| Princesse Louise de Grande-Bretagne, Duchesse d'Argyll (1848-1939) | ||||||||||||||||||||||||||
| Rentrer Reine Victoria | ||||||||||||||||||||||||||
| Traduction francaise par Madelayne Robitaille | ||||||||||||||||||||||||||
| par Jes�s Ibarra | ||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| Version Anglais English Version |
||||||||||||||||||||||||||
| Princesse Louise, Duchesse d'Argyll | ||||||||||||||||||||||||||
| Le 18 mars 1848, la reine Victoria donna naissance � son sixi�me enfant; c'�tait une fille qui fut pr�nomm�e Louise Caroline Alberta. Le prince Albert avait choisi tous ses pr�noms: Louise en l'honneur de sa m�re au destin tragique, Caroline en l'honneur de la m�re de sa belle-m�re morte r�cemment et Alberta pour se faire plaisir � lui-m�me.
Alors qu'elle �tait tr�s jeune, la personnalit� de Louise commen�a � �voluer � l'oppos� de celle de sa soeur Helena qui �tait plut�t terne et silencieuse. Louise elle, �tait rebelle et sarcastique, elle avait en plus divers talents. C'�tait la plus jolie et la plus radieuse des filles de la reine Victoria. Elle eut moins la chance que ses soeurs a�n�es Vicky et Alice de profiter des temps libres de son p�re car pendant son enfance et le d�but de son adolescence, le prince Albert �tait constamment occup� � l'accomplissement de ses devoirs dans le royaume de son �pouse. Malheureusement, Albert mourut alors que Louise n'avait que 13 ans. Elle eut peu de contact avec son p�re pendant les derniers jours de sa vie parce que la reine Victoria la trouvait trop jeune et qu'elle avait peur qu'elle ne contracte la maladie dont souffrait son p�re. Albert mourut � 10:45 le soir du 14 d�cembre 1861. Le matin suivant, Louise fut r�veill� par la nouvelle de la trag�die. Elle s'�cria: 'Oh, pourquoi Dieu ne m'a-t-il pas prise? Je suis stupide et ne sers � rien' . Pendant le mois qui suivit le d�c�s du prince Albert, Louise fut celle qui aida sa soeur Alice � accomplir la t�che difficile qui consistait � supporter la reine terrass�e par le chagrin. Louise �tait la plus ind�pendante des filles de la reine Victoria, cette derni�re savait donc que jamais sa fille ne deviendrait la compagne de ses vieux jours. Toutefois, quand la princesse Helena se maria, ce fut au tour de Louise de s'occuper de sa m�re en attendant que Beatrice, la fille cadette soit en �ge de le faire. Pendant cette p�riode, la reine s'ennuya de la docilit� et des mani�res douces d'Helena car Louise �tait impertinente et indiscr�te. Louise de son c�t�, souhaitait d�sesp�r�ment �chapper � l'atmosph�re de deuil qui entourait sa m�re afin de pouvoir prendre part � la merveilleuse vie sociale � laquelle elle imaginait que ses fr�res et soeurs mari�s participaient. Son fr�re a�n�, le Prince de Galles, l'invita plusieurs fois � assister � des bals que lui et son �pouse Alexandra donnaient � Malborough House mais, la reine lui d�fendait d'y aller, elle ne revint sur sa d�cision que quand Louise eut 17 ans. Louise poss�dait un v�ritable talent artistique. Bien que Albert, Victoria et leurs enfants aient tous �t� dou�s pour le dessin, les aptitudes de Louise �taient de loin sup�rieures et, elle allait les d�velopper beaucoup plus que ses fr�res et soeurs. Edouard Carbould, le professeur de dessin des enfants, devint l'un des meilleurs amis de Louise. Elle allait plus tard le d�crire comme: 'un de mes rares vrais amis sur lequel j'ai pu compter toute ma vie et de qui j'ai appris beaucoup en plus des arts'. Carbould montra � Louise comment dessiner ce qu'elle voyait en utilisant son imagination plut�t qu'une technique d'imitation. Il �tait fr�quent de la voir avec ses instruments de dessin � la main. Le dessin �tait le seul int�r�t que la