Audience générale, 30-XI-1988, n. 2

(Jésus avait coutume de prier en suivant les textes sacrés de son peuple ; au Calvaire, le psaume 21/22 : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné")

C'est pourquoi à l'heure du Calvaire ce fut spontanément que Jésus s'appropria cette question que le psalmiste fait à Dieu en se sentant bouleversé par la souffrance. Mais, sur ses lèvres, le "pourquoi" adressé à Dieu était encore plus efficace pour exprimer une douloureuse stupeur devant cette souffrance qui n'avait pas d'explication simplement humaine, mais constituait un mystère, dont seul le Père possédait la clé. C'est pourquoi, tout en naissant de la mémoire du psaume lu ou récité dans la synagogue, la question renfermait une signification théologique en relation avec le sacrifice, par le moyen duquel le Christ devait, en pleine solidarité avec l'homme pécheur, expérimenter en lui l'abandon de Dieu. Sous l'influence de cette terrible expérience intérieure, Jésus mourant trouve la force de faire exploser ce cri.

Et dans cette expérience, dans ce cri, dans ce "pourquoi" adressé au ciel, Jésus établit aussi un nouveau mode de solidarité avec nous, qui sommes portés souvent à lever les yeux et la bouche vers le ciel, pour exprimer notre lamentation, et pour certains même leur désespoir.

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