INTRODUCTION
A L'APOCALYPSE
par B. W. Johnson
Lorsque
nous ouvrons le livre de l'Apocalypse, nous
découvrons, dans un premier temps, une différence flagrante
entre
ce livre et les autres écrits du N.T.
Ce n'est pas un livre historique comme les Actes, ou un ensemble
de discussions et d'instructions pratiques comme les épîtres.
C'est plutôt un livre qui, de prime abord, ressemble à ceux des
prophètes Ezéchiel et Daniel. Ces prophètes ont eu des visions
divines sur certains grands événements du futur, et ils les ont
révélées par écrit, en employant des images symboliques.
Jean a eu de merveilleuses visions, qu'il a enregistrées et
laissées à l'Eglise pour leur interprétation.
Ce livre est un livre prophétique.
#Re 1:1
Afin d'avoir la meilleure compréhension de ce livre, nous ne
devons pas perdre de vue son objet, qui apparaît dès la première
phrase.
Le but du livre est de révéler le futur, et non de
révéler quelques événements limités, mais "les choses" qui
doivent
se réaliser.
Autrement dit, son but est de révéler les grandes lignes de
l'histoire future, dans la mesure où cette histoire concerne
l'Eglise.
Il n'y a aucune autre portion du N.T qui n'ait été autant que
l'Apocalypse une source de désaccord ou d'incompréhension.
Le plan établi pour l'exposé ne laisse pas beaucoup de place
pour approfondir tous les points, et cet exposé sera limité à
certaines parties essentielles pour la compréhension du texte.
Parmi ces points se trouvent les questions sur l'Auteur, sur la
date, sur le lieu de rédaction, et sur les principes
d'interprétation.
B. W. Johnson The People's New Testament (p. 405)
L'AUTEUR
Il a été fait allusion, dans les introductions des épîtres de
Jean, à la théorie de certains critiques rationalistes, qui
pensent qu'un certain "Jean l'Ancien", contemporain de Jean
l'apôtre serait l'auteur de l'Apocalypse.
Il n'y a aucune preuve que cette personne ait existé, et il n'est
pas étonnant que Jean soit appelé l'Ancien. Pierre aurait pu
s'appeler également ainsi, et le fragment manuscrit de Papias
montre que tous les apôtres et disciples de Christ peuvent être
qualifiés d'Anciens. Irénée parla même de Papias en tant que
disciple de Jean l'apôtre.
Certains, toutefois, ont essayé de montrer que le Jean mentionné
au premier verset de l'Apocalypse n'est autre que ce Jean
mythique.
Sans entrer dans la polémique concernant ce "Jean l'Ancien" ou
"Jean le Presbytérien", il semble essentiel de signaler qu'il
n'y a
pas d'autre livre du N.T dont le témoignage historique concernant
l'auteur ne soit plus clair.
Seulement quelques années se sont écoulées entre la mort de Jean
et les témoignages le concernant. Ces témoignages proviennent de
personnes l'ayant connu personnellement ou de personnes ayant été
instruites par d'anciens compagnons de Jean.
Parmi les témoins directs figure Papias, né vers 70 Ap. J.C.
Irénée le qualifie "d'auditeur" de Jean. Papias a écrit,
dans un
de ses manuscrits, dont il ne reste que des fragments, que Jean
est l'auteur de l'Apocalypse.
Irénée, né vers l'an 115 ou 125 Ap. J.C, a été instruit par
Polycarpe, lui-même un ancien disciple de Jean. Il était donc
relativement bien informé, et il a pu affirmer que Jean était
l'auteur de l'Apocalypse.
D'autres Pères du second siècle ont témoigné également que Jean
avait écrit l'Apocalypse, et c'est ce que dit le Canon de
Muratori, le premier canon des écrits du N.T, vers 170 Ap. J.C.
Tous les doutes concernant l'auteur semblent être venus bien plus
tard.
Il est aussi historiquement bien établi que Jean a passé ses
dernières années dans cette partie de l'Asie à laquelle le Livre
de l'Apocalypse est associé.
B. W. Johnson The People's New Testament 1889. (p. 405-406)
LA DATE
Seules deux dates de rédaction sont proposées:
(1) Celle que l'église primitive avait reconnue. Elle correspond à
la fin du règne de l'Empereur Domitien, de 81 à 96 Ap. J.C,
(2) celle que les critiques modernes ont retenue. Elle correspond à
la fin du règne de Néron, vers 65 à 68 Ap. J.C.