reine partageait avec elle. La princesse �tait �galement tr�s dou�e pour la sculpture. Pendant qu'elle sculptait un buste de sa m�re, elle supplia cette derni�re de lui donner la chance de porter son habilet� � de plus hauts niveaux. La reine consid�rait que le devoir d'une princesse du XIXe si�cle �tait de se marier et d'avoir des enfants mais, elle admirait aussi le talent de sa fille, sa r�ticence commen�a � s"amenuiser et, en 1868, alors qu'elle avait 20 ans, Louise eut la permission d'�tudier � l'�cole Nationale des Arts de Kensington. Ce ne fut pas facile pour Victoria de consentir � la requ�te de Louise puisque, � cette �poque, la sclpture n'�tait pas consid�r� comme un art convenable pour les femmes. La princesse Louise fut la premi�re fille d'un monarque anglais � �tre �duqu�e dans une �cole publique. � l'�cole Nationale d'Art, Louise entra en contact avec l'homme qui allait avoir la plus grande influen�e sur sa carri�re artistique, le sculpteur hongrois Joseph Edgar Boehm, c'est ce dernier qui sculpta la statue �questre de la reine Victoria, ornement le plus populaire du Grand Parc de Windsor. La princesse avait l'habitude de fr�quenter le studio de Boehm et, elle succomba au magn�tisme de l'artiste. Pendant ses �tudes au National, elle sculpta un buste de marbre de son fr�re Arthur, cette oeuvre fut s�lectionn�e pour une Exposition � l'Acad�mie Royale. Son rang royal fut peut-�tre pour quelque chose dans cette s�lection mais, il n'en demeure pas moins prestigieux pour elle que l'Exposition ait accept� sa sculpture. L'historien d'art Hilary Hunt-Lewis dit que le buste d'Arthur 'infusait la vie, la chair et le sang au marbre'. La reine insistait toujours que le premier devoir de Louise �tait de se marier. Louise elle-m�me n'�tait pas r�ticente face au mariage. La Princesse de Galles proposa, comme candidat, son propre fr�re, le prince Frederick, h�ritier de la couronne du Danemark mais, la reine �tait fermement oppos� � un autre mariage danois qui pourrait offusquer la Prusse. La soeur a�n�e de Louise, la princesse Vicky de Prusse proposa son propre pr�tendant, le riche et s�duisant Albrecht de Prusse, le cousin de son mari. Vicky croyait qu'il �tait un candidat valable car il accepterait probablement de vivre en Angleterre. Louise se rendit � Berlin pour y rencontrer Albrecht mais, elle ne se sentit pas du tout attir�e par lui, Albrecht de son c�t�, fit savoir, au grand d�sappointement de la reine Victoria, que jamais il n'irait s'�tablir en Angleterre. � son retour en Angleterre, Louise mit les choses au clair avec sa m�re et lui assura que jamais elle n'�pouserait un homme qu'elle n'aimerait pas vraiment. En raison de la raret� des pr�tendants de sang royal, une id�e saugrenue et contrevers�e germa dans la t�te de la reine: la possibilit� pour Louise de prendre mari parmi les nobles britanniques qui n'�taient pas de sang royal. Ses autres filles avaient d�j� faits de bons mariages royaux et, si elle permettait � Louise d'�pouser un aristocrate anglais, cette derni�re pourrait demeurer � ses c�t�s, la reine d�cida donc que ce serait la solution id�ale pour cette fille hors du commun. Vers la fin de 1869, la reine et sa fille �taient toutes deux tomb�es d'accord sur le fait qu'un tel candidat serait parfaitement acceptable, de plus, Louise avait exprim� le d�sir de rester en Angleterre pour prendre part � sa vie artistique. Le Prince de Galles s'objecta avec v�h�mence contre cette id�e; il consid�rait que le sujet �tait parsem� de difficult�s; aucune princesse anglaise n'avait �pous� le sujet d'un souverain depuis que la fille cadette de Henry VII, Mary Tudor avait �pous� le duc de Suffolk, de plus, l'aristocratie britannique se consid�rait de rang �gal ou sup�rieur � celui de la famille royale et, si un de ses membres �pousait une princesse, il serait forc� de donner pr�s�ance � sa femme, ce qui ne serait pas agr�able pour lui et sa famille. Toutefois, la reine ne s'arr�ta pas � ces obstacles et, elle entreprit une intense recherche � travers le pays pour d�nicher un mari convenable pour Louise. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
