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Erakis retrouvait peu � peu forme. L'aide de M�rope y avait �t� pour beaucoup. Alors que les combats faisaient rage sur le continent des brumes, le Grand Commer�ant envoyait des bateaux vers Edara et Ourgast recueillir les �ventuels rescap�s, parmi lesquels se d�nombraient de nombreux halfelins errants sur les c�tes de N�v�e et quelques groupes d'hommes, d'elfes et de gnomes dispers�s dans les for�ts de L�an.
Les populations d�cim�es reconstruisaient petit � petit, g�n�ralement sur les m�mes lieux qu'ils occupaient pr�c�demment. Quittant son anonymat obligatoire, le peuple men� secr�tement par Alwa�d dans le crat�re du Sanctlion, volcan endormi et ignor� des marins, put enfin se fondre au sein des diff�rentes civilisations d'Erakis. Bien que la plupart se rendirent sur les terres habit�es par des hommes comme Arkab, le Plateau du Levant, Centre ou Ystria, d'autres rest�rent par habitude au Sanctlion et certains entreprirent de reconstruire Eclaircie � partir des ses vestiges assainis. Lib�r�s du fardeau latent pesant depuis toujours sur ses �paules, ce peuple d�sormais fragment� pouvait profiter au grand jour des richesses de leur monde et des populations riches d'une histoire ancienne et de cultures vari�es.
Au royaume de Melk intact, Ve�k suivait les traces pacifistes de son p�re. Le tunnel fut ouvert sur la p�ninsule, et comme esp�r�, plus de passages rendirent ces lieux plus agr�ables. Les ind�pendantistes d�stabilis�s par la trahison de Sham perdirent les �lections suivantes, accordant l'autorit� aux Partisans du Conseil men�s par Mylie, la premi�re femme occupant le poste de seigneur d'Arkab. Personne ne mit son ascension en doute cependant, car sa r�putation lui octroyait l'�nergie de trois hommes.
Toujours guid�e par Keldish, Sable ne se heurta � aucun probl�me de r�organisation. D�couvrant � son retour une cit� anormalement verdoyante et d�vast�e par une pluie inattendue, Keldish d�cida d'ouvrir aux autres peuples la ville d�couverte par Araknor et ses compagnons. Les autres cit�s resteraient secr�tes, mais celle-ci se devait d'ouvrir ses portes � qui d�sirait conna�tre le pass� de leur monde, r�sidant en les �uvres gard�es dans les biblioth�ques de Sable.
Alors que certains partaient y �tudier, d'autres se sentaient une �me plus artistique et rejoignaient le Mont Solitaire. Les Initi�s poursuivaient leur apprentissage musical, n�anmoins sans la formation finale d'Alya, la magie d�livr�e par la musique �tait vou�e � dispara�tre. Au fil du temps, l'ancienne Ecole d'Art de Bruy�re devint le rep�re de tous les artistes, r�unissant sculpteurs, peintres et �crivains. Chacun venait y puiser l'inspiration �manant de ce mont impr�gn� de gr�ce divine. Parmi les �crivains, les Gnomes repr�sentaient la plus grande majorit�. D'une part car le Mont Solitaire se trouvait dans leurs for�ts, mais surtout car ils abandonn�rent leur religion apr�s la nouvelle de l'absence de H�ze. Beaucoup eurent du mal � accepter cette id�e et se lan�aient dans la r�daction d'ouvrages consacr�s aux rituels ayant pr�c�demment lieu et � leur mani�re de vivre avant cette reconversion de leur peuple apprenant � vivre par eux-m�mes. Les pr�tres, d�sormais qualifi�s de sorciers, �crivaient aussi quelques livres, de peur de perdre leur savoir magique sans ce qu'ils croyaient �tre une influence divine ; en effet la plupart des anciens pr�tres perdaient progressivement leurs sortil�ges, suivant les pas de leur foi bris�e. S�gol�n, s'interrogeant particuli�rement sur la capacit� d'un peuple � suivre � tort une influence mystique, abandonna ses croyances religieuses sans mal et d�veloppa une forme de r�flexion plus philosophique, mouvement plus tard suivi par nombre d'auteurs de toute origine. Aucun Grand Sorcier des Vents n'avait �t� d�sign� en cette p�riode de remise en question, ainsi les Gnomes vivaient assez �trangement, sans r�elle organisation, laissant �maner de l'ambiance collective des structures suffisantes pour vivre harmonieusement.
