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Le Soleil
 Lundi 2 décembre 1996

Johanne Mckay
Apprivoiser le rythme particulier de l'humour
Par Josée Lapointe

 

Montréal - Johanne McKay n'avait jamais eu l'occasion de faire de l'humour pendant sa déjà longue carrière. Imaginez le prof extraordinaire auquel elle a droit cette année : nul autre que l'ex-Rock et Belles Oreilles André - le petit - Ducharme.

Comme coanimatrice de Science-Friction, à Télé-Québec, la comédienne de 22 ans doit d'abord passer de l'information. Mais l'aspect humoristique est indissociable d'André Ducharme et du concept de cette émission scientifique destinée aux jeunes de secondaire I. Johanne McKay a donc dû, pour les sketchs surtout, adapter son jeu, apprendre à moduler sa voix, apprivoiser le rythme particulier de l'humour.

 

Dix-huit ans de métier

«Je ne suis pas encore sûre de moi, je me demande tout le temps si c'est drôle. Mais André me donne plein de trucs.»

Elle est assez contente de cette situation. Avoir autant de responsabilités lui donne confiance, et elle ne cesse d'apprivoiser de nouveaux aspects du métier qu'elle pratique depuis 18 ans. Johanne McKay a en effet commencé à l'âge de 4 ans. Après quelques publicités, elle a fait le saut en cinéma et en télé, avec des rôles dans Bonheur d'occasion, La bonne aventure, L'or du temps. Adolescente, on l'a vue dans les sketchs des Débrouillards et dans le film Mon amie Max, avec Geneviève Bujold.

Depuis trois ans, Johanne McKay charme les spectateurs de Sous un ciel variable, à Radio-Canada. Un rôle qu'elle aime beaucoup, celui d'une jeune fille déterminée et ambitieuse malgré l'accident qui l'a laissée paraplégique. Elle sait où elle s'en va, quoi, tout comme son interprète.

«Le seul moment où je me suis posé des questions, c'est vers l'âge de 13-14 ans parce que je me faisais écoeurer à l'école. Ça me gênait beaucoup. Sinon, j'ai toujours su que j'étais bien dans ce milieu. Je n'aime pas beaucoup la routine et ce métier, c'est le contraire de la routine.»

 

L'émission Science-Friction à elle seule comporte un ensemble d'aspects différents, entre les sketchs, l'animation et les reportages. Elle doit cependant y consacrer beaucoup d'énergie, particulièrement dans l'apprentissage des textes. «Mais ça ne fait rien.»

Johanne McKay croit que c'est grâce à son rythme que la série séduit son public. «Ça bouge, c'est vivant et c'est drôle. Il faut ça maintenant et je crois que ça donne le goût aux jeunes d'aller plus loin.»

Elle, en tout cas, en apprend beaucoup - alors qu'elle était peu intéressée par les sciences à l'école. «Mais si on m'avait expliqué tous les débouchés, peut-être que j'y aurais porté plus attention. Par exemple, à l'émission, nous faisons des entrevues avec des gens qui ont des carrières scientifiques ou qui ont besoin des sciences, comme les pilotes d'avion.»

 

Vive la vitesse!

Johanne McKay est convaincue que si l'émission «roulait» moins, elle intéresserait moins les jeunes. «Quand il y a des temps morts, ils se tannent. Là, on les accroche.» Elle croit surtout que la vitesse ne les empêche pas d'apprendre. «Ils sont vites les jeunes aujourd'hui. Ils ne comprennent sûrement pas tout de l'émission, mais je suis sûre qu'ils en comprennent plus qu'on pense. Ils sont habitués à ce que ça aille vite, avec les jeux vidéos, les clips et tout ça.»

Ces temps-ci, Johanne McKay est fort occupée, entre Science-Friction et Sous un ciel variable. Mais ça ne la rebute pas. «J'adore l'action, souligne-t-elle d'ailleurs. Je fais du parachute, de la plongée, de la moto, j'aime les défis. Alors je suis parfaitement heureuse comme ça.»

Des espoirs, elle en a plein, même si les rôles ne manquent pas. Elle rêve par exemple de jouer autre chose que les jeunes filles sages. C'est vrai qu'avec son visage d'ange, on a plutôt tendance à lui confier des personnages qui ne font pas de vagues. À une exception près : dans la série interactive Le mot de la fin, à Radio-Canada, où elle a joué une adolescente plutôt séductrice et sexy. «Ce n'est pas mon style habituel, ça fait drôle de me voir comme ça. Mais ça va finir par changer, je vais vieillir et j'aurai l'air moins jeune.»

C'est donc son seul voeu, dans une carrière qui semble se porter à merveille. «J'aimerais jouer une tough, une délinquante, une pas fine.»

© 1996 Le Soleil. Tous droits réservés.

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