1. Les vagues de Nauscia
2. Tair, le Sceptre d'Ohk�d
3. Eclaircie la maudite
4. Le Secret des Dieux
5. La dispersion des d�it�s
6. Attaque et reconstruction de Sable
7. La guerre des Brumes
8. Le dilemme de l'Espoir
1. Les vagues de Nauscia
Les Dieux suivirent l'�dification de la Biblioth�que avec un int�r�t particulier. Jusqu'alors ils vivaient �parpill�s ou �voluaient par groupes et leurs r�unions prenaient place en diff�rents lieux au hasard de leurs tribulations. Pour la premi�re fois, un endroit leur �tait � tous consacr�, domaine de partage et de bien-�tre. La Biblioth�que, message d'union et d'�quit�, attirait donc � elle la plupart des divinit�s d�sirant y apporter leur contribution. Naos, gardien l�gitime de ce lieu, se r�v�la �tre un h�te parfait et appr�ci� de chacun.
Lors de son s�jour � la Biblioth�que, Nauscia, D�esse des Oc�ans, r�alisa � quel point ce lieu enchanteur appelait � s'attarder afin de profiter de la richesse de tant de d�it�s r�unies sous un m�me toit. Un soir o� elle marchait seule sur la terrasse, partag�e entre son d�sir de prolonger son s�jour et la nostalgie de son domaine sous-marin, Nauscia lisait les po�sies des Dieux r�dig�es dans le ciel en constellations. Au milieu d'un silence parfait, elle appela les eaux par la pens�e. Elle leur parla avec tendresse, avec une douceur reflet de l'amour qu'elle leur vouait. Nauscia ordonna ensuite � l'El�mental Eau de d�cha�ner les flots sur les c�tes d�chir�es jusqu'� ce que le bruit des vagues �pousant violemment le continent lui parviennent et l'accompagnent d�sormais. Depuis ce jour, la terrasse devint d'autant plus fr�quent�e et apaisante que l'oc�an harmonisait de sa m�lodie lointaine les beaut�s d�j� pr�sentes.
Le bruit de ces vagues est un des rares vestiges de l'inspiration divine ayant contribu� � la beaut� de la Biblioth�que. En effet lorsque les Dieux furent pour la derni�re fois tous r�unis sur Erakis, peu avant leur d�part au Cimeti�re des Esprits, ils partageaient cette m�me ranc�ur envers Naos qui avait transform� cette Biblioth�que en lieu de conspiration. Ainsi la majorit� des d�it�s reprirent ou d�truisirent leur contribution.
Quelques Dieux y laiss�rent pourtant leur marque, dont Nauscia, trop amoureuse du son de ses vagues pour en priver cet endroit. De plus, pensait-elle, � son retour sur Erakis, une fois lib�r�e par Heka et Rigel, les vagues seraient le premier chant � bercer ses oreilles, comme une c�l�bration de la paix retrouv�e.
2. Tair, le Sceptre d'Ohk�d
D�init�, Temps des Dieux et �re de paix. Le pacifisme des Dieux pr�servait leurs relations sereines, mais les Hommes ne poss�daient pas leur sagesse et certains conflits apparaissaient parfois entre les peuples d'Erakis. Si la situation s'envenimait au point de devenir dangereuse pour l'harmonie ch�rement d�fendue par les divinit�s, le Dieu Ohk�d, quittant sa retraite des for�ts du Sanctlion, intervenait pour mettre fin aux querelles inutiles et d�l�t�res. Ohk�d, Dieu de l'Equilibre, apparaissait aux Hommes pervertis par le d�sir d'un pouvoir dominateur ne servant que leurs ambitions personnelles o� l'id�e de justice et d'�quit� s'estompait au profit de la volont� de d�tenir une emprise autoritaire bas�e sur l'ins�curit�. Ohk�d n'e�t jamais besoin de prononcer une parole. Il survolait les Hommes en tort, torse nu. Chacun connaissait le Dieu de l'Equilibre, et s'il inspirait un respect �ternel, sa venue signifiait pourtant une menace claire, et personne ne l'ignorait. Les comploteurs se r�signaient � abandonner leurs projets, et m�me s'ils s'en trouvaient d'abord frustr�s, Naos, qui veillait � l'�panouissement spirituel des mortels, aidait ceux ayant su contr�ler leur malveillance � entrevoir les bienfaits de l'enseignement d'Ohk�d. Ainsi le Dieu du Savoir leur insufflait la connaissance des plaisirs de l'instant, apportant un r�confort chaleureux en leurs �mes d�sormais paisibles.
Conscients de la sagesse d'Ohk�d et de son influence positive, un soir o� les Dieux discutaient dans la Biblioth�que, accompagn�s des chants d'Alya et de ses f�es, ils d�cid�rent de lui offrir un pr�sent en remerciement de l'honneur qu'il apportait aux Dieux par son comportement. Vesslos, Dieu du Ciel, en appela � l'El�mental Air qui d'une partie de son �tre cr�a une sph�re relais de sa conscience. Par cette roche d'air, pierre de scrutation, Ohk�d pourrait observer Erakis avec la libert� de l'air. L'El�mental Terre fut appel� � son tour afin de compl�ter le sceptre dont il cr�a le manche. Par le contact du sceptre au sol, la vitalit� d'Erakis se transmettait � son porteur capable de ressentir l'�nergie et les troubles de la terre. L'�uvre termin�e, la plupart des divinit�s se rejoignirent au Sanctlion et offrirent au Dieu de l'Equilibre leur pr�sent : Tair, le Sceptre de Perception. Cette appellation dispara�tra plus tard, chacun associant Tair � son porteur, le nommant d�sormais Sceptre d'Ohk�d.
3. Eclaircie la maudite
Eclaircie fut fond�e en l'an -102 du D�init�. Coinc�e en des collines peu favorables aux cultures et entour�es de for�ts denses difficilement praticables, il relevait d'efforts constants de parvenir � se nourrir. La ville se d�veloppant dans ce climat difficile, certains hommes convoitaient le pouvoir, n�anmoins ils y recherchaient plus le moyen d'exploiter les autres pour en tirer leurs ressources plut�t que de veiller b�n�fiquement sur eux en leur apportant coh�sion et confiance.
Sentant l'�quilibre fragilis�, Ohk�d se rendit � la Biblioth�que y trouver la confirmation du Dieu du Savoir. Naos s'inqui�tait aussi, pr�disant que la guerre d�chirerait les diff�rents clans s'ils ne se raisonnaient pas. Le Dieu de l'Equilibre, Tair � la main, s'envola alors jusqu'� Eclaircie, survolant les collines constell�es de maisons d'o� s'�levaient les cris des habitants criant avec angoisse le nom d'Ohk�d. Le peuple d'Eclaircie savait d�sormais qu'il �voluait dans la mauvaise direction et devait trouver un compromis. N�anmoins la communication entre les diff�rentes communaut�s d'Eclaircie ne se faisait toujours qu'� demi-mots ; sous des facettes de politesse et de compromis chacun cachait encore son d�sir de ployer les autres sous leur gouverne, les uns tentant d'introduire la notion de monnaie, les autres recourant � des moyens plus violents pour semer la terreur. L'escalade de la haine se poursuivait entre les diff�rents clans, chacun r�vant maintenant de r�duire en cendres ceux aux opinions divergentes.
Ohk�d perdit patience, son avertissement n'avait pas calm� leurs basses aspirations de conqu�te par la destruction. Le Dieu de l'Equilibre se rendit de nouveau en Eclaircie et se posa au sommet de la plus haute colline, visible de la plupart des alentours. Pour la premi�re et derni�re fois, Ohk�d s'adressa aux mortels : " Quelle fiert� d�gagez-vous de votre haine ? Quelle joie esp�rez-vous tirer de vos ambitions prosa�ques ? L'�quilibre est entre vos mains et vous le souillez par votre �go�sme. C'est votre choix, � vous d'en subir les cons�quences. "
Ohk�d brisa leur �quilibre mental, les plongeant dans une d�mence provisoire incontr�lable. Les hommes d'Eclaircie ne reconnaissaient plus personne, ils lib�raient leur hargne d�velopp�e pendant tant d'ann�es, ils se tuaient en savourant chaque fois la perte d'un opposant. La ville sombra dans un bain de sang et de flammes, ravageant la population, d�truisant leurs habitations. Ce n'est qu'une fois leurs d�sirs malsains et agressifs ainsi exorcis�s qu'ils retrouv�rent leurs esprits, pour constater que leurs mains se couvraient du sang de leur propre famille, de leurs amis. Ils s'�taient inflig�s entre eux le ch�timent d�di� � leurs ennemis, et en payaient un prix cruel dont ils ne pouvaient bl�mer qu'eux-m�mes. L'histoire d'Eclaircie, la ville maudite par les Dieux pour les ch�tier de leur irrespect � la vie, fut longtemps garante de la paix entre les villes d'Erakis.