Leurs voisins, les Elfes de L�an, se trouvaient tout autant fragment�s, cependant ayant toujours v�cu ainsi ils ne cherch�rent pas � se regrouper et se concentraient sur l'extension des nouvelles for�ts et le repeuplement de leur territoire, ce en quoi ils furent aid�s par l'arriv�e de centaines de mehves en provenance d'Art�sia. |
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Le Plateau du Levant fut assur�ment la partie d'Edara la plus sujette aux changements. Araknor, adul� � son retour dans la plaine, devint naturellement seigneur du Levant. Accept� imm�diatement de par ses actes, sa lign�e familiale avec le respect� Armil Jaris acc�l�ra la confiance que le peuple lui accorda. Refusant de se laisser aller � la nostalgie en pensant trop � ses plus intimes amis disparus ou loin de lui, Araknor d�pensait toutes ses forces dans la r�organisation du Plateau et la reconstruction du ch�teau. Comme pour la plupart des peuples, chaque force disponible redonnait forme aux villages, au port, et le commerce reprenait de ville en ville.
Araknor veillait avec soin � la remise en �tat de la capitale du Levant. Consid�rant Verfal comme un nom du pass�, il d�cida de renommer la ville. Voulant porter hommage aux Terres du Fyndel d'o� provenait Sy�, il en inversa les syllabes et baptisa ainsi la capitale Delfyn. Le demi-elfe suivait avec une attention particuli�re le travail des architectes du ch�teau dont Araknor fournit les plans sommaires. Le travail semblait si peu ordinaire que diff�rents b�tisseurs elfes, nains et gnomes durent se joindre au travail ; en effet Araknor �rigeait un ch�teau asym�trique, divis� en diff�rentes sections distinctes. Il laissait son imagination d�river vers Sable, vers le palais de Bruy�re et les cit�s elfiques d'Art�sia. Chaque inspiration se retrouvait dans telle ou telle partie du ch�teau, faisant de cet �difice magnifique le plus novateur et surprenant d'Erakis. Araknor attendait avec impatience la f�te qui cl�turerait la fin des travaux. Seule restait � terminer la commande du r�deur aux Elfes, les statues de Lina�lle, Nejma et Sy�. Bien qu'elles soient d�j� de parfaite qualit�, Araknor trouvait toujours � en modifier un d�tail afin de rendre � ses amis leur v�ritable expression. |
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Chaque repr�sentant des peuples fut invit� � la c�r�monie de Delfyn. Keldish et M�rope accept�rent imm�diatement et les autres missives positives arriv�rent de chaque continent. Mylie envoya m�me � Araknor certains des meilleurs cuisiniers d'Arkab afin d'assister le demi-elfe. Les Gnomes envoyaient S�gol�n, et Ve�k se joindrait aussi aux festivit�s. Cette f�te serait aussi l'occasion de rencontrer Elbane et Khami. Elbane, l'un des fils de Borion et nouvel administrateur d'Ourgast, fut recueilli par les marins de Centre alors qu'il dirigeait un groupe de rescap�s le long des c�tes de N�v�e. Depuis leur retour, les Halfelins convinrent de reb�tir selon leurs anciennes techniques, sans aide de magie. Les demeures s'en trouvaient certes plus simples, mais les Halfelins se contentaient g�n�ralement de peu. Ils regrettaient n�anmoins l'absence de Nejma. Tous le connaissaient pour �tre le seul moine halfelin, et lorsqu'ils apprirent que Nejma affronta les demi-Dieux afin de sauver Erakis, il devint au sein de son peuple un v�ritable h�ros. Les anciens raconteraient longtemps les exploits de Nejma alors que les enfants joueraient en s'imaginant �tre l'halfelin devenu grand. Ystria n'avait aucun h�ros � acclamer, l'heure �tait plus aux doutes. N'ayant plus foi en la dominance d'un seul seigneur, ils divis�rent la ville en six quartiers chacun g�r� par un seigneur �lu et ind�pendant. Ces dirigeants se r�unissaient r�guli�rement afin de s'accorder sur certaines mesures, tentant prioritairement d'�viter toute �mulation entre les diff�rents districts. Khami �tait l'un de ces seigneurs, d�sign� pour repr�senter Ystria au Conseil d'Erakis. Bien que ses paires s'accordent � dire de Khami qu'il passait plus de temps � appr�cier qu'� parler, ce qui ne le rendait parfois que peu loquace, il �tait toujours d'agr�able compagnie et savait aussi en certaines occasions faire part de ses passions avec emphase. Ainsi ce fut lui qui voguait en direction du Levant pour la f�te c�l�brant Delfyn.