| Sir John Alexander MacDonald | ||||||||||||||||||||||||||
| John Campbell, Marquis de Lorne et 9e Duc d'Argyll | ||||||||||||||||||||||||||
| L'heureux �lu fut John Douglas Sutherland Campbell, marquis de Lorne qui, en 1869, �tait �g� de 25 ans. Ses parents �taient George Douglas Campbell, 8e duc d'Argyll et Lady Elizabeth Georgiana Leveson-Gower. Les Campbells constituaient l'un des plus importants clans des Highlands �cossais et Lorne, comme on l'appelait, �tait l'h�ritier des vastes domaines de son p�re qui incluaient Inveraray Castle, la r�sidence familiale. Lorne �tait un membre lib�ral du Parlement, il �tait de taille moyenne, son visage pr�sentait des traits agr�ables, ses cheveux blonds �taient abondants et sa voix, haut perch�e. Sa grand-m�re, Harriet duchesse de Sutherland �tait la ma�tresse de la garde-robe de la reine Victoria et une amie intime de la souveraine. Elle descendait en droite ligne du roi Edward I � travers la lign�e des ducs de Norfolk. Les Campbells �taient les descendants directs du roi James V d'�cosse par son fils ill�gitime James Stuart, comte de Moray. Lorne ne d�montra pas un grand talent pendant sa carri�re parlementaire mais, on le consid�rait comme un b�cheur � la Chambre des Communes. Le p�re de Lorne, le duc d'Argyll, rencontra la reine pour discuter avec elle de la possibilit� d'un engagement entre leurs deux enfants, Louise, au d�sespoir de la reine montra peu d'int�r�t pour ce parti qu'elle avait rencontr� bri�vement une seule fois. En raison de l'attitude de sa fille, Victoria d� dire � Argyll qu'elle n'�tait pas pr�te pour ce mariage et qu'ils devraient attendre qu'elle vieillisse un peu. La reine continua sa qu�te d'un �poux pour Louise qui ne pouvait se d�cider. Pendant ce temps, Lorne vivait une situation complexe: il ne pouvait chercher une autre femme tant que Louise n'avait pas pris sa d�cision; Victoria se sentait coupable envers lui et, elle pr�f�ra le lib�rer de toute obligation envers la princesse. Un jour que Louise assistait � un d�jeuner donn� par le Premier Ministre William Ewart Gladstone, elle rencontra Lorne pour la premi�re fois en dehors de l'orbite de la reine et, elle se sentit attir�e par son charme sophistiqu�. Cette rencontre encouragea Lorne � demander la princesse en mariage. Elle accepta et leurs parents b�nirent cett d�cison. Le fr�re a�n� de Louise, Bertie, le Prince de Galles, s'opposait toujours � ce projet de mariage; son objection reposait sur le fait que Lorne, non seulement n'�tait pas de sang royal mais qu'en plus, il si�geait � la Chambre des Communes en tant que partisan de Gladstone, Bertie pr�tendait qu'un tel mariage d�graderait la couronne en l'abaissant au niveau des partis politiques. Selon lui, le probl�me serait r�solu si Louise abandonnait son statut de personne royale. La reine avertit Bertie que Louise demeurerait ce qu'elle �tait. Il �crivit � sa soeur: 'Ne pensez pas que je sois cruel, ma ch�re Louise, d'adh�rer � ma position. J'esp�re seulement que ces nombreux al�as � propos de votre rang, etc.... qui sont venus � ma connaissance ne vous porteront jamais � regretter le pas que vous avez franchi' (Packard). Finalement, Louise et Lorne se mari�rent le 21 mars 1871 � la chapelle St-George. Malgr� ses objections, Bertie accepta de se tenir