Apr�s Naos, Ohk�d est certainement le Dieu qui a eu le plus d'influence sur les mortels. Il contribua grandement � la pr�servation de la paix m�me apr�s son d�part, apportant aux Hommes le message de vivre dans l'honneur et de suivre des sentiers de partage plut�t que de convoitise. Durant l'Ath�nit�, une superstition dont l'origine fut oubli�e resta redout�e par tous : toute nation d�clarant la guerre subirait la mal�diction d'Ohk�d et ne perdrait que des gens de son peuple.
4. Le Secret des Dieux
Savourant une vie paisible sur Erakis, les Dieux enchant�s de leurs cr�ations naturelles ressentaient pourtant un manque dans ces paysages somptueux. Naos lut en leurs esprits ce dont les divinit�s avaient besoin. Il convoqua les quatre Grands El�mentaux puis leur ordonna d'engendrer � l'image des Dieux de simples mortels. Alors que Terre et Eau fa�onnaient le corps des premiers Hommes, Air souffla en eux la vague des �motions, accompagnant telle une s�ur les d�sirs dont Feu les para. Naos leur apporta la touche finale, leur insufflant une part limit�e de son Savoir. Les Hommes n'exploiteraient qu'une faible partie de leur cerveau, n�anmoins au long des mill�naires, s'ils d�veloppaient leur psychisme oubli� avec assez de foi en eux-m�mes, ils �veilleraient finalement la flamme divine de leur �me.
Satisfait, Naos d�posa les premiers natifs d'Erakis au sein du lieu le plus enchanteur de leur monde, une terre aux couleurs inlassablement vari�es, o� les rivi�res scintillantes abreuvaient des populations d'animaux : le Plateau du Levant. Naos ne leur accorda pas l'immortalit�, sachant que d'une lutte inconsciente pour survivre les Hommes en d�velopperaient grandement leur intelligence.
Les Dieux f�licit�rent Naos de sa cr�ation, s'int�ressant de pr�s � ce peuple nouveau aux potentialit�s extraordinaires. Plumn, Dieu de l'Ecriture, enseigna aux mortels les bienfaits des �crits, H�ze fit des Vents la parole divine transmise aux Hommes. Psylnos leur accorda l'Inconscient flou et impalpable afin de les diversifier encore plus ; R�chel, D�esse du Myst�re, prenait plaisir � agr�menter les tribulations des humains, et bien d'autres Dieux particip�rent ainsi � l'�panouissement des mortels.

Naos devint l'un des Dieux les plus v�n�r�s des Hommes, et cette juste r�tribution ne donnait que plus d'assurance � Naos pour d�velopper leur �veil. Pourtant sur Erakis, certains Hommes d�tournaient leur intelligence pour fomenter des complots � ambition dominatrice. Naos s'en irritait mais laissait le b�n�fice du doute aux facult�s de dialogue des Hommes, jusqu'au jour o� il ne put contredire la mal�diction prof�r�e par Ohk�d � Eclaircie. Constatant l'�garement des mortels � confondre leurs capacit�s spirituelles avec leurs aptitudes physiques, il se rendit sur le Plateau du Levant et permit � certains d'entrevoir des fragments de l'Art des Dieux sommeillant en leur esprit brid�, leur enseignant la magie. Les premiers �l�ves de Naos, dont Verfal fut l'un des plus brillants, eurent pour t�che de veiller � ce que les Hommes n'oublient jamais le feu divin sommeillant en eux.
Le Dieu du Savoir r�alisa que le d�s�quilibre des mortels venaient de leur s�r�nit� �touff�e par des pulsions incomprises dont la torture perdait les plus faibles en un besoin de r�gression et de combat, de lutte et de pouvoir. Naos se sentit le devoir d'aider ses prot�g�s, et Alya fut l'inspiration de son prochain cadeau aux mortels. Depuis peu la D�esse de la Musique s�journait � la Biblioth�que, et Naos vibrait d'admiration d�s que son regard se portait sur elle. Par sa musique, Alya provoquait en Naos des sensations troublantes o� les connaissances ne sont d'aucune aide face � cette �motion, cette contemplation, ce bien-�tre issu d'accords rass�r�nants et d'une voix douce et confortable �manant d'une D�esse joyeuse et cr�ative. Naos tomba amoureux, d�couvrant une forme de magie qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressentie, l'amour.
Pour sauver d'eux-m�mes les Hommes incomplets, Naos commen�a la r�daction d'un ouvrage qui serait le guide des mortels vers leur �panouissement total, vers la possibilit� de s'ouvrir � toutes leurs facult�s cach�es, de se conna�tre et de comprendre les autres. Ce que Naos d�sirait leur offrir, � travers cette �uvre intitul�e Le Secret des Dieux, n'�tait autre que le chemin int�rieur vers l'ataraxie, paix de l'�me r�serv�e aux divinit�s, pr�misse de la fraternit� universelle. Une telle �uvre ne pouvait �tre celle d'un seul Dieu, m�me pour le Savoir lui-m�me. Naos d�cida donc de s'inspirer des d�it�s, et plus que de recenser leurs faiblesses, il puisait dans leurs esprits pacifiques les cl�s de l'harmonie malgr� une peur et un doute inh�rents � l'existence.
Tel fut le pr�sent destin� aux Hommes duquel naquit le m�contentement des Dieux. Naos re�ut pour la seconde fois la visite d'Ohk�d, dont la venue, m�me chez les Dieux, signifiait un trouble d'importance sur Erakis. Le Dieu de l'Equilibre, soutenu par les autres divinit�s pr�sentes � la Biblioth�que, exhort�rent Naos � d�truire le Secret des Dieux, car tous connaissaient trop bien son amour pour les Hommes et son d�sir de les porter aux nues, et ils craignaient que Naos puisse utiliser les humains � des fins d�l�t�res. Bien que Naos affirma son unique d�sir de paix entre les mortels, les Dieux lui demand�rent de prouver son honn�tet�. Le Savoir connaissait parfaitement ses fr�res, et sut donc comment gagner du temps pour finir le Secret des Dieux : il fit ce � quoi les d�it�s s'attendaient le moins, il ordonna � l'El�mental Terre de faire jaillir au milieu de l'oc�an une terre � �gale distance des continents, �le embellie de tous les fruits de convoitise des Hommes � qui Naos donna l'assurance que la mal�diction d'Ohk�d ne s'abattrait pas cette fois en cas de combat. Les mortels pouvant pour une fois donner libre cours � leur d�sir de colonisation au nom des richesses d'une terre se lanc�rent dans une guerre o� ils d�ployaient toutes leurs forces. Les magiciens particuli�rement furent d�p�ch�s par les seigneurs du Levant et d'Ystria, les entra�nant au sein d'un carnage d'o� la plupart ne revinrent jamais.
Les Dieux, surpris de constater que le Savoir provoquait de lui-m�me la disparition des magiciens, oubli�rent un temps leur m�fiance envers Naos pendant qu'ils observaient avec satisfaction la magie s'�puiser au rythme des derniers souffles des mages. Durant les trois ann�es suivantes, alors que seule Alya demeurait constamment � la Biblioth�que avec Naos, celui-ci parvint � terminer son �uvre. Les divinit�s �parpill�es sentirent tel un frisson d'angoisse l'ach�vement du livre divin supr�me, le Secret des Dieux. D'un commun accord, refusant de voir cet ouvrage offert aux mortels, les Dieux se r�unirent et converg�rent afin d'obliger Naos � d�truire cette connaissance interdite aux Hommes.
N'emportant que son livre, Naos quitta la Biblioth�que accompagn� d'Alya, pour se dissimuler dans les montagnes de Melk. Les Dieux venaient de perdre le Secret des Dieux, mais ne pouvant s'attaquer aux causes, ils opt�rent pour en �radiquer les cons�quences potentielles, reposant en l'�veil des Hommes. Ils invoqu�rent ainsi les Grands El�mentaux et  les somm�rent de r�duire toute vie mortelle � n�ant. La Col�re des Dieux s'abattait sur les Hommes.