Araknor n'attendait plus qu'une r�ponse, mais l'attendait avec une impatience particuli�re. Les Elfes d'Art�sia eux aussi invit�s, la missive du nouveau roi donnerait bient�t confirmation de leur venue. La reine Edr�ane avait en effet p�ri au cours des combats dans la plaine de Louhna. Pie'l eut la difficile t�che d'en informer les Elfes de L�ole, n�anmoins il les r�conforta en leur annon�ant la d�couverte de continents habit�s et surtout de leurs descendants elfiques de L�an. Pie'l raconta des heures durant sa travers�e de la mer, le combat pour lequel leur reine perdit la vie et sa rencontre avec une D�esse. L'histoire de Pie'l se r�pandant de village en village au rythme des mehves, la surprise ne fut pas grande lorsque � l'Epreuve du Regard tous les yeux converg�rent vers lui, le d�signant roi d'Art�sia. La route des ruines d�sormais ouverte, les Elfes parcouraient maintenant les for�ts du nord et certains s'install�rent m�me � Ystria. Depuis la travers�e des eaux, beaucoup d�siraient apprendre l'art de guider les mehves et de s'assurer les vents favorables, ainsi Pie'l leur enseigna comment r�pondre aux pires difficult�s qu'il eut � affronter dans les airs. Avant de quitter Art�sia, Pie'l insista pour que Deste�ne les accompagne, mais elle r�pondit �vasivement au roi : " Plus tard, la musique n'est pas finie. Et tu diras au jeune demi-elfe que je peux lui apprendre � cueillir des champignons plut�t qu'il ne se serve dans mon panier� " Pie'l la salua en souriant puis s'envola vers la mer en compagnie de Dr��n et M�arten.
Araknor exultait. Ses invit�s parcouraient maintenant Delfyn et Lina�lle, Nejma et Sy� se dressaient d�sormais au sein du village, statues reposant sur un socle de platine offert par les Nains et orn� de gravures elfiques. Les Initi�s dont les services furent lou�s pour l'occasion entam�rent leurs rythmes singuliers, animant la ville enti�re de chants de bienvenue pour les visiteurs qui n'avaient encore jamais �t� vus si nombreux en ces terres. Le banquet fut somptueux, d'autant qu'Araknor avait d�couvert une cave dans les profondeurs du ch�teau o� se trouvaient par centaines des bouteilles de vin de tout �ge et de chaque r�gion du Plateau. Le repas fut donc aussi une longue s�ance de d�gustation, Araknor se faisant un devoir d'�tre conscient de la qualit� des vins vari�s emplissant sa cave. Les discussions qui suivirent le d�ner dur�rent des heures enti�res dans les diff�rents endroits du ch�teau que les convives visitaient de nuit. Il leur semblait �tre dans un r�ve, car apr�s avoir travers� des couloirs et des chambres ensabl�s, ils franchissaient des pontons de bois � l'air libre reliant de larges terrasses culminant le ch�teau, puis redescendaient vers un r�seau de salles o� des ouvertures sur le ciel trouaient la vo�te et o� se d�voilaient des bassins emplis d'eau de pluie au sein desquels une v�g�tation verdoyante se d�veloppait. Plusieurs fresques couvrant des murs entiers se contemplaient ci et l�, repr�sentant principalement des sc�nes de la guerre des Brumes. Au long des couloirs se d�couvraient ainsi Edr�ane sous forme d'aigle survolant la bataille de Louhna, Rigel rappelant ses parents � la vie sur la Lune Vierge, Zosma sortant de l'esprit du Dragon et bien d'autres peintures ajoutant � la beaut� myst�rieuse du ch�teau de Delfyn. |
