| la r�action de l'a�n� On peut, pour comprendre cette r�action se r�f�rer � l��uvre de Fran�oise DOLTO qui a bien d�crit cette p�riode et se rappeler que, pour un enfant, le premier type d'amour est l'identification. Pour lui, aimer quelqu'un veut dire "devenir comme lui", voire "devenir lui". Jusqu'� l'arriv�e d'un fr�re ou d'une s�ur cette fa�on d'aimer n'a, en g�n�ral, pos� aucun probl�me � l'enfant : son univers �tait constitu� par des adultes et les aimer allait dans le sens de son d�veloppement, l'aidait � grandir. Tout change avec l'arriv�e du nouveau b�b� car l'identification devient dangereuse; devenir en effet "comme" le b�b� �quivaudrait � redevenir petit, � retourner en arri�re. L'enfant est donc pris dans un terrible dilemme : comment peut-il aimer cet autre sans pour autant se d�truire ? Il cherche des moyens de sortir de l'impasse et il souffre : c'est le sens de cette p�riode que les adultes per�oivent comme"crise". R�soudre ce probl�me est difficile pour l'enfant car il lui faut �viter trois �cueils : s'identifier � sa m�re ( se prendre pour elle) ; on voit ainsi des enfants devenir subitement de v�ritables nounous pour leur petit fr�re ou leur petite s�ur; s'identifier au b�b� ; certains le font et r�gressent; s'identifier au p�re(se prendre pour lui) ; certains enfants, devenus magiquement plus que" raisonnables", se mettent ainsi � faire la morale au b�b�, � jouer les adjudants-chefs avec lui et les maris avec leur m�re. Ces solutions sont tentantes mais toujours destructrices pour l�enfant car en choisissant l'une ou l'autre il quitte in�vitablement sa "place"(d'enfant, de fils ou de fille de ses parents, d'a�n�...) En fait l'enjeu de cette crise qui n'est pas une crise de jalousie mais une crise d'identit� est que l'enfant en sorte en sachant qui il est et quelle est sa place, et en ayant compris que l'on peut aimer un autre sans pour autant s'identifier � lui. Il pourra ainsi aimer des gens diff�rents de lui tout en restant lui-m�me ( ce qui est la cl� de la vie relationnelle et sociale) mais il ne r�ussira pas cette sortie sans l'aide de ses parents. comment l'aider ? De diff�rentes mani�res : - Avant la naissance : pour les parents aussi, avoir � partager leur amour entre deux enfants n'est pas une chose facile, surtout au d�but. Il faut qu'ils s'habituent � cette id�e. Ce n'est que lorsqu�ils se sentiront clairs vis-�-vis de l'enfant d�j� pr�sent, qu'ils pourront lui annoncer la bonne nouvelle. La pr�paration � l'arriv�e du b�b� est surtout importante dans les derniers mois de la grossesse. Il faut en parler souvent en famille, faire sentir les mouvements du b�b� dans le ventre, expliquer que ce b�b� n'appartient pas qu'� ses parents mais aussi � ses fr�res et s�urs ; ces derniers comprennent alors qu'ils auront un r�le � jouer. Il faut expliquer au "grand" qu'il sera toujours l'a�n�, qu'il ira � l'�cole le premier, qu'il aura des "copains" le premier, des fianc�(e)s le premier...Beaucoup d'enfants ne se rendent pas compte de leur place dans la fratrie et s'imaginent, de ce fait, que le petit va les rattraper. - Lorsque la maman quitte la maternit�, elle peut rapporter � l'a�n� un jouet : une poup�e, une peluche, un camion... Quand elle jouera avec le b�b�, lui jouera � c�t� d'eux avec son jouet ! L'heure des soins dispens�s au b�b� par la m�re, peut �tre aussi l'occasion pour le p�re de tisser des liens nouveaux avec le grand, plus intimes qu'auparavant. - Apr�s la naissance : en comprenant qu'il n'est pas possible d'�viter � l'enfant la souffrance qu'il �prouve mais que l'on peut l'accompagner : il n'y a pas � changer d'attitude avec le b�b� sous pr�texte de m�nager l'a�n� et il n'y a pas non plus � lui donner des compensations ; il rencontre une difficult� et il doit la surmonter. C'est � ce prix qu'il deviendra fort; il faut l'aider � trouver sa place en prenant garde aux divers moments de la vie quotidienne o� il essaie d'en sortir pour jouer au b�b�, � la maman ou au papa ; et surtout, il faut l'aider � comprendre qu'il a le droit d'exprimer sa col�re et sa souffrance sans se sentir coupable ou jug� mais qu'il ne peut le faire qu'avec des mots et jamais avec des actes. Il est primordial, en effet, que le p�re intervienne pour interdire, d'embl�e, tout acte agressif : c'est chez les animaux que l'on griffe et que l'on mord ; chez les humains on parle. Cette intervention paternelle est fondamentale car laisser un enfant sans limites, en proie � ses pulsions agressives, revient � lui faire vivre une situation qui est toujours d�shumanisante et aussi dangereuse pour lui que pour sa victime potentielle. On peut aider l'enfant � exprimer en paroles son agressivit� en lui disant bien qu�il n�est pas oblig� d�aimer le b�b� et qu'il est libre m�me de le d�tester en toute tranquillit� car sa haine n'a pas le pouvoir de le faire mourir. C�est � la fois vrai et d�culpabilisant pour l�enfant. Il est m�me possible de verbaliser � haute voix ce que l�on pense qu�il �prouve : dire par exemple � la cantonade : " Oh la la! Ce b�b� dont il faut toujours s'occuper, qui ne fait que dormir, et on ne peut m�me pas jouer avec lui...". De la sorte, l'enfant se sent compris et soutenu, ce qui l'aide � d�passer le conflit qui l'agite. Il arrive m�me qu'il le mette en sc�ne en utilisant ses poup�es et ses ours. Ce qui est tout � fait permis car les fess�es ne font pas de mal aux ours quand ils sont en peluche... |