Voyant avec col�re les Erakiens se faire d�cimer, vivre dans la peur et le danger sans r�pit, Naos d�cida de s'opposer � ses pairs afin de sauver les mortels. Deux ann�es durant, cach� � Melk, il travailla avec Alya sur l'interpr�tation musicale du Secret des Dieux. La D�esse de la Musique, non menac�e des d�it�s, serait la seule � d�tenir �ternellement les myst�res du grimoire. Au lieu de transmettre un unique livre des connaissances aux Hommes, Alya leur octroierait un �panouissement subliminal � travers sa musique. L'entit� physique du Secret des Dieux n'avait plus d'int�r�t une fois sur papier car seul comptait d�sormais la mani�re de l'enseigner aux Hommes, ainsi apr�s avoir d�fini le Cauchemar commun des d�it�s, il br�la le Secret des Dieux afin de s'incarner en Dragon de platine, entit� de magie pure, synth�se de la psychologie divine.
A la d�faite de Naos, seule la D�esse de la Musique, d�sormais Bruy�re, disposait maintenant des enseignements divins, accords subtils et airs tels des messages �sot�riques, recelant secr�tement la carte fragment�e entre les mains des Initi�s des routes permettant aux Hommes d'atteindre l'ataraxie et d'y d�couvrir la paix divine.
5. La dispersion des d�it�s
Psylnos, Dieu de l'Inconscience, fut le dernier � franchir l'Arche des Esprits Divins, laissant Heka et Rigel encore b�b�s au soin de Zosma dont il tenta de contourner la Folie pour lui faire comprendre sa mission. H�las, c'�tait sous-estimer l'incoh�rence inh�rente � Zosma. Lorsque Psylnos quitta Erakis et que la cordi�rite au visage de Lune Vierge tomba entre les enfants divins, au lieu de les mener tous trois en lieu s�r, � savoir au sein du Mont Solitaire encore inhabit�, Zosma envoya au hasard ses prot�g�s sans se soucier plus longtemps de leur sort, trop impatient d'affronter en un duel d�cisif son propre Cauchemar.
Rigel
La cordi�rite atteignit le Plateau du Levant o� elle fut d�couverte par Marsius et enterr�e avec lui. Rigel �choua au nord de N�v�e, sur un long plateau de glace transparente, � l'emplacement exact o� il fondera plus tard son Universit� de Magie. Le sol invisible se perdait dans les tr�fonds lumineux du continent gel�, si bien qu'on croyait marcher dans le vide � une hauteur vertigineuse. Rigel grandit en ce lieu, seul, parcourant des heures durant ces chemins indiscernables lui donnant l'impression de voler. Cette sensation lui fut b�n�fique durant les premiers temps de sa vie, car il devait int�grer doucement le message de ses parents, apprendre � le comprendre. Rigel, perdu dans ses r�flexions incessantes et mill�naires, acquis une intelligence exceptionnelle, une intuition infaillible et la facult� de calculer minutieusement chaque action � mener pour lib�rer ses parents. Eveill� � son devoir, sa r�solution ne s'�branla jamais depuis lors.
En l'an 3321 de l'Ath�nit�, Rigel franchit les eaux s�parant N�v�e de L�ole et parvint en Ystria, alors dirig�e par le seigneur Blion. Son arriv�e � Ystria fut accompagn�e d'exclamations de toute la ville, car depuis la Col�re des Dieux aucun �tranger n'�tait jusqu'alors parvenu jusqu'� eux. Rigel leur d�clara �tre le Ma�tre de Magie, immortel venu pour les aider � �voluer dans un monde pacifique. Ce fut sa premi�re parole, et son premier mensonge. Il fut acclam� par le peuple, ainsi Blion en fit son conseiller. Rigel obtenait sa premi�re victoire, il tenait L�ole. De seigneurs en seigneurs, le Ma�tre de Magie embellissait la ville, am�liorait les conditions de vie des habitants et d�veloppait leurs connaissances scientifiques. A la formation du Conseil d'Erakis, alors que la r�putation du Ma�tre de Magie avait voyag� de continent en continent, celui-ci fut naturellement invit� � y participer car ses conseils de sage seraient les bienvenus. Rigel remportait sa seconde victoire par la fen�tre subtile qu'il s'ouvrait sur Erakis tout enti�re o� il ne manquerait pas de verser sa douce et hypocrite attention. Rigel jubilait de sa r�ussite, car il se sentait faire son devoir divin.
Afin de surveiller Edara, il �difia un temple de la Lune dissimul� au sein de l'archipel d'Aramoana, ignor� des marins, refuge parfait pour d�velopper une flotte secr�te aux portes d'Edara. Ivellios et F�losyle, parmi les rares Elfes d'Art�sia ayant trouv� la mort aux ruines, furent choisis par Heka pour veiller sur le temple et une partie des troupes.
Constatant que les magiciens initialement form�s par Naos d�veloppaient leurs connaissances de mill�naire en mill�naire, approchant de plus en plus la ma�trise de l'Art des Dieux, Rigel fonda l'Universit� de Magie. Celle-ci devint tr�s vite r�put�e comme la meilleure, le Ma�tre de Magie d�passant et de loin tous les mages mortels. Les portes de l'universit� restaient constamment ouvertes afin que chacun puisse les franchir avec l'assurance de recevoir la formation du Ma�tre, n�anmoins atteindre ces portes n'�tait pas si ais�. Sur une grande largeur cernant l'universit�, Rigel avait engendr� un pr�cipice sans fond. Ce ravin demeurait invisible parmi les glaces transparentes, et aucun chemin ne menait aux portes sinon celui des airs. Qui tomberait dans le pr�cipice ne mourrait pourtant pas, le gouffre n'�tant qu'un vaste portail de t�l�portation les transportant � leur bateau, leur signifiant de revenir une fois pr�t.
Seuls des magiciens exp�riment�s parvenaient donc � franchir le vide, assurant au Ma�tre de Magie l'arriv�e de mages auxquels il devenait n�cessaire de voiler l'�tendue de leur propre pouvoir en leur r�v�lant des sorts inesp�r�s afin de mieux cacher le reste de l'inspiration divine sommeillant en chacun d'eux. Rigel pr�parait son arm�e, charmant les mages les uns apr�s les autres.
Ceux-ci d�couvrirent alors Ourgast et s'y rendirent r�guli�rement depuis lors, y partageant une sinc�re amiti� avec les Halfelins. N�anmoins, l'�t� d�vastateur ravageant Ourgast ne fut pas un hasard. Le Ma�tre de Magie l'engendra depuis son manoir sur L�ole,  devinant parfaitement que devant une telle trag�die, les mages se proposeraient de les aider. En plus d'avoir soign� nombre d'halfelins bless�s, le Ma�tre de Magie gratifia leur ville d'un sort de protection contre les flammes et contre les hautes temp�ratures, garantissant la protection des habitations. Bien que ce geste fut accept� avec gratitude, Rigel venait en r�alit� de les condamner, pla�ant au-dessus d'eux une �p�e pr�te � s'abattre au moment opportun.
En plus de L�ole et de Centre, Rigel d�versait maintenant son influence sur N�v�e. Sur Edara aussi il se savait admir� et respect�, ainsi il ne lui restait d�sormais plus qu'� attendre la red�couverte de la cordi�rite qui lui serait apport�e sans m�me qu'il ait � la demander. Rigel, Dieu de la Politique. Son plan divin �tait parfait, mais perdu dans cette rigueur aveugle et ali�nante, il n'aimait personne, tout juste sa s�ur, Heka.