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Chacun regagnait peu � peu ses quartiers, la musique devenait plus calme. Seuls restaient les plus noctambules, comme Mylie, S�gol�n et Elbane qui ne se lassaient pas de philosopher pendant des heures avec ceux qui s'attardaient � table. Araknor, Khami et Pie'l observaient la ville, install�s sur les hautes terrasses de bois. Khami, fid�le � sa r�putation, profitait du silence pour appr�cier, Pie'l r�digeait un po�me, Araknor souriait, heureux, tentant de stabiliser sa vue sur un point fixe. Son regard se porta sur la statue de ses amis, et il crut d'abord que ses yeux le trahissaient, pourtant, malgr� une concentration intense, il ne distinguait que deux silhouettes. Il se leva promptement, coupant ses compagnons dans leur r�verie. - " Pie'l, Khami, j'ai besoin de vos yeux ! " dit Araknor, d�grisant � une vitesse surprenante. " Observez les alentours, guettez le moindre mouvement. Je descends au village, de l� je suivrai vos indications. - Attends Araknor, que se passe-t-il ? interrogea Pie'l. - Les statues viennent d'�tre profan�es. "
Araknor courait au sein du ch�teau, r�alisant � peine qu'il venait d'acqu�rir la facult� de d�griser instantan�ment, constituant son premier pouvoir de r�deur. Avant de franchir les portes ext�rieures, il d�gaina Sybalure. Atteignant la place centrale au milieu des maisons endormies, il retint un cri de rage. Seuls Sy� et Nejma portaient encore leur regard vers les for�ts du Plateau ; la statue de Lina�lle venait d'�tre vol�e. Se tournant vers les hauteurs du ch�teau, il fit signe � Khami et Pie'l. Ceux-ci ne semblant avoir vu aucun mouvement, Araknor h�sitait � r�veiller la garde pour lancer ses hommes � la recherche des voleurs. " Monte, Araknor, je t'emm�ne. " dit une voix dans l'esprit du demi-elfe. Lylfel se tenait derri�re lui, sans selle ni harnais. Araknor sauta sur Lylfel qui s'�lan�a au galop, traversant les prairies vers les sentiers plongeant dans la for�t. Cette chevauch�e lui rappelait sa travers�e du d�sert en compagnie de Sy�, Nejma et Lina�lle. La promesse faite � Sy� avant son d�part venait d'�tre rompue, Araknor bouillait de fureur. Au sein des bois denses, Lylfel ralentit puis s'arr�ta. - " Tu dois continuer seul, Araknor. - Je te trouve bien myst�rieux Lylfel, ce n'est pas ton habitude. Je n'aime pas �a. "
Son �p�e en main, Araknor avan�ait lentement, attentif � tout bruit alentours. Il eut � peine le temps d'entendre une voix diffuse qu'un �clair de lumi�re jaillit des broussailles et l'aveugla. Il entendit des mouvements, quelqu'un approchait rapidement. Araknor savait son arme inutile sans ses yeux, ainsi il ne put que contenir le choc d'une personne se jetant dans ses bras pour y rester blottie. Araknor reconnut son odeur et son rire. Sa vision lui revenait doucement et il croyait r�ver, Lina�lle l'�treignait. - " Je pensais te trouver ivre, Araknor ! taquina la pr�tresse. - Je le suis, Lina�lle, ivre de joie de te revoir. Mais... comment ? Est-ce un r�ve ? - J'esp�re que tu me pr�f�res vivante qu'en statue, car je suis bien dans tes for�ts, seigneur de Verfal. - De Delfyn� " pr�cisa Araknor comme par r�flexe, toujours