Discours, 23-IX-2001, n. 3

(Aux jeunes, à l'Université Eurasia ; Kazakhstan)

On m'a dit que dans votre très belle langue, le kazakh, " je t'aime " se dit : mien siené jaksé korejmen, expression que l'on peut traduire par : " je te regarde bien, je porte sur toi un regard bienveillant ". L'amour de l'homme, mais, plus encore, l'amour de Dieu envers l'homme et la création naît d'un regard bienveillant, d'un regard qui fait voir le bien et conduit à voir le bien : " Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon ", voilà ce que l'on dit dans la Bible (Gn 1, 31). Un tel regard permet de saisir tout ce qu'il y a de positif dans la réalité et conduit à considérer, au-delà d'une approche superficielle, la beauté et la richesse de tout être humain qui vient à notre rencontre.

Spontanément, nous nous demandons : " Qu'est-ce qui rend l'être humain beau et grand ? ". Voilà la réponse que je vous propose : ce qui rend l'être humain grand est l'empreinte de Dieu qu'il porte en lui. Selon la parole de la Bible, il a été créé " à l'image et à la ressemblance de Dieu " (cf. Gn 1, 26). C'est précisément pour cela que le cœur de l'homme n'est jamais satisfait : il veut quelque chose de meilleur, il veut plus, il veut tout. Aucune réalité finie ne le satisfait ni ne l'apaise. Augustin d'Hippone, antique Père de l'Église, disait : " Tu nous as faits, ô Seigneur, pour toi, et notre cœur ne sera apaisé que lorsqu'il trouvera la paix en toi " (Confessions 1,1). La question que votre grand penseur et poète Ahmed Jassavi, répète à plusieurs reprises dans ses vers, ne jaillit-elle pas de cette même intuition : " À quoi sert la vie, sinon à être donnée, et donnée au Très-Haut ? "

Hosted by www.Geocities.ws

1