La première date est confortée par le témoignage historique, la
seconde se base sur des allusions, avec comme but l'appui de
certaines interprétations.
Avant de s'intéresser aux éléments qui étayent la première date,
(vers 95-96), voyons brièvement les raisons invoquées pour les
partisans du règne de Néron.
Il est dit que:
(1) Le texte doit avoir été écrit alors que le temple existait
encore,
#Re 11:1
et que les versets
#Re 11:2 20:9
montrent que Jérusalem n'était pas encore détruite, mais en état
de siège. Il est étrange, pour des étudiants de la Bible,
d'utiliser de tels arguments, car il est connu que le Temple et
Jérusalem sont des symboles représentant l'Eglise, et que tous les
livres du N.T comportent des symboles, du début à la fin.
Il semble étrange que, dans une vision composée de symboles,
certains soutiennent que Jean à Patmos, ait littéralement vu le
temple de Jérusalem, à des milliers de kilomètres de là.
De plus, lorsqu'il parle de la ville appelée "la Sodome et
l'Egypte spirituelles",
#Re 11:8
il signifie qu'il ne peut s'agir littéralement de Jérusalem.
Une ville sainte est le symbole de l'Eglise, une ville pécheresse
est le symbole d'une église détournée de la vérité, une ville
envahie par les païens symbolise une église influencée par le
monde.
Le langage de
#Re 20:9
exclut la capitale Juive du temps de Néron.
Note: L'objection exégétique des critiques modernes au sujet de
#Re 11:1
montrant que le temple de Jérusalem était encore debout au moment
de la rédaction de l'Apocalypse, prouve la profonde erreur de ces
gens, fourvoyés dans une fausse interprétation trop littérale.
(2) Il est soutenu que le verset
#Re 17:11
se réfère à Néron, et ceci amène une fausse idée sur la date.
(3) Il y a également certains solécismes(*)dans le texte Grec
original qui n'apparaissent pas dans l'évangile de Jean.
Ce qui permettrait de montrer que l'Apocalypse aurait été écrite
avant l'Evangile, alors que Jean ne maîtrisait pas encore la
langue.
Sur ce point, le Professeur Milligan, de l'Université d'Aberdeen,
en Ecosse, grand érudit de Grec, a dit:
"Les solécismes ne résultent pas d'un manque de connaissance du
Grec, ils n'auraient pas été supprimés par une meilleure
connaissance de la langue. Ils ont été utilisés dans un but
précis. De plus, certains passages, par exemple le chapitre 18,
montrent une parfaite maîtrise du Grec par l'auteur."
----------
(*)solécisme: incorrection de langage comme en commettaient les
gens de Soles, ville de Cilicie fondée par les Athéniens.
Faute contre la syntaxe, par opposition à barbarisme.
Ex: Je veux qu'il vient (Larousse)
Note: Winer ("Grammaire du Testament Grec"), au sujet des
solécismes de l'Apocalypse, dit que dans la plupart des cas ils sont
des figures de style, dans d'autres cas dus à une négligence de
l'auteur.
L'Apocalypse n'est pas un écrit structuré, travaillé et élaboré
comme l'évangile de Jean. Il a été écrit avec le feu et l'extase
du prophète, ce qui en explique les différences de style.
(4) Il est dit que l'imagerie Juive appartient aux premières
années d'écriture de Jean, plus qu'aux dernières.
On peut répliquer à cela qu'il n'y a aucun auteur du N.T qui
montre un tel style Juif, une telle influence, que dans l'évangile
de Jean.
C'est Jean qui a écrit:
#Joh 4:22
et, en parlant de Jésus:
#Joh 1:49
Des pensées et des empreintes de l'A.T apparaissent constamment
dans le quatrième évangile.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 406-407)
LA DATE REELLE
En se basant sur les déclarations positives et définitives
d'Irénée, il y a entente pour dire que cet écrit date de la
persécution subie lors du règne de Domitien.
Afin de bien apprécier le témoignage d'Irénée, il faut savoir
qu'il naquit dans le premier quart du second siècle, qu'il fut
disciple de Polycarpe, et fut évêque de Lyon en 178.
Polycarpe fut martyrisé en 155. Dans une de ses lettres, Irénée
parle à un de ses compagnons et explique combien Polycarpe lui
était cher et intimement lié. Il explique aussi que Polycarpe lui
parlait souvent de l'apôtre Jean, qui l'avait instruit.
Par conséquent, Irénée devait être informé, par Polycarpe, des
grandes lignes de l'histoire de Jean, et en particulier des
circonstances qui l'amenèrent en exil à Patmos.