h�b�t� par cette situation. - " Je vois que j'ai du retard � rattraper. - Et moi donc ! s'exclama le r�deur. Lina�lle, tu as �t� d�sint�gr�e� - Oui, et ce n'est pas une de mes meilleures exp�riences pour tout dire. Mais laisse-moi deviner, Sy� t'as demand� d'�riger une statue � mon effigie ? - Oui� - Lorsque mon corps a �t� d�sagr�g� sur la Lune, �tant dans un domaine �th�r�, la sph�re lumineuse de mon �me vous est apparue. Sy� poss�de des pouvoirs comparables � ceux d'une D�esse, ainsi elle put me sauver, par ton interm�diaire. Elle joignit � mon �me un sortil�ge de transmutation de pierre en chair qui ne prendrait effet que lorsque la statue serait termin�e. Merci pour la robe d'ailleurs, ample comme je les aime. " Sortant des broussailles apparut soudain la monture divine de Lina�lle. - " Rystell a senti ma pr�sence et est venu me trouver. Il m'a expliqu� un peu la situation et je n'ai pas r�sist� � l'envie de te faire une petite frayeur. - Merci Lina�lle, je te reconnais bien l�. - Sur ce, cher seigneur, me feriez-vous l'honneur de m'offrir le g�te et le couvert ? - Aussi longtemps que tu le voudras, mon amie. Ce soir, mon ch�teau est le tien. Avec ton arriv�e nous allons d'ailleurs pouvoir relancer les festivit�s, il y a beaucoup de gens qui vont �tre heureux de te revoir. "
Araknor, heureux, ne put s'emp�cher de r�veiller la ville et les dormeurs du ch�teau alors que les premi�res lueurs du jour s'annon�aient encore lointaines. Bien que certains se plaignent de ce r�veil impromptu, la nouvelle du retour de Lina�lle fut accueillie avec des �clats de voix suivis d'un nouvel entrain et de la reprise de rythmes entra�nants. Lorsque le soleil apparut, les cuisini�res s'attel�rent � pr�parer le d�jeuner pour les convives affam�s par une telle nuit. Comprenant vite que personne ne serait en �tat de travailler en ce nouveau jour, Araknor d�clara cette journ�e f�te nationale du Plateau du Levant, en l'honneur de la r�surrection de Lina�lle et du premier jour de Delfyn. |
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Les semaines suivantes, alors que tous avaient regagn� leurs contr�es respectives, Lina�lle s'attarda aupr�s d'Araknor. Elle savourait sa vie retrouv�e et inesp�r�e, pourtant malgr� cela Nejma et Sy� lui manquaient terriblement. Ainsi que Sharkan, Saskia et tant de ses proches tomb�s au combat. Araknor parvenait � la consoler par son dynamisme, occup� � g�rer son domaine et � c�l�brer l'�quilibre du Plateau du Levant. Les plus grandes d�penses du ch�teau servaient � alimenter les banquets qu'Araknor tenait r�guli�rement sur la place de la ville en l'honneur de la paix. Cela lui valait toujours de nombreuses visites de l'ext�rieur et Araknor semblait ainsi dans une parfaite harmonie o� il entra�nait Lina�lle. N�anmoins, il esp�rait en secret le retour de Sy� et Nejma. En pr�vision de cet instant, il invita certains Initi�s � venir jouer continuellement dans les rues de Delfyn, en �change de lits et de nourriture au sein du ch�teau. Les habitants du Plateau furent d'abord surpris par les actes de leur seigneur, mais y voyant les bienfaits que cela procurait, ils finirent par sourire � l'id�e d'�tre dirig�s par un r�veur pacifiste toujours heureux de festoyer avec son peuple.
