L'aventure du Concorde s'est achevée en 2003
La grande aventure commerciale de l'avion supersonique franco-britannique Concorde, commencée en 1969, a pris fin en 2003 avec l'arrêt des vols décidés par les deux seules compagnies qui l'exploitaient, Air France et British Airways.
Après avoir annoncé simultanément, le 10 avril, qu'elles interrompaient leurs liaisons transatlantiques supersoniques, les compagnies aériennes française et britannique ont respectivement mis fin le 31 mai et le 24 octobre à leur exploitation du Concorde pour des raisons essentiellement économiques.
L'avion chéri des stars et des hommes d'affaires fortunés, n'était pas parvenu à retrouver le faible niveau de rentabilité qui était le sien avant le crash d'un appareil d'Air France à Gonesse (Val d'Oise, près de Paris), le 25 juillet 2000, qui avait fait 113 morts. Le "grand oiseau blanc", pleuré de part et d'autre de la Manche, mais "structurellement déficitaire" selon ses exploitants, payait au prix fort le violent contre-coup du 11 septembre sur le transport aérien international.
Les derniers exemplaires de cet avion, l'unique appareil commercial capable de relier New York au Vieux Continent en trois heures et demie, dont deux heures et demie en mode supersonique, sont désormais exposés dans des musées à travers le monde. Deux ventes aux enchères exceptionnelles ont achevé de disperser les pièces les plus caractéristiques du Concorde, notamment son nez effilé et ses légendaires moteurs Olympus, conçus par les motoristes britannique et français Rolls-Royce et Snecma. Une vente organisée, début décembre, par la maison Bonhams, devant un millier d'amateurs et professionnels, à Londres, a totalisé 600.000 livres (868.000 euros) destinés à des organismes caritatifs. Une autre organisée chez Christie's à Paris mi-novembre avait totalisé près de 3,3 millions d'euros.
L'appareil, développé en commun par des ingénieurs français et britanniques, était capable de transporter 92 passagers à 2.300 km/h. Il avait effectué son premier vol d'essai le 2 mars 1969. Les premiers vols commerciaux avaient eu lieu le 21 janvier 1976, l'un reliant Paris à Rio de Janeiro pour Air France, tandis que British Airways avait inauguré la liaison Londres-Bahrein. Son envol a été freiné par maints obstacles préfigurant les difficultés ensuite rencontrées par les concepteurs du supersonique qui ne fut jamais un succès commercial. Au cours des années qui suivirent le lancement du programme, les compagnies étrangères qui avaient pris des options ne les avaient pas transformées en commandes fermes. Puis, en avril 1973, le vol supersonique avait été interdit aux Etats-Unis par la Federal Aviation Administration.
Le Concorde, seul supersonique de transport civil, n'a pas de successeur à l'horizon: ni le constructeur européen Airbus ni son rival américain Boeing n'ont de réelles ambitions dans ce domaine et le projet du français Dassault Aviation d'un jet d'affaires supersonique reste en veille. Mais malgré sa disparition, le supersonique lègue un héritage indirect.
Dans son livre consacré à Concorde, André Turcat, pilote d'essai français de l'appareil, rappelle que "la poêle en téflon de la ménagère, les rotules en tissu de fibres de verre imprégné pour les foreuses en mer, les machines-outils ou les bateaux de plaisance, les barres de poussée et les bielles dans l'automobile ont largement bénéficié des mises au point du Concorde".
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