Ce témoin déclare: "l'Apocalypse a été évaluée, du moins
jusqu'à
ma génération, comme ayant été rédigée sous le règne de Domitien
(96 Ap. J.C.)."
Les Pères de l'Eglise ont été d'accord avec cette déclaration, non
seulement au second siècle mais également au troisième, sans
variations dans les faits historiques. Toutes les déclarations
supportent la conclusion que Jean a été exilé à Patmos par
Domitien.
Un écrivain du quatrième siècle fit l'erreur de placer le
bannissement sous le règne de Claudius César, mais cette erreur
n'a pas trouvé d'écho.
C'est au sixième siècle que, pour la première fois, l'exil est
placé à une autre époque, celle du règne de Néron, et, jusqu'au
douzième siècle, il n'y a que deux auteurs qui soutiennent cette
thèse. On ne peut les appeler témoins, puisqu'ils sont plus
éloignés de la mort de Jean que nous de la découverte de
l'Amérique par Christophe Colomb.
Il est clair qu'on peut historiquement prouver que c'est la date
la plus récente qui est la plus convaincante.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 407)
TEMOIGNAGE INTERNE
La conclusion historique est corroborée par un témoignage interne
convaincant. Si on résume le livre de Godet "Bible Studies",
seconde série, certains points éclairent ce problème de date:
(1) "La condition indiquée des églises", au deuxième et
troisième
chapitre rend improbable une date ancienne. Ces églises ne furent
pas fondées avant les années 55-58. Paul a écrit à deux de ces
églises, Ephèse et Colosses, en 62 ou 63; Pierre a écrit à chacune
d'elles quelques années plus tard; Paul a écrit sa seconde lettre
à Timothée, à Ephèse, probablement vers 67.
Dans ces lettres il n'est pas fait allusion à la présence de Jean
dans cette région du monde, ni d'allusions à la déchéance
spirituelle révélées par les lettres adressées aux anges des
églises d'Ephèse, Sardes et Laodicée.
Toutefois, cette théorie implique que Jean ait trouvé, vers les
années 68-69 des églises spirituellement mortes. Les chapitres 2
et 3 de l'Apocalypse décrivent une situation qui n'a pu apparaître
qu'une génération après que Paul ait fait sa seconde visite à ces
églises.
(2) Godet note le fait qu'une organisation ecclésiastique se
trouve dans les sept élises, organisation qui n'existait pas avant
la fin du premier siècle.
Dans chaque église, il y a un homme, "l'ange de l'église", à
travers lequel toute l'église est concernée. Il n'est pas fait
allusion à une telle personne, ayant une telle distinction à la
tête des églises, avant le début du second siècle.
(3) L'expression "le jour du Seigneur" n'apparaît pas dans les
premiers écrits apostoliques. Ces écrits mentionnent toujours "le
premier jour de la semaine", et c'était encore le cas en 68.
Le terme "jour du Seigneur" indique donc une période proche du
début du second siècle.
(4) L'expression qui se trouve dans les versets:
#Re 2:9 3:9
montre une séparation complète entre l'église et la synagogue.
Cette séparation n'a pas eu lieu avant l'époque de la destruction
de Jérusalem. Le langage peut s'expliquer par un événement très
important, comme la dispersion de l'état Juif.
Cette discussion pourrait être continuée, il est important de
cerner correctement la date de rédaction, cet élément étant très
important au niveau de l'interprétation.
Ce que nous avons vu indique:
-fin du règne de Domitien, vers l'an 96 Ap. J.C.
Il peut être utile de préciser que la persécution de Néron était
locale, le bannissement ne se pratiquait pas, Néron préférant tuer
pour punir. Il est d'ailleurs improbable que Néron ait tué Paul et
Pierre, et qu'il ait exilé Jean.
Il n'y a pas non plus de preuves que Jean, dés l'an 68, ait visité
la région des sept églises. Nous savons que la persécution de
Domitien n'était pas seulement locale, et que Jean passa les
dernières années de sa vie dans la région d'Ephèse.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 408)
LE LIEU
L'auteur lui-même témoigne du fait que les visions de
l'Apocalypse ont été reçues sur l'île de Patmos.
L'église primitive témoigne unanimement que Jean a survécu à la
destruction de Jérusalem. Lorsque la fureur guerrière s'est
approchée de la ville sainte, Jean, obéissant aux mises en garde
du Seigneur, s'est enfuit à Ephèse,
#Mt 24:16
et il s'est retrouvé au milieu des églises d'Asie, fondées par
l'apôtre Paul.