Apr�s une lune pass�e chez Araknor, Lina�lle partit en direction de sa patrie d'enfance, les grottes de H�ze dont le nom fut conserv� par respect pour l'ancienne culture Gnome. Ceux-ci avaient longtemps attendu leur humaine d'adoption, et ils constat�rent avec joie qu'elle n'avait rien perdu de sa magie, bien au contraire. Apr�s que Lina�lle, cette femme l�gendaire, leur ait appris � se d�tacher d�finitivement de H�ze sans perdre leurs sortil�ges, les gnomes lui demand�rent de devenir leur Grande Sorci�re des Vents. Consciente qu'elle s'absenterait r�guli�re, Lina�lle accepta � la condition de partager cette responsabilit� avec S�gol�n dont les r�flexions accordaient � cette gnome l'�quilibre et la maturit� n�cessaire. En effet, Lina�lle voyageait souvent, d'autant plus facilement que chevauchant Rystell, rare vestige des pouvoirs divins. Elle partageait son temps entre Delfyn o� elle disposait d'une chambre personnelle au ch�teau, les biblioth�ques de Sable au sein desquelles elle parcourait avec avidit� les nombreux ouvrages anciens, et les grottes de son peuple. Convaincue que de l'expression personnelle naissait des �uvres riches, elle exhorta les �crivains Gnomes � se tourner comme S�gol�n vers un style d'�criture nouveau, plus intuitif et personnel. Entre Araknor favorisant la musique des Initi�s et Lina�lle d�veloppant les �crits, Edara devint le continent artistique d'Erakis. Diverses sources d'inspiration reposaient d'ailleurs en ces terres. De nombreuses batailles y avaient eu lieu, la D�esse de la Musique y avait s�journ� plusieurs mill�naires non loin d'un Dragon endormi, et depuis la fin de la guerre, un cheval divin solitaire parcourait Edara. Ma�va, seule monture divine sans cavalier, errait de r�gion en r�gion, ne se montrant qu'� quelques rares personnes dont Araknor, Lina�lle et Keldish.
A la fin de l'automne se tint � Centre le premier Conseil d'Erakis succ�dant � la fin des combats. Cette nouvelle r�union sonna l'heure d'une nouvelle �re sur Erakis, la guerre des Brumes ayant lev� les doutes de l'Ath�nit�. Ainsi d�buta l'Humanit�. Des membres du pr�c�dent conseil, seuls M�rope et Keldish avaient surv�cu � la guerre. Accueillant les nouveaux dirigeants de chaque peuple, ils re�urent Araknor, Lina�lle, S�gol�n, Ve�k, Pie'l, Khami, Mylie et Elbane. Chacun d'eux aspirant � la paix, seules des nouvelles de r�organisation r�ussie et d'entente entre les populations s'�chang�rent pendant leur r�union. Lorsque M�rope d�clara le conseil clos et annon�a le repas, Araknor appela deux gardes du Plateau qui entr�rent charg�s de plusieurs caisses emplies de bouteilles de vin. Le seigneur de Delfyn d�clara avec un large sourire : " Avant le repas, je vous propose de d�guster la premi�re r�colte des nouvelles vignes du Levant. " Lina�lle amena des verres et Mylie s'occupa de les remplir. Araknor continua : - " Je l�ve mon verre � Nejma et Sy� qui m�riteraient d'�tre parmi nous pour c�l�brer la paix qui nous unit. - Sachons faire perdurer cet �quilibre, conclut Lina�lle, et nous le f�terons avec eux � leur retour. En attendant, puissent-ils o� qu'ils soient savourer le m�me bien-�tre que nous. " Ils trinqu�rent, ouvrant les festivit�s.
Les ann�es passant, les vins nouveaux d'Araknor devinrent coutume au Conseil d'Erakis, puis � cela s'ajout�rent quelques recettes culinaires des cuisiniers de Mylie, des livres �crits par les meilleurs �crivains Gnomes, et d'autres surprises comme le roi Pie'l apportant un panier de champignons d'Art�sia. L'amour fraternel �manant des membres du conseil se transmettait aux peuples, � moins que ce ne soit la tranquillit� des peuples qui adoucisse et r�jouisse leurs dirigeants ; toujours est-il qu'Erakis coulait des jours heureux, ayant touch� la mort de si pr�s que la simplicit� d'une vie de plaisir et de partage constituait la plus belle des r�compenses qu'ils puissent recevoir. |
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2005 � Julien Jay |
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