aux c�t�s de sa soeur pendant la c�r�monie. Les nouveaux mari�s pass�rent la premi�re �tape de leur lune de miel � Claremont House o�, deux jours apr�s leur arriv�e, ils re�urent la visite de la reine Victoria. Ils avaient pr�vu continuer leur lune de miel par un voyage sur le continent mais Victoria tenta de les persuader de n'en rien faire en raison de la situation cahotique qui r�gnait en Europe apr�s le conflit franco-prussien (l'empereur fran�ais Napoleon III �tait arriv� en Angleterre quelques jours avant le mariage de Louise apr�s avoir �t� d�pos� et exil�). Lorne rejeta le conseil de sa belle-m�re puisqu'il qu'il voulait profiter de l'occasion pour mieux conna�tre sa femme et les deux �poux partirent en voyage. La lune de miel europ�enne fut l'un des moments les plus heureux de la vie de Louise. � leur retour � Londres, ils s'install�rent � Argyll Lodge, la r�sidence londonienne des Campbells. Pendant les premi�res ann�es du mariage de Louise, la reine Victoria offrit plusieurs fois de donner un duch� � Lorne mais, il refusa toujours car il ne voulais pas quitter la Chambre des Communes, de plus, il croyait que son futur titre de duc d'Argyll �tait suffisant, peu importe combien de temps il l'attendrait. Louise �tait incapable de concevoir des enfants. � l'�t� de 1873, elle alla en Allemagne pour y prendre des bains m�dicinaux qui auraient pu am�liorer ses chances de devenir enceinte mais, en vain, Lorne ne la bl�ma jamais parce qu'elle ne lui donna pas d'enfant, il la traitai toujours avec sympathie et compr�hension. Selon Jerold M. Packard, la cause probable de l'infertilit� de Louise pourrait �tre un d�but de m�ningite dont elle souffrit quand elle �tait adolescente. Une fois mari�e, Louise commen�a � �largir son cercle social. Elle fonda la 'Ladies's Work Society' o� les femmes de la classe moyenne pouvait apprendre diverses activit�s telles les travaux d'aiguille, la broderie ou la r�paration d'objets d'art ce qui leur permettait d'obtenir un salaire d�cent. Elle parraina �galement la 'Girl's Public School Day Cie', laquelle aidait financi�rement les parents de classe moyenne � faire �duquer leurs filles. Lorne, de son c�t�, �tait attir� par la po�sie et les arts litt�raires. En 1875, il publia son premier recueil de po�sie 'Guido and Lita, a tale of the Riviera'. On en vendit plus de 3,000 copies malgr� les critiques qui qualifiaient l'oeuvre de d�su�te. Son livre suivant fut 'The Book of Psalms, literrally rendered into verse'. � l'automne de 1877, alors que Louise et Lorne se trouvait � Inverary Castle, la r�sidence des Argyll, un feu �clata et faillit d�truire la demeure. La m�re de Lorne, qui venait de faire une attaque cardiaque, fut �vacu�e, au milieu des flammes, par Louise et Lorne. En mai 1878, la duchesse d'Argyll fit une h�morragie c�r�brale et mourut quelques heures plus tard. Cette m�me ann�e, le Premier Ministre conservateur Benjamin Disraeli offrit � Lorne le poste de gouverneur-g�n�ral du Canada. Selon Disraeli, Lorne et Louise, en tant que beau-fils et fille de la reine 'seraient d'une valeur inestimable en tant que repr�sentants de Sa Majest� au Canada'. La reine n'�tait pas tr�s enthousiaste � l'id�e d'envoyer sa fille de l'autre c�t� de l'Atlantique mais, elle r�alisa que cel� affirmerait le prestige de Lorne au sein de la famille et au sein de la nation. Cel� repr�senterait aussi une solution � son statut social embarassant vis-�-vis Louise, en tant que gouverneur-g�n�ral, il aurait finalement quelque pr�s�ance sur sa femme. Lorne avait tr�s envie d'accepter ce poste mais il craignait la r�action de Louise. Louise �prouvait quelque incertitude � l'id�e de partir pour le Canada, elle allait terriblement