Pendant son long séjour dans cette région, qui dura jusqu'à sa
mort, il a été banni sous le règne de Domitien, qui persécuta
l'église.
Patmos, lieu de l'exil est une prison installée sur un rocher en
pleine mer. Ce sont en fait trois masses rocheuses, reliées par
des isthmes, sur une longueur d'environ 50 kilomètres.
Ces îles se trouvent dans la mer Egée, et font partie d'un
archipel appelé "les Sporades".
Etant hors des lignes maritimes, ces endroits sont rarement
visités. Les sommets de Patmos sont déserts, sur les coteaux
paissent quelques troupeaux, et, à part quelques arbres
fruitiers, c'est un lieu désert et de désolation.
La mer est limpide, le ciel presque toujours sans nuages, et,
depuis les endroits les plus élevés, Jean pouvait voir, à des
kilomètres à la ronde, les îles voisines et les montagnes d'Asie
au loin.
Bien que Jean affirme avoir eu ses visions à Patmos, certains
semblent penser que l'ouvrage a été écrit à Ephèse. Les arguments
dans ce sens semblent bien faibles, il n'y a que des suppositions,
non des preuves.
Cet argument s'oppose d'ailleurs au fait que la première des sept
lettres est adressée à "l'ange de l'église d'Ephèse".
#Re 2:1
Que Jean ait résidé à Ephèse à l'époque de la rédaction n'est pas
prouvé, il est préférable de penser que les visions reçues à
Patmos, ont été également enregistrées à Patmos.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 408-409)
LES SYSTEMES D'INTERPRETATION
L'Apocalypse est probablement le texte de l'Ecriture qui offre la
plus grande diversité d'interprétations. Ceci a amené certains
lecteurs à penser que ce texte n'est qu'un recueil confus, voire
incohérent, écrit dans un état d'extase poétique. Ils pensent
qu'il n'y a pas d'interprétation possible.
Les différences d'interprétation sont dues à la différence des
méthodes d'interprétation utilisées.
Il y en a trois principales, qui contiennent toutes des vérités,
mais qui ont toutes le danger de mener à des conclusions
dangereuses.
Tout interprète raisonnable, reconnaîtra une certaine valeur et
une certaine qualité à ces différents systèmes d'interprétation:
(1) Les Prétéristes. Selon ces interprètes, les visions
successives de Jean se réalisent dans l'histoire de la nation
Juive et de la Rome païenne, les événements s'étant passés il y a
longtemps, et font partie du passé.
Beaucoup de rationalistes soutiennent que tous ces événements
avaient eu lieu avant que Jean ait reçu les visions, et ainsi le
texte ne serait pas une prédiction.
C'est la raison pour laquelle ces critiques sont appelés
"Prétéristes". Cette thèse est soutenue par de nombreux
commentateurs Catholiques Romains et certains Protestants.
(2) Les Futuristes. Ils insistent sur le fait que les événements
auront lieu dans le futur et s'accompliront dans l'histoire future
d'Israël.
Ils soutiennent qu'Israël va reconquérir la Palestine, que le
Temple sera reconstruit, la ville sainte sera aux mains des
Gentils pendant 1260 jours, etc...
Le système Prétériste est valable dans le sens où certains
événements ont déjà eu lieu, les Futuristes ont raison en disant
qu'une partie des événements est encore à venir.
(3) Le Système Historique. C'est le système qui semble le mieux
adapté, mais en le modifiant et en conservant certains éléments
des deux autres systèmes.
Ce système pense qu'une succession d'événements historiques est
présentée par Jean par l'intermédiaire d'une série de visions.
Certains événements se sont maintenant déroulés, mais ils étaient
pour Jean du domaine du futur.
Evitons l'erreur de dire que ce livre est historique du début à la
fin.
Il est clair qu'il y a plus qu'une série de visions, que ces
séries se suivent, avec synchronisme.
Le résultat du système historique devra être clair, harmonieux, en
accord avec les visions du prophète.
De nombreux commentateurs Anglais sont de cette école.
Il faut toujours garder à l'esprit que ce livre est un livre de
prophétie, écrit pour "montrer les choses qui doivent arriver
bientôt".
#Re 1:1
Jean était un témoin oculaire, il a raconté ce qu'il a vu. Le
futur s'est révélé à lui par une série de visions.
Chaque représentation symbolique parlait du futur, de ce qui a pu
se passer depuis.