Heka
T�l�port�e al�atoirement par Zosma, Heka se r�veilla au sein d'Eclaircie, o� seuls les ombres de criminels ayant tu� leur propre famille et venant de subir la Col�re des Dieux gisaient tels des corps vides au milieu des ruines de leur ville infernale. La plupart des survivants d'Eclaircie avaient migr� en deux groupes dans les for�ts du sud et du nord, ne sachant pas o� ils se rendaient mais d�sireux de quitter ces collines maudites des Dieux. Les autres, ceux choisissant de rester en Eclaircie, ne parl�rent plus. La majorit� d'entre eux logeait dans une ruine o� gisaient les leurs. Ils n'attendaient plus rien de la vie, abattus, apathiques, trop veules pour s'accorder la mort qu'ils esp�raient en secret. Dans ce contexte, Heka fut accueillie avec anxi�t� et ignor�e de la population agonisante refusant de toucher un b�b� irradiant une pr�sence d'un tel charisme malgr� ses pleurs de nourrisson. Les vieillards d'Eclaircie n'y voyaient qu'un nouveau mauvais pr�sage des Dieux. Ils ferm�rent les yeux, tentant d'oublier ce b�b�, esp�rant chaque nuit que le froid vienne enfin arracher la vie de ce fardeau ind�sirable. Heka ne mourut pourtant pas, et resta seule, immobile au milieu d'un peuple de zombies.
Quatre semaines pass�rent ainsi sans le moindre regard tourn� vers Heka. C'est alors que parcourant Erakis en un frisson d'horreur, un cri de Folie parvint jusqu'� Eclaircie et fit trembler la terre. Les derniers habitants d'Eclaircie, d�j� aussi morts que vivants, tu�s par ce hurlement divin et effrayant, se chang�rent en T�n�breux, essences �ternelles et glaciales de la mort. Tels furent les parents adoptifs d'Heka.
D�sormais conscients de la sup�riorit� d'Heka, les T�n�breux l'accept�rent comme Reine. Elle grandit entour�e de monstres sans vie, avec pour mission de d�truire les mortels qu'elle ne connaissait m�me pas, t�che confi�e par ses parents qui pour seule aide lui offraient un royaume en ruines peupl� d'ombres silencieuses. Heka y forgea son caract�re, fit des monstres des for�ts ses �l�ves et serviteurs. Elle invoqua au-dessus d'Eclaircie un nuage de brume noire afin que les mort-vivants soient prot�g�s de la lumi�re du jour, se privant d�sormais du soleil des Hommes et de la Lune de ses parents. Son univers de t�n�bres se refermait doucement sur elle, encha�n�e � son devoir de pr�parer le retour de ses parents. 
Heka en devint froide et impassible, franche et r�solue. Lorsque Rigel la retrouva aux ruines peu apr�s son arriv�e sur L�ole, son flamboiement de gloire et de s�r�nit� contrastait avec les doutes et l'�clat sombre d'Heka. Les derniers espoirs d'Heka furent alors bris�s, son fr�re lui dictant de rester ici dans l'anonymat, surveillant durant l'�ternit� s'il le faut la force arm�e secr�te des demi-Dieux. Alors que Rigel jouissait des richesses d'Erakis et de son confort, Heka gouvernait les morts en son pays de nuit permanente, pour une cause en laquelle elle ne croyait pas. Des Dieux, elle ne connaissait que leur cadeau empoisonn�, et sa seule vision des mortels �tait celle des cadavres envoy�s par son fr�re.
Un jour pourtant, Heka d�couvrit parmi les victimes de Rigel un homme en guenilles, au bord de la mort mais dispensant encore un souffle de vie qui parut � Heka comme un rayon de lumi�re au milieu de la noirceur omnipr�sente des ruines. Plut�t que de l'achever pour le changer en mort-vivant, elle soigna cet homme d'Ystria dont Rigel s'�tait lass� de l'�veil intellectuel qu'il apportait au peuple. Tr��mhyr-Ankha, philosophe, fut le premier mortel � c�toyer la fille des Dieux.
Heka ouvrait au rescap� de nouveaux horizons de r�flexion, et Tr��mhyr-Ankha pouvait de toute mani�re difficilement refuser l'invitation divine lui dictant de l'accompagner le temps que durerait sa vie. Ainsi Heka, Reine des morts, put pour la premi�re fois conna�tre les Hommes par les r�cits du philosophe. Heka parla sinc�rement � Tr��mhyr-Ankha, lui d�voilant ses origines, la guerre � venir et l'�radication de la vie afin de retrouver la paix perdue. Le philosophe, d'abord abattu d'un tel destin, finit au long des si�cles par comprendre la motivation des Dieux. A voir l'espoir perdu d'Heka, il en devinait celui des Dieux au moment de fuir.
Lorsque la vieillesse s'appr�tait � emporter la vie de Tr��mhyr-Ankha, Heka lui offrit un choix : il pouvait mourir d�finitivement avec l'assurance de reposer en paix sans venir gonfler les arm�es des demi-Dieux, ou accepter d'Heka l'immortalit� qu'elle lui proposait afin qu'il l'accompagne � jamais, et de son plein gr�.
Attach� � Heka, par amiti�, probablement par amour, Tr��mhyr-Ankha accepta de partager son s�jour �ternel. Les ann�es passant, son enveloppe charnelle en poussi�re fit du philosophe l'unique liche d'Erakis. D'Heka il apprit la magie et les myst�res divins des origines, puis devint le chef des arm�es de la Lune, aidant Heka � porter le lourd fardeau qui lui incombait, et partageant d�sormais sa cause. Telle fut la d�couverte d'Alwa�d devant l'Archiliche : le demi-Dieu s'appr�tait � tuer l'unique homme qui �pousa volontairement les v�ritables id�aux divins. Ainsi, Alwa�d ne tira aucune fiert� de sa victoire sur l'Archiliche, il n'en ressentit qu'absurdit�. Tr��mhyr-Ankha, philosophe immortel, le seul sur Erakis � avoir fait rire la divine Heka.
Sur la Lune, Heka retrouva en l'esprit de Lina�lle un amour des Dieux lui rappelant celui de Tr��mhyr-Ankha. Elle renvoya Araknor et prit l'apparence du r�deur, seule chance pour la Reine des morts de parler en paix avec la pr�tresse. Heka ne d�sirait d�s lors plus la tuer. Elle d�sirait la rallier � sa cause, ou m�me, que Lina�lle la persuade de se r�concilier avec les Hommes comme Tr��mhyr-Ankha l'en avait dispos�e par la beaut� de sa philosophie. Lina�lle ne put entrevoir l'intensit� d'un tel doute, trop ancr�e dans l'assurance sur laquelle elle s'appuyait pour oublier les Dieux. Lorsque Araknor apparut avec Nejma et Sy�, Heka sut qu'elle ne trouverait plus de compromis. Elle tua alors Lina�lle afin de se d�faire du reflet de sa douloureuse incertitude, de son h�sitation qui finalement lui co�tera la vie � elle aussi.
Alya
A la disparition de Naos, Alya demeura seule avec Alwa�d, sachant que bient�t les enfants des Dieux se mettraient en qu�te de lib�rer leurs parents et de neutraliser la derni�re D�esse d'Erakis. Alya quitta les montagnes pour s'isoler au sein du Mont Solitaire o� elle suivait l'�veil rapide de son fils. Elle resta en Edara car s�re que les enfants des Dieux ne s'y risqueraient alors pas, elle prot�geait de loin le Cauchemar des Dieux, Dragon fou plong� dans un sommeil �ternel.
Dans le temple de pierre abandonn� du Mont Solitaire, la D�esse de la Musique s'abandonnait aux plaisirs de sa harpe, jouait des heures et parvenait � donner m�me aux silences une suave harmonie. Lorsque les Gnomes d�couvrirent ce lieu, certains des plus fid�les � H�ze ressentirent en leurs chairs une sensation longtemps recherch�e sans pourtant pouvoir la d�finir. Ceux qui ne repartirent pas accept�rent de se former � la musique, saveur nouvelle et �panouissante. Abandonnant son nom, Alya puisa son inspiration dans le reflet de son regard o� se discernaient des lumi�res incertaines, des couleurs dignes des plus beaux tableaux, les bruy�res du Mont Solitaire. 
Partageant le s�jour des mortels et s'inspirant de leur imagination toujours renouvel�e, Alya s'attacha sinc�rement aux hommes, r�alisant que la beaut� musicale n'�tait pas r�serv�e aux Dieux, ni aucun des dons de ceux-ci. Les mortels ne se rendaient pas compte de leur potentiel, et ce n'est qu'en comprenant combien ils pouvaient parfois passer � c�t� de leur bonheur qu'Alya r�alisa pourquoi Naos d�sirait les �veiller, pourquoi il voulait leur apporter le Secret des Dieux afin de les mener � l'ataraxie savour�e par les Dieux.