s'ennuyer de sa famille et de son cercle social artistique de Londres; de plus, son fr�re Arthur allait �pouser la princesse Louise Margaret de Prusse dans quelques mois et elle ne voulait pas rater cet �v�nement; la sant� de son fr�re Leopold l'inqui�tait �galement. Elle avait toutefois conscience du d�sir de son mari d'accepter ce poste, ce qui vainquit toutes ses r�ticences. Lorne accepta finalement la charge � la fin de juillet. La reine le d�cora de l'ordre de St-Michel et de St-Georges en lui offrant la Croix de Chevalier ('Knight Grand Cross') et, le 14 novembre 1878, Louise et Lorne quitt�rent Liverpool � bord du vapeur Sarmatian. La soeur de Louise, la princesse Alice, leur envoya une lettre portant ses meilleurs souhaits. Un mois plus tard, Alice allait mourir de la dipht�rie. � cette �poque, la charge de gouverneur-g�n�ral avait beaucoup � faire avec la politique; la personne en poste occupait le plus haut rang au pays. Le gouverneur-g�n�ral �tait responsable constitutionnellement de la sucession des ministres comme l'�tait le monarque en Angleterre. Lorne et Louise allaient se trouver au sommet de la soci�t� canadienne et, il ne serait pas facile pour Lorne de chausser les souliers de son pr�d�cesseur. Le comte de Dufferin avait occup� ce poste depuis 1872 avec beaucoup de succ�s et lui et sa femme �taient immens�ment populaires. Mais, Lorne et Louise disposaient de l'avantage ind�niable que leur conf�rait leur appartenance � la famille royale. � leur arriv�e au port, l'absence du Premier Ministre canadien, Sir John Alexander MacDonald causa quelque inqui�tude, celui-ci �tait venu d'Ottawa par train pour rencontrer le nouveau gouverneur-g�n�ral mais, il avait trop bu pendant le voyage et, il ne peut recevoir Lorne et Louise. Le Premier Ministre du Canada �tait second en rang derri�re le gouverneur-g�n�ral mais, il �tait politiquement plus puissant. En tant que Premier Ministre, Sir John MacDonald �tait la seule personne qui pouvait assure le succ�s de Lorne. MacDonald �tait un grand homme politique mais aussi un alcoolique. Il occupait son poste depuis 1867 alors que le Haut Canada et le Bas Canada s'�taient unis pour former une Conf�d�ration, MacDonald fut le premier Premier Ministre du pays. De 1873 � 1878, il dut abandonner son poste en raison des charges port�es contre son gouvernement en rapport avec la construction du chemin de fer transcontinental mais, en 1878, ses conservateurs remport�rent les �lections parlementaire avec une majorit� impressionnante. MacDonald rencontra finalement Lorne � la gare d'Ottawa. Louise, qui �tait �puis�e, n'assista pas aux discours officiels de bienvenue qui furent adress�s � son mari par le S�nat. Les premi�res semaines que Louise passa au Canada furent assombries par la nouvelle de la mort d'Alice � Darmstadt. Quand son chagrin devint moins intense, la premi�re t�che qu'entreprit Louise fut la d�coration de la r�sidence du gouverneur-g�n�ral, Rideau Hall. Louise fut rapidement fascin�e par l'hiver canadien, elle adorait se promener sur la glace en tra�neau tir� par des chevaux, bien envelopp�e par des fourrures de phoque. Ses plaisirs d'hiver n'allaient pas durer, ils deviendraient rapidement un risque pour sa sant�. Lorne et Louise ne s'entendaient pas avec MacDonald et son �pouse. Le Premier Ministre consid�rait qu'il repr�sentait le pouvoir supr�me dans le pays (ce qui �tait vrai) et, il n'appr�ciait pas que Lorne s'impose dans les affaires canadiennes. Peu de temps apr�s son arriv�e, Lorne avait tent� de r�soudre une situation probl�matique � propos de la nomination d'un gouverneur provincial sans consulter MacDonald, ce dernier en fut vivement contrari�. � partir de ce moment.Lorne d�cida