Lorsque le premier sceau est ouvert en
#Re 6:1-2
un guerrier est vu avec son arc, chevauchant un cheval blanc, cela
peut être interprété comme une représentation imagée d'un
événement futur pour Jean exilé à Patmos.
Les images symboliques se succèdent rapidement, au fur et à mesure
que les sceaux s'ouvrent, que les trompettes sonnent.
L'interprétation correcte ne réside pas dans une interprétation
littérale, mais dans les symboles utilisés pour transmettre les
impressions et visions.
Il est utile, pour aider à la compréhension du texte, d'avoir une
explication des différents symboles utilisés habituellement dans
les écrits prophétiques.
C'est le but de la Table de Symboles qui suit.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 409-410)
TABLE DES SYMBOLES
Dans cette table seront donnés les principaux symboles utilisés
par Jean, avec leur signification. Les définitions proviennent de
Mede, Elliott, Lange, Campbell, et autres sources.
Adultère.--Idolâtrie ou apostasie, et plus spécialement la
seconde. Christ est représenté comme étant l'époux de l'église, et
l'apostasie ou l'infidélité à son égard est un adultère spirituel.
Une église corrompue est considérée comme une courtisane.
#Re 2:22
Agneau.--Le symbole de la pureté, de l'absence de péché, du
sacrifice. L'Agneau de Dieu, c'est Christ qui est mort pour
sauver le monde.
#Re 5:6
Ange.--Tout agent ou messager de la volonté divine. Le terme
peut être un symbole de tout mouvement des nations, ou de
l'histoire qui renferme les buts divins.
#Re 1:1
Arc.--L'arc, arme de guerre, est un symbole de la guerre
lorsqu'il est dans les mains d'un homme.
#Re 6:2
Babylone.--La ville qui a emmené Israël en captivité. C'est donc
un symbole de tout ce qui peut rendre captif le peuple de Dieu. Ce
peut être la Rome païenne, ou la Rome papale.
#Re 14:8
Balances.--Symbole de justice, mais, lorsqu'il s'agit de
balances pour la nourriture, elles deviennent symbole de pénurie.
#Re 6:5
Bête.--Le terme traduit par "bête" signifie une bête
sauvage.
C'est donc un symbole de cruauté et de puissance tyrannique. Le
terme employé au chapitre 4, traduit dans certaines versions par
"bêtes" n'a pas le même sens. Au lieu de "quatre bêtes"
il s'agit
bien de "quatre créatures vivantes", ou "quatre êtres
vivants".
#Re 11:7
Blanc.--Etre habillé de blanc, c'est être innocent, pur et
triomphant.
#Re 19:14
Chaîne.--Un symbole d'esclavage ou d'affliction. Enchaîner
signifie rendre impuissant. Attacher, lier Satan avec une chaîne,
c'est détruire son pouvoir.
#Re 20:1
Chandelier.--Symbole de l'église, qui doit être la lumière du
monde. Les sept chandeliers en or sont les sept églises. C'est le
symbole de ceux qui apportent la lumière.
#Re 1:12
Cheval.--Utilisé seulement à des fins guerrières dans l'ancien
temps. C'est donc un symbole guerrier. La couleur du cheval
indique le caractère de son cavalier, et l'état d'avancement de
la guerre.
#Re 6:2
Cheval Blanc.--Guerre glorieuse et triomphante. Voir Cheval.
#Re 6:2
Cheval Noir.--Dans l'antiquité, le cheval n'était pas utilisé
comme une bête de somme, mais pour faire la guerre. Il est donc un
symbole de guerre, et un cheval noir symbolise une guerre
particulièrement dévastatrice.
#Re 6:5
Cheval Pâle.--Image d'une guerre de dévastation, du règne de la
mort.
#Re 6:8
Cheval Roux.--Image de la cruauté, d'une guerre sanguinaire,
caractérisée par un terrible carnage.
#Re 6:4
Ciel et Terre.--Le monde. L'univers politique et religieux. Un
nouveau ciel et une nouvelle terre impliquent le remplacement de
l'ordre ancien par un nouvel ordre.
#Re 21:1
Clef.--Le symbole du pouvoir de libérer ou d'emprisonner,
d'ouvrir le paradis ou l'enfer, de sauver ou de détruire.
#Re 3:7
Cornes.--"La grande corne du premier roi" (Daniel). Un symbole
des rois, des royaumes, du pouvoir. Sept cornes indiquent une
puissance considérable.
Couronne.--Le symbole de la majesté royale. Expérimenter
l'honneur et l'exaltation. Recevoir la couronne de vie, c'est
recevoir les honneurs de la vie éternelle.