S'ouvrant � l'amour des mortels, Alya en devint leur protectrice. La r�putation de Bruy�re et de sa cr�ativit� firent rapidement le tour d'Erakis, amenant au sein de son Ecole d'Art des �l�ves de tous les continents. Au d�but du cinqui�me si�cle de l'Ath�nit�, Bruy�re fonda l'ordre des Initi�s � qui elle transmit les partitions magiques fragment�es. Si les Initi�s devenaient ainsi des barde-mages redoutables, ils pr�taient pourtant le serment de ne jamais utiliser leur magie sans l'accord de Bruy�re afin que leur force ne soit jamais d�voil�e.
Chaque Initi� se voyait charg� de la formation des nouveaux apprentis, ainsi Bruy�re pouvait se consacrer � l'initiation finale de ses �l�ves avant d'apposer la marque des bruy�res sur les mains des nouveaux Initi�s. Apr�s un temps d'enseignement, ceux ma�trisant la t�l�pathie se trouvaient libres de parcourir Erakis afin de transmettre aux peuples la douceur de la musique, l'�veil qu'elle apporte, et par la m�me occasion surveiller les activit�s des diff�rentes villes, particuli�rement Ystria.
Bruy�re fut invit�e � si�ger au Conseil d'Erakis. L'adul� Ma�tre de Magie y participant aussi, la D�esse ne voulut pas risquer d'avoir � mentir pour couvrir son identit� sous les attaques subtiles que lui lancerait alors Rigel. Elle d�clina donc l'invitation, apportant n�anmoins tout son soutien � l'�quilibre d'Erakis et d�clarant les portes de son Ecole d'Art ouvertes � tous.
Le nom de Bruy�re fut prononc� par tous les po�tes, sa beaut� l�gendaire s'amplifiait de r�cit en r�cit par les marins en qu�te d'une sir�ne inoffensive. Parler de Bruy�re, c'�tait laisser partir son esprit vers des horizons inconnus, vers des contr�es imaginaires fantastiques dont le myst�re impr�gnait la sc�ne avec douceur. Dans la plupart des villes, les Initi�s se trouvaient accost�s par des habitants en qu�te d'une description de leur ma�tresse. Les musiciens se contentaient de sourire, t�moignage unique et suffisant des bienfaits de Bruy�re, inspiration immortelle et merveilleuse.
Alwa�d
Alors que Rigel colonisait tous les continents habit�s � l'exception d'Edara sous la protection d'Alya, Alwa�d �tablit sa retraite au Sanctlion, terre sacr�e d'Ohk�d l'Equilibre, aux for�ts denses cern�es par les reliefs vertigineux du volcan ancien.
Depuis, il ne quittait son domaine que pour deux raisons. La premi�re �tait le recrutement des hommes qui constituaient son arm�e. Alwa�d parcourait Edara, transform� en oiseau, il traversait villages et campagnes � la recherche d'hommes perdus, d'enfants abandonn�s ou de voleurs et conspirateurs bannis des villes. Alwa�d, bien que ne poss�dant pas le Savoir absolu de son p�re, �tait n�anmoins capable de lire en chacun des esprits qu'il rencontrait, jugeant ainsi de leur aptitude � recevoir les r�v�lations de la guerre des Dieux et � vouer leur vie � un combat latent et incertain. A ces hommes, Alwa�d apparaissait en r�ve, le demi-Dieu leur dictant de se rendre au fleuve Sylvin�sl dans lequel ils se baigneraient. Lorsqu'ils s'immergeaient dans ces eaux, les �lus d'Alwa�d se dissipaient sous les reflets des eaux avant de reprendre leur souffle aux abords d'un des �tangs du Sanctlion o� Alwa�d paraissait alors pour les accueillir. 
Une fois au Sanctlion, personne n'en ressortait afin de prot�ger le secret du volcan. Chaque homme s'entra�nait chaque jour au combat, personnellement aid� par Alwa�d. Celui-ci, lisant en eux leurs troubles, leurs malaises, d�cida pour les r�compenser de suivre d�sormais le chemin lointain de la libert�, de faire des for�ts du Sanctlion un paradis pour les mortels. Le demi-Dieu ne rendait pas ses hommes immortels, mais leur procurait de leur vivant autant un doux apaisement psychologique que la libert� de vivre selon leurs d�sirs tant qu'ils restaient fid�les � leur entra�nement martial quotidien. Les troupes d'Alwa�d �taient donc bien moindres que les g�n�rations de mort-vivants de Rigel et Heka, cependant la force de l'arm�e griff�e se mesurait � travers leur �panouissement et l'�quilibre psychique qu'ils gagnaient en ce lieu. En leur offrant les vertus d'une harmonie parfaite entre les hommes, ces derniers ouvraient leurs esprits � la compl�mentarit� des diff�rents caract�res plus qu'en la m�fiance de l'inconnu, et r�alisaient d'autant mieux l'importance de leur combat silencieux.
A la cr�ation de l'ordre des Initi�s, les c�r�monies o� les �l�ves de Bruy�re se voyaient octroyer la marque de l'initiation furent la seconde raison des voyages d'Alwa�d hors du Sanctlion. Transform� en lapin et reposant aux c�t�s d'Alya, il lisait dans l'esprit des nouveaux Initi�s, choisissant parmi eux les futurs Ma�tre-Initi�s, ceux qui guideraient les barde-mages lors de la guerre des Brumes apr�s s'�tre ouverts � la connaissance de l'identit� r�elle de Bruy�re et Alwa�d. Le demi-Dieu menait ces Initi�s jusqu'au Sanctlion o� il leur r�v�lait les intentions des Dieux et leur r�le d'�veil permanent au sein des diff�rentes villes. Les Ma�tre-Initi�s �tendirent ainsi le regard d'Alya � tous les continents. Certains d'entre eux pourtant d�sir�rent s'attarder au Sanctlion, agr�mentant les lieux de leurs chants inspirateurs. Le paradis des guerriers d'Alwa�d devint complet, et fut d�sormais le th��tre de plusieurs naissances, les m�res Initi�es des nouveau-n�s �tant alors accept�es � jamais au Sanctlion, � jamais, jusqu'� l'attaque des demi-Dieux. Karsanis et Elianis, g�n�raux de l'arm�e Griff�e, furent de ces enfants du Sanctlion.
En m�moire de son p�re, Alwa�d donna pour symbole � son arm�e la griffure du Dragon ornant son front. Trois griffures apparaissaient sur les boucliers des hommes d'Alwa�d, signe de la trinit� salutaire, l'alliance de la force, du courage et de la sagesse. L'enfant du Savoir et de la Musique craignit de se confondre avec le Dieu de la Guerre, alors que pour chacun de ses hommes il incarnait le Dieu de l'Alliance.
6. Attaque et reconstruction de Sable
Sable a toujours �t� la seule ville du d�sert, b�tie sur les rivages ouest, loin du lac de lave, fond�e apr�s l'�radication des for�ts de Segin par le s�isme d'Edara. Sable �tant aux limites d'un immense d�sert de sable, ils en firent leur mati�re premi�re et se sp�cialis�rent dans la fabrication du verre. Affinant leur savoir et leurs techniques de g�n�ration en g�n�ration, ils finirent par ma�triser � tel point le travail du sable que diff�rentes villes command�rent des moules parfaits pour leurs forgerons afin de concevoir des armes particuli�res dont la pr�cision pouvait se calculer au grain de sable pr�s. Ne comptant pas se limiter � la cr�ation des moules, ils d�cid�rent de produire eux-m�me ces armes de l�gende au sein d'une forge qu'ils �difi�rent au bord du lac Segin.
Leur r�putation s'�tendit sur Erakis tout enti�re. Ils construisirent un port et d'innombrables charrettes de commerce parcouraient tout le continent ou partaient sur des bateaux vers Centre. Leur prosp�rit� servait d'exemple. La plupart des palais se par�rent des d�corations r�alis�es � Sable, les Gnomes command�rent pour leurs temples des vitraux d'une beaut� in�gal�e et hors de prix.
Philistin, seigneur d'Ystria, finit par voir le d�veloppement de Sable d'un mauvais �il, car ses innombrables ouvriers et forgerons apportaient beaucoup moins de revenus au royaume � cause de la chute de l'exportation de leurs produits. Les int�r�ts �conomiques sur Erakis n'�tant que tr�s limit�s, l'argent constituant une monnaie bien moins utilis�e que les �changes purs, Philistin n'aurait vu aucun danger au fleurissement de Sable sans une suggestion subliminale du Ma�tre de Magie.