qu'il agirait avec plus de diplomatie. Louise et Lorne devinrent populaires parmi la communaut� canadienne-fran�aise. Louise en serait la bienfaitrice puisqu'ils �taient plus cultiv�s au niveau des arts que les canadiens d'origine britannique. Un an apr�s son arriv�e, elle d�cida d'aller visiter sa famille en Angleterre. Elle y demeura quatre mois au bout desquels elle rentra � Ottawa. Les canadiens se demand�rent pourquoi elle avait �prouv� le besoin de retourner chez-elle apr�s avoir pass� si peu de temps dans son nouveau pays et, les rumeurs commen��rent � se r�pandre au sujet des probl�mes du couple. En fait, leur mariage n'allait pas bien et vers 1880, leurs relations �taient plus ax�es sur la camaraderie que sur la passion amoureuse. Il semble qu'ils n'appr�ciaient pas les relations physiques et que celles-ci avaient probablement cess� avant leur arriv�e au Canada. Un de leurs biographes explique ce fait en disant que Lorne �tait homosexuel mais, cel� n'a jamais �t� prouv� hors de tout doute. L'ann�e 1880 fut mauvaise pour Louise. En f�vrier, elle et Lorne eurent un accident alors qu'ils effectuaient une promenade en tra�neau de Rideau Hall au Parlement. Louise fut gravement bless�e, autant physiquement qu'�motionnellement. Elle se heurta la t�te et souffrit par la suite de fr�quents maux de t�te, l'accident la d�prima tellement qu'elle se retira presque de la vie publique. Au printemps suivant, son fr�re Leopold vint la voir au Canada. Le fr�re et la soeur voyag�rent ensemble � travers le Canada et les �tats-Unis pendant 10 jours apr�s quoi, Louise d�cida de retourner en Angleterre avec son fr�re offrant comme excuse le fait qu'il s'�tait bless� � la jambe alors qu'il p�chait et qu'elle souhaitait s'occuper de lui pendant le voyage de retour. Lorne ne s'objecta pas � la d�cision de sa femme mais les canadiens commen��rent � penser que celle-ci fuyait l'�chec de son mariage ou alors, qu'elle n'aimait pas leur pays. Louise allait demeurer longtemps en Angleterre. Elle voyagea aussi en Europe, passant son temps � dessiner et � peindre. Elle revint du Continent en octobre, tout le monde, en Angleterre et � Ottawa, s'attendait � ce qu'elle annonce son retour au Canada mais, Louise ne semblait pas press�e de le faire. L'attitude de Louise fit comprendre � la reine Victoria que quelque chose clochait dans son mariage avec Lorne. Elle �crivit � son beau-fils que Louise souffrait trop de maux de t�te et de fatigue pour envisager un voyage. C'�tait vrai � ce moment mais, d�s que les maux de t�te disparaissaient, Louise �tait en excellente forme et avait une vie sociale tr�s active. Sa fa�on d'agir fut � l'origine des rumeurs qui se r�pandirent au Canada et qui disaient que la princesse ha�ssait le pays et ses habitants et que son mariage avec Lorne �tait termin�. Lorne, de son c�t�, ne semblait pas inquiet de l'absence de sa femme. Il accepta le commentaire de la reine � propos de la sant� de Louise m�me s'il savait que l'absence de cette derni�re �tait dommageable pour son prestige vis-�-vis des canadiens. Louise r�alisa finalement qu'elle devait rejoindre son mari et elle lui �crivit qu'elle serait de retour � l'�t� afin de l'accompagner dans un voyage au Manitoba. Mais, Lorne lui sugg�ra de rester en Angleterre jusqu'� ce qu'elle soit compl�tement r�tablie. Il se rendit seul au Manitoba. Pendant ce voyage, il nomma officiellement Regina (le mot latin pour reine) la capitale de la Saskatchewan, cel� en l'honneur de sa belle-m�re. Il nomma aussi une province canadienne en l'honneur de sa femme mais, au lieu de choisir le pr�nom de Louise, il l'appela Alberta. Le voyage de Lorne fut un v�ritable succ�s, il apporta des solutions � des sujets tels