#Re 2:10
Dragon.--L'ancien empire païen de Rome. Le dragon était à
l'origine le symbole d'un monarque. Dans l'Apocalypse, il est la
monarchie persécutrice de Rome.
#Re 12:3
Ecarlate.--Cette couleur, celle du sang, symbolise une cruauté
sanguinaire. Une femme écarlate est une église persécutrice.
#Re 17:4
Egypte.--L'endroit de l'esclavage spirituel. Symbolise l'état de
péché, l'opposition à Christ.
#Re 11:8
Encens.--Les prières des saints.
#Re 18:13
Epée.--Symbole du massacre, et également de la conquête. Une
épée, dans les mains de quelqu'un, indique un massacre opéré par
des armes charnelles. Une épée qui sort de la bouche de quelqu'un
montre les conquêtes de la parole de Dieu.
#Re 1:16
Epouse.--L'Eglise, l'épouse de Christ, la Nouvelle Jérusalem.
#Re 19:7
Epoux.--Jésus-Christ.
#Re 21:2
Etoiles.--Des lumières brillantes dans le monde. Des hommes qui
se démarquent, soit dans l'église, soit dans les nations.
#Re 6:13
Euphrate.--Le symbole du pouvoir Turc. "Etre attaché à
l'Euphrate" c'est être lié près de ce fleuve.
#Re 9:14
Femme.--La "femme enveloppée de soleil" est l'église pure et
fidèle.
La Grande Prostituée est la fausse église, apostate et
sans foi.
L'église est souvent représentée par une femme mariée
ou une femme enceinte. Une femme pure représente une église
fidèle, une "courtisane" est une église fausse et apostate.
#Re 12:1
Feu.--Destruction féroce. Jamais le symbole d'une bénédiction,
mais d'une malédiction.
#Re 8:7
Feu du Ciel.--Destruction divine; le feu venant du ciel par le
dragon à deux cornes représente l'excommunication et l'anathème
d'une fausse puissance spirituelle.
#Re 13:13
Fleuve de Vie.--Christ est la fontaine de vie. La vie
abondante, qui coule en permanence, que Christ fait couler est
symbolisée par un fleuve. Ce fleuve et l'arbre de vie sont les
mêmes symboles.
#Re 22:1
Fouler la cuve du vin.--Symbole d'une effusion de sang et de
détresse.
#Re 19:15
Front.--Une marque sur le front est une profession de
foi
publique.
#Re 7:3
Grêle.--Ravages et destruction.
#Re 8:7
Iles.--Etats Européens. Pour les prophètes, les "îles de la
mer" sont les pays méditerranéens, et par extension l'Europe.
#Re 16:20
Jérusalem.--La capitale de Judée et le siège du temple sont les
symboles de l'Eglise de Christ. La "ville sainte" est opposée
à
la "grande ville", Jérusalem à Babylone, la vraie et la
fausse
église.
#Re 21:2
Jézabel.--Une femme non sainte symbolise une mauvaise influence
pour l'église.
#Re 2:20
Jour.--Une révolution de la terre sur son axe est le symbole de
la révolution terrestre annuelle dans son orbite. "Douze cent
soixante jours" représentent autant d'années.
#Re 11:3
Lion.--Un symbole de pouvoir royal.
#Re 4:7
Livre.--La trace écrite de la volonté divine. Sceller un livre
consiste à garder secret son contenu. Dans l'ancien temps, les
rouleaux ou livres scellés ne pouvaient être lus. Enlever un sceau
permet de révéler le contenu du livre. Dévorer un livre, c'est
devenir maître de son contenu. Le livre aux sept sceaux est celui
de la destinée humaine, l'exposé des grands événements qui auront
lieu avant le triomphe final de l'église. L'ouverture de ces
sceaux est la révélation de l'histoire future.
#Re 5:1
Lune.--Symbole des autorités et des pouvoirs qui ne sont pas
suprêmes. Une lumière qui brille en reflétant une autre lumière.
#Re 21:23
Main.--Une marque sur la main symbolise la manière de vivre, la
pratique.
#Re 13:16
Manne.--Le pain de vie. La vérité de Christ.
#Re 2:17
Marchands.--Symbole de ceux qui tirent profit de la religion et
de ses privilèges.
#Re 18:3
Montagne.--Personnes ou pouvoirs qui se distinguent des autres.
Elévation suprême parmi les hommes. Grand prince ou gouvernement.
Une montagne qui brûle représente un pouvoir destructeur ou
changeant.
#Re 8:8
Mort.--Un symbole de la destruction.