En secret, le seigneur Philistin r�unit ses troupes. Le Ma�tre de Magie leur parla alors, gagnant � chaque parole l'acc�s � l'esprit des soldats. L'arm�e d'Ystria, aux hommes dont le visage et l'armure �taient dissimul�s derri�re des d�froques illusoires, partit ainsi vers Sable sans m�me en �tre consciente, pendant qu'une flotte de canonniers voguait vers le d�sert, invisible. Sous les ordres de Tr��mhyr-Ankha, l'arm�e d'Ystria lan�a simultan�ment son offensive sur la ville sans muraille et sur la forge isol�e pendant que les canons d�truisaient le port et ses bateaux. Ce fut une catastrophe pour Sable qui perdit tout en une journ�e, sous une arm�e anonyme dont ils ne purent deviner l'origine.
Philistin fut satisfait de l'attaque mais ne s'attendait pas aux r�actions de la plupart des villes d'Erakis qui d'un mouvement de solidarit� et pour l'admiration qu'ils portaient � Sable donn�rent chacun une somme consid�rable ou de l'aide en nature afin de permettre aux ouvriers de Sable de reconstruire la ville en la fortifiant. Dans cet �lan unanime, Ystria fut oblig�e de faire de m�me pour ne pas trahir son animosit� envers Sable et ne pas �veiller les soup�ons. Except� Tr��mhyr-Ankha, les soldats d'Ystria ne se souvenaient de rien et condamnaient avec haine les auteurs de ce massacre.
En 5205, devant cette force solidaire, Thrarion, roi des Nains, proposa de cr�er le Conseil d'Erakis afin d'assurer l'ordre en se r�unissant chaque ann�e pour g�rer les conflits intercontinentaux.
Le seigneur de Sable d�cida de reconstruire la ville au milieu des terres, au sein d'une oasis leur procurant l'eau n�cessaire. Les Nains de Melk construisirent un tunnel souterrain amenant la lave directement au sein de la forge de Sable. Le Plateau du Levant et Arkab financ�rent la reconstruction des habitations et des structures de travail. Ourgast et Centre fournirent autant de bateaux et de charrettes que Sable en avait perdus. Les bateaux partaient tous du port du Levant apr�s transport des marchandises par les convois de Sable prot�g�s par les Gnomes dans les for�ts de H�ze. L�an et Ystria durent financer la d�fense de la ville, au grand d�sespoir de Philistin. Les architectes de Sable, sachant qu'en cas de nouvelle attaque ils ne pourraient r�sister � un long si�ge au milieu du d�sert, opt�rent pour une autre strat�gie : cacher la ville plut�t que d'avoir � la d�fendre. Ils dessin�rent les plans d'un miroir gigantesque entourant enti�rement l'oasis. Ils donn�rent au miroir une double courbure particuli�re. La premi�re refl�tait parfaitement la limite entre le sable et le ciel d'o� qu'on se trouve autour de la ville ; la deuxi�me grossissait et d�formait les voyageurs � proximit�, leur faisant croire � la pr�sence de b�tes informes en plus grand nombre qu'eux.
Pour conclure, ils d�clar�rent Sable ville interdite. Ceux qui tent�rent d'en trouver le chemin se perdirent ou fuirent devant ce qu'ils croyaient �tre des cr�atures du d�sert, alors qu'ils ne faisaient face qu'� leurs reflets d�form�s.
Le secret le mieux gard� de Sable est celui de sa multiplicit�. Six autres Sable furent construites sur des oasis �loign�es, �clatant la population en sept cit�s dont certaines se sp�cialis�rent dans la cr�ation d'armes magiques, dans la collecte de copies des �uvres confi�es par les dirigeants Erakiens ou dans l'entra�nement au combat en cas de nouveau conflit. Prolonger le tunnel reliant la lave � d'autres cit�s devint n�cessaire, mais seul un Nain pouvait en dessiner les plans apr�s avoir �tudi� les reliefs � creuser. C'est ainsi que le secret des sept cit�s fut r�v�l� � un unique Nain, l'architecte-forgeron Kres'ra�n, qui d�cida de s'installer � Sable, partageant son savoir en parant de runes de protection les gardes des lames magiques de Sable.
7. La guerre des Brumes
Les demi-Dieux ignoraient la naissance d'Alwa�d et l'interpr�tation musicale du Secret des Dieux. Ceci et l'absence de la cordi�rite for�aient une attente n�cessaire � l'�laboration et au d�veloppement des diff�rentes forces. Adultes, Rigel et Heka ne furent pas dupes longtemps. Lorsque l'Ecole d'Art fut r�put�e pour ses artistes de toute provenance, ils devin�rent qu'en Bruy�re l'immortelle si�geait l'�me divine de la Musique. Ignorant la force r�unie par Alwa�d, Rigel se sentit en confiance, Bruy�re ne formant que des musiciens inoffensifs. Le demi-Dieu en d�duisit qu'elle puisait sa confiance dans la possession du Secret des Dieux. Alya restant anonyme et camouflant sa divinit�, la premi�re offensive de Rigel visa � obliger Alya � r�v�ler ses pouvoirs divins, objectif � partir duquel il avait d�j� tout pr�vu jusqu'� la condamnation de la D�esse par les mortels.
Voyant clair dans les ambitions des demi-Dieux, Alya n'intervint pas lors de la destruction de Sable, laissant chaque habitant tomber sous les coups d'une arm�e envo�t�e. Rigel ne comprit son �chec que plus tard, apr�s qu'Alya ait quitt� en secret le Mont Solitaire afin d'aller, seule, au milieu des ruines fumantes de Sable. La seule pr�sence d�tectable demeurait le silence de la mort, pesant, �ternel. De sa harpe, la D�esse de la Musique p�n�tra le mutisme des lieux puis le brisa par la douceur de ses accords, parfaisant de son chant cet appel aux �mes des mortels. Seul un b�b� silencieux cach� au milieu des ruines l'entendit de son vivant. Trop jeune, Oc�ane ne put comprendre le miracle qu'Alya leur offrait, mais � jamais elle fut b�nie par les accords d'une telle m�lodie. Les habitants de Sable, ressuscit�s d'une main divine, ne se souvinrent ni de leur mort ni de leur �veil ; seul l'inconscient d'Oc�ane conserva tel un r�ve le chant de la D�esse. La b�n�diction accord�e au b�b� se transmit de g�n�ration en g�n�ration, ainsi sa famille fut-elle toujours parmi les plus respect�e, sans raison apparente sinon la paix int�rieure qu'ils irradiaient et transmettaient. Keldish est le huiti�me descendant d'Oc�ane, sa fille Esyana est la neuvi�me. C'est pourquoi Naos se posa devant Keldish en rejoignant les combats.
Cette attaque strat�gique de Rigel ne fut pas un �chec total car elle e�t un impact consid�rable sur les mentalit�s des Erakiens, la chute de Sable d�montrant que la mal�diction d'Ohk�d tellement redout�e n'�tait qu'une l�gende, ouvrant la voix � de nouveaux complots jusque l� abandonn�s par le respect et la crainte inspir�s par Ohk�d. L'ann�e suivant l'attaque de Sable, le parti nationaliste d'Arkab fut fond� et les vices du d�sir de pouvoir se r�pandirent de nouveau parmi certains hommes. Sous les envo�tements du Ma�tre de Magie, les seigneurs d'Ystria parvenaient mieux � attiser la m�fiance de leurs troupes, � leur sugg�rer la n�cessit� d'avoir une puissante arm�e 'de d�fense' en cas d'attaque. Les soldats d'Ystria craignaient l'arm�e inconnue lev�e contre Sable, sans savoir qu'eux-m�mes en �taient responsables.
Malgr� cela Rigel ne fut pas totalement satisfait, les armes magiques de Sable �tant vou�es � revoir le jour au sein de leurs moules parfaits. Seule la magie demeurant le point faible des Dieux, Rigel s'inqui�tait de voir produire de nouvelles armes enchant�es, inqui�tude justifi�e par sa vie arrach�e par Sybalure, l'�p�e d'Araknor.