l'ach�vement du chemin de fer transcontinental ainsi qu'� une dispute sur les limites territoriales entre le Manitoba et l'Ontario. Il pr�senta �galement au gouvernement de MacDonald un projet visant � r�soudre les affaires des autochtones. � son retour � Ottawa, il trouva un message de f�licitations de la reine qui l'informait �galement qu'elle ne souhaitait pas que Louise parte pour le Canada � l'approche de l'hiver. Lorne d�cida qu'il �tait temps de se rendre en Angleterre. Louise re�ut son mari publiquement � Liverpool ce qui fit taire les rumeurs qui supposaient qu"il y avait discorde dans le couple. Les Lornes entreprirent une s�rie de visites aux membres de leur famille et dispos�rent de peu de temps pour se retrouver seuls. Lorne se convainquit que Louise �tait trop malade pour rentrer avec lui au Canada et, en janvier 1882, il retourna � Ottawa accompagn� seulement par sa soeur et son beau-fr�re. Louise savait que si elle demeurait plus longtemps �loign�e du Canada, cel� �quivaudrait � une s�paration d�finitive d'avec son �poux. Elle d�cida quand m�me de prolonger son s�jour en Angleterre jusqu'� ce qu'elle soit compl�tement gu�rie. Elle souhaitait aussi assister au mariage de son fr�re Leopold avec Helena de Waldeck et Pyrmont. En mai 1882, le c�l�bre auteur Oscar Wilde visita le Canada. Il se montra tr�s d�sappoint� par le peu de culture artistique des canadiens et, il critiqua Louise parce qu'une si grande admiratrice des arts n'avait rien fait pour promouvoir ceux-ci au Canada. Louise revint finalement au Canada avant le printemps. Son absence avait dur� pr�s de deux ans. La reine �tait inqui�te de la s�curit� de Louise car elle avait entendu des rumeurs qui parlaient d'une attaque possible des 'fenians' et d'une tentative d'enl�vement de la princesse (les 'fenians' �taient un groupe de r�volutionnaires irlandais fond� � New-York au milieu du XIXe si�cle). La reine ordonna � ses ministres de prendre toutes les mesures de s�curit� requises. Le Premier Ministre canadien MacDonald, avertit aussi Lorne du danger repr�sent� par les 'fenians'. Apr�s l'arriv�e de Louise, elle et Lorne pass�rent l'�t� � la Citadelle, la r�sidence d'�t� du gouverneur-g�n�ral, endroit jug� plus � l'abri d'une attaque potentielle des 'fenians'. � la fin de l'�t�, ils effectu�rent un voyage aux �tats-Unis. Le but principal de ce voyage �tait de se rendre dans l'Ouest du Canada qui, � cette �poque, ne pouvait �tre atteint que par le chemin de fer qui passait par les �tats-Unis. Lorne et Louise se rendirent � San Francisco o� ils s'embarqu�rent � bord d'un vaisseau de guerre qui allait les amener en Colombie Britannique. Peu avant d'embarquer, ils re�urent un message des 'fenians', ceux-ci mena�aient de faire sauter le bateau aussit�t que le gouverneur-g�n�ral et son �pouse poseraient les pieds sur le pont. On ne trouva aucune bombe � bord et le voyage en Colombie Britannique fut un succ�s, le couple fut acclam� partout o� il passait. Lorne et Louise pass�rent 3 semaines en Colombie Britannique apr�s quoi, ils reprirent le chemin des �tats-Unis. Ils visit�rent Monterrey, Los Angeles et Santa-Barbara. Lorne retourna � Ottawa en f�vrier 1883 pour l'ouverture des sessions parlementaires mais, Louise pr�f�ra prendre des vacances aux Bermudes o� la temp�rature �tait nettement plus cl�mente qu'au Canada. Elle y demeura trois mois et rentra ensuite � Ottawa. Louise et Lorne n'allaient pas demeurer encore longtemps au Canada. Il d�missionna de son poste avant la fin de son terme. Il croyait peut-�tre que de retourner en Angleterre � ce moment sauverait son mariage. Il en �tait venu � aimer sinc�rement le Canada. Il avait encourag� l'�tablissement de la Royal Society of