#Re 1:18
Noir.--La couleur du deuil, donc symbole de calamité et de
peine.
#Re 6:12
Nuée.--Emblème de pouvoir et de majesté. Etre enlevé dans les
nuées, c'est apparaître dans la gloire, et être exalté.
#Re 10:1
Prostituée.--Communauté idolâtre. La grande prostituée est
l'église apostate. Voir Adultère.
#Re 17:1
Roi.--Symbole du pouvoir suprême, gouvernement, royaume
#Re 15:3
Roseau de Mesure.--Le standard auquel est soumise l'Eglise, la
Parole.
#Re 21:15
Sang.--Le symbole du carnage de la guerre.
#Re 6:5
Sauterelles.--Race particulièrement dévorante et dévastatrice
dans les déserts d'Arabie, symbole des armées Arabes
"dévorantes", les Arabes sous Mahomet.
#Re 9:3
Sept.--Le nombre parfait. La plénitude.
#Re 1:12
Sépulcre.--Mettre au sépulcre signifie condamner à l'oubli.
Ne pas permettre que les cadavres soient mis au sépulcre signifie
que l'on se souviendra d'eux.
#Re 11:9
Soleil.--En tant que grand diffuseur de lumière, c'est le
symbole de Christ. C'est aussi une autorité supérieure. La lune
et les étoiles indiquent les grandes lumières de la société, mais
elles sont inférieures au soleil.
#Re 1:16
Témoin.--Les deux témoins sont les deux testaments, et c'est le
sens réel du mot.
#Re 11:3
Temple de Dieu.--L'église dont le tabernacle et le temple
étaient des types. Le temple de dieu dans les cieux est ouvert,
il est la demeure de Dieu, c'est l'église céleste.
#Re 11:1
Temps.--Le temps, des temps et un demi-temps, sont la révolution
annuelle de la terre, une année, deux ans, une demi-année, ou
trois ans et demi. "Sept temps" se sont écoulés pendant le règne
de Nebucadnetsar, soit sept ans.
#Re 12:14
Ténèbres.--Symbole bien connu de la calamité et de l'affliction.
#Re 16:10
Terre.--L'ancien monde civilisé, qui correspond, à l'époque de
Jean, à l'Empire Romain. Symbole de pouvoirs politiques.
#Re 1:5
Tremblement de Terre.--Révolutions morales et politiques, et
convulsions de la société. Secousses dans l'ordre établi.
Subversion des états et des fortunes.
#Re 6:12
Trompette.--Le son de la trompette signifie la marche en avant
d'une armée, charnelle ou spirituelle. C'est également la
proclamation de la guerre ou de la paix.
#Re 8:7
Trône.--Un symbole d'autorité.
#Re 3:21
Vents.--Symbole du tumulte, grands mouvements. Les "quatre
vents" sont quatre invasions de l'Empire Romain.
#Re 7:1
Verge.--Symbole de l'autorité, de la règle. Le bâton de fer est
le symbole d'une autorité forte.
#Re 2:17
B. W. Johnson The People's New Testament 1889. (p. 410-413)
VUE GENERALE DE L'APOCALYPSE
Jean dit que son livre rassemble les choses "qui doivent venir
bientôt". Il a vu, à l'époque, des événements qui étaient
encore
futurs, et dont certains font maintenant partie de l'histoire
passée.
Personne ne supposait que Dieu pouvait avoir l'intention de
dévoiler l'histoire fluctuante des nations, des races, des
royaumes sur les siècles qui nous séparent de Jean.
On peut donc se poser la question: à quels pays, à quelles séries
d'événements, cette prédiction est elle applicable?
Si nous considérons les prophètes de l'A.T, nous pouvons trouver
une réponse satisfaisante. La pensée centrale de toutes les
prédictions est l'histoire future du peuple de Dieu.
Tout ce qui est annoncé se réfère, directement ou indirectement
aux destinées d'Israël, temporelles et spirituelles, la nation
physique aussi bien que spirituelle. En d'autres mots, les
destinées des Juifs et de l'Eglise.
Avec cet objectif devant eux, ils ont aussi prédit le destin des
grandes nations païennes avec lesquelles les Juifs ont été en
contact, qui ont influencé leurs fortunes, ou sont devenues leurs
oppresseurs.
Ainsi nous découvrons l'Assyrie, Babylone, Tyr, l'Egypte, etc...
qui furent sujets de prophéties.
La même chose est vraie dans les prophéties du N.T.