Au d�cret du Conseil d'Erakis de limiter l'effectif des arm�es de chaque continent, la proposition du Ma�tre de Magie d'envoyer l'arm�e de L�ole en un dernier combat pour le bien d'Erakis fut accept�e avec enthousiasme. En donnant son accord pour l'�puration des ruines d'Eclaircie, le Conseil signa la mort de ces hommes, Rigel offrait enfin un peu d'attraction � Heka. Les soldats aux couleurs d'Ystria furent maudits d�s l'approche des ruines, lorsqu'ils sentirent p�n�trer en eux les brumes empoisonn�es de la mort. Cette arm�e condamn�e fut vite achev�e par les T�n�breux et amen�e � la Reine des morts. Les troupes sacrifi�es d'Ystria constitu�rent la premi�re arm�e dont Heka confia le commandement � Tr��mhyr-Ankha.
La soif de Rigel ne s'arr�ta plus depuis. Avec l'installation de quelques mages dans les for�ts d'Arkab, son influence invisible y fut rapidement �tablie. Il construisit ensuite le temple de la Lune et sa flotte secr�te au sein d'Aramoana, �difia son Universit� de Magie puis fit don � Ourgast de son vil soutien apr�s l'avoir lui-m�me d�truite. 
Personne ou presque ne douta des bienfaits du Ma�tre de Magie, incapable de remettre en doute ses paroles amicales. Rigel, leur pire ennemi camoufl� derri�re son altruisme hypocrite, apportait le bien � tous. Par la science de Rigel et l'inspiration d'Alya, les deux immortels devinrent un exemple de sagesse. Leur image sereine fut une des autres influences positives permettant la paix sur Erakis durant des mill�naires.

La nouvelle offensive de Rigel planifiait l'attaque du royaume de Melk par Arkab sous couvert d'une r�bellion nationaliste. Dupant Sham et son peuple, Rigel imaginait d�j� les cons�quences d'un tel acte. Le Conseil d'Erakis condamnerait le geste d'Arkab, mais Sham, ind�pendantiste, n'avait � r�pondre de rien � un conseil qu'il n'approuvait pas. Une probable guerre s'en suivrait, o� de nouveau Alya se trouverait confront� au choix d'intervenir en se d�voilant ou de laisser les hommes s'entre-tuer, les tensions monter entre les continents et la m�fiance et la peur se frayer un chemin dans l'imaginaire des populations d'Erakis.
La lettre de Lina�lle envoy�e aux Nains fit �chouer le plan de Rigel. Lorsque tous les mages se trouv�rent dans le tunnel �troit menant � la galerie majeure, les Nains jaillirent autant des for�ts que du tunnel afin d'encercler et d'enfermer les mages dans ce conduit o� il leur devenait impossible d'incanter un sort offensif, le dos courb� sous la vo�te basse, les uns coll�s aux autres et se heurtant dans l'affolement. Comme un �tau d'acier �crasant une arm�e d'insectes, les Nains d�cim�rent les mages et leurs sbires envo�t�s. L'attaque de Sham fut un d�sastre, certainement car l'oisivet� de ses mages n'en fit pas de brillants enchanteurs.

La d�couverte de la cordi�rite marqua un tournant d�cisif dans la guerre des Brumes. Heka rompait enfin son anonymat afin de quitter pour la premi�re fois L�ole, appel�e au Plateau du Levant d'o� l'onde lib�r�e par la cordi�rite fut ressentie par chaque d�it�. L'attaque du Levant avait moins pour objectif de r�cup�rer la cordi�rite que d'envoyer ses porteurs au Ma�tre de Magie. Les Nains de Melk suppos�s condamn�s par les mages d'Arkab, les arm�es de la Lune converg�rent vers L�an puis H�ze, avec pour objectif final la destruction du Secret des Dieux � l'Ecole d'Art de Bruy�re. Heka laissa le commandement � Ivellios puis rejoignit les ruines en compagnie de Tr��mhyr-Ankha afin de pr�parer le reste des troupes.
La flotte noire d'Aramoana fut la premi�re victime de l'apparition au grand jour d'Alwa�d et de ses hommes. Yels, chef des navires de guerre de la Lune voguant vers Arkab, n'avait aucunement l'ordre d'aider l'assaut des mages comme le croyait Sham, mais bien de d�truire Arkab et jusqu'aux derniers de ses habitants. Ainsi selon les pr�visions de Rigel, le Levant, Melk et Arkab devaient tomber la premi�re semaine. Araknor et ses amis puis la flotte Griff�e quittant le Sanctlion sauv�rent le royaume Nain et la p�ninsule des marins.
Malgr� le d�ploiement des forces divines, la D�esse ne r�v�la pas encore les pouvoirs de ses Initi�s. Un seul barde-mage, un gnome joueur de mandoline, eut l'autorisation de dispara�tre avant que Nejma ne le saisisse. Si Alya voulut sugg�rer aux porteurs de la cordi�rite les potentialit�s magiques des Initi�s, ce fut pour leur faire doucement r�aliser l'importance que Bruy�re pourrait avoir en tant qu'alli�e.
Pour Rigel, la premi�re surprise d�plaisante fut la pr�sence fatale � sa flotte noire d'un troisi�me demi-Dieu sur Erakis ; la seconde fut la magie des Initi�s, condamnant � Louhna les troupes de mort-vivants d'Ivellios, �radiquant les derni�res forces destructrices d'Edara.
Lorsque le Ma�tre de Magie parvint � faire parler Axana�, il comprit son erreur. Le Secret des Dieux n'�tait donc plus, mais subsistait dans la musique enchant�e des barde-mages. Puisant dans la magie divine, les musiciens ne laissaient aucune chance aux arm�es de la Lune, et bien que Rigel et Heka disposent encore des magiciens et des forces d'Ystria et d'Eclaircie, personne ne fut envoy� en renfort sur Edara, l'invasion de l'Ecole d'Art �tant devenue inutile. Les enfants des Dieux poss�daient maintenant la cordi�rite et savaient d�sormais que les pouvoirs dispers�s du Secret des Dieux ne repr�sentaient plus une menace directe pour leurs parents. Rien ne les emp�chait plus de se rendre au Cimeti�re des Esprits, ignorant que le Cauchemar des Dieux serait bient�t �veill�.
L'escadre d'Ystria, les navires des mages et la flotte noire des ruines transport�rent alors l'ensemble des forces restantes de la Lune, prot�geant la Biblioth�que et destin�es � �tre balay�es au retour des Dieux. Alors qu'Alwa�d guidait les arm�es de l'Alliance au sein des Brumes Mortes gr�ce au savoir transmis par Naos, la D�esse de la Musique s'�tait rendue � la Biblioth�que, attendant les demi-Dieux afin de se lancer dans un combat sans fin avec eux. Il suffisait � Alya de retenir les demi-Dieux le temps qu'Alwa�d ou le Dragon vienne l'appuyer.   
Trouvant sans grande surprise la derni�re D�esse d'Erakis sur leur chemin, les demi-Dieux ne s'attendaient pas � ouvrir l'Arche des Esprits divins d'eux-m�mes, ainsi avant de quitter les ruines, Heka d�signa celui qui les rejoindrait afin de leur ouvrir la voix de la Lune pendant leur combat. Ce choix ne fut pas ais�, Heka ayant achev� de ses mains de nombreux hommes de valeurs, n�anmoins son choix se porta sur un homme du Levant tomb� � Verfal, un moine d'exception au charisme et � l'assurance inalt�r�s malgr� la mort, N�am. N'ayant jamais fr�quent� les Hommes, Heka sous-estima les prodiges que leur volont� pouvait engendrer, croyant ainsi en la soumission du moine garantie par sa mort et son esprit d�chir�.
N�am ne se pr�senta pas sur la terrasse, trahissant les enfants des Dieux et les obligeant � �tre paralys�s par l'affrontement. En d�sespoir de cause, avant qu'Araknor ne s'impose pour d�stabiliser le combat, Rigel abandonna Heka � la violence divine de la Musique afin d'ouvrir la voie de la Lune Vierge.
Le Dieu de la Folie, ayant habit� pendant des mill�naires le Savoir, comprit que les esprits les plus purs et les plus �quilibr�s �taient aussi les meilleurs � ronger de l'int�rieur. Se dissimulant derri�re l'Arche, cach� par la brume, Zosma ne guettait plus que l'instant o� Alya, proie au psychisme parfait, perdrait sa concentration. Ce fut alors l'h�catombe des divinit�s.