Canada, de la Royal Academy of Arts ainsi que de la National Gallery of Canada. Il avait �crit plusieurs textes qui prouvaient sa profonde appr�ciation des splendeurs canadiennes. En octobre 1883, Louise et Lorne quitt�rent la Canada � jamais. En d�pit de son d�sir de retourner dans son pays natal, Louise exprima du regret quand vint le temps d'abandonner un pays qu'elle en �tait venue � admirer. La situation du mariage de Louise et de Lorne ne s'am�liora pas en Angleterre. Lorne �tait sans emploi, on ne lui offrit aucune autre charge de gouverneur-g�n�ral dans une des colonies anglaises et, il ne put retourner � la Chambre des Communes. Il passait son temps � �crire. Il publia une biographie de Lord Palmerston ainsi qu'un autre livre intitul� 'The Governor's Guide to Windsor Castle'. Il �crivit ensuite quelques romans sans importance. En 1895, il parvint finalement � entrer � la Chambre des Communes comme repr�sentant de South Manchester. Louise, de son c�t�, consacra son temps � sculpter un buste de sa m�re, la reine Victoria. Elle le commen�a en 1887 et le termina en 1893, il fut alors install� dans le parc public situ� en face de Kensington Palace. Au milieu des ann�es 90, une grande amiti� naquit entre Louise et son beau-fr�re, le prince Henry de Battenberg, �poux de sa soeur Beatrice. Cette amiti� fut mal interpr�t�e en raison de deux remarques que Louise fit � propos du prince Henry. Elle dit qu'il �tait presque le meilleur ami qu'elle ait jamais eu et, apr�s la mort de celui-ci, elle avoua � Beatrice qu'elle avait �t� sa confidente. Ce commentaire ennuya Beatrice et ternit les relations entre les deux soeurs. Le 24 avril 1900, le p�re de Lorne, le 8e duc d'Argyll mourut � 76 ans. Il s'�tait remari� deux fois apr�s la mort de la m�re de Lorne, la duchesse Elizabeth. Il avait d'abord �pous� Amelia Anson qui mourut en 1894 puis, Ina McNeill. � la mort de son p�re, Lorne devint le 9e duc d'Argyll. Neuf mois plus tard, la m�re de Louise, la reine Victoria s'�teignit � son tour le 21 janvier 1901 et Bertie, le Prince de Galles, lui succ�da sur le tr�ne sous le nom de Edward VII. Pendant le r�gne d'Edward, Lorne continua � �crire sans succ�s et Louise, dont la sant� �tait affaiblie, se consacra � emp�cher son apparence physique de se d�t�riorer. Elle suivit des di�tes strictes et accomplit des s�ries d'exercices. Elle �tait d�cid�e � ne pas devenir grasse comme ses soeurs Helena et Beatrice. Elle s'occupa de plusieurs r�ceptions et ventes de charit�. Quand elle n'�tait pas affect�e par des maux de t�te, sa vitalit� �tait extraordinaire m�me si, en 1913, elle approchait les 70 ans. Lorne lui, se transforma en un homme ob�se, excentrique et irascible. Sa m�moire commen�a � conna�tre des d�ficiences, probablement dues � la maladie d'Alzheimer. En avril 1914, il attrapa une pneumonie et mourut � 10:45 heures le soir du 21 mai 1914. Pendant la Premi�re Guerre, sa veuve prit l'habitude de passer en revue les unit�s canadiennes qui transitaient par l'Angleterre avant de se rendre sur le front. � la fin de la guerre, son neveu, le roi George V l'�leva au rang de 'Dame Grand Cross' de l'empire britannique et la nomma colonel en chef des Highlanders Argyll et Sutherland. � mesure que les ann�es passaient, Louise �taient de plus en plus affect�e par les maux inh�rents � son �ge avanc�. Elle passa ses derni�res ann�es � d�corer Rosneath, une des maisons appartenant aux Argylls, o� elle v�cut presqu'en hermite. Elle mourut de vieillesse le 3 d�cembre 1839 � Kensington Palace, elle avait 91 ans. Selon ses volont�s, son corps fut incin�r� � Golders Green � North London et ses cendres furent inhum�es au Royal Cemetery de Frogmore. |
||||||||||||||||||||||||||