Les
prophètes parlent du futur d'Israël et de l'Eglise, et par
conséquent révèlent beaucoup de choses concernant les nations
opposantes et persécutrices.
Il n'était pas dans la pensée de
Christ de donner, à travers l'Apocalypse tout le plan de
l'histoire, mais les grandes lignes des destinées, tribulations
et triomphe de l'Eglise.
L'Eglise était, dans les premiers
siècles, sous l'emprise totale de l'empire Romain, persécuteur.
Ce pouvoir opposant est indiqué dans la vision prophétique, et le
symbolisme se réfère souvent au pouvoir de Rome.
Gardons à
l'esprit que Jean était victime de la persécution Romaine, et
qu'il écrit pendant son exil à Patmos. Il n'était jamais allé en
dehors de l'Empire Romain, et il n'y a aucune preuve qu'un apôtre
ne soit allé en un lieu qu'un citoyen Romain aurait pu appeler
étranger.
Du fait que ce puissant empire affecte tant les
intérêts de l'Eglise, il n'est pas extraordinaire qu'il devienne
le sujet de la vision prophétique.
Tous les interprètes sont
d'accords pour reconnaître que la Rome païenne est, plus ou
moins, le sujet des prédictions. Cette entente générale se
manifeste également au niveau de la Rome Papale, le grand despote
spirituel vers lequel aboutira l'empire païen.
Une étude
approfondie et impartiale du texte nous amènera à la
conclusion
d'une grande apostasie, d'une église faussée, d'un pouvoir
spirituel persécuteur qui influencera énormément le destin des
saints de Jésus-Christ. Cette puissance a des caractéristiques
que l'on retrouve très fortement au cours de l'histoire de la
Papauté. Il semble possible d'affirmer que la portée du livre de
l'Apocalypse est similaire à celle des écrits des prophètes de
l'A.T.
En plus du but principal du livre, il y a la description de deux
grandes puissances, la Rome Papale et la Rome païenne. Les
destinées changeantes de l'Eglise sont dessinées comme un filet
d'or sur un panorama historique assez sombre.
Finalement, lorsque le temps favorable de Dieu viendra, la
bataille aura lieu jusqu'à sa fin, la victoire sera remportée, et
l'Eglise triomphante se réjouira des fruits de ses souffrances et
de ses labeurs, et elle bénéficiera des gloires de la Nouvelle
Jérusalem.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 413-414)
DIVISIONS
Afin de comprendre, le lecteur doit se rappeler qu'il y a plus
qu'une série de visions, qu'elles se superposent, révélant
différents points de la même période.
Le livre entier peut être divisé ainsi:
1 ère PARTIE. Chapitres I-IV.--Cette partie contient
l'introduction, la vision du Fils de l'Homme, les Lettres aux
Sept Eglises, la Vision du Ciel ouvert, et du trône de Dieu.
2 ème PARTIE.Chapitres V-XI.--Cette partie commence avec
une vision d'un livre scellé avec sept sceaux. Le livre est dans
les mains de Celui qui est sur le trône, c'est le Livre de la
Destinée, dont le contenu est caché par les sceaux.
L'Agneau de Dieu est chargé de les ouvrir, donc de révéler le
futur. A chaque sceau apparaît une vision qui représente un
symbole concernant une période de l'histoire de l'humanité.
Six sceaux sont ouverts d'affilée, puis vient une pause avant
l'ouverture du septième sceau.
Quand celui-ci est ouvert, on découvre sept fléaux et sept
trompettes. Les trompettes sonnent les unes après les autres, et,
après chaque sonnerie survient un grand événement.
Lorsque la dernière trompette sonne, la Fin arrive, et Christ
triomphe de tout.
Nous sommes amenés à la fin des temps.
3 ème PARTIE. Chapitres XII-XVIII.--Cette partie commence
avec la vision d'une femme, symbole de l'Eglise. Un ennemi de la
femme paraît, c'est une bête à sept têtes et dix cornes, symbole
de la Rome païenne.
Il y a aussi une femme qui est assise sur une bête à sept têtes,
représentant la fausse église. Les personnages changent et se
réunissent, pour former "Babylone".
4 ème PARTIE. Chapitres XIX-XX.--Ces chapitres décrivent la
grande victoire remportée sur les puissances ennemies. La période
de mille ans, et la défaite finale de Satan.
5 ème PARTIE. Chapitres XXI-XXII.--Ces chapitres décrivent
la Maison Glorieuse des Saints rachetés, et contiennent les
exhortations finales.
B. W. Johnson The People's New Testament. 1889. (p. 414)