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Audience générale, 16-IX-1988, nn. 4-5
Il est consolant pour nous tous de savoir que, selon l'Épître aux Hébreux, le Christ crucifié, prêtre éternel, reste pour toujours Celui qui intercède en faveur des pécheurs qui, grâce à Lui, s'approchent de Dieu (cf. He 7,25). Il est l'Intercesseur, et aussi l'Avocat, le " Paraclet " (cf. 1 Jn 2,1), qui, sur la croix, au lieu de dénoncer la culpabilité de ceux qui l'ont crucifié, l'atténue en disant qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. C'est une bienveillance de jugement ; mais aussi une conformité à la vérité réelle, celle que lui seul peut voir dans ses adversaires et dans tous les pécheurs ; beaucoup peuvent être moins coupables qu'il n'y paraît ou que l'on pense, et c'est précisément pour cela que Jésus a enseigné de " ne pas juger " (cf. Mt 7,11) ; et maintenant, sur le Calvaire, il se fait l'intercesseur et le défenseur des pécheurs devant le Père. (...) " Pardonne-leur " Pour nous aussi, elle est certainement valable, cette requête de clémence et, pour ainsi dire, de compréhension céleste : " car ils ne savent pas ce qu'ils font ". Peut-être aucun pécheur n'échappe-t-il totalement à cette absence de connaissance, et donc au rayon de cette imploration qui émane du cœur très tendre du Christ mourant sur la croix. Mais cela ne doit pousser personne à se jouer de la richesse de bonté, de tolérance et de patience de Dieu, au point de ne pas reconnaître qu'une telle bonté l'invite à la conversion (cf. Rm 2,4). Avec la dureté de son cœur impénitent, il amasserait sur lui-même un trésor de colère pour le jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu (cf. Rm 2,5). Pourtant, pour lui aussi, le Christ mourant demande au Père pardon, même si un miracle s'avérait nécessaire pour sa conversion. Même lui, en réalité, ne sait ce qu'il fait ! |