Condamn�e par la Folie, Alya se sacrifia, emportant avec elle Alwa�d et Zosma. Apr�s avoir d�cim� cinq de ses anciens fr�res, Naos tomba sous l'Ep�e de l'Oubli de Sy�. Enfin, sur la Lune Vierge, les doutes d'Heka sign�rent sa mort et la confiance de Rigel fut fatale au dernier demi-Dieu.

La d�sunion par Sy� des Grands El�mentaux de l'Arche des Esprits Divins et la disparition des Brumes Mortes sign�rent la fin de la guerre des Brumes. 5482 ann�es apr�s la Col�re des Dieux, le Savoir et la Musique vainquirent la Politique et la Mort.
8. Le dilemme de l'Espoir
Sur les Terres du Fyndel, Sy� faisait partie des Voyageurs des Plans, un des plus hauts rangs de l'ordre des magiciens. Bien que la plupart des mondes proches du Fyndel soient connus, la vastitude de l'univers garantissait la pr�sence de vie sur des plan�tes lointaines et encore ignor�es. Lors de l'un de ses voyages, Sy� d�couvrit une voie menant jusqu'� un monde inexplor�, Erakis. A son arriv�e au sein des for�ts luxuriantes de Segin, Naos, poss�dant les connaissances d'Erakis mais pas celles des plans parall�les, sentit la pr�sence inexplicable de Sy�, nouvelle en son monde et dont il ne parvenait pas � p�n�trer l'esprit.
Le Dieu du Savoir se pr�senta � Sy� qui parcourait au hasard les bois enchanteurs des doux reliefs de Segin. Il lui proposa de l'accompagner � la Biblioth�que o� elle rencontrerait nombre de divinit�s et o� elle pourrait leur faire partager l'exp�rience de son monde. La magicienne accepta, apprenant � d�couvrir Erakis par le regard de ses cr�ateurs. Sy� s'attacha � la pr�sence des Dieux qui l'avaient accueillie avec plaisir et curiosit�, liant des amiti�s inesp�r�es avec certaines d�it�s dont Alya, Naos, Art�sia et bien d'autres. Malgr� son attachement � ses nouveaux amis, Sy� repartit au Fyndel, son amour des voyages et des nouvelles d�couvertes la poussant in�luctablement � ne jamais rester trop longtemps au m�me endroit, aussi plaisant soit-il.
  Quelques ann�es apr�s son retour vers les siens, une maladie s�vit au Fyndel, grave et incurable, in�vitablement mortelle. Sy� n'en souffrit pas, prot�g�e par le rem�de fournit par Naos aux Erakiens ayant souffert du m�me mal. Elle d�cida de quitter ses terres afin de qu�rir l'aide du Dieu du Savoir, seul capable d'endiguer cette vague unique et radicale balayant la vie des habitants du Fyndel.
A son arriv�e � la Biblioth�que, l'affliction de Sy� ne trouva ni r�confort ni espoir. Les Dieux tremblaient devant la menace de Naos, les Grands El�mentaux ravageaient Erakis, tuaient les mortels par milliers. Le Dieu du Savoir avait fui, cependant il n'ignorait pas le retour et la pri�re de Sy�. En l'aidant, il se serait d�couvert et les Dieux en auraient profit� pour l'abattre avant qu'il n'utilise le Secret des Dieux. D�chir� par son silence, Naos d�cida pourtant d'oublier Sy� et de continuer � guider Alya dans sa traduction du manuscrit ultime.
La magicienne du Fyndel pria, implora pendant des jours, sans recevoir de r�ponse. Ce mutisme confirma � Sy� la trahison de Naos expliqu�e par les Dieux. Ceux-ci en appel�rent alors au soutien de la magicienne, car elle seule pouvait encore les aider, poss�dant des pouvoirs �chappant � l'omniscience de Naos. D�vast�e par sa d�ception, par la vision de son peuple se mourant d�sormais sans espoir de salut, et pour l'amiti� qu'elle vouait aux divinit�s d'Erakis, Sy� accepta. En ce jour o� renaissait l'espoir dont les Dieux n'avaient jusqu'alors jamais eu besoin, il accord�rent l'immortalit� � Sy�, accueillant dans leur rang divin la D�esse de l'Espoir.
Avant qu'elle ne parte, le Dieu de l'Equilibre s'approcha de Sy� qu'il rencontrait pour la premi�re fois, ne quittant habituellement jamais sa retraite du Sanctlion. En remerciant la magicienne, Ohk�d lui tendit Tair, la d�signant gardienne du Sceptre de Perception par lequel elle pourrait depuis son monde observer l'issue du combat opposant Zosma et Naos et suivre l'�volution d'Erakis. Munie du Sceptre d'Ohk�d, Sy� salua une derni�re fois les Dieux puis quitta Erakis.
Les derni�res forces du peuple du Fyndel furent un �lan solidaire pour la cause d'Erakis qu'ils ne connaissaient pourtant pas. Les derniers forgerons accept�rent de travailler sur une arme pouvant vaincre le Savoir. L'ach�vement de la lame pr�c�da de peu celle de ses cr�ateurs, et alors que le peuple du Fyndel �teignait sa derni�re flamme de vie, Sy� en pleurs brandissait l'Ep�e de l'Oubli, ultime �uvre des forgerons du Fyndel, instrument de vengeance de son peuple et du salut des Dieux. Plus de cinq mill�naires s'�coul�rent depuis, durant lesquelles Sy� paralys�e aux Terres du Fyndel vivait seule, observait Erakis par la pierre de scrutation en attendant le retour de la cordi�rite.

L'Espoir incarn� par Sy� fut par exemple synonyme pour Alya du r�veil de Naos ; les compagnons de l'elfe puis�rent inconsciemment en elle une partie de leur volont� et de leur courage ; cette esp�rance fut aussi le salut de Sy�, emp�chant provisoirement - jusqu'� la mort d'Alya - Naos d'affronter le symbole exhal� par Sy� et offert � chacun, lui y compris.

Lorsque Sy� brisa le sceau de Naos voilant sa m�moire, elle retourna aux Terres du Fyndel o� elle recouvrit ses souvenirs, l'Espoir qu'elle repr�sente pour les Dieux, sa mission de les aider � �radiquer le Savoir et implicitement, tous les mortels d'Erakis. Tous, y compris Nejma, Araknor, les deux hommes que Sy� aime d'un amour diff�rent, et Lina�lle, celle qui malgr� tout a toujours port� les Dieux dans son c�ur et en a transmis les messages de paix. Gr�ce � eux, Sy� devinait que d'autres mortels d�gageaient aussi cette noblesse et cette sagesse capables d'apporter s�r�nit� et amour entre les Hommes.
De retour � la Biblioth�que, le bouleversement de Sy� n'avait d'�gal que la souffrance de sa d�chirure devant un tel choix. Aucun n'�tait coupable, car Dieux et Hommes vivaient dans le m�me espoir. Observant le Sceptre d'Ohk�d, symbole de l'Equilibre ramen� du Fyndel, Sy� comprit que ni les Dieux ni les Hommes ne m�ritait la mort, chacun aurait donc d�sormais son domaine, Erakis pour l'Humanit�, la Lune Vierge pour les �mes des Dieux.
En tuant le Dragon et en amenant le Sceptre d'Ohk�d sur la Lune, Sy� redonne espoir aux Dieux. En effet, Tair, n� des Grands El�mentaux Air et Terre, suffirait sous l'ordre d'Ohk�d � recr�er une Arche des Esprits Divins permettant aux Dieux de retourner sur Erakis. Seulement, Ohk�d pourra se remat�rialiser afin de brandir le Sceptre de Perception uniquement lorsqu'il sera invoqu� par un �quilibre d�sormais possible entre les Dieux et les Hommes ayant atteint l'ataraxie, les d�it�s n'ayant alors plus � d�clencher une nouvelle Col�re des Dieux face � l'harmonie retrouv�e.
Apr�s la d�faite des enfants divins, Sy�, en tant que D�esse, ne pouvait rester en ce monde sans risquer de briser l'�quilibre atteint apr�s la guerre des Brumes. Avant de quitter Erakis, elle embrassa Araknor sur le front, et par ce baiser insuffla en lui les vertus de l'Espoir. Araknor saura le transmettre � son tour aux peuples de son monde, sans m�me s'en rendre compte. Ainsi, l'espoir des Dieux devint aussi celui des Erakiens gr�ce au baiser de Sy�
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