 4H du matin. Derri�re nous, la pleine Lune finissait sa course dans le ciel, et devant nous, un nuage vagabond d�versait une pluie l�g�re sur l�oc�an. Alors naquit du ciel, diaphane, teint� de gris, un arc-en-ciel nocturne. Vision �ph�m�re, silencieuse, magique. Je n�oublierai jamais cet instant o� l�extase contemplative ne laissa de mon corps que les battements d�un c�ur. |